La fiche de cours
Résumé en cinq points
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Les gains de productivité sont le moteur de la croissance et le mécanisme central des mutations sectorielles. Leur partage entre prix, salaires et profits est un enjeu conflictuel.
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La loi de Petty et Clark, expliquée par Fourastié, décrit le glissement de l'emploi du primaire au secondaire puis au tertiaire. Sauvy y voit un déversement, Baumol en montre le coût par la maladie des coûts.
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Schumpeter fournit le cadre. Innovation en grappes, destruction créatrice, cycles longs. Trois révolutions industrielles se succèdent, la troisième posant le paradoxe de Solow.
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Le financement est passé, en France dans les années 1980, d'une économie d'endettement à une économie de marchés financiers, sous l'effet des trois D. Mais l'intermédiation au sens large reste dominante.
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Les débats actuels portent sur la réalité du déclin industriel, sur les causes du ralentissement de la productivité depuis 2008 et sur les effets de la financiarisation sur l'investissement de long terme.
Pourquoi ce chapitre
La croissance n'est pas seulement une addition de richesse. Elle déforme en permanence l'appareil productif. Des activités disparaissent, d'autres naissent, les emplois se déplacent, les modes de financement changent. Ce chapitre explique ce mouvement et ses mécanismes.
Il est utile de trois façons. Il fournit les données sectorielles et de productivité que réclament presque tous les sujets historiques. Il permet de traiter la désindustrialisation, thème récurrent et très politique. Il introduit le vocabulaire du financement, qui servira au module 3 sur la mondialisation financière.
En dissertation, il alimente les sujets du type « les gains de productivité sont-ils le moteur de la croissance », « la désindustrialisation est-elle un déclin », « le progrès technique détruit-il des emplois », « comment les entreprises se financent-elles depuis le XIXe siècle ». En colle, on attend une périodisation propre, des chiffres INSEE datés et la maîtrise du couple destruction créatrice et déversement.
Notions et mécanismes
La productivité
La productivité est le rapport entre une production et les facteurs utilisés pour l'obtenir. La productivité apparente du travail rapporte la valeur ajoutée au nombre de travailleurs ou, mieux, au nombre d'heures travaillées. On parle de productivité apparente parce que le résultat est imputé au seul travail alors qu'il dépend aussi du capital et de l'organisation.
La productivité globale des facteurs mesure la part de la croissance qui n'est expliquée ni par l'augmentation du travail ni par celle du capital. Robert Solow l'a calculée en 1957 et l'a appelée résidu. Elle capte le progrès technique, la qualification, l'organisation et la qualité des institutions. C'est une mesure d'ignorance autant qu'une mesure de progrès.
Les gains de productivité ont trois usages possibles, et leur partage est un enjeu de conflit. Ils peuvent baisser les prix, ce qui profite aux consommateurs. Ils peuvent augmenter les salaires. Ils peuvent accroître les profits, donc l'investissement ou les dividendes. Le cercle vertueux fordiste consistait à en affecter une part importante aux salaires, pour soutenir la demande.
Mécanisme fondamental. À production donnée, un gain de productivité réduit le besoin de travail. Mais il abaisse les prix ou élève les revenus, donc stimule la demande, donc la production. Le solde en emploi dépend de la vitesse relative de ces deux effets.
Tertiarisation et déversement
La loi dite de Petty et Clark, formulée par Colin Clark en 1940, décrit un déplacement régulier de l'activité du secteur primaire vers le secondaire, puis du secondaire vers le tertiaire. Jean Fourastié en donne en 1949 une explication complète. Les gains de productivité sont très forts dans l'agriculture et l'industrie, plus faibles dans les services. À demande donnée, les secteurs les plus productifs libèrent donc de la main-d'œuvre, qui se reporte sur les services. S'y ajoute un effet de demande, la loi d'Engel, selon laquelle la part de l'alimentation dans le budget décroît quand le revenu s'élève, au profit d'autres biens puis des services.
Alfred Sauvy a nommé ce mécanisme le déversement. Les emplois détruits dans un secteur sont recréés ailleurs, à un niveau de vie plus élevé. C'est l'argument central contre la crainte du chômage technologique.
