Aller au contenu

Accueil › PTSI › Chimie

PTSI · Chimie · semaine 28

Réactions d'oxydo-réduction et piles

Nombre d'oxydation, oxydants et réducteurs minéraux usuels et lien entre la position d'un élément dans le tableau périodique et le caractère oxydant ou réducteur du corps simple correspondant. Fonctionnement d'une pile avec tension à vide, potentiel d'électrode, potentiel standard, formule de Nernst, électrodes de référence et capacité électrique. L'aspect thermodynamique s'appuie sur les potentiels standard et les diagrammes de prédominance ou d'existence, avec les cas de dismutation et de médiamutation.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Une oxydation est une perte d'électrons, donc une augmentation du nombre d'oxydation. Le n.o. est l'outil d'équilibrage le plus sûr.
  2. Le potentiel d'électrode est donné par la formule de Nernst, admise, avec le facteur 0,06/n0{,}06/n à 298 K298\ \text{K} et des activités valant 1 pour les solides et le solvant.
  3. Dans une pile, la tension à vide est la différence des potentiels d'électrode, l'anode est le pôle négatif, et la capacité électrique vaut la quantité d'électrons échangeables multipliée par la constante de Faraday.
  4. La réaction favorisée est celle entre l'oxydant le plus fort et le réducteur le plus fort, et sa constante s'écrit 10 n ΔE∘/0,0610^{\,n\,\Delta E^\circ/0{,}06} à 298 K298\ \text{K}.
  5. Une espèce sans domaine propre se dismute, une espèce qui en possède un peut être formée par médiamutation, et la conclusion dépend du milieu.
Pourquoi ce chapitre

L'oxydo-réduction est le troisième type de transformation en solution aqueuse, après les réactions acide-base et de précipitation. Le schéma de raisonnement est le même, mais un outil nouveau apparaît : le potentiel. Il joue pour les électrons le rôle que le pH joue pour les protons. Une échelle de potentiels standard permet de prévoir quelle réaction est favorisée.

  • Ce chapitre est celui des piles, point de contact entre la chimie et l'électricité. Il explique d'où vient la tension d'un accumulateur, ce que signifie sa capacité en ampère-heure et pourquoi elle s'épuise.
  • Il sert de fondation au chapitre des diagrammes potentiel-pH, qui combine les trois types de réactions dans un même graphe.

1Oxydants, réducteurs, nombres d'oxydation

1.1Définitions

Définition 1.1Oxydant, réducteur, couple

Un oxydant est une entité capable de capter un ou plusieurs électrons. Un réducteur est une entité capable d'en céder. Un couple oxydant-réducteur, noté Ox/Red, est relié par la demi-équation électronique Ox+n e−=Red.\text{Ox} + n\,\e^- = \text{Red}.

L'électron libre n'existe pas en solution. Une réaction d'oxydo-réduction met donc toujours en jeu deux couples, l'un cédant les électrons que l'autre capte. Le réducteur qui cède est oxydé, l'oxydant qui capte est réduit.

MéthodeÉquilibrer une demi-équation

En milieu aqueux acide :

  1. Équilibrer l'élément principal.
  2. Équilibrer l'oxygène avec des molécules d'eau.
  3. Équilibrer l'hydrogène avec des ions H+\text{H}^+ ou H3O+\text{H}_3\text{O}^+.
  4. Équilibrer les charges avec les électrons.

En milieu basique, on ajoute ensuite de part et d'autre autant d'ions hydroxyde que d'ions H+\text{H}^+, et on simplifie.

Exemple 1.2Ion permanganate en milieu acide

MnO4−+8 H++5 e−\text{MnO}_4^- + 8\,\text{H}^+ + 5\,\e^- =Mn2++4 H2O.= \text{Mn}^{2+} + 4\,\text{H}_2\text{O}.

1.2Nombre d'oxydation

Définition 1.3Nombre d'oxydation

Le nombre d'oxydation, noté n.o. et écrit en chiffres romains, est la charge fictive que porterait un atome si toutes les liaisons étaient rompues en attribuant les électrons de chaque doublet à l'atome le plus électronégatif.

Règles pratiques :

  • dans un corps simple, le n.o. de l'élément est nul ;
  • pour un ion monoatomique, le n.o. est égal à la charge ;
  • la somme des n.o. d'une entité est égale à sa charge globale ;
  • l'oxygène a le n.o. −II-\text{II}, sauf dans les peroxydes où il vaut −I-\text{I}, et dans le difluorure d'oxygène où il est positif ;
  • l'hydrogène a le n.o. +I+\text{I}, sauf dans les hydrures métalliques où il vaut −I-\text{I}.

Exemple 1.4

  • Le manganèse vaut +VII+\text{VII} dans MnO4−\text{MnO}_4^-, +IV+\text{IV} dans MnO2\text{MnO}_2, +II+\text{II} dans Mn2+\text{Mn}^{2+}.
  • Le soufre vaut +VI+\text{VI} dans SO42−\text{SO}_4^{2-} et +II+\text{II} en moyenne dans l'ion thiosulfate S2O32−\text{S}_2\text{O}_3^{2-}.

Une oxydation est une augmentation du n.o., une réduction est une diminution. Le nombre d'électrons échangés par atome est égal à la variation du n.o. de cet atome. C'est le moyen le plus sûr d'équilibrer une demi-équation compliquée et de repérer une oxydo-réduction.

1.3Lien avec le tableau périodique

Une capacité exigible est de relier la position d'un élément dans le tableau périodique au caractère oxydant ou réducteur du corps simple correspondant, et de prévoir les nombres d'oxydation extrêmes d'un élément.

