Ton programme de MPSI : ce chapitre est traité par Filtrage linéaire (PCSI).
Hors programme en MPSI, donc pas exigible :
- ALI idéal en régime linéaire : montages suiveur, inverseur et non inverseur, filtres actifs
Le cours
Résumé en cinq points
- Un système linéaire agit fréquence par fréquence. Il modifie amplitude et phase, il ne crée jamais de fréquence nouvelle.
- Le gain en décibels vaut . Une pente de décibels par décade correspond à un comportement en .
- Quatre modèles au programme : passe-bas et passe-haut d'ordre 1, passe-bas et passe-bande d'ordre 2, chacun avec sa forme canonique et son diagramme.
- Moyenneur, intégrateur et dérivateur sont des filtres d'ordre 1 utilisés loin de leur fréquence de coupure, avec des conditions à vérifier.
- L'ALI idéal en régime linéaire, avec rétroaction sur la borne inverseuse, obéit à et . Il donne le suiveur, le non inverseur, l'inverseur et l'intégrateur.
Pourquoi ce chapitre
Le but n'est pas de calculer des fonctions de transfert compliquées. Le but est de savoir prédire ce que devient un signal quand il traverse un système linéaire, à partir de son spectre et de la courbe de gain. C'est un changement de point de vue : on cesse de raisonner dans le temps pour raisonner en fréquence.
Le raisonnement tient en trois étapes :
- décomposer le signal d'entrée en sinusoïdes ;
- multiplier chaque composante par le gain du filtre à sa fréquence ;
- recomposer.
Tout repose sur la linéarité du système, qui autorise la superposition. Ce chapitre fournit aussi le vocabulaire du traitement du signal : gain en décibels, bande passante, ordre. Il introduit l'amplificateur linéaire intégré, premier composant actif de la formation.
1Signaux périodiques
1.1Décomposition en somme de sinusoïdes
Définition 1.1Fondamental et harmoniques
Un signal périodique de fréquence , dans les cas usuels, se décompose en une somme d'une composante continue et de fonctions sinusoïdales de fréquences , , et ainsi de suite. La composante de fréquence est le fondamental, celle de fréquence l'harmonique de rang .
Le programme ne demande pas de calculer les coefficients de cette décomposition. Il demande d'analyser une décomposition fournie, c'est-à-dire de lire un spectre et d'en tirer des conclusions.
MéthodeLire un spectre
- La raie à fréquence nulle donne la valeur moyenne.
- La raie la plus basse donne le fondamental, donc la période.
- Plus un signal présente de discontinuités ou d'angles, plus ses harmoniques de rang élevé sont importants.
Exemple 1.2Spectres typiques
Un carré est riche en harmoniques, une sinusoïde n'a qu'une raie.
1.2Valeur moyenne et valeur efficace
Définition 1.3Valeur moyenne
La valeur moyenne d'un signal périodique est sa moyenne sur une période. C'est la composante continue. Elle est nulle pour une sinusoïde centrée.
Définition 1.4Valeur efficace
La valeur efficace est la racine carrée de la moyenne du carré du signal sur une période.
Pour un signal électrique traversant une résistance, le carré de la valeur efficace donne la puissance moyenne dissipée, comme en continu : C'est tout le sens du mot efficace.
Propriété 1.5Valeur efficace d'une sinusoïde
Pour une sinusoïde d'amplitude :
Démonstration
La moyenne de vaut , car et la moyenne de est nulle. Donc .
Exemple 1.6Secteur
Le secteur à efficaces a une amplitude d'environ .
Propriété 1.7Relation de décomposition
Le carré de la valeur efficace d'un signal périodique est égal à la somme du carré de sa valeur moyenne et des carrés des valeurs efficaces de tous ses harmoniques.
La puissance se répartit entre les composantes spectrales et il n'y a pas de terme croisé. Cela vient du fait que la moyenne du produit de deux sinusoïdes de fréquences différentes multiples de est nulle.
2Fonction de transfert et diagramme de Bode
2.1Définition
Pour un système linéaire soumis en entrée à une sinusoïde de pulsation , la sortie en régime établi est une sinusoïde de même pulsation.
Définition 2.1Fonction de transfert harmonique
La fonction de transfert harmonique est le rapport des grandeurs complexes de sortie et d'entrée : Son module est le gain, . Son argument est le déphasage de la sortie par rapport à l'entrée, .
Définition 2.2Gain en décibels
Le gain en décibels est, avec le logarithme décimal,
Exemple 2.3Repères
- donne ;
- donne environ ;
- donne ;
- donne .
2.2Diagramme de Bode
Définition 2.4Diagramme de Bode
Le diagramme de Bode est constitué de deux courbes tracées en fonction de , ou de en échelle logarithmique : en haut le gain en décibels, en bas la phase en degrés ou en radians.
L'échelle logarithmique permet de couvrir plusieurs décades sur un même graphe. Surtout, elle transforme les lois de puissance en droites.