William Baumol a montré en 1966 la contrepartie. Dans les services dits stagnants, un quatuor à cordes ou un cours de mathématiques, la productivité progresse peu par nature. Comme les salaires y suivent globalement ceux du reste de l'économie, leur coût relatif augmente sans cesse. C'est la maladie des coûts. Elle explique la hausse tendancielle du prix relatif de la santé, de l'éducation et de la culture, et la pression budgétaire qui en découle.
La désindustrialisation désigne le recul de la part de l'industrie dans l'emploi et dans la valeur ajoutée. Quatre causes se combinent. Les gains de productivité plus rapides dans l'industrie. La déformation de la demande vers les services. L'externalisation d'activités autrefois internes aux usines, nettoyage, restauration, informatique, qui déplace statistiquement des emplois vers le tertiaire sans rien changer au réel. La concurrence internationale et les délocalisations. Les deux premières causes sont mécaniques et communes à tous les pays riches, la quatrième est spécifique et de poids variable.
Innovation et cycles longs
Joseph Schumpeter articule innovation et transformation structurelle. L'innovation, distinguée de l'invention, est la mise en œuvre économique d'une nouveauté, et elle prend cinq formes, produit nouveau, procédé nouveau, marché nouveau, source de matière première nouvelle, organisation nouvelle. Les innovations n'arrivent pas régulièrement, elles se regroupent en grappes portées par un entrepreneur qui prend le risque. La destruction créatrice désigne le fait que ces innovations détruisent les positions établies en même temps qu'elles créent les activités nouvelles. La croissance est donc indissociable de la destruction.
Nikolaï Kondratiev avait identifié dès les années 1920 des mouvements longs des prix, d'une cinquantaine d'années, une phase ascendante puis une phase descendante. Schumpeter les rattache aux grappes d'innovations.
On distingue trois révolutions industrielles. La première, à partir de la fin du XVIIIe siècle, repose sur le charbon, la machine à vapeur, le textile et la sidérurgie. La deuxième, à la fin du XIXe siècle, repose sur l'électricité, le pétrole, la chimie et le moteur à explosion, et s'accompagne de la production de masse. La troisième, à partir des années 1970, repose sur l'électronique, l'informatique et les télécommunications. Beaucoup d'auteurs parlent aujourd'hui d'une nouvelle vague numérique, autour des données et de l'intelligence artificielle.
Solow formule en 1987 un paradoxe resté célèbre. Les ordinateurs sont visibles partout sauf dans les statistiques de productivité. Deux réponses concurrentes existent. Les technologies d'usage général demandent des décennies et des réorganisations avant de produire leurs effets, d'où un retard de diffusion. Ou bien les gains sont réels mais mal mesurés, notamment pour les services gratuits.
Les modes de financement
Un agent finance ses dépenses sur ressources propres, c'est l'autofinancement, ou sur ressources externes. Le financement externe est direct quand l'épargnant achète un titre émis par l'emprunteur sur un marché, actions ou obligations. Il est indirect, ou intermédié, quand une banque collecte des dépôts et accorde des crédits, en assurant la transformation des échéances et la sélection des risques.
John Hicks a opposé en 1974 deux configurations. L'économie d'endettement se caractérise par un financement majoritairement bancaire, des marchés étroits, des taux d'intérêt administrés et un refinancement systématique des banques par la banque centrale. L'économie de marchés financiers se caractérise par un financement direct dominant, des taux déterminés par le marché et un rôle accru des investisseurs institutionnels.
Le passage de l'une à l'autre, en France dans les années 1980, se résume en trois mots. Déréglementation, suppression des contrôles et de l'encadrement du crédit. Désintermédiation, recours direct aux marchés. Décloisonnement, unification de marchés auparavant séparés par échéance et par instrument. Cette grille est due à Henri Bourguinat.
Le taux d'intermédiation mesure la part des financements apportés par les intermédiaires financiers. Il faut distinguer le sens strict, limité aux crédits, du sens large, qui inclut les titres détenus par les intermédiaires. La désintermédiation est nette au sens strict et bien plus limitée au sens large, car les banques et les assureurs achètent eux-mêmes beaucoup de titres.