  • Les éléments de la gauche du tableau, alcalins et alcalino-terreux, ont une faible électronégativité et une faible énergie d'ionisation. Leurs corps simples cèdent facilement des électrons, ce sont de bons réducteurs. Le sodium et le magnésium en sont les exemples types.
  • Les éléments du haut et de la droite, halogènes et dioxygène, sont très électronégatifs. Leurs corps simples captent facilement des électrons, ce sont de bons oxydants. Le difluor est le plus puissant.
  • Le n.o. maximal d'un élément des blocs s et p est égal au numéro de sa colonne dans l'ancienne numérotation, c'est-à-dire au nombre d'électrons de valence, car il correspond à la perte de tous ces électrons.
  • Le n.o. minimal correspond au gain du nombre d'électrons nécessaire pour compléter l'octet : il vaut le n.o. maximal moins huit.

Exemple 1.5Le soufre

Le soufre possède six électrons de valence. Son n.o. varie entre +VI+\text{VI}, dans l'ion sulfate, et −II-\text{II}, dans le sulfure d'hydrogène.

1.4Les espèces usuelles à connaître

Le programme demande de connaître le nom et la formule des espèces suivantes.

Oxydants :

  • ion permanganate MnO4−\text{MnO}_4^-, de couleur violette, oxydant puissant en milieu acide ;
  • ion hypochlorite ClO−\text{ClO}^-, principe actif de l'eau de Javel ;
  • dichlore Cl2\text{Cl}_2 ;
  • dioxygène O2\text{O}_2 ;
  • peroxyde d'hydrogène H2O2\text{H}_2\text{O}_2, aussi appelé eau oxygénée.

Réducteurs :

  • ion thiosulfate S2O32−\text{S}_2\text{O}_3^{2-}, oxydé en ion tétrathionate S4O62−\text{S}_4\text{O}_6^{2-}, utilisé en iodométrie ;
  • dihydrogène H2\text{H}_2 ;
  • métaux, sous forme de corps simples.

RemarquePeroxyde d'hydrogène

Il appartient à deux couples, H2O2/H2O\text{H}_2\text{O}_2/\text{H}_2\text{O} où il est oxydant, et O2/H2O2\text{O}_2/\text{H}_2\text{O}_2 où il est réducteur. Il peut donc se dismuter.

2Potentiel d'électrode et formule de Nernst

2.1La pile

Définition 2.1Pile

Une pile est constituée de deux demi-piles reliées par un pont salin et par un circuit extérieur. Chaque demi-pile contient un couple Ox/Red au contact d'un conducteur électronique, l'électrode.

Fonctionnement :

  • à l'électrode où se produit l'oxydation, le réducteur cède des électrons au métal ;
  • ces électrons parcourent le circuit extérieur ;
  • à l'autre électrode, ils sont captés par l'oxydant qui est réduit ;
  • le pont salin, tube contenant un électrolyte concentré et inerte, assure la fermeture du circuit par déplacement d'ions et maintient la neutralité électrique de chaque compartiment.

Définition 2.2Anode et cathode

L'électrode siège de l'oxydation est l'anode, celle siège de la réduction est la cathode.

Dans une pile, qui fonctionne en générateur, l'anode est le pôle négatif et la cathode le pôle positif. Dans le circuit extérieur, le courant conventionnel sort par le pôle positif, les électrons circulent en sens inverse, de l'anode vers la cathode.

Exemple 2.3Pile Daniell

Une lame de zinc dans une solution de sulfate de zinc, une lame de cuivre dans une solution de sulfate de cuivre, un pont salin au nitrate de potassium. Le zinc s'oxyde, les ions cuivre se réduisent, la réaction globale est Zn(s)+Cu2+=Zn2++Cu(s).\text{Zn(s)} + \text{Cu}^{2+} = \text{Zn}^{2+} + \text{Cu(s)}. La tension à vide vaut environ 1,1 V1{,}1\ \text{V}.

2.2Tension à vide et potentiel d'électrode

Définition 2.4Tension à vide

La tension à vide, aussi appelée force électromotrice, est la tension mesurée entre les deux électrodes lorsque la pile ne débite pas, c'est-à-dire avec un voltmètre de grande résistance d'entrée. Elle vaut e=Ecathode−Eanodee = E_{\text{cathode}} - E_{\text{anode}} =Epoˆle +−Epoˆle -,= E_{\text{pôle +}} - E_{\text{pôle -}}, et elle est positive.

EE désigne le potentiel d'électrode du couple présent dans la demi-pile. Il n'est pas mesurable dans l'absolu, seule une différence l'est. On prend pour origine le couple H+/H2\text{H}^+/\text{H}_2, dont le potentiel standard est fixé à 0 V0\ \text{V} à toute température. L'électrode correspondante est l'électrode standard à hydrogène.

Électrodes de référence usuelles, plus commodes au laboratoire :

  • l'électrode au calomel saturée, de potentiel voisin de 0,24 V0{,}24\ \text{V} par rapport à l'électrode standard à hydrogène à 298 K298\ \text{K} ;
  • l'électrode au chlorure d'argent en solution de chlorure de potassium saturée, de potentiel voisin de 0,20 V0{,}20\ \text{V}.

Leur potentiel est fixe, ce qui permet de mesurer celui d'un couple inconnu par différence. Il faut savoir convertir un potentiel mesuré par rapport à une référence en potentiel par rapport à l'électrode standard à hydrogène, par simple addition.