Propriété 2.5Pente en décibels par décade
Hypothèses
- à haute fréquence, se comporte comme une constante divisée par .
Alors varie de décibels par décade, c'est-à-dire par multiplication de la fréquence par 10.
C'est la lecture fondamentale :
- une zone rectiligne de pente par décade signale un comportement en , donc un ordre 1 dominant ;
- une pente par décade signale un comportement en , donc un ordre 2.
Un produit de fonctions de transfert devient une somme de gains en décibels et une somme de phases. C'est pourquoi on trace les diagrammes asymptotiques en superposant les contributions élémentaires.
2.3Méthode de tracé asymptotique pour l'ordre 1
MéthodeTracer un diagramme asymptotique d'ordre 1
- Chercher les comportements limites : en très basse et en très haute fréquence, remplacer chaque condensateur et chaque bobine par son comportement limite, fil ou coupure, et lire la valeur de .
- En déduire les deux asymptotes.
- Placer la pulsation de coupure, intersection des asymptotes.
- Corriger : l'écart entre la courbe réelle et les asymptotes vaut à la coupure.
3Modèles de filtres passifs
3.1Passe-bas d'ordre 1
Définition 3.1Passe-bas d'ordre 1
La forme canonique est
Réalisation type : circuit RC série avec sortie aux bornes du condensateur, alors et .
Comportement :
- gain en basse fréquence ;
- asymptote de pente par décade en haute fréquence ;
- phase de à , valant à la coupure ;
- la pulsation de coupure est celle où le gain vaut le gain maximal divisé par , soit .
À la coupure, le gain exact vaut environ . Vers les grandes pulsations, une unité d'abscisse correspond à une décennie et la courbe descend de .
3.2Passe-haut d'ordre 1
Définition 3.2Passe-haut d'ordre 1
La forme canonique est
Réalisation type : circuit RC série avec sortie aux bornes de la résistance.
Comportement :
- asymptote de pente par décade en basse fréquence ;
- gain en haute fréquence ;
- phase de à , valant à la coupure.
3.3Passe-bas d'ordre 2
Définition 3.3Passe-bas d'ordre 2
La forme canonique est
Réalisation type : RLC série avec sortie aux bornes du condensateur.
Comportement :
- gain en basse fréquence ;
- asymptote de pente par décade en haute fréquence ;
- si , le gain présente un maximum, la résonance, d'autant plus marqué que est grand ;
- sinon la décroissance est monotone.
3.4Passe-bande d'ordre 2
Définition 3.4Passe-bande d'ordre 2
La forme canonique est
Réalisation type : RLC série avec sortie aux bornes de la résistance.
Comportement :
- gain maximal atteint exactement à , où la phase est nulle ;
- asymptotes de pente par décade en basse fréquence et par décade en haute fréquence ;
- bande passante à de largeur .
Le facteur de qualité mesure la sélectivité.
3.5Choisir un filtre selon un cahier des charges
MéthodeChoisir un filtre
- Identifier ce qu'il faut garder et ce qu'il faut éliminer, en fréquence.
- En déduire le type : passe-bas, passe-haut, passe-bande.
- Fixer la fréquence de coupure, typiquement au milieu géométrique entre la fréquence à conserver et la fréquence à éliminer.
- Choisir l'ordre en fonction de l'atténuation demandée : un ordre 1 atténue d'un facteur 10 par décade, un ordre 2 d'un facteur 100.
3.6Moyenneur, intégrateur, dérivateur
Propriété 3.5Moyenneur
Un passe-bas dont la fréquence de coupure est très inférieure au fondamental du signal ne laisse passer que la composante continue. Il délivre la valeur moyenne du signal d'entrée.
Propriété 3.6Intégrateur
Hypothèses
- passe-bas d'ordre 1 utilisé très au dessus de sa fréquence de coupure ;
- toutes les composantes utiles du signal ont une fréquence très supérieure à .
Alors et diviser par revient à intégrer. Le prix à payer est une forte atténuation.
Propriété 3.7Dérivateur
Hypothèses
- passe-haut d'ordre 1 utilisé très en dessous de sa fréquence de coupure ;
- toutes les composantes utiles du signal ont une fréquence très inférieure à .
Alors et multiplier par revient à dériver.
AttentionComportement idéalisé
Dans les deux cas, le comportement idéalisé n'est obtenu que dans une bande de fréquences limitée. C'est une approximation de la fonction de transfert, pas une propriété exacte du montage.
3.7Mise en cascade
Mettre deux filtres bout à bout ne multiplie pas leurs fonctions de transfert en général. Le second étage charge le premier et modifie son comportement.
Propriété 3.8Condition de la cascade
Hypothèses
- l'impédance d'entrée du second étage est grande devant l'impédance de sortie du premier ;
- le second étage ne prélève donc pas de courant.
Alors la fonction de transfert de la cascade est le produit des fonctions de transfert.