Auteurs et théories de référence
Colin Clark, en 1940, établit statistiquement la répartition en trois secteurs et la régularité du déplacement de l'emploi. Jean Fourastié, en 1949, en donne l'explication par les différentiels de productivité et annonce une société de services où le progrès technique élèverait le niveau de vie tout en réduisant la peine au travail. Alfred Sauvy, dans un ouvrage de 1980, formalise le déversement et conteste l'idée d'une quantité fixe de travail à se partager.
William Baumol, en 1966, avec William Bowen, établit le mécanisme de la maladie des coûts à partir du spectacle vivant.
Joseph Schumpeter, dans un ouvrage de 1912 puis dans celui de 1942, construit la théorie de l'entrepreneur innovateur et de la destruction créatrice, et son ouvrage de 1939 relie grappes d'innovations et cycles longs.
Robert Solow, en 1956 et 1957, construit le modèle de croissance exogène et isole le résidu. Paul Romer, en 1986, endogénéise le progrès technique par les externalités de connaissance, ce qui justifie les politiques de soutien à la recherche.
Alfred Chandler, dans un ouvrage de 1977, montre comment la main visible des managers a remplacé la coordination par le marché à l'intérieur des grandes entreprises américaines, avec l'apparition de la firme multidivisionnelle. Michael Piore et Charles Sabel, en 1984, décrivent le passage de la production de masse standardisée à une spécialisation flexible.
L'école de la régulation, avec Robert Boyer et Michel Aglietta, analyse le fordisme comme un régime d'accumulation cohérent, associant production de masse, gains de productivité partagés et consommation de masse, puis sa crise à partir des années 1970.
Robert Gordon, en 2016, défend une thèse pessimiste. Les innovations de la deuxième révolution industrielle, électricité, eau courante, moteur, ont eu des effets bien plus transformateurs que la révolution numérique, si bien que le ralentissement de la productivité serait durable. Erik Brynjolfsson défend la thèse inverse d'un décalage temporel avant une nouvelle accélération.
Alexander Gerschenkron rappelle que les modalités de financement dépendent du moment de l'industrialisation. Autofinancement et banques locales au Royaume-Uni, banques mixtes en Allemagne, État en Russie.
Faits, chiffres et repères historiques
Répartition sectorielle en France, données INSEE. L'agriculture occupait plus de la moitié des actifs au milieu du XIXe siècle et encore de l'ordre de 30 % vers 1950. Elle en occupe aujourd'hui de l'ordre de 2,5 %. L'industrie au sens strict employait à peu près un quart des actifs au début des années 1970. Elle en emploie environ 12 % aujourd'hui. Le tertiaire est passé sous cette double translation d'environ un tiers des actifs vers 1950 à près de 80 % aujourd'hui.
Valeur ajoutée. La part de l'industrie manufacturière dans la valeur ajoutée française est passée de l'ordre de 22 % au début des années 1970 à un niveau voisin de 10 % aujourd'hui, selon l'INSEE. La comparaison européenne est parlante, l'Allemagne se situe à un niveau nettement plus élevé, autour du double.
Productivité. Les gains annuels de productivité du travail en France ont été de l'ordre de 5 % par an pendant les Trente Glorieuses, de l'ordre de 2 % dans les années 1980 et 1990, et sont tombés à un ordre de grandeur inférieur à 1 % depuis la crise de 2008. Le ralentissement est général dans les pays avancés, ce qui nourrit le débat sur la stagnation séculaire.
Croissance. Le produit intérieur brut français a progressé d'environ 5 % par an de 1950 à 1973, d'environ 2 % de 1974 à 2000, et d'environ 1 % depuis 2008.
Recherche. La dépense intérieure de recherche et développement représente en France de l'ordre de 2,2 % du PIB selon l'OCDE, contre un objectif européen fixé à 3 %, environ 3,5 % aux États-Unis et près de 5 % en Corée du Sud. L'écart avec les pays les plus innovants tient surtout à la recherche privée.