2.3Formule de Nernst

Loi 2.5Formule de Nernst

Admise en première année. Pour un couple dont la demi-équation s'écrit a Ox+n e−=b Reda\,\text{Ox} + n\,\e^- = b\,\text{Red}, le potentiel d'électrode vaut E=E∘+0,06nlog⁡aOx aaRed b.E = E^\circ + \frac{0{,}06}{n}\log\frac{a_{\text{Ox}}^{\,a}}{a_{\text{Red}}^{\,b}}. Le facteur exact est RTln⁡10/FRT\ln 10/F, soit 0,059 V0{,}059\ \text{V} à 298 K298\ \text{K}, arrondi à 0,06 V0{,}06\ \text{V} dans les applications numériques. FF est la constante de Faraday, égale à 96 500 C⋅mol−196\,500\ \text{C}\cdot\text{mol}^{-1}. E∘E^\circ est le potentiel standard du couple, une donnée tabulée qui ne dépend que du couple et de la température.

Règles d'écriture :

  • les activités valent 1 pour un solide pur et pour le solvant ;
  • elles valent la concentration divisée par c∘c^\circ pour un soluté dilué, la pression partielle divisée par p∘p^\circ pour un gaz ;
  • les ions H+\text{H}^+ ou H3O+\text{H}_3\text{O}^+ qui figurent dans la demi-équation entrent dans le quotient, ce qui rend le potentiel dépendant du pH. C'est le point de départ du chapitre suivant.

Exemple 2.6

Pour Fe3++e−=Fe2+\text{Fe}^{3+} + \e^- = \text{Fe}^{2+} : E=E∘+0,06log⁡[Fe3+][Fe2+].E = E^\circ + 0{,}06\log\frac{[\text{Fe}^{3+}]}{[\text{Fe}^{2+}]}. Pour MnO4−+8 H++5 e−=Mn2++4 H2O\text{MnO}_4^- + 8\,\text{H}^+ + 5\,\e^- = \text{Mn}^{2+} + 4\,\text{H}_2\text{O} : E=E∘+0,065log⁡[MnO4−][H+]8[Mn2+].E = E^\circ + \frac{0{,}06}{5}\log\frac{[\text{MnO}_4^-][\text{H}^+]^8}{[\text{Mn}^{2+}]}.

Ordres de grandeur de potentiels standard à retenir, toujours fournis en épreuve :

  • Zn2+/Zn\text{Zn}^{2+}/\text{Zn} : environ −0,76 V-0{,}76\ \text{V} ;
  • H+/H2\text{H}^+/\text{H}_2 : 0 V0\ \text{V} ;
  • Cu2+/Cu\text{Cu}^{2+}/\text{Cu} : 0,34 V0{,}34\ \text{V} ;
  • I2/I−\text{I}_2/\text{I}^- : 0,54 V0{,}54\ \text{V} ;
  • Fe3+/Fe2+\text{Fe}^{3+}/\text{Fe}^{2+} : 0,77 V0{,}77\ \text{V} ;
  • Ag+/Ag\text{Ag}^+/\text{Ag} : 0,80 V0{,}80\ \text{V} ;
  • O2/H2O\text{O}_2/\text{H}_2\text{O} : 1,23 V1{,}23\ \text{V} ;
  • Cl2/Cl−\text{Cl}_2/\text{Cl}^- : 1,36 V1{,}36\ \text{V} ;
  • MnO4−/Mn2+\text{MnO}_4^-/\text{Mn}^{2+} : 1,51 V1{,}51\ \text{V}.

2.4Capacité électrique d'une pile

Définition 2.7Capacité électrique

La capacité électrique est la charge totale que la pile peut débiter avant épuisement : Q=ne− F,Q = n_{\e^-}\,F, où la quantité totale d'électrons échangés se déduit du réactif limitant et de la demi-équation correspondante. Si la pile débite un courant d'intensité II constante pendant une durée Δt\Delta t, on a aussi Q=I ΔtQ = I\,\Delta t.

MéthodeCalculer la capacité

  1. Identifier le réactif limitant, souvent la masse de métal de l'électrode ou la quantité d'ions en solution.
  2. En déduire la quantité maximale d'électrons échangés.
  3. Multiplier par FF.
  4. Convertir si nécessaire : une ampère-heure vaut 3 600 C3\,600\ \text{C}.

Exemple 2.8

Une électrode de zinc de 6,5 g6{,}5\ \text{g}, soit 0,1 mol0{,}1\ \text{mol}, échange 0,2 mol0{,}2\ \text{mol} d'électrons, donc une charge de 1,9×104 C1{,}9\times 10^{4}\ \text{C}, soit environ 5,4 A⋅h5{,}4\ \text{A}\cdot\text{h}.

3Prévoir le sens et l'ampleur d'une réaction

3.1Comparaison des potentiels

L'oxydant d'un couple de potentiel élevé est un oxydant fort. Le réducteur d'un couple de potentiel bas est un réducteur fort. En présence de deux couples, la réaction favorisée met en jeu l'oxydant du couple de potentiel le plus élevé et le réducteur du couple de potentiel le plus bas. C'est la règle du gamma, en traçant la lettre gamma sur un axe vertical de potentiels.

Attention

Cette règle utilise les potentiels réels EE, pas seulement les potentiels standard E∘E^\circ. Elle reste valable avec les E∘E^\circ tant que les concentrations ne sont pas très éloignées de la référence et que les potentiels standard diffèrent nettement. Quand les E∘E^\circ sont proches, il faut passer par Nernst.

