Aller au contenu

Accueil › PCSI › Chimie

PCSI · Chimie · semaine 25

Réactions acide-base

Constante d'acidité Ka, couples de l'eau à 298 K, diagrammes de prédominance et de distribution, acides et bases usuels avec leur nom, leur formule et leur caractère faible ou fort, solutions tampons. L'équation de la réaction prépondérante est choisie en tenant compte de la nature des espèces en présence et du pH, à l'aide de tables de données thermodynamiques et de combinaisons linéaires d'équations. Aucune formule de calcul de pH n'est exigible, les diagrammes servant à valider le choix de la réaction.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Un couple acide-base est caractérisé par son KaK_a, et tout le chapitre découle de pH=pKa+log⁡([base]/[acide])\text{pH} = \text{p}K_a + \log([\text{base}]/[\text{acide}]).
  2. Les deux couples de l'eau, de pKa\text{p}K_a 0 et 14,0 à 298 K, encadrent l'échelle et provoquent le nivellement des acides forts et des bases fortes.
  3. Le diagramme de prédominance dit immédiatement quelles espèces sont incompatibles, donc quelle réaction écrire.
  4. La constante d'une réaction acide-base s'obtient par combinaison linéaire, sous la forme 10pKa2−pKa110^{\text{p}K_{a2} - \text{p}K_{a1}} (acide du couple 1 sur base du couple 2), et une transformation est tenue pour quantitative au-delà de K∘=104K^\circ = 10^4.
  5. Aucune formule de pH n'est à retenir. On choisit une réaction, on la traite par tableau d'avancement, puis on valide le résultat sur le diagramme.
Pourquoi ce chapitre

Les réactions acide-base sont le premier exemple concret d'un raisonnement vu au premier semestre : écrire une équation de réaction, lui associer une constante thermodynamique d'équilibre, comparer le quotient de réaction à cette constante, en déduire l'état final. Rien de nouveau sur le fond. Ce qui est nouveau, c'est la méthode de travail.

Aucune formule de calcul de pH n'est exigible. On ne demande plus d'appliquer des formules apprises par cœur selon le cas rencontré. On demande de choisir la bonne réaction, une seule, celle qui décrit vraiment ce qui se passe, et de justifier ce choix avec des diagrammes et des valeurs de constantes. Le calcul vient après, et il reste simple.

Ce chapitre sert deux fois :

  • directement, dans les questions de dosage et de milieu tampon ;
  • indirectement, parce que le pH d'une solution conditionne la solubilité d'un solide et le pouvoir oxydant d'un couple.

1Acides, bases, couples

1.1Définitions

Définition 1.1Acide, base, couple

Selon la définition de Brønsted, un acide est une entité capable de céder un proton H+\text{H}^+, une base est une entité capable d'en capter un. À tout acide AH\text{AH} correspond une base conjuguée A−\text{A}^-, le couple étant noté AH/A−\text{AH/A}^- avec la demi-équation formelle AH=A−+H+.\text{AH} = \text{A}^- + \text{H}^+.

Cette demi-équation n'a pas de réalité physique. Le proton libre n'existe pas dans l'eau. Une réaction acide-base réelle met toujours en jeu deux couples, l'acide de l'un cédant son proton à la base de l'autre.

Définition 1.2Espèce amphotère

Une espèce amphotère, ou ampholyte, appartient à deux couples, comme acide dans l'un et comme base dans l'autre.

Exemple 1.3

L'eau, l'ion hydrogénocarbonate HCO3−\text{HCO}_3^-, l'ion dihydrogénophosphate H2PO4−\text{H}_2\text{PO}_4^-.

1.2Les deux couples de l'eau

L'eau est la base du couple H3O+/H2O\text{H}_3\text{O}^+/\text{H}_2\text{O} et l'acide du couple H2O/HO−\text{H}_2\text{O}/\text{HO}^-. La convention d'activité usuelle est : activité 1 pour le solvant, et activité égale à la concentration divisée par c∘=1  mol.L−1c^\circ = 1\ \unite{mol.L^{-1}} pour un soluté très dilué. Avec cette convention, les constantes d'acidité valent à 298 K :

  • couple H3O+/H2O\text{H}_3\text{O}^+/\text{H}_2\text{O} : pKa=0\text{p}K_a = 0 ;
  • couple H2O/HO−\text{H}_2\text{O}/\text{HO}^- : pKa=14,0\text{p}K_a = 14{,}0.

Définition 1.4Autoprotolyse de l'eau

L'autoprotolyse de l'eau est la réaction 2 H2O=H3O++HO−2\,\text{H}_2\text{O} = \text{H}_3\text{O}^+ + \text{HO}^-. Sa constante vaut à 298 K Ke=1,0×10−14,pKe=14,0.K_e = 1{,}0 \times 10^{-14}, \quad \text{p}K_e = 14{,}0.

Attention

Ces valeurs dépendent de la température : il faut toujours préciser 298 K.

1.3Constante d'acidité

Définition 1.5Constante d'acidité

Pour un couple AH/A−\text{AH/A}^- en solution aqueuse diluée, la réaction avec l'eau AH+H2O=A−+H3O+\text{AH} + \text{H}_2\text{O} = \text{A}^- + \text{H}_3\text{O}^+ a pour constante thermodynamique d'équilibre la constante d'acidité : Ka=[A−]c∘ [H3O+]c∘[AH]c∘,pKa=−log⁡Ka.K_a = \frac{\dfrac{[\text{A}^-]}{c^\circ}\,\dfrac{[\text{H}_3\text{O}^+]}{c^\circ}}{\dfrac{[\text{AH}]}{c^\circ}}, \qquad \text{p}K_a = -\log K_a.

