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PTSI · Maths · semaine 13

Analyse asymptotique

Relations de domination, de négligeabilité et d'équivalence pour les fonctions, règles de manipulation des symboles o et O, propriétés conservées par équivalence. Développements limités, unicité, opérations, primitivation, formule de Taylor-Young et développements usuels en 0. Adaptation de ces outils aux suites et applications à des développements asymptotiques, fonctions réciproques, équations à paramètre, suites récurrentes et suites d'intégrales.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Trois relations locales : dominé par, négligeable devant, équivalent à. L'équivalence se réécrit f=g+o(g)f = g + o(g), forme la plus maniable.
  2. Les équivalents se multiplient, se divisent, s'élèvent à une puissance. Ils ne s'additionnent pas et ne se composent pas.
  3. Un développement limité a des coefficients uniques. Taylor-Young le fournit pour une fonction de classe Cn\mathcal{C}^n, et il y a une dizaine de développements usuels à savoir par cœur.
  4. On primitive un développement limité en gagnant un ordre, on ne le dérive pas.
  5. Les développements limités donnent les limites, les équivalents, la position par rapport à la tangente et aux asymptotes, et la nature des extremums.
Pourquoi ce chapitre

Le programme recommande de traiter cette section en début de second semestre, pour disposer rapidement d'outils efficaces. C'est le chapitre qui débloque le calcul de limites. Jusqu'ici, on ne levait une indétermination que par factorisation ou par croissances comparées. Avec les développements limités, on la lève par calcul systématique.

L'idée centrale est de remplacer une fonction compliquée, au voisinage d'un point, par un polynôme suivi d'un terme d'erreur contrôlé. On gagne deux choses :

  • une méthode de calcul ;
  • un langage pour décrire des comportements, celui des symboles oo, OO et de l'équivalence.

Le programme donne la priorité à la pratique plutôt qu'à la vérification de propriétés élémentaires, et précise que les calculs relevant de la pure technicité seront traités avec des outils logiciels. Il faut viser la rapidité et la fiabilité sur des calculs de taille raisonnable.

Les fonctions et les suites sont à valeurs réelles ou complexes, le cas réel dominant. On traite d'abord les fonctions, puis on adapte aux suites.

1Relations de comparaison pour les fonctions

Soit aa un point de R\R ou a=±∞a = \pm\infty. Les relations suivantes sont locales : elles décrivent le comportement au voisinage de aa.

1.1Les trois relations

Définition 1.1Domination

f(x)=O(g(x))f(x) = O(g(x)) au voisinage de aa signifie que le quotient f/gf/g est borné au voisinage de aa. On dit que ff est dominée par gg.

Définition 1.2Négligeabilité

f(x)=o(g(x))f(x) = o(g(x)) signifie que le quotient f/gf/g tend vers 00 en aa. On dit que ff est négligeable devant gg.

Définition 1.3Équivalence

f(x)∼g(x)f(x) \sim g(x) signifie que le quotient f/gf/g tend vers 11 en aa. On dit que ff et gg sont équivalentes.

Le programme définit ces relations à partir du quotient, sous l'hypothèse que gg ne s'annule pas localement, sauf éventuellement en aa.

Propriété 1.4Deux formes de l'équivalence

Les écritures f/g→1f/g \to 1 et f(x)=g(x)+o(g(x))f(x) = g(x) + o(g(x)) disent la même chose. La seconde est la plus utile dans les calculs, car elle s'additionne et se compose avec les autres relations.

Propriété 1.5Liens entre les relations

  • Si f=o(g)f = o(g) alors f=O(g)f = O(g).
  • Si f∼gf \sim g alors f=O(g)f = O(g) et g=O(f)g = O(f).
  • L'équivalence est une relation réflexive, symétrique et transitive.

1.2Règles de manipulation

Propriété 1.6Ce qui marche pour les équivalents

  • Produit, quotient, puissance : si f∼gf \sim g et u∼vu \sim v, alors fu∼gvfu \sim gv et f/u∼g/vf/u \sim g/v. Et fα∼gαf^\alpha \sim g^\alpha quand cela a un sens.
  • Passage à la limite : si f∼gf \sim g et si gg a une limite, alors ff a la même limite.
  • Signe : deux fonctions équivalentes ont le même signe au voisinage de aa, sauf éventuellement en aa.

AttentionCe qui ne marche pas

  • On n'additionne pas les équivalents. En +∞+\infty, x+1∼xx + 1 \sim x et −x∼−x-x \sim -x. En additionnant membre à membre on obtiendrait 1∼01 \sim 0, ce qui n'a aucun sens : les termes principaux se compensent.
  • On ne compose pas un équivalent par une fonction quelconque. En +∞+\infty, x+1∼xx + 1 \sim x, mais ex+1\e^{x+1} n'est pas équivalent à ex\e^x, le quotient vaut e\e.
  • On ne prend pas le logarithme d'un équivalent sans précaution.
  • Un équivalent ne s'ajoute pas à un développement limité sans vérifier les ordres.

En cas de doute, revenir à l'écriture avec un oo, qui est toujours manipulable, ou à un développement limité.