D'où la règle de conception : réaliser des filtres de tension à faible impédance de sortie et forte impédance d'entrée. C'est la fonction principale d'un étage suiveur intercalé entre deux filtres.
3.8Filtrage par un dispositif mécanique
Un système mécanique du second ordre agit comme un filtre :
- un sismomètre, masse suspendue à un support solidaire du sol, se comporte comme un passe-haut vis-à-vis du déplacement du sol : il ne répond qu'aux secousses plus rapides que sa fréquence propre ;
- un accéléromètre, utilisé bien en dessous de sa fréquence propre, se comporte comme un passe-bas dont la sortie est proportionnelle à l'accélération ;
- un amortisseur transmet les mouvements lents de la carrosserie et atténue les vibrations rapides.
Identifier la nature du filtrage à partir de l'équation du mouvement est exigible.
4Filtres actifs et amplificateur linéaire intégré
4.1Modèle de l'ALI idéal en régime linéaire
L'amplificateur linéaire intégré est un composant actif à deux entrées, la borne non inverseuse notée plus et la borne inverseuse notée moins, une sortie, et une alimentation externe non représentée sur les schémas.
Loi 4.1ALI idéal en régime linéaire
Hypothèses
- composant idéal, impédance d'entrée infinie ;
- fonctionnement en régime linéaire, grâce à une rétroaction sur la borne inverseuse.
Alors :
- les courants d'entrée sont nuls, ;
- les potentiels des deux entrées sont égaux, ;
- l'impédance de sortie est nulle.
Le fonctionnement en régime linéaire n'est possible que grâce à une rétroaction, c'est-à-dire un chemin reliant la sortie à une entrée. Indice pratique donné par le programme : la présence d'une rétroaction sur la borne inverseuse est l'indice d'un fonctionnement en régime linéaire. En l'absence de rétroaction, ou avec une rétroaction sur la seule borne non inverseuse, le montage sature.
AttentionV+ = V- n'est pas intrinsèque
L'égalité n'est pas une propriété intrinsèque du composant, c'est une conséquence du gain très grand joint à la rétroaction. Elle cesse d'être valable dès que la sortie sature.
4.2Montages à connaître
Propriété 4.2Suiveur
La sortie est reliée directement à la borne inverseuse et l'entrée attaque la borne non inverseuse. Alors et , donc .
Le gain vaut 1, ce qui semble inutile, mais l'impédance d'entrée est infinie et l'impédance de sortie nulle. C'est l'étage d'adaptation : on l'intercale pour permettre de cascader deux filtres.
Propriété 4.3Non inverseur
L'entrée attaque la borne non inverseuse. Un pont diviseur de deux résistances et ramène la sortie sur la borne inverseuse : entre la masse et la borne moins, entre la borne moins et la sortie. Comme aucun courant n'entre par la borne moins, d'où Le gain est supérieur ou égal à 1 et l'impédance d'entrée est infinie.
Propriété 4.4Inverseur
L'entrée attaque une résistance reliée à la borne inverseuse, une résistance relie la borne inverseuse à la sortie, et la borne non inverseuse est à la masse. Alors : c'est une masse virtuelle. Le même courant traverse et puisque rien n'entre dans l'ALI, donc d'où L'impédance d'entrée vaut .
L'impédance d'entrée est une limitation réelle de ce montage.
Propriété 4.5Intégrateur
C'est le montage inverseur dans lequel on remplace par un condensateur . En notation complexe, ce qui correspond dans le domaine temporel à L'impédance d'entrée vaut .
AttentionDérive de l'intégrateur
En pratique, la moindre composante continue en entrée fait dériver la sortie jusqu'à saturation. On place donc une forte résistance en parallèle sur le condensateur pour limiter le gain en continu.
4.3Intérêt des filtres actifs
Un filtre actif permet un gain supérieur à 1, ce qu'un filtre passif ne peut pas faire. Il fixe indépendamment les impédances d'entrée et de sortie, donc autorise la mise en cascade. En contrepartie :
- il faut une alimentation ;
- la bande passante du composant est limitée ;
- la tension de sortie est bornée.
5Capacités numériques et expérimentales
MéthodeCapacité numérique : simuler un filtre
- Disposer des amplitudes et des phases des harmoniques du spectre fourni.
- Multiplier chaque amplitude par le module de à la fréquence correspondante.
- Ajouter l'argument de à chaque phase.
- Recomposer la somme temporelle.
- Faire varier la fréquence de coupure du filtre et observer la déformation du signal.
Un passe-bas arrondit les fronts, un passe-haut supprime la valeur moyenne et accentue les transitions.
MéthodeCapacité expérimentale
- Relever un diagramme de Bode point par point avec un générateur basse fréquence et un oscilloscope.
- Mesurer le rapport des amplitudes et le décalage temporel entre les deux voies, converti en déphasage.