Repères du financement. Création du Crédit mobilier des frères Pereire en 1852, prototype de la banque d'affaires adossée au marché. Séparation aux États-Unis entre banques de dépôt et banques d'investissement par la loi de 1933, abrogée en 1999. Encadrement du crédit en France de 1972 à 1987. Loi bancaire française de 1984, qui unifie le statut des établissements. Réformes des marchés financiers français à partir de 1986, avec la création d'un marché à terme d'instruments financiers. Big Bang de la Bourse de Londres la même année.
Structure du financement. En France, le taux d'intermédiation au sens strict, limité aux crédits, est passé d'un niveau très élevé dans les années 1970, de l'ordre de 70 %, à un niveau proche de 40 % aujourd'hui selon la Banque de France. Mais l'intermédiation au sens large reste largement majoritaire, car les banques et les assureurs détiennent une grande part des titres émis. Une nuance essentielle, le financement des entreprises françaises reste plus bancaire que celui des entreprises américaines, où les marchés dominent.
Débats et controverses
Premier débat, le déversement fonctionne-t-il encore. Historiquement, les emplois détruits ont été plus que compensés. Mais les travaux de David Autor sur la polarisation montrent que la destruction frappe surtout les emplois intermédiaires et routiniers, alors que les créations se concentrent aux deux extrémités de l'échelle des qualifications. Le déversement quantitatif ne dit rien de la qualité des emplois créés ni des coûts de transition pour les personnes et les territoires.
Deuxième débat, la désindustrialisation est-elle subie ou statistique. Une partie du recul tient à l'externalisation et aux différentiels de productivité, donc n'est pas un déclin. Une autre partie tient à des pertes de parts de marché réelles, visibles dans le déficit commercial manufacturier français. La comparaison avec l'Allemagne suggère que les choix de spécialisation, de coût du travail et de politique industrielle jouent aussi.
Troisième débat, ralentissement de la productivité ou mesure défaillante. Gordon soutient que les gains faciles sont derrière nous. Brynjolfsson répond que les technologies d'usage général mettent des décennies à produire leurs effets et que la comptabilité nationale mesure mal les services numériques gratuits. Une troisième explication insiste sur la divergence entre entreprises à la frontière technologique et le reste du tissu productif.
Quatrième débat, la financiarisation. Ses partisans soulignent la meilleure allocation du capital, l'accès à l'épargne mondiale et la baisse du coût du financement. Ses critiques pointent le court-termisme imposé par les objectifs de rentabilité, la priorité donnée aux rachats d'actions sur l'investissement, et l'instabilité, la crise de 2008 servant de démonstration.
Cinquième débat, quel système financier est le plus favorable à la croissance. Un système bancaire entretient des relations longues avec les entreprises, utile pour les projets difficiles à évaluer. Un système de marché finance mieux les activités risquées et innovantes. La littérature conclut surtout à la complémentarité et à l'importance de la qualité des institutions.
Ce qu'il faut savoir mobiliser en dissertation
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Un plan type pour « le progrès technique détruit-il des emplois ». À court terme et sectoriellement, oui, avec la destruction créatrice. À l'échelle de l'économie et du long terme, le déversement compense, avec Sauvy et les données sectorielles. Aujourd'hui la question porte moins sur le volume que sur la structure des emplois, avec la polarisation.
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Un plan type pour « la désindustrialisation ». Constat et mesure avec les données INSEE. Causes mécaniques, productivité, demande, externalisation. Causes subies, concurrence internationale et choix de spécialisation, d'où le débat sur la politique industrielle.
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Le trio Clark, Fourastié, Baumol, à mobiliser ensemble. Le premier constate, le deuxième explique par la productivité, le troisième montre la limite de la tertiarisation.
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Schumpeter en deux temps. L'entrepreneur innovateur de 1912 et la destruction créatrice de 1942, avec les grappes d'innovations pour relier innovation et cycles longs.
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Le couple Hicks et Bourguinat pour le financement. Passage de l'économie d'endettement à l'économie de marchés financiers, résumé par les trois D, avec 1984 et 1986 comme dates françaises.