3.2Constante d'équilibre

À l'équilibre, les deux potentiels d'électrode sont égaux. En écrivant cette égalité avec la formule de Nernst pour les deux couples, et en notant nn le nombre d'électrons échangés dans l'équation de la réaction globale, on obtient à 298 K298\ \text{K} :

Propriété 3.1Constante d'équilibre

K∘=10 n ΔE∘/0,06,K^\circ = 10^{\,n\,\Delta E^\circ/0{,}06}, où ΔE∘\Delta E^\circ est la différence entre le potentiel standard de l'oxydant qui réagit et celui du réducteur qui réagit.

Une différence de 0,30 V0{,}30\ \text{V} avec un électron échangé donne déjà K∘K^\circ voisin de 10510^5, et 101010^{10} pour deux électrons. En pratique, un écart de potentiels standard supérieur à 0,30 V0{,}30\ \text{V} rend la transformation quantitative, ce qui explique que la plupart des titrages rédox soient totaux.

Attention

La thermodynamique dit ce qui est favorisé, pas ce qui se produit vite. Certaines réactions très favorisées sont extrêmement lentes, faute de chemin réactionnel accessible : c'est un blocage cinétique. L'oxydation de l'eau par le dioxygène de l'air en est l'exemple le plus courant.

3.3Diagrammes de prédominance et d'existence en potentiel

On peut représenter sur un axe vertical de potentiels, à concentrations fixées, le domaine de chaque espèce d'un couple. Au-dessus de la frontière on écrit l'oxydant, en dessous le réducteur. Pour un couple où l'une des espèces est un solide ou un gaz, on parle de domaine d'existence et la frontière dépend de la concentration ou de la pression de tracé.

Deux espèces dont les domaines sont disjoints sont incompatibles et réagissent entre elles.

3.4Dismutation et médiamutation

Définition 3.2Dismutation

Une dismutation est une réaction dans laquelle une même espèce joue à la fois le rôle d'oxydant et de réducteur. Elle donne deux espèces, l'une de nombre d'oxydation supérieur, l'autre de nombre d'oxydation inférieur.

Critère : une espèce se dismute si son domaine, comme réducteur du couple supérieur, ne recouvre pas son domaine comme oxydant du couple inférieur. Autrement dit, si le potentiel standard du couple où elle est oxydante est supérieur à celui du couple où elle est réductrice. On le lit sur l'axe des potentiels : l'espèce n'a alors aucun domaine propre.

Exemple 3.3Dismutation de l'eau oxygénée

Le peroxyde d'hydrogène se dismute en dioxygène et en eau, car le potentiel standard du couple H2O2/H2O\text{H}_2\text{O}_2/\text{H}_2\text{O}, environ 1,76 V1{,}76\ \text{V}, est supérieur à celui du couple O2/H2O2\text{O}_2/\text{H}_2\text{O}_2, environ 0,68 V0{,}68\ \text{V}. La réaction est très favorisée mais lente, elle s'accélère fortement en présence d'un catalyseur.

Définition 3.4Médiamutation

La médiamutation est la réaction inverse de la dismutation. Deux espèces d'un même élément, de nombres d'oxydation différents, réagissent pour donner une seule espèce de nombre d'oxydation intermédiaire. Elle se produit quand l'espèce intermédiaire possède un domaine propre, c'est-à-dire dans la situation opposée à la dismutation.

Exemple 3.5

Médiamutation entre l'ion iodate et l'ion iodure en milieu acide, qui donne du diiode.

Attention

Un même couple d'espèces peut se dismuter à un pH et médiamuter à un autre, puisque les potentiels dépendent du pH. La conclusion n'est jamais générale, elle se donne pour des conditions précisées.

4Mise en œuvre expérimentale

Le programme demande de réaliser une pile et d'étudier son fonctionnement, ainsi que de mettre en œuvre une réaction d'oxydo-réduction pour une analyse quantitative.

  • Réalisation d'une pile. Deux béchers, deux électrodes métalliques décapées, un pont salin en papier imbibé ou en gel d'agar-agar au nitrate de potassium ou au chlorure de potassium. On mesure la tension à vide au voltmètre, on identifie les pôles, puis on fait débiter la pile dans une résistance et on observe la chute de tension et l'évolution des électrodes. On peut vérifier le sens de variation prévu par Nernst en modifiant une concentration.
  • Titrage manganimétrique. Il utilise l'ion permanganate en milieu acide, sa disparition de couleur violette servant d'indicateur de fin de réaction.
  • Iodométrie. Elle titre le diiode formé par une solution de thiosulfate, avec l'empois d'amidon comme indicateur de fin de titrage.
  • Précautions. Un titrage n'est exploitable que si la réaction est unique, rapide et quantitative. Il faut toujours préciser le milieu, car beaucoup de couples ne sont oxydants qu'en milieu acide.