- Étudier le filtrage d'un signal non sinusoïdal par analyse spectrale, en comparant le spectre d'entrée et le spectre de sortie.
Propriété 5.1Détecter une non-linéarité
Un système linéaire ne crée jamais de fréquence nouvelle, il ne fait que modifier l'amplitude et la phase des composantes présentes. Si le spectre de sortie contient des raies absentes du spectre d'entrée, le système n'est pas linéaire.
C'est le test expérimental de linéarité, simple et décisif.
Méthodes
MéthodeIdentifier la nature d'un filtre
- Avant tout calcul, déterminer les comportements du montage en très basse et très haute fréquence : cela donne la nature du filtre et les asymptotes.
- Mettre la fonction de transfert sous forme canonique, seule façon d'identifier proprement gain statique, pulsation de coupure et facteur de qualité.
MéthodePrédire la sortie pour un signal périodique
- Traiter harmonique par harmonique.
- Superposer.
- Ne jamais résoudre dans le domaine temporel.
MéthodeÉtudier un montage à ALI
- Vérifier la présence d'une rétroaction sur la borne inverseuse.
- Écrire et .
- Appliquer les lois des circuits.
MéthodeMettre deux filtres en cascade
- Avant de multiplier deux fonctions de transfert, justifier l'hypothèse d'impédances.
- À défaut, insérer un suiveur.
Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle
- Définir valeur moyenne et valeur efficace et établir par le calcul la valeur efficace d'un signal sinusoïdal.
- Interpréter la relation entre le carré de la valeur efficace d'un signal et les carrés des valeurs efficaces de ses harmoniques.
- Établir la fonction de transfert d'un circuit RC et tracer son diagramme de Bode complet, asymptotes et corrections.
- Interpréter une pente de ou décibels par décade à partir de l'expression de la fonction de transfert.
- Donner les conditions d'utilisation d'un filtre en moyenneur, en intégrateur, en dérivateur.
- Établir la relation entrée-sortie et l'impédance d'entrée des montages suiveur, non inverseur, inverseur et intégrateur.
- Prédire la déformation d'un signal carré par un passe-bas, par un passe-haut, en raisonnant sur le spectre.
- Expliquer pourquoi l'apparition de nouvelles fréquences en sortie prouve la non-linéarité du système.
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
- Valeur moyenne et valeur efficace d'un signal périodique. Les définitions sont exigibles. La valeur efficace est la racine de la moyenne du carré sur une période.
- Valeur efficace d'une sinusoïde d'amplitude Xm. Elle vaut Xm/√2, quelle que soit la phase. Exigible avec démonstration.
- Relation de décomposition. X_eff² = X_moy² + Σ des Xn,eff², où Xn,eff est la valeur efficace de l'harmonique de rang n. Elle suppose un signal périodique décomposé en sinusoïdes. Démonstration non exigible, interprétation exigible.
- Réponse d'un système linéaire à une sinusoïde. En régime établi, la sortie est une sinusoïde de même pulsation. Admis. Cela suppose un système décrit par une équation différentielle linéaire à coefficients constants et stable.
- Gain en décibels et pentes. Si |H| est équivalent à K/ωⁿ, GdB varie de − 20n dB par décade. Exigible avec justification.
- Passe-bas et passe-haut d'ordre 1. Formes canoniques, gain à − 3 dB et phase ± π/4 à la coupure. Le tracé du diagramme de Bode complet est exigible.
- Passe-bas d'ordre 2. Il y a résonance si et seulement si Q > 1/√2. On utilise une fonction de transfert donnée. Le tracé détaillé n'est pas exigible.
- Passe-bande d'ordre 2. Le gain maximal H₀ est atteint à ω₀. La bande passante à − 3 dB vaut Δω = ω₀/Q. On utilise une fonction de transfert donnée.
- Moyenneur, intégrateur, dérivateur. Les conditions sur les fréquences du signal sont exigibles.
- Cascade. On peut multiplier les fonctions de transfert si l'impédance d'entrée de l'étage aval est grande devant l'impédance de sortie de l'étage amont. Exigible, à expliquer.
- Test de linéarité. Un système linéaire ne crée aucune fréquence nouvelle. Exigible.
- ALI idéal en régime linéaire. On a i₊ = i₋ = 0 et V₊ = V₋. C'est un modèle admis. La rétroaction sur la borne inverseuse est un indice du régime linéaire.
- Montages suiveur, non inverseur, inverseur et intégrateur. La relation entrée-sortie et l'impédance d'entrée sont exigibles avec établissement.
- Hors programme, à signaler si un énoncé les utilise :
- le calcul des coefficients de Fourier,
- le gain fini ou la bande passante propre de l'ALI,
- l'ALI en régime saturé utilisé comme comparateur,
- le tracé complet d'un Bode d'ordre 2 sans aide.