KaK_a est sans dimension. Elle ne dépend que du couple et de la température. Plus KaK_a est grand, plus l'acide cède facilement son proton, donc plus il est fort. Un pKa\text{p}K_a petit signale un acide plus fort, un pKa\text{p}K_a grand une base conjuguée plus forte.

Propriété 1.6Relation pH et pKa

Hypothèses

  • le système est à l'équilibre, en solution aqueuse diluée ;
  • [A−][\text{A}^-] et [AH][\text{AH}] sont les concentrations effectives des deux espèces du couple, pas les quantités introduites.

Alors pH=pKa+log⁡[A−][AH].\text{pH} = \text{p}K_a + \log\frac{[\text{A}^-]}{[\text{AH}]}.

À retenir

Tout le chapitre découle de pH=pKa+log⁡([base]/[acide])\text{pH} = \text{p}K_a + \log([\text{base}]/[\text{acide}]).

1.4Acides forts, acides faibles, nivellement

Définition 1.7Acide fort, acide faible

Un acide est fort dans l'eau lorsque sa réaction avec l'eau est totale. Sa base conjuguée n'a alors aucune propriété basique notable en solution aqueuse. Un acide faible ne réagit que partiellement : un équilibre s'établit.

Tout acide plus fort que H3O+\text{H}_3\text{O}^+ est intégralement transformé en H3O+\text{H}_3\text{O}^+ dans l'eau. Toute base plus forte que HO−\text{HO}^- est intégralement transformée en HO−\text{HO}^-. C'est l'effet de nivellement du solvant. Dans l'eau, on ne peut pas distinguer la force de deux acides forts, ni celle de deux bases fortes.

Exemple 1.8

Une solution d'acide chlorhydrique et une solution d'acide nitrique de même concentration ont le même pH.

2Les acides et bases à connaître

Le programme demande de connaître le nom, la formule et le caractère fort ou faible des espèces suivantes.

Acides forts dans l'eau :

  • acide chlorhydrique, HCl\text{HCl} en solution, couple HCl/Cl−\text{HCl/Cl}^- ;
  • acide nitrique, HNO3\text{HNO}_3, couple HNO3/NO3−\text{HNO}_3/\text{NO}_3^- ;
  • acide sulfurique, H2SO4\text{H}_2\text{SO}_4, diacide dont la première acidité est forte. Le couple HSO4−/SO42−\text{HSO}_4^-/\text{SO}_4^{2-} correspond à une acidité faible, de pKa\text{p}K_a voisin de 2.

Acides faibles :

  • acide acétique, ou éthanoïque, CH3COOH\text{CH}_3\text{COOH}, couple CH3COOH/CH3COO−\text{CH}_3\text{COOH/CH}_3\text{COO}^-, pKa\text{p}K_a proche de 4,8 ;
  • acide phosphorique, H3PO4\text{H}_3\text{PO}_4, triacide faible, pKa\text{p}K_a voisins de 2,1 puis 7,2 puis 12,4 pour les couples H3PO4/H2PO4−\text{H}_3\text{PO}_4/\text{H}_2\text{PO}_4^-, H2PO4−/HPO42−\text{H}_2\text{PO}_4^-/\text{HPO}_4^{2-} et HPO42−/PO43−\text{HPO}_4^{2-}/\text{PO}_4^{3-} ;
  • dioxyde de carbone aqueux, noté CO2(aq)\text{CO}_2(aq) ou parfois H2CO3\text{H}_2\text{CO}_3, couple CO2(aq)/HCO3−\text{CO}_2(aq)/\text{HCO}_3^-, pKa\text{p}K_a proche de 6,4 ;
  • ion hydrogénocarbonate HCO3−\text{HCO}_3^-, acide du couple HCO3−/CO32−\text{HCO}_3^-/\text{CO}_3^{2-}, pKa\text{p}K_a proche de 10,3 ;
  • ion ammonium NH4+\text{NH}_4^+, couple NH4+/NH3\text{NH}_4^+/\text{NH}_3, pKa\text{p}K_a proche de 9,2.

Bases fortes dans l'eau :

  • soude, ou hydroxyde de sodium, NaOH\text{NaOH}, qui libère HO−\text{HO}^- ;
  • potasse, ou hydroxyde de potassium, KOH\text{KOH}, qui libère HO−\text{HO}^-.

Bases faibles :

  • ammoniac NH3\text{NH}_3, base du couple NH4+/NH3\text{NH}_4^+/\text{NH}_3 ;
  • ion hydrogénocarbonate HCO3−\text{HCO}_3^- et ion carbonate CO32−\text{CO}_3^{2-}, ce dernier étant la base la plus forte du système carbonaté ;
  • ion acétate CH3COO−\text{CH}_3\text{COO}^-.

Les valeurs numériques de pKa\text{p}K_a sont fournies en épreuve. Il faut savoir les lire dans une table, mais connaître les ordres de grandeur du système carbonaté, de l'ammoniac et de l'acide acétique fait gagner du temps.

3Diagrammes de prédominance et de distribution

3.1Diagramme de prédominance

Pour un couple AH/A−\text{AH/A}^-, la relation pH=pKa+log⁡([A−]/[AH])\text{pH} = \text{p}K_a + \log([\text{A}^-]/[\text{AH}]) donne :

  • si pH<pKa\text{pH} < \text{p}K_a, alors [AH]>[A−][\text{AH}] > [\text{A}^-] : l'acide prédomine ;
  • si pH>pKa\text{pH} > \text{p}K_a, alors [A−]>[AH][\text{A}^-] > [\text{AH}] : la base prédomine ;
  • si pH=pKa\text{pH} = \text{p}K_a, les deux concentrations sont égales.

Définition 3.1Diagramme de prédominance

Le diagramme de prédominance est un axe gradué en pH sur lequel on place le pKa\text{p}K_a. À gauche du pKa\text{p}K_a on écrit l'acide, à droite la base.