Méthodes

MéthodeRéflexes du chapitre

  1. Devant une transformation douteuse, calculer les nombres d'oxydation. S'ils varient, c'est une oxydo-réduction.
  2. Pour équilibrer, procéder dans l'ordre élément, oxygène, hydrogène, charges, et vérifier la conservation de la charge à la fin.
  3. Pour prévoir une réaction, placer les couples sur un axe vertical de potentiels standard et appliquer la règle du gamma, puis contrôler avec Nernst si les valeurs sont proches.
  4. Pour une constante, retenir la démarche : égalité des potentiels à l'équilibre, puis identification avec log⁡K∘\log K^\circ.
  5. Pour une pile, commencer par calculer les deux potentiels, en déduire les pôles, puis écrire la réaction et seulement ensuite la capacité.
  6. Si un résultat expérimental contredit la prévision thermodynamique, penser au blocage cinétique avant de douter du calcul.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Déterminer les nombres d'oxydation dans une entité complexe et en déduire le nombre d'électrons échangés.
  2. Équilibrer une demi-équation en milieu acide puis la transposer en milieu basique.
  3. Prévoir les nombres d'oxydation extrêmes d'un élément à partir de sa position dans le tableau périodique.
  4. Décrire le fonctionnement complet d'une pile, en nommant anode, cathode, pôles, sens du courant et rôle du pont salin.
  5. Écrire la formule de Nernst pour un couple donné, en traitant correctement solides, gaz et ions H+\text{H}^+.
  6. Calculer la constante d'équilibre d'une réaction rédox à partir des potentiels standard et conclure sur sa quantitativité.
  7. Calculer la capacité électrique d'une pile et sa durée de fonctionnement à courant imposé.
  8. Prévoir la dismutation ou la médiamutation d'une espèce à partir d'un axe de potentiels, et l'illustrer sur le peroxyde d'hydrogène.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Nombre d'oxydation : charge fictive obtenue en attribuant chaque doublet de liaison à l'atome le plus électronégatif. La somme des n.o. d'une entité vaut sa charge. Définition, exigible.
  • Électrons échangés : pour chaque atome, le nombre d'électrons échangés est égal à la variation de son n.o. Exigible.
  • N.o. extrêmes pour les blocs s et p : le maximum vaut le nombre d'électrons de valence. Le minimum vaut ce maximum moins huit pour les non-métaux, et zéro pour les métaux. Exigible, à justifier par la configuration électronique.
  • Position dans le tableau : les corps simples de gauche sont réducteurs, ceux de droite sont oxydants, gaz nobles exclus. Exigible qualitativement.
  • Convention : E°(H⁺/H₂) = 0 V à toute température. Convention.
  • Tension à vide : e = E₊ − E₋ > 0, mesurée à courant nul. Exigible.
  • Formule de Nernst : E = E° + (0,06/n) log(Qox/red) à 298 K. Admise en première année, son écriture est exigible.
  • Unicité du potentiel : à l'équilibre, tous les couples présents dans une même solution ont le même potentiel. Exigible, c'est l'outil de toutes les preuves.
  • Constante d'équilibre : K° = 10n(E°ox − E°red)/0,06 à 298 K, avec n le nombre d'électrons de l'équation globale. Exigible avec démonstration.
  • Combinaison de potentiels standard : E°(A/C) = (n₁E°(A/B) + n₂E°(B/C))/(n₁ + n₂). À redémontrer à chaque fois, pas à citer.
  • Capacité : Q = n(e⁻)·F, et Q = I·Δt à courant constant. Exigible.
  • Dismutation : une espèce se dismute si E° du couple où elle est oxydante dépasse E° du couple où elle est réductrice. Exigible.
  • Relation ΔrG° = −nFE° : hors programme en PCSI, vue en PC.
  • Électrolyse, courbes intensité-potentiel, surtensions : hors programme en PCSI.

Clés de démonstration

Constante d'équilibre. On écrit les deux demi-équations avec le même nombre n d'électrons, puis la formule de Nernst pour chacune. À l'équilibre les deux potentiels sont égaux, on regroupe les logarithmes et on reconnaît log K° = n(E°₁ − E°₂)/0,06. L'astuce qui débloque est de multiplier les demi-équations avant d'écrire Nernst, sans jamais multiplier les E°.

Tension à vide et quotient de réaction. Pour la réaction de la pile Ox₊ + Red₋ = Red₊ + Ox₋, on soustrait les deux expressions de Nernst. On obtient e = ΔE° − (0,06/n) log Qr, soit e = (0,06/n) log(K°/Qr). La pile débite tant que Qr < K° et elle est usée quand Qr = K°, c'est-à-dire quand e = 0.

Combinaison des E°. On imagine une solution contenant A, B et C à l'équilibre, donc à un potentiel unique E. On écrit Nernst pour A/B et B/C, on multiplie respectivement par n₁ et n₂ et on ajoute. Le terme en B disparaît et l'identification avec le couple A/C donne la moyenne pondérée par les nombres d'électrons.

N.o. extrêmes. Perdre tous les électrons de valence donne la configuration du gaz noble précédent, d'où le maximum. Gagner ceux qui manquent pour l'octet donne le minimum. L'argument est une règle de l'octet, qui ne s'applique pas aux éléments de transition.

Capacité. La charge est portée par les électrons échangés. Leur quantité maximale se lit sur le réactif limitant multiplié par le nombre d'électrons de sa demi-équation. On multiplie par F, charge d'une mole d'électrons.

Exemples et contre-exemples à connaître

  • Ion cuivre(I) : E°(Cu⁺/Cu) = 0,52 V dépasse E°(Cu²⁺/Cu⁺) = 0,16 V, il se dismute en solution aqueuse. C'est l'exemple de dismutation d'un cation métallique.
  • Ions fer : 2 Fe³⁺ + Fe = 3 Fe²⁺ est une médiamutation quasi totale. Elle explique qu'on conserve une solution de Fe²⁺ sur de la limaille de fer.
  • Dichlore : il se dismute en milieu basique en Cl⁻ et ClO⁻, c'est la fabrication de l'eau de Javel. En milieu acide la réaction inverse libère du dichlore, d'où le danger de mélanger Javel et détartrant acide.
  • Permanganate et eau : E°(MnO₄⁻/Mn²⁺) = 1,51 V dépasse E°(O₂/H₂O) = 1,23 V, l'eau devrait être oxydée. Les solutions sont pourtant stables des semaines, c'est un blocage cinétique.
  • Métaux et acide chlorhydrique : le zinc, de E° négatif, est attaqué avec dégagement de dihydrogène. Le cuivre, de E° positif, ne l'est pas. Il faut l'acide nitrique, grâce à l'ion nitrate oxydant.
  • Pile de concentration : deux demi-piles du même couple ont ΔE° = 0 et pourtant e ≠ 0. Contre-exemple à l'idée que la tension vient des potentiels standard.
  • Couples de E° voisins : Fe³⁺ et Ag ont des E° qui diffèrent de 0,03 V. Le sens de la réaction dépend alors des concentrations (exercice 9).
  • Ion thiosulfate : le soufre y a un n.o. moyen de +II, et de +2,5 dans le tétrathionate. Un n.o. moyen fractionnaire est normal.