Clés de démonstration
Valeur efficace d'une sinusoïde. On écrit cos²(ωt + φ) = (1 + cos(2ωt + 2φ))/2. Sur une période, la moyenne du cosinus est nulle, il reste 1/2. L'astuce est la linéarisation, qui évite toute intégration par parties.
Relation de décomposition. On développe le carré de la somme. Chaque terme croisé est un produit de deux cosinus de fréquences différentes, multiples de f. On le transforme en demi-somme de cosinus de fréquences non nulles, donc de moyenne nulle. L'astuce est la formule de trigonométrie cos a cos b = (cos(a + b) + cos(a − b))/2.
Pente en décibels. Si |H| ≈ K/ωⁿ, alors GdB = 20 log K − 20n log ω. C'est une droite en log ω. Multiplier ω par 10 ajoute 1 à log ω et retire 20n dB. L'astuce est de choisir log ω comme variable.
Coupure d'ordre 1. On pose x = ω/ωc. Alors |H| = H₀/√(1 + x²), et cette quantité vaut H₀/√2 si et seulement si x = 1. L'astuce est de travailler en variable réduite.
Bande passante du passe-bande. On résout |H| = H₀/√2, soit Q(x − 1/x) = ± 1. On obtient deux équations du second degré x² ∓ x/Q − 1 = 0. Leurs racines positives vérifient x₂ − x₁ = 1/Q. L'astuce est de ne garder que les racines positives et d'écrire leur différence, sans calculer chaque racine séparément.
Résonance du passe-bas d'ordre 2. On minimise le dénominateur D = (1 − u)² + u/Q² avec u = x². On trouve dD/du = 2(u − 1) + 1/Q², qui s'annule pour u = 1 − 1/(2Q²). Cette valeur n'est positive que si Q > 1/√2. L'astuce est le changement de variable u = x².
Montages à ALI. On écrit V₊ = V₋. On applique la loi des nœuds en V₋, avec i₋ = 0, ou le théorème de Millman. L'impédance d'entrée est le rapport de la tension d'entrée au courant fourni par la source. L'astuce est que tout le courant d'une branche passe dans l'autre.
Exemples et contre-exemples à connaître
- Carré symétrique ± E. Sa décomposition, fournie, ne comporte que des harmoniques impairs d'amplitude 4E/(nπ). Sa valeur efficace vaut E et non E/√2. La relation de décomposition le confirme, puisque Σ 1/n² sur les n impairs vaut π²/8.
- Triangle symétrique. Ses harmoniques décroissent en 1/n², bien plus vite que ceux du carré, car le triangle n'a aucune discontinuité.
- Créneau de 0 à E, de rapport cyclique 1/2. Sa moyenne vaut E/2 et sa valeur efficace E/√2. Il montre qu'un signal non sinusoïdal peut avoir la même valeur efficace qu'une sinusoïde d'amplitude E.
- Sinus redressé double alternance (pont de diodes). Pour une entrée de fréquence f, la sortie |sin| contient une composante continue et des raies à 2f, 4f, et ainsi de suite. En simple alternance, une raie à f subsiste en plus. Dans les deux cas, des fréquences absentes de l'entrée apparaissent. C'est l'exemple type d'un système non linéaire.
- Deux cellules RC identiques en cascade. On obtient H = 1/(1 − x² + 3jx) et non 1/(1 + jx)². C'est le contre-exemple qui justifie le suiveur.
- Passe-bande de fort facteur de qualité attaqué par un carré. En sortie, on obtient une sinusoïde quasi pure. C'est l'extraction d'un harmonique.
- Passe-haut de coupure très basse attaqué par un carré. La valeur moyenne disparaît et les paliers s'inclinent légèrement. Dérivateur n'est pas synonyme de passe-haut.
- Passe-bas d'ordre 2 avec Q = 1/√2. Il donne |H| = 1/√(1 + x⁴), le gain le plus plat sans résonance. C'est la référence pour un cahier des charges.
- ALI sans rétroaction. La sortie sature et V₊ ≠ V₋. C'est le contre-exemple à l'application aveugle du modèle.
Techniques du chapitre
Lire les limites avant de calculer. Circuit R en série, sortie aux bornes d'une bobine L. En basse fréquence, la bobine est un fil et s = 0. En haute fréquence, c'est une coupure et s = e. Il s'agit donc d'un passe-haut, avec H = jLω/(R + jLω) et ωc = R/L.
Identifier par forme canonique. Pour un RLC série avec sortie sur C, H = 1/(1 + jRCω − LCω²). Par identification, ω₀ = 1/√(LC) et 1/(Qω₀) = RC. On en déduit Q = (1/R)√(L/C).
Superposer harmonique par harmonique. On envoie e = 2 + 3 cos(ωc t) en volts dans un passe-bas d'ordre 1 de gain statique 1. La composante continue passe avec un gain 1. Le terme alternatif est multiplié par 1/√2 et déphasé de − π/4. On obtient s = 2 + 2,1 cos(ωc t − π/4).