Propriété 1.7Équivalent par encadrement (exigible)

Hypothèses

  • f⩽g⩽hf \leqslant g \leqslant h au voisinage de aa ;
  • f∼hf \sim h.

Alors g∼fg \sim f.

Démonstration

On divise par ff en supposant ff positive près de aa. On obtient un encadrement de g/fg/f entre 11 et un quotient tendant vers 11.

1.3Croissances comparées avec le symbole o

Propriété 1.8Croissances comparées

Pour α>0\alpha > 0, β\beta réel et γ>0\gamma > 0, en +∞+\infty : (ln⁡x)β=o(xα),xα=o(eγx).(\ln x)^\beta = o(x^\alpha), \qquad x^\alpha = o(\e^{\gamma x}). En 00 à droite, (ln⁡x)β=o(x−α)(\ln x)^\beta = o(x^{-\alpha}), ce qui se lit aussi : xα(ln⁡x)βx^\alpha (\ln x)^\beta tend vers 00.

MéthodeÉtude locale en un point aa non nul

  1. Poser x=a+hx = a + h.
  2. Étudier la fonction quand hh tend vers 00.

Tous les développements usuels sont donnés en 00 : il faut toujours s'y ramener.

2Développements limités

2.1Définition et unicité

Définition 2.1Développement limité

ff admet un développement limité à l'ordre nn en 00 s'il existe des scalaires c0,…,cnc_0, \dots, c_n tels que, au voisinage de 00 : f(x)=c0+c1x+⋯+cnxn+o(xn).f(x) = c_0 + c_1 x + \dots + c_n x^n + o(x^n).

Propriété 2.2Unicité des coefficients

Si ff admet deux développements limités à l'ordre nn en 00, leurs coefficients coïncident.

Démonstration

On soustrait : on obtient un polynôme égal à un o(xn)o(x^n). S'il n'est pas nul, on regarde son terme de plus bas degré ckxkc_k x^k. En divisant par xkx^k, on trouve que ckc_k tend vers 00, donc ck=0c_k = 0. On recommence.

Cette unicité autorise à identifier les coefficients.

Propriété 2.3Troncature

Si ff admet un développement limité à l'ordre nn, elle en admet un à tout ordre inférieur, obtenu en tronquant.

Propriété 2.4Parité

Le développement limité en 00 d'une fonction paire ne contient que des puissances paires, celui d'une fonction impaire que des puissances impaires. Cela vient de l'unicité appliquée à f(−x)f(-x).

Pour un développement en un point aa, on étudie h↦f(a+h)h \mapsto f(a + h) en 00.

2.2Lien avec la dérivabilité

Propriété 2.5Dérivabilité et ordre 1 (exigible)

ff est dérivable en aa si et seulement si elle admet un développement limité à l'ordre 11 en aa. Alors f(a+h)=f(a)+f′(a)h+o(h).f(a + h) = f(a) + f'(a)h + o(h).

Attention

Cela ne se généralise pas : l'existence d'un développement limité à l'ordre 22 n'entraîne pas que ff soit deux fois dérivable. Le développement limité est une information locale plus faible que la régularité.

Le signe de ff au voisinage de aa se lit sur le premier terme non nul du développement.

2.3Formule de Taylor-Young

Théorème 2.6Formule de Taylor-Young

Hypothèses

  • ff est de classe Cn\mathcal{C}^n sur un intervalle contenant aa.

Alors h↦f(a+h)h \mapsto f(a + h) admet en 00 un développement limité à l'ordre nn : f(a+h)=∑k=0nf(k)(a)k! hk+o(hn).f(a + h) = \sum_{k=0}^{n} \frac{f^{(k)}(a)}{k!}\,h^k + o(h^n).

xyexp(x)DL d'ordre 3af(a)
Courbe et développement limité d'ordre 3 en 0 : fonction et approximation polynomiale

C'est le théorème d'existence des développements limités. Il est purement local, contrairement aux formules de Taylor avec reste intégral qui viendront plus tard.

2.4Développements usuels en 0

Propriété 2.7Développements à connaître par cœur, à tout ordre

ex=1+x+x22!+⋯+xnn!+o(xn),ln⁡(1+x)=x−x22+x33−…+(−1)n−1xnn+o(xn),11−x=1+x+x2+…+xn+o(xn).\begin{aligned} \e^x &= 1 + x + \tfrac{x^2}{2!} + \dots + \tfrac{x^n}{n!} + o(x^n),\\ \ln(1+x) &= x - \tfrac{x^2}{2} + \tfrac{x^3}{3} - \dots\\ &\quad + (-1)^{n-1}\tfrac{x^n}{n} + o(x^n),\\ \frac{1}{1-x} &= 1 + x + x^2 + \dots\\ &\quad + x^n + o(x^n). \end{aligned}