Techniques du chapitre

  1. N.o. par la charge globale. Chrome dans Cr₂O₇²⁻ : 2x + 7 × (−2) = −2, donc x = +VI. Dans Cr³⁺ il vaut +III. Le passage échange 3 électrons par atome, donc 6 par ion dichromate.

  2. Passer en milieu basique. En milieu acide, ClO⁻ + 2 H⁺ + 2 e⁻ = Cl⁻ + H₂O. On ajoute 2 HO⁻ des deux côtés, les H⁺ et HO⁻ forment 2 H₂O et on simplifie : ClO⁻ + H₂O + 2 e⁻ = Cl⁻ + 2 HO⁻.

  3. Équation globale. MnO₄⁻ + 8 H⁺ + 5 e⁻ = Mn²⁺ + 4 H₂O et Fe²⁺ = Fe³⁺ + e⁻. On multiplie la seconde par 5 : MnO₄⁻ + 8 H⁺ + 5 Fe²⁺ = Mn²⁺ + 5 Fe³⁺ + 4 H₂O. Contrôle : charge +17 de chaque côté.

  4. Nernst avec un gaz. Cl₂(g) + 2 e⁻ = 2 Cl⁻ donne E = 1,36 + 0,03 log(P(Cl₂)/(P°·[Cl⁻]²)), concentrations en mol·L⁻¹. Sous 1 bar avec [Cl⁻] = 0,1 mol·L⁻¹, E = 1,36 + 0,06 = 1,42 V.

  5. Changer de référence. Une électrode plongeant dans un mélange Fe³⁺/Fe²⁺ affiche +0,53 V par rapport à l'électrode au calomel saturée. Par rapport à l'électrode standard à hydrogène, E = 0,53 + 0,24 = 0,77 V. On ajoute le potentiel de la référence.

  6. Constante et quantitativité. Zn + Cu²⁺ = Zn²⁺ + Cu, n = 2, ΔE° = 0,34 − (−0,76) = 1,10 V. K° = 102 × 1,10/0,06 = 1036,7. La réaction est totale.

  7. Identifier les pôles. On calcule les deux potentiels réels. Le plus élevé est le pôle positif, siège de la réduction, donc la cathode. On écrit la réaction de la pile ensuite, jamais avant.

  8. Durée de fonctionnement. 0,010 mol de Ag⁺ limitant, 1 électron par ion. Q = 0,010 × 96 500 = 965 C. Sous 5,0 mA, Δt = 965/0,0050 = 1,9·10⁵ s, soit environ 54 h.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Nombres d'oxydation et demi-équations

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Écrire les demi-équations des couples Cr₂O₇²⁻/Cr³⁺ en milieu acide, S₄O₆²⁻/S₂O₃²⁻, H₂O₂/H₂O et O₂/H₂O₂. Préciser dans chaque cas les n.o. concernés.

Technique n.o. d'abord, équilibrage ensuite.

Voir le corrigé
  1. Chrome de +VI à +III, deux atomes, 6 électrons : Cr₂O₇²⁻ + 14 H⁺ + 6 e⁻ = 2 Cr³⁺ + 7 H₂O. Charges +6 de chaque côté.
  2. Soufre de +II à +2,5 sur quatre atomes, variation totale 2 : S₄O₆²⁻ + 2 e⁻ = 2 S₂O₃²⁻.
  3. Oxygène de −I à −II : H₂O₂ + 2 H⁺ + 2 e⁻ = 2 H₂O.
  4. Oxygène de 0 à −I : O₂ + 2 H⁺ + 2 e⁻ = H₂O₂.

piège : Dans H₂O₂, l'oxygène vaut −I. Le supposer à −II rend l'hydrogène à +II, ce qui est absurde.

Exercice 2. Pile Daniell hors conditions standard

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Demi-pile au zinc avec [Zn²⁺] = 0,10 mol·L⁻¹, demi-pile au cuivre avec [Cu²⁺] = 0,010 mol·L⁻¹, 100 mL chacune, lames en large excès. Tension à vide, fonctionnement, capacité et durée sous 1,0 mA.

Technique potentiels réels, puis pôles, puis réactif limitant.

Voir le corrigé
  1. E(Zn) = −0,76 + 0,03 log 0,10 = −0,79 V. E(Cu) = 0,34 + 0,03 log 0,010 = 0,28 V.
  2. Pôle positif cuivre, cathode, réduction de Cu²⁺. Pôle négatif zinc, anode, oxydation du zinc. e = 1,07 V.
  3. Les électrons vont du zinc au cuivre par le circuit extérieur. Dans le pont salin, les cations migrent vers la demi-pile au cuivre, qui perd des charges positives.
  4. K° = 1036,7 : la pile s'arrête quand Cu²⁺ est pratiquement épuisé. n(Cu²⁺) = 1,0·10⁻³ mol, n(e⁻) = 2,0·10⁻³ mol, Q = 193 C.
  5. Δt = 193/1,0·10⁻³ = 1,9·10⁵ s, environ 54 h.

piège : Prendre le zinc comme limitant par réflexe. Ici ce sont les ions cuivre.