Convertir les décibels. − 40 dB correspond à un facteur 100 en amplitude. − 6 dB correspond à un facteur 1/2 environ. Une atténuation de 60 dB avec un ordre 1 demande trois décades au-delà de la coupure. Avec un ordre 2, une décade et demie suffit.
Mesurer un déphasage à l'oscilloscope. La période vaut T = 1,0 ms et la sortie passe par zéro 0,125 ms après l'entrée. On calcule φ = − 2πΔt/T = − π/4. Pour un passe-bas d'ordre 1, on est donc à la coupure.
Poser un ALI. Pour un inverseur avec R₁ = 10 kΩ et R₂ = 47 kΩ, on vérifie la rétroaction sur la borne moins. La masse virtuelle donne s = − 4,7 e. L'impédance d'entrée vaut 10 kΩ.
Valider une cascade. Un RC avec R = 1 kΩ attaque une charge de 100 kΩ. Le module de l'impédance de sortie du RC ne dépasse jamais R. Le rapport de 100 rend la multiplication des fonctions de transfert légitime à 1 % près.
Placer une coupure. On veut garder 50 Hz et atténuer 5 kHz. On prend fc = 500 Hz, la moyenne géométrique. Avec un ordre 1, le gain vaut 0,995 à 50 Hz et environ 0,1 à 5 kHz.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1. Créneau de rapport cyclique quelconque
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Un signal vaut E pendant αT et 0 le reste de la période, avec 0 < α < 1. Calculer sa valeur moyenne et sa valeur efficace. Quelle part de X_eff² est portée par les harmoniques ?
Technique Définitions, puis relation de décomposition.
Voir le corrigé
- La moyenne vaut (1/T) × E × αT = αE.
- La moyenne du carré vaut αE². On en déduit Xeff = E√α.
- La somme des carrés des valeurs efficaces des harmoniques vaut X_eff² − X_moy² = E²α(1 − α). La part portée par les harmoniques vaut donc E²α(1 − α)/(αE²) = 1 − α.
- Pour α = 1/2, les harmoniques portent E²/4, autant que la composante continue, soit la moitié de X_eff². Quand α tend vers 1, le signal devient presque constant et la part 1 − α tend vers 0. Quand α tend vers 0, la contribution absolue E²α(1 − α) tend vers 0, mais la part 1 − α tend vers 1. Une impulsion brève est presque entièrement portée par ses harmoniques.
piège : Écrire Xeff = E/√2 par réflexe. Ce résultat ne vaut que pour une sinusoïde.
Exercice 2. Bode complet d'un RC
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
On prend R = 1,0 kΩ et C = 100 nF, avec la sortie aux bornes de C. Établir H, tracer le diagramme asymptotique et donner les valeurs exactes à ωc/10, ωc et 10ω_c.
Technique Diviseur de tension, puis tracé asymptotique d'ordre 1.
Voir le corrigé
- Le diviseur de tension donne H = 1/(1 + jRCω). On a ωc = 1/(RC) = 10⁴ rad/s, soit fc ≈ 1,6 kHz.
- Pour ω ≪ ωc, H ≈ 1 : asymptote à 0 dB et phase nulle. Pour ω ≫ ωc, H ≈ ωc/(jω) : pente de − 20 dB par décade et phase de − π/2.
- En ωc/10, on trouve − 0,04 dB et − 5,7°. En ωc, on trouve − 3,0 dB et − 45°. En 10ω_c, on trouve − 20,04 dB et − 84,3°.
- La courbe réelle reste sous les asymptotes. L'écart maximal, de 3 dB, est atteint à la coupure.
piège : Écrire fc = 1/(RC). Il manque le facteur 2π.
Exercice 3. Carré dans un passe-bas
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Un carré ± E de fréquence f, de décomposition fournie (harmoniques impairs d'amplitude 4E/(nπ)), traverse un passe-bas d'ordre 1 de gain statique 1. Décrire la sortie si fc = 10f, puis si fc = f/10.
Technique Raisonnement spectral, puis régime intégrateur.
Voir le corrigé
- Si fc = 10f, le fondamental et l'harmonique 3 passent presque intacts, avec des gains de 0,99 et 0,96. Les harmoniques 5 à 9 sont déjà atténués, avec un gain de 0,89 au rang 5 et de 0,74 au rang 9, et ils sont déphasés. Les rangs plus élevés sont nettement atténués. Les fronts s'arrondissent mais la forme reste carrée.
- Si fc = f/10, tous les harmoniques sont au-dessus de fc. On a H ≈ ωc/(jω), donc s(t) = ωc ∫ e dt.
- L'intégrale d'un créneau est un triangle. Sur une demi-période, s varie de ωc E T/2 = πE fc/f ≈ 0,31 E crête à crête.