Pour un polyacide, on place tous les pKa\text{p}K_a dans l'ordre croissant et on écrit entre deux frontières consécutives l'espèce qui prédomine. Pour l'acide phosphorique on lit ainsi, de gauche à droite, H3PO4\text{H}_3\text{PO}_4, puis H2PO4−\text{H}_2\text{PO}_4^-, puis HPO42−\text{HPO}_4^{2-}, puis PO43−\text{PO}_4^{3-}.

Attention

Prédominer ne veut pas dire exister seul. À pH=pKa+1\text{pH} = \text{p}K_a + 1, la base représente environ 91 % du couple et l'acide 9 %. Il faut environ deux unités de pH d'écart pour considérer l'espèce minoritaire comme négligeable, à 1 % près.

Définition 3.2Espèces incompatibles

Deux espèces dont les domaines de prédominance sont disjoints sont dites incompatibles. Mélangées, elles réagissent l'une sur l'autre de façon quantitative.

C'est le critère de lecture le plus utile du chapitre.

3.2Diagramme de distribution

Le diagramme de distribution représente, en fonction du pH, le pourcentage de chaque espèce du système par rapport à la concentration totale en élément.

Propriété 3.3Pourcentages d'un monoacide

Hypothèses

  • le couple AH/A−\text{AH/A}^- est seul en solution, à l'équilibre, à pH fixé ;
  • la conservation donne [AH]+[A−]=C[\text{AH}] + [\text{A}^-] = C.

Alors % AH=1001+10pH−pKa,% A−=1001+10pKa−pH.\begin{aligned} \%\,\text{AH} &= \frac{100}{1 + 10^{\text{pH} - \text{p}K_a}},\\ \%\,\text{A}^- &= \frac{100}{1 + 10^{\text{p}K_a - \text{pH}}}. \end{aligned}

Les deux courbes se croisent à 50 % pour pH=pKa\text{pH} = \text{p}K_a. Cette lecture inverse est exigible : sur un diagramme de distribution fourni, l'abscisse du point d'intersection de deux courbes voisines donne directement le pKa\text{p}K_a du couple correspondant. De même, un diagramme de prédominance fourni permet de retrouver les pKa\text{p}K_a.

pHpourcentage% AH% A−pKa50100
Distribution des espèces du couple AH/A− pour pKa = 4,7

On lit sur le graphe que l'acide prédomine avant pKa\text{p}K_a, la base après, et que leurs proportions sont égales à la frontière.

MéthodeTracer un diagramme de distribution (capacité numérique exigible)

  1. Construire un tableau de valeurs de pH, par exemple de 0 à 14 par pas de 0,01.
  2. Pour chaque pH, calculer x=10−pHx = 10^{-\text{pH}} puis, pour un polyacide à nn acidités, les produits de constantes qui apparaissent au dénominateur de l'expression des fractions molaires.
  3. Normaliser pour que la somme des pourcentages vaille 100.
  4. Tracer chaque courbe en fonction du pH.

La même démarche s'applique à un système de précipitation, en portant les fractions d'élément en solution.

4Choisir la réaction qui modélise la transformation

C'est le cœur du chapitre et la compétence évaluée.

4.1Méthode

MéthodeChoisir la réaction prépondérante

  1. Recenser toutes les espèces réellement introduites dans le bécher, sans oublier l'eau, et identifier pour chacune son caractère acide, basique ou amphotère.
  2. Placer ces espèces sur un axe de pH commun, avec tous les pKa\text{p}K_a concernés, y compris ceux des deux couples de l'eau.
  3. Repérer les incompatibilités, c'est-à-dire les couples d'espèces dont les domaines de prédominance ne se recouvrent pas.
  4. Écrire la réaction entre l'acide le plus fort présent et la base la plus forte présente. C'est la réaction prépondérante.
  5. Calculer sa constante K∘K^\circ, faire un tableau d'avancement, conclure.
  6. Vérifier la cohérence : le pH trouvé doit être compatible avec les domaines de prédominance des espèces supposées majoritaires dans l'état final. Sinon, le choix de la réaction était mauvais.

L'étape 6 est celle qu'on oublie, et c'est elle qui remplace les anciennes formules de pH. Le diagramme sert à valider le choix de la réaction, pas seulement à l'inspirer.

4.2Constante d'une réaction par combinaison linéaire

Une capacité exigible est de déterminer la constante d'équilibre d'une réaction obtenue comme combinaison linéaire de réactions dont les constantes sont connues.

Propriété 4.1Combinaison de réactions

  • Si l'équation est inversée, la constante devient son inverse.
  • Si l'équation est multipliée par un facteur nn, la constante est élevée à la puissance nn.
  • Si deux équations sont additionnées, les constantes se multiplient.

Exemple 4.2Acide acétique sur l'ammoniac

La réaction CH3COOH+NH3=CH3COO−+NH4+\text{CH}_3\text{COOH} + \text{NH}_3 = \text{CH}_3\text{COO}^- + \text{NH}_4^+ s'obtient en additionnant :

  • CH3COOH+H2O=CH3COO−+H3O+\text{CH}_3\text{COOH} + \text{H}_2\text{O} = \text{CH}_3\text{COO}^- + \text{H}_3\text{O}^+, de constante Ka1=10−4,8K_{a1} = 10^{-4{,}8} ;
  • NH3+H3O+=NH4++H2O\text{NH}_3 + \text{H}_3\text{O}^+ = \text{NH}_4^+ + \text{H}_2\text{O}, de constante 1/Ka2=109,21/K_{a2} = 10^{9{,}2}.

D'où K∘=109,2−4,8=104,4≈2,5×104.K^\circ = 10^{9{,}2 - 4{,}8} = 10^{4{,}4} \approx 2{,}5 \times 10^4.

Propriété 4.3Forme générale

Hypothèses

  • l'acide AH1\text{AH}_1 du couple 1 réagit sur la base A2−\text{A}_2^- du couple 2 ;
  • les deux couples sont distincts.