  • sin⁡x=x−x33!+x55!−…\sin x = x - \frac{x^3}{3!} + \frac{x^5}{5!} - \dots : signes alternés, puissances impaires.
  • cos⁡x=1−x22!+x44!−…\cos x = 1 - \frac{x^2}{2!} + \frac{x^4}{4!} - \dots : puissances paires.
  • sh⁡x=x+x33!+x55!+…\operatorname{sh} x = x + \frac{x^3}{3!} + \frac{x^5}{5!} + \dots : mêmes termes que le sinus, sans alternance.
  • ch⁡x=1+x22!+x44!+…\operatorname{ch} x = 1 + \frac{x^2}{2!} + \frac{x^4}{4!} + \dots
  • 11+x\frac{1}{1+x} s'obtient en changeant xx en −x-x.
  • (1+x)α=1+αx+α(α−1)2!x2+…(1+x)^\alpha = 1 + \alpha x + \frac{\alpha(\alpha-1)}{2!}x^2 + \dots : le coefficient de xjx^j est le produit des α−k\alpha - k pour kk de 00 à j−1j-1, divisé par j!j!.
  • Arctan⁡x=x−x33+x55−…\operatorname{Arctan} x = x - \frac{x^3}{3} + \frac{x^5}{5} - \dots

Un seul développement partiel est exigible : tan⁡x=x+x33+o(x3)\tan x = x + \frac{x^3}{3} + o(x^3), et même o(x4)o(x^4) par imparité.

RemarqueRepère mnémotechnique

Les développements de sinus, cosinus, sh, ch se déduisent de celui de l'exponentielle. Ceux de ln⁡(1+x)\ln(1+x) et Arctan⁡x\operatorname{Arctan} x s'obtiennent en primitivant respectivement 11+x\frac{1}{1+x} et 11+x2\frac{1}{1+x^2}.

2.5Opérations

Propriété 2.8Combinaison linéaire, produit, quotient

  • Combinaison linéaire : on additionne les développements, à l'ordre le plus petit des deux.
  • Produit : on multiplie les parties polynomiales et on tronque à l'ordre voulu. Les termes de degré supérieur partent dans le oo.
  • Quotient : on se ramène au développement de 11−u\frac{1}{1-u} après avoir factorisé par le terme constant du dénominateur, s'il est non nul. Ou on effectue une division suivant les puissances croissantes.

MéthodeComposée

Le programme demande de savoir le faire sur des exemples simples, mais aucun résultat général n'est exigible. Pour f∘gf \circ g avec g(0)=0g(0) = 0 :

  1. Substituer le développement de gg dans celui de ff.
  2. Tronquer à l'ordre voulu.

Propriété 2.9Primitivation (exigible)

Hypothèses

  • ff est dérivable ;
  • f′f' admet le développement c0+c1x+⋯+cnxn+o(xn)c_0 + c_1 x + \dots + c_n x^n + o(x^n).

Alors ff admet le développement f(0)+c0x+c1x22+⋯+cnxn+1n+1+o(xn+1).f(0) + c_0 x + \tfrac{c_1 x^2}{2} + \dots + \tfrac{c_n x^{n+1}}{n+1} + o(x^{n+1}). On gagne un ordre.

Attention

La réciproque est fausse : on ne dérive pas un développement limité.

MéthodePrévoir l'ordre du développement

  1. Factoriser par le terme prépondérant.
  2. Avant de calculer, estimer le degré auquel les simplifications vont se produire.
  3. Sinon, recommencer avec un ordre plus grand.

2.6Applications à l'étude locale

MéthodeLimites et équivalents

Un équivalent de ff en 00 est son premier terme non nul.

Exemple 2.10

sin⁡x−x∼−x36\sin x - x \sim -\dfrac{x^3}{6}.

MéthodePosition d'une courbe par rapport à sa tangente

  1. Écrire f(a+h)=f(a)+f′(a)h+c hk+o(hk)f(a + h) = f(a) + f'(a)h + c\,h^k + o(h^k) avec c≠0c \neq 0 et k⩾2k \geqslant 2.
  2. Lire le signe de c hkc\,h^k.
  3. Si kk est pair, la courbe reste du même côté. Si kk est impair, elle traverse : c'est un point d'inflexion.

MéthodeAsymptote en +∞+\infty

  1. Écrire f(x)=ax+b+cx+o ⁣(1x)f(x) = ax + b + \frac{c}{x} + o\!\left(\frac{1}{x}\right), souvent en posant x=1/tx = 1/t et en développant en 00.
  2. La droite y=ax+by = ax + b est asymptote.
  3. Le signe de c/xc/x donne la position de la courbe par rapport à elle.

Propriété 2.11Extremum local

Hypothèses

  • aa est un point intérieur de l'intervalle de définition ;
  • ff est dérivable en aa et admet un extremum local en aa.

Alors f′(a)=0f'(a) = 0 (condition nécessaire).

Réciproquement, si f′(a)=0f'(a) = 0 :

  • si f′′(a)>0f''(a) > 0, ff admet un minimum local strict en aa ;
  • si f′′(a)<0f''(a) < 0, ff admet un maximum local strict en aa ;
  • si f′′(a)=0f''(a) = 0, il faut aller à l'ordre suivant.