- Vérification par le fondamental. Son amplitude de sortie vaut (4E/π)(fc/f) ≈ 0,13 E. C'est bien le fondamental d'un triangle de 0,31 E crête à crête.
piège : Oublier que l'intégration n'est valable que parce que le fondamental lui-même est très au-dessus de fc.
Exercice 4. Extraire un harmonique
Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP
Un carré de 1,0 kHz attaque un passe-bande de gain H₀ = 1 centré sur f₀ = 3,0 kHz. Quel facteur de qualité faut-il pour que chaque raie parasite en sortie ne dépasse pas 1 % de l'harmonique 3 ?
Technique Gain d'un passe-bande loin de ω₀, pondéré par l'amplitude d'entrée.
Voir le corrigé
- À f₀, l'harmonique 3 est transmis avec un gain de 1.
- Pour le fondamental, x = 1/3 et x − 1/x = − 8/3. Le gain vaut environ 3/(8Q). À l'entrée, le fondamental est trois fois plus grand que l'harmonique 3. En sortie, le rapport vaut donc 9/(8Q). Il faut Q ≥ 113.
- Pour l'harmonique 5, x − 1/x = 16/15 et le rapport d'entrée vaut 3/5. En sortie, le rapport vaut 9/(16Q). Il faut Q ≥ 57.
- Le fondamental impose la contrainte : Q ≥ 113 environ. La bande passante vaut alors 3000/113 ≈ 27 Hz.
piège : Ne tester que le voisin de rang 5. Le fondamental, plus intense, est le plus dangereux.
Exercice 5. Inverseur ou non inverseur face à une source réelle
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Une source de f.é.m. eg et de résistance interne Rg = 50 Ω attaque un inverseur avec R₁ = 1,0 kΩ et R₂ = 10 kΩ, puis un non inverseur de même rapport. Comparer les gains.
Technique Masse virtuelle et impédance d'entrée.
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- Inverseur. On a V₋ = 0, donc le courant vaut i = eg/(Rg + R₁). Il traverse aussi R₂, d'où s = − R₂ eg/(Rg + R₁).
- Le gain vaut − 9,52 au lieu de − 10. L'écart de 5 % vient de l'impédance d'entrée R₁, qui n'est pas grande devant Rg.
- Non inverseur. Le courant d'entrée est nul, donc Rg ne crée aucune chute de tension. On a V₊ = eg et s = (1 + R₂/R₁) eg exactement.
piège : Oublier Rg, ou croire que l'inverseur a une impédance d'entrée infinie parce que i₋ = 0.
Exercice 6. Intégrateur à résistance de fuite
Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP
On reprend l'inverseur en plaçant en rétroaction R₂ en parallèle avec C, avec R₁ = 10 kΩ, R₂ = 1,0 MΩ et C = 10 nF. Établir H et dire dans quel domaine le montage intègre. Commenter l'effet d'un décalage continu de 10 mV à l'entrée.
Technique Impédance équivalente, puis forme canonique.
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- L'impédance de rétroaction vaut Z₂ = R₂/(1 + jR₂Cω). L'inverseur donne H = − Z₂/R₁ = − (R₂/R₁)/(1 + jR₂Cω).
- C'est un passe-bas d'ordre 1 inverseur, de gain statique − 100 et de coupure 1/(R₂C) = 100 rad/s, soit 16 Hz.
- Pour f ≫ 16 Hz, H ≈ − 1/(jR₁Cω). Le montage intègre avec une constante 1/(R₁C) = 10⁴ s⁻¹.
- Le décalage de 10 mV donne en sortie − 1 V constant. Sans R₂, le gain continu serait infini et la sortie dériverait jusqu'à saturation.
- L'impédance d'entrée vaut R₁ = 10 kΩ.
piège : Écrire que le montage intègre à toute fréquence. En dessous de 16 Hz, c'est un amplificateur.
Exercice 7. Cascade de deux RC
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Deux cellules RC passe-bas identiques sont branchées bout à bout. Calculer H. Comparer avec le montage où un suiveur est intercalé entre elles.
Technique Loi des nœuds, puis comparaison des formes canoniques.
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- On note x = RCω et V₁ la tension du premier condensateur. Le second étage donne s = V₁/(1 + jx).
- En V₁, le courant venant de R alimente les deux condensateurs : e − V₁ = jx V₁ + jx s.
- En substituant V₁ = (1 + jx)s, on obtient H = 1/(1 − x² + 3jx).
- Avec le suiveur, H = 1/(1 + jx)² = 1/(1 − x² + 2jx).
- En x = 1, le gain vaut 1/3, soit − 9,5 dB, sans suiveur, et 1/2, soit − 6,0 dB, avec suiveur. Dans les deux cas, la pente haute fréquence est de − 40 dB par décade.
piège : Multiplier directement les deux fonctions de transfert. Le second condensateur charge le premier étage.
Exercice 9. Saturation et nouvelles fréquences
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Un non inverseur de gain 11, saturant à ± 13 V, reçoit une sinusoïde de 1 kHz d'amplitude 0,5 V, puis d'amplitude 2 V. Prévoir le spectre de sortie dans les deux cas.