Alors K∘=10pKa2−pKa1,K^\circ = 10^{\text{p}K_{a2} - \text{p}K_{a1}}, où pKa1\text{p}K_{a1} est celui du couple dont l'acide réagit et pKa2\text{p}K_{a2} celui du couple dont la base réagit.

La réaction est quantitative, au sens usuel K∘>104K^\circ > 10^4, dès que les pKa\text{p}K_a diffèrent d'au moins quatre unités.

Exemple 4.4Réaction totale

Un acide fort versé dans une solution de soude donne H3O++HO−=2 H2O\text{H}_3\text{O}^+ + \text{HO}^- = 2\,\text{H}_2\text{O}, de constante 1/Ke=10141/K_e = 10^{14} à 298 K. C'est la réaction la plus quantitative du chapitre.

4.3État final

Une fois la réaction choisie, on dresse un tableau d'avancement en quantités de matière ou en concentrations. Deux cas se présentent.

  • Transformation totale. Le réactif limitant disparaît pratiquement. On calcule les concentrations restantes, puis on revient à pH=pKa+log⁡([base]/[acide])\text{pH} = \text{p}K_a + \log([\text{base}]/[\text{acide}]) sur un couple encore présent pour obtenir le pH.
  • Équilibre chimique. On écrit Q=K∘Q = K^\circ à l'équilibre et on résout, en simplifiant si l'avancement est petit devant les quantités initiales. Toute approximation faite doit être vérifiée à la fin.

Attention

Ne jamais oublier la dilution. Quand on mélange deux solutions, les concentrations initiales à porter dans le tableau sont celles obtenues après mélange, calculées avec le volume total.

Attention

Quand les concentrations sont faibles, vérifier aussi que l'autoprotolyse de l'eau reste négligeable devant la réaction choisie. En dessous de 10−6  mol.L−110^{-6}\ \unite{mol.L^{-1}}, elle ne l'est plus et le pH tend vers 7.

5Solutions tampons

Définition 5.1Solution tampon

Une solution tampon est une solution dont le pH varie peu par ajout modéré d'acide fort ou de base forte, et par dilution modérée.

On l'obtient en mélangeant un acide faible et sa base conjuguée en quantités comparables. Le pH vaut alors pH=pKa+log⁡([base]/[acide])\text{pH} = \text{p}K_a + \log([\text{base}]/[\text{acide}]), donc environ pKa\text{p}K_a quand les deux concentrations sont égales. Le pouvoir tampon est maximal pour pH=pKa\text{pH} = \text{p}K_a, et l'usage retient qu'une solution tampon est efficace dans l'intervalle pKa±1\text{p}K_a \pm 1.

Trois manières usuelles de préparer un tampon :

  • mélanger directement l'acide faible et un sel de sa base conjuguée ;
  • verser une base forte sur un excès d'acide faible, en s'arrêtant à la demi-équivalence ;
  • verser un acide fort sur un excès de la base faible, dans les mêmes proportions.

Mécanisme du pouvoir tampon, en mots. L'acide fort ajouté est consommé par la base faible présente, la base forte ajoutée est consommée par l'acide faible présent. Le rapport [base]/[acide][\text{base}]/[\text{acide}] change peu tant que l'ajout reste petit devant les quantités des deux formes, et le pH ne dépend que du logarithme de ce rapport. Un facteur 2 sur le rapport ne déplace le pH que de 0,3 unité.

La dilution ne change pas le rapport [base]/[acide][\text{base}]/[\text{acide}], donc ne change pratiquement pas le pH, tant que la solution reste assez concentrée pour que l'autoprotolyse de l'eau reste négligeable.

Exemple 5.2Tampons classiques

  • Tampon acétique, autour de pH 4,8.
  • Tampon phosphate, dihydrogénophosphate et hydrogénophosphate, autour de pH 7,2.
  • Tampon ammoniacal, autour de pH 9,2.
  • Le sang est tamponné principalement par le couple CO2(aq)/HCO3−\text{CO}_2(aq)/\text{HCO}_3^- au voisinage de pH 7,4.

6Mise en œuvre expérimentale

Le programme demande de mettre en œuvre une réaction acide-base pour réaliser une analyse qualitative ou quantitative en solution aqueuse. Les dosages par titrage sont étudiés exclusivement en travaux pratiques : cette section rappelle ce qu'il faut savoir en commenter.

  • Le titrage repose sur une réaction unique, quantitative et rapide. La quantitativité se justifie par la valeur de K∘K^\circ, calculée comme dans la section précédente.
  • L'équivalence est le point où les réactifs ont été mélangés dans les proportions stœchiométriques.
  • La conductimétrie exploite la disparition et l'apparition d'ions de conductivités molaires ioniques différentes. Les ions H3O+\text{H}_3\text{O}^+ et HO−\text{HO}^- sont de loin les plus conducteurs, ce qui explique les fortes pentes avant l'équivalence dans un titrage d'acide fort.
  • Critère usuel : si les pKa\text{p}K_a d'un polyacide diffèrent d'au moins quatre unités environ et si chaque réaction est quantitative, on observe des sauts successifs séparés. Si les pKa\text{p}K_a sont trop proches, les sauts se confondent et le titrage ne les sépare pas. Les concentrations jouent aussi.
  • Ordres de grandeur usuels au laboratoire : solutions à 10−210^{-2} ou 10−1  mol.L−110^{-1}\ \unite{mol.L^{-1}}, prises d'essai de 10 à 20 mL, burette de 25 mL.

Définition 6.1Choix du suivi

Le suivi du titrage se choisit selon ce qu'on peut observer à l'équivalence :

  • pH-métrie : l'équivalence se repère par un saut de pH ;
  • indicateur coloré : changement de teinte, à condition que la zone de virage encadre le pH à l'équivalence ;
  • conductimétrie : minimum ou rupture de pente de la conductivité.