3Relations de comparaison pour les suites

Définition 3.1Relations pour les suites

On remplace le voisinage de aa par les grands indices :

  • un=O(vn)u_n = O(v_n) si le quotient est borné à partir d'un certain rang ;
  • un=o(vn)u_n = o(v_n) si le quotient tend vers 00 ;
  • un∼vnu_n \sim v_n si le quotient tend vers 11.

Le programme parle d'une adaptation rapide. Les mêmes règles s'appliquent, et surtout les mêmes interdits : on n'additionne pas les équivalents, on ne compose pas par une exponentielle ou un logarithme.

Propriété 3.2Pont entre suites et fonctions

Si f(x)∼g(x)f(x) \sim g(x) quand xx tend vers +∞+\infty, alors f(n)∼g(n)f(n) \sim g(n).

Cela permet d'utiliser les développements limités pour les suites, en posant h=1/nh = 1/n qui tend vers 00.

Exemple 3.3

Un équivalent de ln⁡(1+1/n)\ln(1 + 1/n) est 1/n1/n, puisque ln⁡(1+h)∼h\ln(1+h) \sim h en 00. Plus précisément : ln⁡ ⁣(1+1n)=1n−12n2+o ⁣(1n2).\ln\!\left(1 + \tfrac{1}{n}\right) = \tfrac{1}{n} - \tfrac{1}{2n^2} + o\!\left(\tfrac{1}{n^2}\right).

Propriété 3.4Comparaisons usuelles pour les suites

Pour α>0\alpha > 0, β\beta réel, q>1q > 1 : (ln⁡n)β=o(nα),nα=o(qn),(\ln n)^\beta = o(n^\alpha), \qquad n^\alpha = o(q^n), qn=o(n!),n!=o(nn).q^n = o(n!), \qquad n! = o(n^n).

4Problèmes d'analyse asymptotique

Le programme demande des exemples de développements asymptotiques dans quatre situations. La notion d'échelle de comparaison est hors programme : on se contente d'écrire des sommes de termes de plus en plus négligeables.

MéthodeFonctions réciproques

On cherche un développement de la réciproque connaissant celui de ff.

  1. Poser y=f(x)y = f(x).
  2. Inverser terme à terme, par ordres croissants.
  3. Injecter à chaque étape le résultat obtenu.

MéthodeÉquations à paramètre

On étudie la solution xnx_n d'une équation dépendant de nn.

  1. Établir l'existence et l'unicité de xnx_n, souvent par le théorème de la bijection.
  2. Déterminer la limite ℓ\ell de xnx_n, en encadrant ou en passant à la limite dans l'équation.
  3. Affiner : poser xn=ℓ+εnx_n = \ell + \varepsilon_n et développer l'équation pour obtenir un équivalent de εn\varepsilon_n. On peut répéter l'opération.

MéthodeSuites récurrentes

Une fois la convergence acquise vers un point fixe ℓ\ell :

  1. Poser εn=un−ℓ\varepsilon_n = u_n - \ell.
  2. Développer f(ℓ+εn)f(\ell + \varepsilon_n) à l'ordre utile.
  • Si f′(ℓ)f'(\ell) est non nul et de module strictement inférieur à 11, alors εn+1∼f′(ℓ) εn\varepsilon_{n+1} \sim f'(\ell)\,\varepsilon_n : la convergence est géométrique.
  • Si f′(ℓ)=0f'(\ell) = 0 et f′′(ℓ)≠0f''(\ell) \neq 0, alors εn+1∼f′′(ℓ)2 εn2\varepsilon_{n+1} \sim \frac{f''(\ell)}{2}\,\varepsilon_n^2 : la convergence est quadratique. C'est le comportement de la méthode de Newton.

MéthodeSuites d'intégrales

On étudie une suite du type intégrale de fnf_n sur un segment. Selon le cas :

  • encadrer l'intégrande ;
  • découper le domaine en une zone où l'intégrande est négligeable et une zone principale ;
  • intégrer par parties pour gagner un ordre.