Exercice 3. Pile de concentration

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Deux demi-piles Ag⁺/Ag de même volume, l'une à 0,10 mol·L⁻¹, l'autre à 1,0·10⁻³ mol·L⁻¹. Tension à vide, polarité, état final.

Technique Nernst sur un même couple.

Voir le corrigé
  1. e = 0,06 log(0,10/1,0·10⁻³) = 0,12 V.
  2. Pôle positif du côté concentré : Ag⁺ s'y réduit. Côté dilué, l'argent s'oxyde.
  3. La pile s'arrête quand les deux concentrations sont égales, soit (0,10 + 0,001)/2 ≈ 0,050 mol·L⁻¹ de chaque côté.

piège : Écrire e = ΔE° = 0. La tension vient ici uniquement du terme logarithmique.

Exercice 4. Titrage manganimétrique

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

On titre 10,0 mL de Fe²⁺ par du permanganate à 0,020 mol·L⁻¹ en milieu acidifié à l'acide sulfurique. Équivalence à 12,5 mL. Concentration en Fe²⁺, justification du titrage, choix de l'acide, potentiel à la demi-équivalence.

Technique équation globale et relation à l'équivalence.

Voir le corrigé
  1. Équation de la technique 3. À l'équivalence n(Fe²⁺) = 5 n(MnO₄⁻) = 5 × 2,5·10⁻⁴ = 1,25·10⁻³ mol, soit c = 0,125 mol·L⁻¹.
  2. K° = 105 × (1,51 − 0,77)/0,06 = 1062 environ. Réaction quantitative, rapide, repérée par la persistance de la teinte violette.
  3. L'acide chlorhydrique est exclu, car MnO₄⁻ oxyderait Cl⁻ (1,51 > 1,36) et fausserait le volume.
  4. À la demi-équivalence [Fe³⁺] = [Fe²⁺], donc E = 0,77 V.

piège : Écrire n(Fe²⁺) = n(MnO₄⁻) en oubliant le coefficient 5.

Exercice 5. Iodométrie d'une eau de Javel

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

On dilue une eau de Javel dix fois. On en prélève 10,0 mL, on ajoute de l'iodure de potassium en excès et on acidifie modérément. Le diiode formé est titré par du thiosulfate à 0,10 mol·L⁻¹. Équivalence à 12,0 mL. Concentration en ion hypochlorite.

Technique titrage indirect et chaîne de coefficients.

Voir le corrigé
  1. ClO⁻ + 2 I⁻ + 2 H⁺ = Cl⁻ + I₂ + H₂O, puis I₂ + 2 S₂O₃²⁻ = 2 I⁻ + S₄O₆²⁻.
  2. n(ClO⁻) = n(I₂) = n(S₂O₃²⁻)/2 = 1,2·10⁻³/2 = 6,0·10⁻⁴ mol.
  3. Solution diluée à 0,060 mol·L⁻¹, eau de Javel commerciale à 0,60 mol·L⁻¹.
  4. L'empois d'amidon, ajouté près de l'équivalence, donne une teinte bleu foncé qui disparaît à l'équivalence.
  5. L'acidification reste modérée : en milieu très acide, ClO⁻ et Cl⁻ médiamutent en dichlore, et le thiosulfate se décompose.

piège : Oublier le facteur 2 entre diiode et thiosulfate, ou oublier la dilution.

Exercice 6. Dismutation du cuivre(I)

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

E°(Cu²⁺/Cu⁺) = 0,16 V, E°(Cu⁺/Cu) = 0,52 V, pKs(CuCl) = 6,7. Retrouver E°(Cu²⁺/Cu), étudier la dismutation de Cu⁺ introduit à 0,10 mol·L⁻¹, puis montrer que CuCl est stable en présence d'ions chlorure.

Technique combinaison des E° et critère de dismutation.

Voir le corrigé
  1. E°(Cu²⁺/Cu) = (0,16 + 0,52)/2 = 0,34 V, cohérent avec la table.
  2. 2 Cu⁺ = Cu²⁺ + Cu, n = 1, K° = 10(0,52 − 0,16)/0,06 = 10⁶.
  3. [Cu²⁺] ≈ 0,050 mol·L⁻¹, puis [Cu⁺]² = 0,050/10⁶, soit [Cu⁺] = 2,2·10⁻⁴ mol·L⁻¹. Hypothèse vérifiée.
  4. Couple Cu²⁺/CuCl : E° = 0,16 + 0,06 × 6,7 = 0,56 V. Couple CuCl/Cu : E° = 0,52 − 0,40 = 0,12 V.
  5. Le degré +I est oxydant dans le couple inférieur (0,12 V) et réducteur dans le couple supérieur (0,56 V). Il possède un domaine propre et ne se dismute plus.

piège : Oublier que la précipitation modifie les deux potentiels, en sens opposés.

Exercice 7. Conserver une solution de fer(II)

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

E°(Fe³⁺/Fe²⁺) = 0,77 V, E°(Fe²⁺/Fe) = −0,44 V. Calculer E°(Fe³⁺/Fe), dire si Fe²⁺ se dismute et justifier l'ajout de limaille de fer.

Technique moyenne pondérée et médiamutation.

Voir le corrigé
  1. E°(Fe³⁺/Fe) = (1 × 0,77 + 2 × (−0,44))/3 = −0,04 V.
  2. Fe²⁺ est oxydant du couple bas (−0,44 V) et réducteur du couple haut (0,77 V). Il a un domaine propre et ne se dismute pas.
  3. 2 Fe³⁺ + Fe = 3 Fe²⁺, n = 2, K° = 102 × 1,21/0,06 = 10⁴⁰. Tout Fe³⁺ formé par l'air est reconverti.

piège : Faire la moyenne simple des E°. Seule la moyenne pondérée par les électrons est correcte.