Méthodes

MéthodeRéflexes du chapitre

  1. Face à un mélange, commencer par la liste des espèces présentes et l'axe des pKa\text{p}K_a. Aucun calcul avant ce schéma.
  2. Pour calculer une constante, exprimer la réaction comme somme de réactions de constantes connues. Pour deux couples, retenir K∘=10pKa(acide formeˊ)−pKa(acide consommeˊ)K^\circ = 10^{\text{p}K_a(\text{acide formé}) - \text{p}K_a(\text{acide consommé})}.
  3. Après calcul, valider : le pH obtenu doit tomber dans le domaine de prédominance des espèces supposées majoritaires.
  4. Pour un mélange d'un acide faible et de sa base conjuguée, ne pas chercher de réaction prépondérante entre eux, ils ne réagissent pas. Utiliser directement la relation du tampon.
  5. Se méfier des solutions très diluées, en dessous de 10−6  mol.L−110^{-6}\ \unite{mol.L^{-1}}, où l'autoprotolyse de l'eau n'est plus négligeable et où le pH tend vers 7.
  6. Pour un ampholyte seul en solution, se rappeler que son pH est proche de la demi-somme des deux pKa\text{p}K_a qui l'encadrent. Ce résultat se retrouve, il n'a pas à être appris comme formule.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Écrire la constante d'acidité d'un couple et passer de KaK_a au pKa\text{p}K_a, en justifiant les activités utilisées.
  2. Tracer le diagramme de prédominance d'un polyacide, par exemple l'acide phosphorique ou le système carbonaté, et nommer chaque espèce.
  3. Lire un diagramme de distribution fourni et en extraire les pKa\text{p}K_a, puis faire l'opération inverse.
  4. Choisir et écrire la réaction modélisant le mélange d'un acide et d'une base donnés, en justifiant par les domaines de prédominance.
  5. Calculer la constante d'une réaction acide-base par combinaison linéaire, et dire si la transformation est totale ou non.
  6. Déterminer l'état final d'un mélange par un tableau d'avancement, puis valider le résultat avec le diagramme.
  7. Préparer une solution tampon de pH imposé et expliquer, en mots, pourquoi son pH résiste à un ajout d'acide fort.
  8. Décrire le protocole d'un titrage acide-base et justifier le choix du suivi, pH-métrique, conductimétrique ou coloré.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Couple acide-base selon Brønsted, demi-équation formelle AH = A⁻ + H⁺. Définition exigible.
  • Constante d'acidité Ka, avec activité 1 pour le solvant et c/c° pour un soluté dilué. Définition exigible. Ka ne dépend que du couple et de T, résultat admis.
  • Couples de l'eau à 298 K : pKa(H₃O⁺/H₂O) = 0, pKa(H₂O/HO⁻) = 14,0, Ke = 10⁻¹⁴. À connaître, valeurs liées à 298 K.
  • Relation pH = pKa + log([A⁻]/[AH]), à l'équilibre, en concentrations effectives. Exigible avec démonstration.
  • Domaines de prédominance : acide pour pH < pKa, base pour pH > pKa. Exigible avec démonstration.
  • Nivellement : dans l'eau, un acide de pKa < 0 est entièrement changé en H₃O⁺ et une base dont l'acide conjugué a un pKa > 14 est entièrement changée en HO⁻. Exigible, justification qualitative.
  • Constante de la réaction de l'acide 1 sur la base 2 : K° = 10pKa2 − pKa1. Exigible avec démonstration par combinaison linéaire.
  • Transformation dite quantitative si K° > 10⁴. Convention d'usage, à énoncer comme telle.
  • Fractions de distribution d'un monoacide et d'un diacide en fonction de h = [H₃O⁺]/c°. Exigible avec démonstration.
  • pH d'un ampholyte voisin de la demi-somme des pKa qui l'encadrent. Se retrouve, n'est pas une formule exigible.
  • Propriétés d'un tampon : pH peu sensible à un ajout modéré d'acide ou de base et à la dilution. Exigible qualitativement.
  • Formules de pH toutes faites : non exigibles. Coefficients d'activité et pouvoir tampon calculé par dérivée : hors programme.

Clés de démonstration

Relation de Henderson. On écrit Ka = [A⁻]h/[AH] avec h = [H₃O⁺]/c°. On prend −log des deux membres. On obtient pH = pKa + log([A⁻]/[AH]). L'astuce est de ne jamais oublier que ce sont les concentrations à l'équilibre qui figurent dans la relation.

Constante 10pKa2 − pKa1. On écrit la réaction de l'acide 1 avec l'eau, de constante Ka1. On écrit la réaction de H₃O⁺ sur la base 2, de constante 1/Ka2. La somme élimine H₃O⁺ et H₂O, les constantes se multiplient, d'où Ka1/Ka2 = 10pKa2 − pKa1.

Nivellement. Pour un acide AH dilué, [A⁻]/[AH] = Ka/h. Comme h reste inférieur à 1 en solution diluée, un Ka supérieur à 1 impose [A⁻]/[AH] > 1, et pour les acides forts usuels, dont le pKa est très négatif, le rapport est énorme. L'acide n'existe plus sous forme AH, seul compte H₃O⁺, d'où l'égalité des pH pour deux acides forts de même concentration.

Distribution d'un diacide H₂A. La conservation s'écrit [H₂A] + [HA⁻] + [A²⁻] = C. On exprime tout en fonction de [H₂A] grâce à K1 et K2 : [HA⁻] = K1[H₂A]/h, [A²⁻] = K1K2[H₂A]/h². Il vient la fraction de H₂A égale à h²/(h² + K1h + K1K2), et les deux autres fractions ont pour numérateurs K1h et K1K2.