Méthodes

MéthodeRéflexes du chapitre

  1. Toujours se ramener en 00, par x=a+hx = a + h ou par x=1/tx = 1/t pour l'infini.
  2. Avant de calculer, factoriser par le terme prépondérant pour anticiper l'ordre nécessaire.
  3. En cas de simplification inattendue qui fait tout disparaître, recommencer à un ordre supérieur.
  4. Ne jamais additionner ni composer des équivalents. Repasser aux développements limités avec des oo.
  5. Pour une limite indéterminée, écrire un développement limité du numérateur et du dénominateur au même ordre.
  6. Pour une asymptote oblique, développer f(x)−ax−bf(x) - ax - b : l'ordre suivant donne la position.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Donner les définitions de OO, oo et de l'équivalence, et les liens entre elles.
  2. Donner deux contre-exemples, l'un pour la somme d'équivalents, l'autre pour la composition par l'exponentielle.
  3. Démontrer l'unicité des coefficients d'un développement limité.
  4. Énoncer la formule de Taylor-Young et écrire les développements usuels à l'ordre 44 sans hésiter.
  5. Retrouver le développement de ln⁡(1+x)\ln(1+x) et celui de Arctan⁡x\operatorname{Arctan} x par primitivation.
  6. Calculer une limite indéterminée du type tan⁡x−sin⁡xx3\dfrac{\tan x - \sin x}{x^3} par développements limités.
  7. Déterminer une asymptote oblique et la position de la courbe par rapport à elle.
  8. Mener un développement asymptotique d'une suite définie par une équation à paramètre : existence, limite, puis équivalent de l'erreur.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • f = o(g) ⇒ f = O(g), et f ∼ g ⇔ f − g = o(g). Exigible avec démonstration, par réécriture du quotient.
  • Règles sur o et O : o(g) + o(g) = o(g), O(g) × o(h) = o(gh), et si f = o(g) et g = O(h), alors f = o(h). Exigibles, preuve par les quotients.
  • Les équivalents se multiplient, se divisent et s'élèvent à une puissance fixe. Exigible. L'addition et la composition à gauche sont interdites.
  • Substitution. Si f ∼ g en b et si φ(t) tend vers b quand t tend vers c, alors f(φ(t)) ∼ g(φ(t)) en c. Exigible, par composition des limites. C'est la seule composition permise.
  • Conservation du signe et de la limite par équivalence. Exigible avec démonstration.
  • Équivalent par encadrement : pour f, g, h réelles, si f ≤ g ≤ h et f ∼ h, alors g ∼ f. Exigible avec démonstration.
  • Croissances comparées écrites avec o, en +∞ et en 0. Exigibles.
  • Unicité des coefficients d'un développement limité (DL) et troncature. Exigible avec démonstration.
  • DL en 0 d'une fonction paire ou impaire. Exigible avec démonstration.
  • f est dérivable en a si et seulement si elle admet un DL à l'ordre 1 en a. Exigible avec démonstration.
  • Combinaison linéaire, produit et quotient de DL. Exigibles comme techniques de calcul.
  • Composée : aucun énoncé général exigible. On calcule sur des exemples simples, avec une fonction intérieure qui tend vers 0.
  • Primitivation d'un DL, pour f dérivable sur un intervalle contenant 0. Exigible avec démonstration.
  • Formule de Taylor-Young pour f de classe Cn. Énoncé exigible, preuve par récurrence et primitivation à savoir expliquer.
  • DL à tout ordre en 0 de exp, sin, cos, sh, ch, ln(1 + x), 1/(1 − x), (1 + x)α et Arctan, et DL de tan à l'ordre 3. Par cœur.
  • Extremum en un point intérieur a, pour f de classe C². Condition nécessaire d'un minimum : f'(a) = 0 et f''(a) ≥ 0. Condition suffisante : f'(a) = 0 et f''(a) > 0 donnent un minimum local strict. Exigible avec démonstration.
  • Adaptation rapide aux suites de tout ce qui précède. Exigible.
  • Hors programme en PCSI : échelle de comparaison, formule de Stirling, sommation des relations de comparaison pour les séries, lemme de Cesàro comme résultat de cours (il se redémontre en exercice).

Clés de démonstration

Encadrement. On soustrait f : 0 ≤ g − f ≤ h − f. Comme h − f = o(f), l'inégalité |g − f| ≤ |h − f| donne g − f = o(f). Astuce : soustraire au lieu de diviser évite toute hypothèse de signe sur f.

Signe et limite. On écrit f = g(1 + ε) avec ε de limite nulle. Près de a, 1 + ε > 1/2, donc f et g ont même signe. La limite s'obtient par produit. Astuce : la forme f = g + o(g) ramène tout à des limites.

Unicité des coefficients. Soit k le plus petit indice où deux DL diffèrent. On soustrait, on divise par xk, on fait tendre x vers 0 : ck − c'_k = 0, contradiction. Astuce : raisonner sur le premier indice de désaccord.

Parité. Si f est paire, changer x en −x dans son DL donne un DL de f(−x) = f(x). Par unicité, ck = (−1)k ck, donc les coefficients impairs sont nuls. Astuce : deux écritures d'une même fonction.

Dérivabilité et DL à l'ordre 1. Sens direct : le taux d'accroissement tend vers f'(a), donc f(a + h) − f(a) − f'(a)h = o(h). Réciproque : si f(a + h) = c₀ + c₁h + o(h), la limite donne c₀ = f(a), puis le taux vaut c₁ + o(1). Astuce : diviser par h fait passer de o(h) à o(1).

Primitivation. Cas réel. On pose φ(x) = f(x) − f(0) − Σ ck xk+1/(k + 1), donc φ(0) = 0 et φ'(x) = o(xn). Pour ε > 0, il existe δ > 0 tel que |φ'(t)| ≤ ε|t|n pour |t| ≤ δ. L'inégalité des accroissements finis donne |φ(x)| ≤ ε|x|n+1 pour |x| ≤ δ. Astuce : les accroissements finis transfèrent l'information de la dérivée à la fonction.

Taylor-Young. Récurrence sur n. Pour n = 0, c'est la continuité en a. Au rang n, on applique l'hypothèse à f', de classe Cn−1, puis on primitive, et f(k+1)(a)/k! devient f(k+1)(a)/(k + 1)!. Astuce : primitiver fait gagner l'ordre qui manque.