Exercice 8. Attaque des métaux par les acides

Classiques de khôlle et concours · Type oral CCINP

Données : E°(NO₃⁻/NO) = 0,96 V, E°(Au³⁺/Au) = 1,50 V environ. Prévoir l'action de l'acide chlorhydrique molaire sur le zinc, le cuivre et l'or, puis celle de l'acide nitrique sur le cuivre.

Technique règle du gamma, puis équation globale.

Voir le corrigé
  1. HCl apporte H⁺ (0 V) et Cl⁻, réducteur. Seul le zinc (−0,76 V) est oxydé : Zn + 2 H⁺ = Zn²⁺ + H₂.
  2. NO₃⁻ + 4 H⁺ + 3 e⁻ = NO + 2 H₂O. Avec le cuivre : 3 Cu + 2 NO₃⁻ + 8 H⁺ = 3 Cu²⁺ + 2 NO + 4 H₂O.
  3. n = 6, K° = 106 × 0,62/0,06 = 10⁶². L'or n'est attaqué par aucun des deux, car E°(Au³⁺/Au) dépasse 0,96 V.

piège : Dire que le cuivre est attaqué par « l'acide ». C'est l'ion nitrate qui l'oxyde, pas H⁺.

Exercice 9. Deux couples voisins

Approfondissement · Type écrit Mines

Fe³⁺ + Ag(s) = Fe²⁺ + Ag⁺, avec E°(Ag⁺/Ag) = 0,80 V. On agite de l'argent en excès dans Fe³⁺ à 0,10 mol·L⁻¹. Composition finale. Commenter.

Technique constante faible, résolution exacte.

Voir le corrigé
  1. K° = 10(0,77 − 0,80)/0,06 = 10−0,5 = 0,32.
  2. Qr initial nul, évolution en sens direct : x²/(0,10 − x) = 0,32.
  3. x² + 0,32x − 0,032 = 0, discriminant 0,2304, √ = 0,48, x = 0,080 mol·L⁻¹.
  4. 80 % de Fe³⁺ est réduit, alors que la règle du gamma sur les E° prédit la réaction inverse. Avec des E° voisins, seul le calcul conclut.

piège : Conclure « pas de réaction » parce que K° < 1. Une constante inférieure à 1 n'interdit pas une évolution notable.

Exercice 10. Pile à combustible dihydrogène-dioxygène

Approfondissement · Type oral Centrale

En milieu acide, on alimente une électrode en H₂ et l'autre en air. Montrer que la tension à vide ne dépend pas du pH, la calculer pour P(H₂) = 1 bar et P(O₂) = 0,2 bar, puis évaluer la charge et l'énergie fournies par 1 kg de dihydrogène.

Technique Nernst avec gaz et H⁺.

Voir le corrigé
  1. O₂ + 4 H⁺ + 4 e⁻ = 2 H₂O : E₊ = 1,23 + 0,015 log(P(O₂)/P°) − 0,06 pH.
  2. 2 H⁺ + 2 e⁻ = H₂ : E₋ = −0,06 pH − 0,03 log(P(H₂)/P°).
  3. e = 1,23 + 0,015 log 0,2 + 0,03 log 1 = 1,22 V. Le pH s'élimine.
  4. 1 kg de H₂ fait 500 mol, soit 1 000 mol d'électrons. Q = 9,65·10⁷ C, environ 2,7·10⁴ A·h.
  5. Énergie maximale Q·e = 9,65·10⁷ × 1,22 ≈ 1,2·10⁸ J. Divisée par 3,6·10⁶ J par kW·h, elle vaut environ 33 kW·h.

piège : Écrire l'eau dans le quotient. Elle est le solvant, son activité vaut 1.

Erreurs fréquentes

  1. Associer anode et pôle positif. L'anode est toujours le siège de l'oxydation, c'est donc le pôle négatif d'une pile.
  2. Oublier les H⁺ et les exposants dans la formule de Nernst, ou y faire figurer un solide ou l'eau.
  3. Multiplier un E° quand on multiplie une demi-équation, ou prendre dans K° le nombre d'électrons d'une seule demi-équation au lieu de celui de l'équation globale.
  4. Appliquer la règle du gamma avec les E° quand ils sont proches, ou conclure sur une dismutation sans préciser le milieu.
  5. Calculer une capacité sans chercher le vrai réactif limitant, sans le nombre d'électrons par entité, ou sans convertir en A·h. Et nier une réaction favorisée parce qu'on ne l'observe pas, sans penser au blocage cinétique.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de PCSI (2021), deuxième semestre option PC, partie 5.2 « Réactions d'oxydo-réduction », rubrique « Oxydants et réducteurs, réactions d'oxydo-réduction ». Elle couvre le nombre d'oxydation, les oxydants et réducteurs usuels, le fonctionnement d'une pile, la formule de Nernst, l'aspect thermodynamique, la dismutation et la médiamutation. Les diagrammes potentiel-pH font l'objet du chapitre suivant.

Au concours

Les questions des sujets corrigés qui travaillent ce chapitre. La première question de chaque sujet est en accès libre.

CCINP 2025, PC, Chimie

  • Q1 Cycle catalytique du palladium (procédé Wacker), degrés d'oxydation

CCINP 2025, PC, Modélisation de systèmes physiques ou chimiques

  • Q37 Oxydation du fer, demi-équations et bilan
  • Q40 et Q41 Volume d'oxyde formé et loi de Faraday sur l'armature