Ampholyte. La réaction prépondérante est 2 HA⁻ = H₂A + A²⁻, qui produit autant de H₂A que de A²⁻. Le produit K1K2 vaut h²[A²⁻]/[H₂A], donc h² = K1K2 et pH = (pK1 + pK2)/2. Ce calcul suppose que cette réaction l'emporte sur les réactions avec l'eau, à vérifier dans chaque exercice.

Exemples et contre-exemples à connaître

  • HCl et HNO₃ à 10⁻² mol·L⁻¹ ont tous deux un pH de 2 : c'est l'illustration directe du nivellement.
  • Acide acétique à 0,10 mol·L⁻¹ : pH voisin de 2,9, dissocié à environ 1 %. Un acide faible concentré reste presque entièrement sous forme AH.
  • Le même acide à 10⁻³ mol·L⁻¹ est dissocié à environ 12 %. La dilution augmente la dissociation, c'est la loi de dilution d'Ostwald.
  • HCl à 10⁻⁸ mol·L⁻¹ n'a pas un pH de 8. L'autoprotolyse de l'eau domine et le pH reste un peu inférieur à 7.
  • Acide sulfurique : seule la première acidité est forte. À 10⁻² mol·L⁻¹, le pH n'est ni 2 ni 1,7.
  • Acétate d'ammonium : NH₄⁺ et CH₃COO⁻ ont des domaines qui se recouvrent entre 4,8 et 9,2. Ils sont compatibles, la solution a un pH voisin de 7.
  • Hydrogénocarbonate de sodium : pH voisin de 8,3, exemple type d'ampholyte.
  • Demi-équivalence du titrage d'un acide faible par la soude : pH = pKa, méthode expérimentale de mesure du pKa.
  • Troisième acidité de H₃PO₄ : pKa 12,4 trop proche de 14. Sa réaction avec HO⁻ a une constante de 101,6 seulement, pas de troisième saut visible dans l'eau.

Techniques du chapitre

  1. Placer toutes les espèces sur un axe unique. Mélange de CH₃COOH et NH₃. CH₃COOH ne prédomine qu'en dessous de 4,8, NH₃ qu'au-dessus de 9,2. Domaines disjoints, espèces incompatibles, réaction CH₃COOH + NH₃ = CH₃COO⁻ + NH₄⁺ de constante 104,4.

  2. Constante par différence de pKa, acide consommé en second. HCO₃⁻ + NH₃ = CO₃²⁻ + NH₄⁺. K° = 109,2 − 10,3 = 10−1,1, soit environ 0,08. Réaction non quantitative, à traiter comme un équilibre. Pour un mélange équimolaire, environ 22 % des réactifs sont convertis, et les quatre espèces coexistent.

  3. Acide faible seul. CH₃COOH à 0,10 mol·L⁻¹, réaction avec l'eau, h²/0,10 = 10−4,8 si la dissociation est faible. h = 10−2,9, pH = 2,9. Validation : 2,9 < pKa − 1, l'acide est bien majoritaire.

  4. Base faible seule. NH₃ à 0,10 mol·L⁻¹. NH₃ + H₂O = NH₄⁺ + HO⁻, K° = Ke/Ka = 10−4,8. [HO⁻] = 10−2,9, pH = 11,1. Validation : 11,1 > pKa + 1.

  5. Réaction totale d'abord, équilibre ensuite. 10 mmol d'acide acétique et 4 mmol de soude. La réaction de constante 109,2 est totale : il reste 6 mmol d'acide et 4 mmol d'acétate. pH = 4,8 + log(4/6) = 4,6, sans avoir besoin du volume.

  6. Lire un pKa sur un diagramme de distribution. Les courbes de H₂PO₄⁻ et HPO₄²⁻ se coupent à 50 % en pH = 7,2. C'est le pKa2. Le maximum de la courbe de H₂PO₄⁻, vers pH 4,65, donne la demi-somme pK1 et pK2, deuxième contrôle.

  7. Tester le rôle de l'eau. Le critère porte sur les concentrations qui fixent le pH, pas sur la valeur du pH. Si le pH n'est fixé que par un acide fort ou une base forte apportant moins de 10⁻⁶ mol·L⁻¹ de H₃O⁺ ou de HO⁻, l'autoprotolyse n'est plus négligeable : on reprend avec l'électroneutralité, comme à l'exercice 10. Un pH voisin de 7 fixé par un tampon ou un ampholyte concentré, comme à l'exercice 4, ne pose pas ce problème.

  8. Choisir un indicateur coloré. La zone de virage fournie doit contenir le pH à l'équivalence. Acide acétique titré par la soude, pH d'équivalence vers 8 à 9 : phénolphtaléine, zone 8,2 à 10.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Le système carbonaté et le sang

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Tracer le diagramme de prédominance de CO₂(aq), HCO₃⁻, CO₃²⁻. Dans le sang, à pH 7,4, calculer [HCO₃⁻]/[CO₂] et [CO₃²⁻]/[HCO₃⁻].

Technique relation de Henderson appliquée couple par couple.

Voir le corrigé
  1. Frontières à 6,4 et 10,3 : CO₂ à gauche, HCO₃⁻ au milieu, CO₃²⁻ à droite.
  2. [HCO₃⁻]/[CO₂] = 107,4 − 6,4 = 10.
  3. [CO₃²⁻]/[HCO₃⁻] = 107,4 − 10,3 = 10−2,9, environ 1,3·10⁻³.
  4. HCO₃⁻ est largement majoritaire, CO₂ vaut environ 9 % et CO₃²⁻ est négligeable.

piège : Appliquer la relation avec le mauvais pKa. Chaque rapport utilise le pKa du couple formé par les deux espèces comparées.

Exercice 2. Dilution d'un acide faible

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Calculer le pH et le taux de dissociation α de l'acide acétique à 0,10 puis à 1,0·10⁻³ mol·L⁻¹.