Extremum. Si f'(a) = 0, Taylor-Young donne f(a + h) − f(a) = h²(f''(a)/2 + o(1)). Si f''(a) > 0, la parenthèse est strictement positive près de 0, d'où un minimum strict. Si a est un minimum local, la parenthèse est positive ou nulle pour h ≠ 0 petit, et à la limite f''(a) ≥ 0. Astuce : factoriser par h² pour lire un signe.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. En 0, 1 + x ∼ 1, mais ln(1 + x) n'est pas équivalent à ln 1 = 0. On ne compose pas par ln, et rien n'est équivalent à la fonction nulle.
  2. Bonne version du passage au logarithme : si f ∼ g avec f, g > 0 et si g tend vers l dans [0, +∞] avec l ≠ 1, alors ln f ∼ ln g. En effet ln f = ln g + ln(f/g), où ln(f/g) tend vers 0 et pas ln g.
  3. 1 + 1/n ∼ 1, mais (1 + 1/n)n tend vers e. On n'élève pas un équivalent à une puissance qui dépend de n.
  4. x ↦ x³ sin(1/x), prolongée par 0, a le DL 0 + o(x²) en 0, mais f'(x)/x = 3x sin(1/x) − cos(1/x) n'a pas de limite, donc f n'est pas deux fois dérivable en 0.
  5. x ↦ e−1/x², prolongée par 0, a le DL 0 + o(xn) à tout ordre sans être nulle. Le DL ne caractérise pas la fonction.
  6. |x| admet un DL à l'ordre 0 en 0 mais pas à l'ordre 1, faute de dérivabilité.
  7. En 0, x sin(1/x) = O(x), mais n'est équivalente à cx pour aucun c. Dominer n'est pas être équivalent.
  8. En 0, tan x ∼ sin x ∼ x, mais tan x − sin x ∼ x³/2. Une différence se calcule par DL.
  9. Substitutions permises : sin(1/n) ∼ 1/n, et ln(cos x) ∼ cos x − 1 ∼ −x²/2 en 0. On compose à droite, jamais à gauche.

Techniques du chapitre

Factoriser et prévoir l'ordre. Limite en 0 de 1/sin²x − 1/x². On écrit (x² − sin²x)/(x² sin²x). Le dénominateur est équivalent à x⁴, il faut donc le numérateur à l'ordre 4. Comme sin²x = x² − x⁴/3 + o(x⁴), la limite est 1/3.

Se ramener en 0. Équivalent de xx − x en 1. Avec x = 1 + h, (1 + h)ln(1 + h) = h + h²/2 + o(h²), donc xx = 1 + h + h² + o(h²). D'où xx − x ∼ (x − 1)².

Passer par l'exponentielle pour uv. Limite en 0 de (cos x)1/x² = exp(ln(cos x)/x²). Or ln(cos x) = −x²/2 + o(x²). La limite vaut e−1/2.

Quotient par 1/(1 − u). DL de 1/cos x à l'ordre 4. On pose u = x²/2 − x⁴/24 + o(x⁴), qui tend vers 0, et u² = x⁴/4 + o(x⁴). Alors 1/(1 − u) = 1 + u + u² + o(u²) = 1 + x²/2 + 5x⁴/24 + o(x⁴).

Composée. DL de esin x à l'ordre 3. Avec u = x − x³/6 + o(x³), u² = x² + o(x³) et u³ = x³ + o(x³), d'où eu = 1 + x + x²/2 + o(x³). Si la fonction intérieure ne tend pas vers 0, on factorise : ecos x = e × ecos x − 1.

Primitiver. DL de Arcsin à l'ordre 5. On a Arcsin'(x) = (1 − x²)−1/2 = 1 + x²/2 + 3x⁴/8 + o(x⁴). Comme Arcsin 0 = 0, Arcsin x = x + x³/6 + 3x⁵/40 + o(x⁵).

Suites, poser h = 1/n. On a n ln(1 + 1/n) = 1 − 1/(2n) + o(1/n), donc (1 + 1/n)n = e × exp(−1/(2n) + o(1/n)) = e − e/(2n) + o(1/n).

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Deux limites

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Limites en 0 de (x − sin x)/(x − tan x) et de ((1 + x)1/x − e)/x.

Technique DL du numérateur et du dénominateur au même ordre.

Voir le corrigé
  1. x − sin x = x³/6 + o(x³) et x − tan x = −x³/3 + o(x³). 2. Le quotient tend vers −1/2. 3. (1/x)ln(1 + x) = 1 − x/2 + o(x). 4. Donc (1 + x)1/x = e × e−x/2 + o(x) = e − ex/2 + o(x). 5. La limite vaut −e/2.

piège : Remplacer sin x et tan x par x, ce qui donne 0/0.

Exercice 2. DL de tan à l'ordre 5

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Retrouver tan x = x + x³/3 + o(x³), puis le DL à l'ordre 5 grâce à tan' = 1 + tan².

Technique quotient, parité, primitivation.