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Cinq chiffres sûrs. Agriculture de 30 % des actifs vers 1950 à environ 2,5 % aujourd'hui. Industrie manufacturière d'environ 22 % de la valeur ajoutée en 1970 à environ 10 %. Gains de productivité de 5 % par an pendant les Trente Glorieuses contre moins de 1 % depuis 2008. Recherche et développement à 2,2 % du PIB en France contre un objectif de 3 %. Taux d'intermédiation au sens strict passé d'environ 70 % à environ 40 %.
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Pièges à éviter. Confondre invention et innovation. Confondre baisse de la part de l'industrie et baisse de la production industrielle en volume, qui n'a pas suivi la même pente. Conclure de la désintermédiation au sens strict à la disparition des banques, ce que dément le sens large. Traiter le paradoxe de Solow comme une preuve que le numérique ne produit rien.
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Une nuance appréciée. La tertiarisation est en partie un artefact de nomenclature, une même activité changeant de secteur selon qu'elle est interne ou externalisée.
Méthodes et exercices
Notions et mécanismes clés
- Productivité horaire : valeur ajoutée en volume rapportée aux heures travaillées. C'est l'indicateur à préférer pour comparer des pays dont la durée du travail diffère.
- Productivité par tête : valeur ajoutée rapportée à l'emploi. Elle baisse mécaniquement quand le temps partiel progresse, sans que l'efficacité change.
- Volume et valeur : la part d'un secteur mesurée en valeur dépend des prix relatifs. Mesurée en volume, elle neutralise les prix. Les deux lectures peuvent diverger fortement.
- Prix relatif : un secteur dont la productivité progresse plus vite que la moyenne voit son prix relatif baisser, si les salaires s'égalisent entre secteurs.
- Loi d'Engel : effet de demande. Quand le revenu augmente, la part du budget consacrée à l'alimentation diminue.
- Déversement : réallocation de l'emploi entre secteurs. Elle suppose une demande nouvelle et une main-d'œuvre capable de passer d'un secteur à l'autre.
- Maladie des coûts : hausse du coût relatif des services à faible progrès de productivité, dès lors que leurs salaires suivent ceux de l'économie.
- Externalisation : sortie d'une activité hors de l'entreprise industrielle. Elle déplace l'emploi d'une case statistique à une autre sans rien changer à la production.
- Désindustrialisation : notion à mesurer de trois façons, part de l'emploi, part de la valeur ajoutée en valeur, part de la valeur ajoutée en volume. On y ajoute le solde commercial manufacturier.
- Polarisation : recul relatif des emplois intermédiaires routiniers au profit des emplois très qualifiés et peu qualifiés.
- Innovation incrémentale ou de rupture : amélioration continue d'un produit existant, ou changement de paradigme technique.
- Technologie d'usage général : innovation diffusée dans toute l'économie, comme la vapeur, l'électricité ou l'informatique. Ses effets exigent des innovations complémentaires et des réorganisations.
- Taux d'autofinancement : épargne brute rapportée à la formation brute de capital fixe. Il peut dépasser 100 %.
- Effet de levier : rentabilité financière égale rentabilité économique plus (rentabilité économique moins taux d'intérêt) multiplié par le rapport dettes sur capitaux propres.
- Transformation des échéances : les banques prêtent à long terme des ressources collectées à court terme. C'est leur utilité et leur fragilité.
- Financiarisation : poids croissant des marchés, des acteurs et des critères financiers dans la gestion des entreprises et dans l'économie.
Chaînes de raisonnement
Du gain de productivité à l'emploi. À production donnée, un gain de productivité réduit les heures nécessaires. Mais il baisse les prix, élève les salaires ou les profits, donc il accroît la demande et l'investissement. L'emploi du secteur augmente si sa production croît plus vite que sa productivité, et diminue dans le cas contraire.
Des différentiels de productivité à la tertiarisation. L'industrie connaît des gains de productivité supérieurs à ceux des services, alors que la demande de biens croît moins vite que le revenu. L'emploi industriel stagne ou recule, celui des services progresse. La tertiarisation de l'emploi est donc d'abord le produit du succès industriel.
Pourquoi la désindustrialisation est plus forte en valeur qu'en volume. Les gains de productivité industriels font baisser le prix relatif des biens manufacturés. À volume produit croissant, la part de l'industrie mesurée en euros courants recule donc quand même. Lire un recul en valeur comme un effondrement de la production est un contresens.