Technique hypothèse de faible dissociation, puis validation chiffrée.

Voir le corrigé
  1. Équilibre : α²c/(1 − α) = Ka = 1,58·10⁻⁵.
  2. c = 0,10 : α ≪ 1 donne α = √(Ka/c) = 1,26·10⁻², hypothèse valide. pH = 2,90.
  3. c = 10⁻³ : l'hypothèse donnerait α = 12,6 %, trop grand pour être négligé. On résout α² + 0,0158 α − 0,0158 = 0.
  4. α = 0,118, h = 1,18·10⁻⁴, pH = 3,93.

piège : Garder l'approximation sans la vérifier. Au-delà de 5 % d'erreur, on résout l'équation du second degré.

Exercice 3. Mélange d'acide fort et de base forte

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

On verse 15 mL puis 25 mL de soude à 0,10 mol·L⁻¹ dans 20 mL d'acide chlorhydrique à 0,10 mol·L⁻¹. Calculer le pH dans les deux cas.

Technique réaction totale de constante 10¹⁴, dilution par le volume total.

Voir le corrigé
  1. Réaction H₃O⁺ + HO⁻ = 2 H₂O, totale.
  2. Premier cas : 2,0 mmol de H₃O⁺ et 1,5 mmol de HO⁻. Reste 0,5 mmol de H₃O⁺ dans 35 mL, soit 1,43·10⁻² mol·L⁻¹, pH = 1,85.
  3. Second cas : 0,5 mmol de HO⁻ en excès dans 45 mL, soit 1,11·10⁻² mol·L⁻¹, pH = 14,0 − 1,95 = 12,05.

piège : Diviser par le volume de la seule solution titrée au lieu du volume total.

Exercice 4. Acétate d'ammonium

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

On mélange 10 mL d'acide acétique et 10 mL d'ammoniac, tous deux à 0,20 mol·L⁻¹. Déterminer l'état final et le pH.

Technique réaction prépondérante, puis réaction inverse comme équilibre de contrôle.

Voir le corrigé
  1. Après mélange, chaque réactif est à 0,10 mol·L⁻¹. Réaction de constante 104,4, totale : on obtient 0,10 mol·L⁻¹ de CH₃COO⁻ et de NH₄⁺.
  2. La réaction inverse laisse des traces : [CH₃COOH] = [NH₃] = ε.
  3. ε²/0,10² = 10−4,4, donc ε = 0,10 × 10−2,2 = 6,3·10⁻⁴ mol·L⁻¹.
  4. pH = 4,8 + log(0,10/6,3·10⁻⁴) = 4,8 + 2,2 = 7,0.
  5. Validation : 7,0 est dans le recouvrement 4,8 à 9,2, NH₄⁺ et CH₃COO⁻ sont bien majoritaires.

piège : Conclure pH = 7 parce que la solution serait neutre. Ce résultat vient de la demi-somme 4,8 et 9,2, un autre couple donnerait un autre pH.

Exercice 5. Préparer un tampon et tester sa résistance

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

Quel volume v de soude à 1,0 mol·L⁻¹ ajouter à 100 mL d'acide acétique à 0,10 mol·L⁻¹ pour obtenir pH 4,5 ? On ajoute ensuite 1,0 mmol de HCl. Nouveau pH, à comparer à celui de 100 mL d'eau pure additionnée de la même quantité.

Technique rapport des quantités, indépendant du volume.

Voir le corrigé
  1. Il faut [A⁻]/[AH] = 104,5 − 4,8 = 0,50.
  2. Avec x mmol de soude, réaction totale : x/(10 − x) = 0,50, x = 3,33 mmol, soit v = 3,3 mL.
  3. HCl réagit totalement sur l'acétate : 2,33 mmol de base, 7,67 mmol d'acide.
  4. pH = 4,8 + log(0,304) = 4,28. Le pH a baissé de 0,2 unité.
  5. Dans l'eau pure, 1,0 mmol dans 100 mL donne 10⁻² mol·L⁻¹ et pH 2, soit une chute de 5 unités.

piège : Utiliser les quantités introduites de soude et d'acide sans faire d'abord la réaction totale.

Exercice 6. Solution d'hydrogénocarbonate de sodium

Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP

Déterminer le pH d'une solution de NaHCO₃ à 0,10 mol·L⁻¹.

Technique comparer les réactions possibles et garder la plus avancée.

Voir le corrigé
  1. Réactions candidates : HCO₃⁻ + H₂O = CO₃²⁻ + H₃O⁺, K° = 10−10,3. HCO₃⁻ + H₂O = CO₂ + HO⁻, K° = 10−7,6. 2 HCO₃⁻ = CO₂ + CO₃²⁻, K° = 106,4 − 10,3 = 10−3,9.
  2. La troisième est prépondérante. [CO₂] = [CO₃²⁻] = ε, ε/(0,10 − 2ε) = 10−1,95.
  3. ε ≈ 1,1·10⁻³ mol·L⁻¹, soit 2ε ≈ 2 % de c, approximation valide.
  4. pH = pKa2 + log(ε/0,10) = 10,3 − 1,95 = 8,35.
  5. Contrôle : [HO⁻] = 10−5,65, négligeable devant ε. Le pH est dans le domaine de HCO₃⁻.

piège : Écrire la réaction avec l'eau par réflexe, alors que sa constante est bien plus petite.

Exercice 7. Acide sulfurique à 10⁻² mol·L⁻¹

Classiques de khôlle et concours · Écrit e3a

La première acidité est forte, le couple HSO₄⁻/SO₄²⁻ a pour pKa 2,0. Calculer le pH.

Technique réaction totale, puis équilibre à avancement non négligeable.