Voir le corrigé
  1. sin x × 1/cos x = (x − x³/6)(1 + x²/2) + o(x³) = x + x³/3 + o(x³). 2. Par imparité, le reste est un o(x⁴). 3. Donc tan'(x) = 1 + x² + 2x⁴/3 + o(x⁴). 4. On primitive, avec tan 0 = 0 : tan x = x + x³/3 + 2x⁵/15 + o(x⁵).

piège : On primitive le DL de tan', on ne dérive pas celui de tan.

Exercice 3. Tangente et point critique

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

(a) Position de la courbe de Arctan par rapport à sa tangente en 1. (b) Nature du point critique 0 de g(x) = 2cos x + x².

Technique premier terme non nul après la partie affine.

Voir le corrigé
  1. Arctan'(1 + h) = 1/(2 + 2h + h²) = (1 − h)/2 + o(h). 2. En primitivant, Arctan(1 + h) = π/4 + h/2 − h²/4 + o(h²). 3. Le terme −h²/4 est pair et négatif : la courbe est sous sa tangente. 4. g'(0) = 0 et g''(0) = 0, l'ordre 2 ne conclut pas. 5. g(x) = 2 + x⁴/12 + o(x⁴), donc 0 est un minimum local strict.

piège : Conclure de g''(0) = 0 qu'il n'y a pas d'extremum.

Exercice 4. Asymptote oblique des deux côtés

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Étudier f(x) = (x + 1)e1/x en +∞ et en −∞.

Technique poser t = 1/x.

Voir le corrigé
  1. f = (1/t + 1)(1 + t + t²/2 + o(t²)) = 1/t + 2 + 3t/2 + o(t). 2. Donc f(x) = x + 2 + 3/(2x) + o(1/x), valable pour t tendant vers 0 d'un côté comme de l'autre. 3. La droite y = x + 2 est asymptote en ±∞, la courbe étant au-dessus en +∞ et en dessous en −∞.

piège : S'arrêter au terme constant, alors que la position se lit sur le suivant.

Exercice 5. Équivalents de suites

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Équivalents de √(n + 1) − √n, de n1/n − 1 et de sin(π√(n² + 1)).

Technique quantité conjuguée, substitution, réduction modulo π.

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  1. √(n + 1) − √n = 1/(√(n + 1) + √n) ∼ 1/(2√n). 2. n1/n − 1 = eln n/n − 1 ∼ ln n/n, car ln n/n tend vers 0. 3. √(n² + 1) = n + 1/(2n) + O(1/n³). 4. Donc sin(π√(n² + 1)) = (−1)n sin(π/(2n) + O(1/n³)) ∼ (−1)n π/(2n).

piège : Écrire π√(n² + 1) ∼ πn puis composer par sin, ce qui donnerait 0.

Exercice 6. Les solutions de tan x = x

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit CCINP

Pour n ≥ 1, montrer que tan x = x a une unique solution xn dans ]nπ − π/2, nπ + π/2[, puis que xn = nπ + π/2 − 1/(nπ) + o(1/n).

Technique bijection, puis écriture exacte de l'écart.

Voir le corrigé
  1. φ(x) = tan x − x a pour dérivée tan²x, qui ne s'annule qu'en nπ, donc φ est strictement croissante, de limites −∞ et +∞ aux bornes. 2. tan xn = xn > 0, donc xn est dans ]nπ, nπ + π/2[ et xn ∼ nπ. 3. On pose εn = nπ + π/2 − xn, dans ]0, π/2[. Alors tan xn = 1/tan εn, donc εn = Arctan(1/xn) exactement. 4. Comme 1/xn tend vers 0, εn ∼ 1/xn ∼ 1/(nπ).

piège : Développer tan au voisinage de π/2, où elle n'est pas définie.

Exercice 7. Réciproque de x ↦ xex

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit CCINP

Montrer que f(x) = xex réalise une bijection de ]−1, +∞[ sur ]−1/e, +∞[, puis donner le DL à l'ordre 3 en 0 de sa réciproque g.

Technique justifier l'existence du DL, puis identifier.

Voir le corrigé
  1. f'(x) = (1 + x)ex > 0, et les limites aux bornes sont −1/e et +∞. 2. Comme f' ne s'annule pas, g est de classe C∞ (dérivation de la réciproque, de proche en proche), et Taylor-Young donne g(y) = ay + by² + cy³ + o(y³). 3. On écrit f(g(y)) = y avec f(x) = x + x² + x³/2 + o(x³). 4. Identification : a = 1, b + a² = 0, c + 2ab + a³/2 = 0. 5. g(y) = y − y² + 3y³/2 + o(y³).

piège : Identifier sans avoir établi l'existence du DL de g.

Exercice 8. La suite un+1 = sin un

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit CCINP

Soit u₀ dans ]0, π/2] et un+1 = sin un. Montrer que un tend vers 0, puis que un ∼ √(3/n).

Technique trouver une puissance de un dont les accroissements ont une limite, puis Cesàro.