Technique Test de linéarité.
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- À 0,5 V, la sortie atteint 5,5 V, ce qui reste dans les limites. La sortie est une sinusoïde et le spectre ne contient qu'une raie à 1 kHz.
- À 2 V, la sortie devrait atteindre 22 V. Elle est écrêtée à 13 V et, pendant l'écrêtage, V₊ ≠ V₋.
- Le signal écrêté garde la période de 1 ms mais n'est plus sinusoïdal. Des raies apparaissent à 3 kHz, 5 kHz, et au-delà. On admet que la symétrie s(t + T/2) = − s(t) élimine les rangs pairs.
- L'apparition de ces fréquences prouve que le système n'est plus linéaire.
piège : Appliquer V₊ = V₋ sans vérifier que la sortie reste dans les limites de saturation.
Exercice 8. Sismomètre et accéléromètre
Approfondissement · Niveau écrit Mines
Une masse m est reliée à un boîtier solidaire du sol par un ressort de raideur k et un amortisseur de coefficient α. Le sol oscille selon xs(t). On mesure l'allongement y par rapport à l'équilibre. Établir la fonction de transfert et discuter.
Technique Équation du mouvement, puis limites en fréquence.
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- On écrit le principe fondamental dans le référentiel du sol lointain, supposé galiléen. On pose z = xs + y + constante, la constante absorbant le poids et la longueur à vide. On obtient m(ÿ + ẍs) = − ky − αẏ.
- En complexes, avec ω₀² = k/m, Q = mω₀/α et x = ω/ω₀ : Y/Xs = x²/(1 − x² + jx/Q).
- C'est un passe-haut d'ordre 2. Pour ω ≫ ω₀, Y ≈ − Xs : la masse reste immobile et y mesure le déplacement du sol. C'est le régime sismomètre.
- En accélération, As = − ω² Xs, donc Y/As = − (1/ω₀²)/(1 − x² + jx/Q). C'est un passe-bas. Pour ω ≪ ω₀, y = − as/ω₀², c'est le régime accéléromètre.
- Un même dispositif est donc sismomètre au-dessus de ω₀ et accéléromètre en dessous.
piège : Écrire la force de rappel en fonction de z et non de l'allongement y.
Exercice 10. Cahier des charges d'un passe-bas
Approfondissement · Type écrit Centrale
Un capteur délivre un signal utile jusqu'à 200 Hz, perturbé par une raie à 20 kHz de même amplitude. On exige un gain d'au moins 0,9 jusqu'à 200 Hz, et un résidu parasite d'au plus 1 %. Un ordre 1 convient-il ? Sinon, dimensionner un ordre 2 avec Q = 1/√2.
Technique Traduire le cahier des charges en inégalités sur fc.
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- Ordre 1. La condition à 200 Hz s'écrit (200/fc)² ≤ 1/0,81 − 1 = 0,235, d'où fc ≥ 413 Hz. À 20 kHz, le gain vaut environ fc/20 000 ≥ 0,02. C'est trop, l'ordre 1 échoue.
- Ordre 2 avec Q = 1/√2. Le dénominateur vaut (1 − x²)² + 2x² = 1 + x⁴, donc |H| = 1/√(1 + x⁴).
- La condition à 200 Hz donne (200/fc)⁴ ≤ 0,235, soit fc ≥ 287 Hz. La condition à 20 kHz donne (fc/20 000)² ≤ 0,01, soit fc ≤ 2,0 kHz.
- On choisit fc = 1 kHz. Le gain vaut 0,999 à 200 Hz et 0,0025 à 20 kHz. Les deux marges sont confortables.
piège : Placer fc à 200 Hz. Le signal utile serait alors atténué de 3 dB en bord de bande.
Erreurs fréquentes
- Multiplier les fonctions de transfert d'étages en cascade sans comparer les impédances de sortie et d'entrée.
- Confondre pulsation et fréquence. On a ωc = 1/(RC) mais fc = 1/(2πRC), et une décade se compte indifféremment en ω ou en f.
- Utiliser V₊ = V₋ sans rétroaction sur la borne inverseuse, ou pendant une saturation.
- Écrire 10 log au lieu de 20 log pour un rapport d'amplitudes, ou mesurer les − 3 dB par rapport à 1 au lieu du gain maximal.
- Recomposer la sortie en oubliant les déphasages, ou appliquer Xm/√2 à un signal qui n'est pas sinusoïdal.
Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de physique de PCSI (2021), premier semestre, thème 1 « ondes et signaux », partie 1.5 « Filtrage linéaire ». Elle couvre les signaux périodiques et leur décomposition, la fonction de transfert et le diagramme de Bode, les modèles de filtres passifs, les filtres actifs et le modèle de l'amplificateur linéaire intégré idéal en régime linéaire.