Voir le corrigé
  1. Première acidité : 1,0·10⁻² mol·L⁻¹ de H₃O⁺ et 1,0·10⁻² mol·L⁻¹ de HSO₄⁻.
  2. HSO₄⁻ + H₂O = SO₄²⁻ + H₃O⁺, avancement x : x(0,010 + x)/(0,010 − x) = 0,010.
  3. x² + 0,020 x − 1,0·10⁻⁴ = 0, x = 4,1·10⁻³ mol·L⁻¹.
  4. h = 1,41·10⁻², pH = 1,85.

piège : Traiter H₂SO₄ comme un diacide fort, qui donnerait pH 1,7, ou négliger la seconde acidité, qui donnerait pH 2.

Exercice 8. Prévoir un titrage de l'acide phosphorique

Classiques de khôlle et concours · Type oral CCINP

On titre 10 mL de H₃PO₄ à 0,10 mol·L⁻¹ par la soude à 0,10 mol·L⁻¹. Prévoir les sauts, les volumes et le pH aux équivalences, choisir des indicateurs dans une table fournie.

Technique constantes successives, écart de pKa, ampholytes.

Voir le corrigé
  1. H₃PO₄ + HO⁻, K° = 1014 − 2,1 = 1011,9. H₂PO₄⁻ + HO⁻, K° = 106,8. HPO₄²⁻ + HO⁻, K° = 101,6.
  2. Les deux premières sont quantitatives et successives, car pK2 − pK1 = 5,1 > 4. La troisième ne l'est pas.
  3. Deux sauts, à 10 mL puis 20 mL.
  4. Au premier, solution de H₂PO₄⁻ : pH voisin de 4,65. Vert de bromocrésol, zone 3,8 à 5,4. Au second, HPO₄²⁻ : pH voisin de 9,8, phénolphtaléine.

piège : Annoncer trois sauts par simple lecture des trois acidités.

Exercice 9. Maximum d'un ampholyte et tracé numérique

Approfondissement · Type écrit Mines-Ponts

Pour un diacide de pK1 et pK2, montrer que la fraction de HA⁻ est maximale pour pH = (pK1 + pK2)/2 et calculer ce maximum. Application au système carbonaté, puis à pK1 = 4,0 et pK2 = 5,0. Décrire le tracé en Python.

Technique dérivation par rapport à h, lecture physique.

Voir le corrigé
  1. Fraction f = K1h/(h² + K1h + K1K2), soit f = K1/(h + K1 + K1K2/h).
  2. Le dénominateur est minimal quand h + K1K2/h l'est, donc pour h = √(K1K2), d'où pH = (pK1 + pK2)/2.
  3. Maximum : f = 1/(1 + 2·10−(pK2 − pK1)/2).
  4. Carbonates : écart 3,9, f max = 0,978. Écart de 1 seule unité : f max = 0,61.
  5. Python : tableau de pH de 0 à 14 avec numpy, h = 10**(−pH), trois fractions calculées avec le même dénominateur, trois courbes tracées.

piège : Croire qu'un ampholyte atteint toujours presque 100 %. Si les pKa sont proches, il ne dépasse jamais une fraction modeste.

Exercice 10. Acide fort très dilué

Approfondissement · Type oral Centrale

Calculer le pH d'une solution de HCl à 1,0·10⁻⁷ mol·L⁻¹.

Technique électroneutralité et autoprotolyse, là où la réaction prépondérante unique ne suffit plus.

Voir le corrigé
  1. Espèces ioniques : H₃O⁺, HO⁻, Cl⁻, avec [Cl⁻] = c.
  2. Électroneutralité : h = c + Ke/h, soit h² − c h − Ke = 0.
  3. h = (c + √(c² + 4Ke))/2 = 1,62·10⁻⁷ mol·L⁻¹.
  4. pH = 6,79, acide comme il se doit.

piège : Répondre pH = 7, c'est-à-dire une solution neutre, alors qu'on a ajouté de l'acide. Répondre pH = 8 est encore plus grave.

Erreurs fréquentes

  1. Écrire pH = pKa + log(base/acide) avec les quantités introduites, sans avoir fait au préalable la réaction totale entre les espèces incompatibles.
  2. Oublier la dilution au mélange, ou utiliser le volume d'une seule solution.
  3. Inverser la différence dans K° = 10pKa2 − pKa1. L'acide consommé a le pKa soustrait.
  4. Omettre l'étape de validation : pH calculé hors du domaine des espèces supposées majoritaires, ou approximation de faible avancement non vérifiée.
  5. Confondre prédominer et exister seul, et négliger une espèce à une unité de pH seulement de sa frontière, où elle pèse encore environ 9 %.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de PCSI (2021), deuxième semestre option PC, partie 5.1 « Réactions acide-base et de précipitation », rubrique « Réactions acide-base ». Elle couvre la constante d'acidité, les couples de l'eau, les diagrammes de prédominance et de distribution, les acides et bases usuels, le choix de la réaction qui modélise une transformation et les solutions tampons.

Au concours

Les questions des sujets corrigés qui travaillent ce chapitre. La première question de chaque sujet est en accès libre.

CCINP 2025, PC, Chimie

  • Q37 et Q38 Protocole de dosage et diagramme de prédominance des phosphates

CCINP 2025, PC, Modélisation de systèmes physiques ou chimiques

  • Q5 à Q7 Réactions acide-base du diacide carbonique et diagramme de prédominance
  • Q8 à Q12 Produits de solubilité de la portlandite et du carbonate de calcium, équilibre avec l'air
  • Q13 et Q14 Électroneutralité et équation du pH de la solution interstitielle
  • Q18 Calcul du pH et espèce prédominante

CCINP 2025, PSI, Physique-chimie

  • Q25 à Q29 Dosage complexométrique des ions calcium et magnésium par l'EDTA
  • Q31 Domaines de prédominance et réaction acide-base entre acide acétique et carbonates