Voir le corrigé
  1. ]0, π/2] est stable par sin, et sin x < x pour x > 0 : la suite décroît, est minorée par 0, et sa limite l vérifie sin l = l, donc l = 0. 2. un+1 = un(1 − u_n²/6 + o(u_n²)). 3. Donc 1/un+1² = (1/u_n²)(1 + u_n²/3 + o(u_n²)), et an = 1/un+1² − 1/u_n² tend vers 1/3. 4. Cesàro, redémontré : soit ε > 0 et N tel que |ak − 1/3| ≤ ε pour k ≥ N. L'écart entre (1/n)Σk<n ak et 1/3 est au plus (1/n)Σk<N |ak − 1/3| + ε, donc inférieur à 2ε pour n grand. 5. Par télescopage, 1/u_n² − 1/u₀² = Σk<n ak, donc 1/u_n² ∼ n/3, et un ∼ √(3/n) car un > 0.

piège : Étudier un+1 − un ∼ −u_n³/6, qui ne mène à rien.

Exercice 9. Une suite d'intégrales

Approfondissement · Niveau écrit Mines

Soit In = ∫₀¹ xⁿ/(1 + x) dx. Montrer que In ∼ 1/(2n), puis que In = 1/(2n) − 1/(4n²) + O(1/n³).

Technique encadrement, puis intégrations par parties.

Voir le corrigé
  1. In + In+1 = ∫₀¹ xⁿ dx = 1/(n + 1), et (In) décroît. 2. Donc 2In+1 ≤ 1/(n + 1) ≤ 2I_n, d'où 1/(2(n + 1)) ≤ In ≤ 1/(2n) et In ∼ 1/(2n). 3. Par parties, In = 1/(2(n + 1)) + Jn/(n + 1), avec Jn = ∫₀¹ xn+1/(1 + x)² dx. 4. Une seconde intégration par parties donne Jn = 1/(4(n + 2)) + Kn, avec 0 ≤ Kn ≤ 2/((n + 2)(n + 3)), donc Jn = 1/(4n) + O(1/n²). 5. Avec 1/(2(n + 1)) = 1/(2n) − 1/(2n²) + O(1/n³), on obtient In = 1/(2n) − 1/(4n²) + O(1/n³). 6. Contrôle : la relation du point 1 est vérifiée jusqu'à l'ordre 2.

piège : Le signe, car la dérivée de 1/(1 + x) est −1/(1 + x)².

Exercice 10. Racine de xⁿ + x − 1

Approfondissement · Type oral Centrale

Montrer que xⁿ + x − 1 = 0 a une unique racine xn dans ]0, 1[, que xn tend vers 1, et que 1 − xn ∼ ln n/n.

Technique monotonie de la suite des racines, puis logarithme d'équivalents.

Voir le corrigé
  1. fn(x) = xⁿ + x − 1 est strictement croissante sur [0, 1], avec fn(0) = −1 et fn(1) = 1. 2. fn+1(xn) = xnn+1 − x_nⁿ < 0, donc xn+1 > xn, et la suite converge vers l ≤ 1. 3. Si l < 1, alors 1 − xn = x_nⁿ ≤ lⁿ tend vers 0, contradiction. Donc l = 1. 4. Avec εn = 1 − xn, l'équation s'écrit n ln(1 − εn) = ln εn, d'où nε_n ∼ ln(1/εn), qui tend vers +∞. 5. Par l'exemple 2 de la section 3, ln n + ln εn ∼ ln ln(1/εn) = o(ln(1/εn)). 6. Donc ln(1/εn) ∼ ln n, puis nε_n ∼ ln n, soit εn ∼ ln n/n.

piège : Prendre le logarithme d'un équivalent sans vérifier que la limite diffère de 1.

Erreurs fréquentes

  1. Additionner des équivalents, composer un équivalent à gauche par exp ou ln, ou écrire f ∼ 0. On repasse à l'écriture avec des o.
  2. Choisir un ordre trop bas, ou oublier qu'une division par xk fait perdre k ordres. Pour (sin x − x)/x³, un DL de sin à l'ordre 2 donne o(x²)/x³, qui n'apprend rien.
  3. Substituer dans un DL en 0 une fonction intérieure qui ne tend pas vers 0, comme cos x dans eu. On écrit d'abord ecos x = e × ecos x − 1.
  4. Dériver un DL, ou déduire d'un DL à l'ordre 2 que la fonction est deux fois dérivable. On primitive un DL, on ne le dérive pas.
  5. Élever un équivalent à une puissance qui dépend de n, ou identifier les coefficients d'un développement dont l'existence n'a pas été justifiée.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de PCSI (2021), section « Analyse asymptotique » du deuxième semestre. Elle couvre les relations de comparaison pour les fonctions, les développements limités, l'adaptation aux suites et les problèmes de développement asymptotique.

Au concours

Les questions des sujets corrigés qui travaillent ce chapitre. La première question de chaque sujet est en accès libre.

Centrale-Supélec 2025, PSI, Mathématiques 2

  • Q2 et Q3 Dérivée et développement limité d'un quotient
  • Q15 à Q20 Développement asymptotique d'une somme quand x tend vers 0