Baumol et la croissance d'ensemble. Si la demande de services en volume se maintient malgré la hausse de leur prix relatif, une part croissante du travail s'y concentre. Or ce sont les secteurs où la productivité progresse le moins. La croissance moyenne de la productivité ralentit donc par simple effet de composition.
Destruction créatrice et temps de diffusion. Une grappe d'innovations crée des profits de monopole temporaire, qui attirent des imitateurs. Les anciennes activités déclinent, ce qui produit une période d'ajustement coûteuse avant le gain d'ensemble. C'est ce décalage que mobilisent Paul David, en rapprochant la dynamo de l'ordinateur, et Brynjolfsson pour répondre au paradoxe de Solow.
De l'économie d'endettement à celle de marchés. Dans l'économie d'endettement, le crédit abondant et les taux réels faibles, parfois négatifs dans les années 1970, alimentent la croissance et l'inflation. La désinflation des années 1980 et la hausse des taux réels rendent le crédit bancaire coûteux et poussent les grandes entreprises vers les marchés, ouverts par les trois D. Les banques ne disparaissent pas, elles deviennent acheteuses de titres.
Le levier, amplificateur à double tranchant. Tant que la rentabilité économique dépasse le taux d'intérêt, s'endetter accroît la rentabilité des fonds propres. Si elle tombe en dessous, le même endettement détruit la rentabilité. C'est le mécanisme qui transforme un retournement conjoncturel en crise financière.
Exemples et références à connaître
- Paul Bairoch : la révolution agricole a précédé et rendu possible la révolution industrielle en Angleterre, en libérant de la main-d'œuvre et en élargissant le marché. Utile pour montrer que le déversement commence dans le primaire.
- Les luddites, briseurs de machines textiles anglais au début des années 1810 : première figure de la peur du chômage technologique, à opposer au déversement.
- Henry Ford et la chaîne de montage mobile de 1913 : exemple type du gain de productivité de la deuxième révolution industrielle, suivi du relèvement des salaires ouvriers.
- Paul David, article de 1990 sur la dynamo et l'ordinateur : l'électricité a mis environ quarante ans à transformer la productivité des usines, le temps de repenser leur organisation.
- Carl Frey et Michael Osborne, en 2013, estiment qu'environ 47 % des emplois américains sont exposés à l'automatisation. Des travaux de l'OCDE raisonnant par tâches et non par métiers aboutissent à un ordre de grandeur de 9 %. Exemple parfait de la dépendance d'un chiffre à la méthode.
- Jack Triplett et Barry Bosworth, au début des années 2000 : l'accélération de la productivité de certains services américains, commerce de détail et finance, grâce aux technologies de l'information. Contre-exemple à une lecture fataliste de Baumol.
- Philippe Aghion et Peter Howitt : modèle de croissance schumpétérienne, qui formalise la destruction créatrice et relie concurrence et innovation.
- Création du Crédit lyonnais en 1863 et de la Société générale en 1864 : naissance de la banque de dépôts à réseau en France, à côté du Crédit mobilier.
- Deutsche Bank en 1870 : type de la banque universelle allemande, prenant des participations dans l'industrie. Exemple à associer à Gerschenkron.
- Coupure entre grandes entreprises et PME : les premières accèdent aux marchés obligataires, les secondes restent dépendantes du crédit bancaire. Nuance indispensable à toute conclusion sur la désintermédiation.
Techniques
Décomposer une croissance
Réflexe de base. Le taux de croissance du produit est à peu près égal à celui de la productivité horaire plus celui des heures travaillées. Les heures dépendent elles-mêmes de l'emploi et de la durée moyenne du travail.
Mini-exemple. La valeur ajoutée en volume progresse de 2 %. L'emploi progresse de 1 % et la durée moyenne du travail recule de 0,5 %. Les heures augmentent donc d'environ 0,5 %, et la productivité horaire d'environ 1,5 %. La productivité par tête, elle, n'augmente que d'environ 1 %. Il faut toujours préciser laquelle on cite.
Analyser un tableau sectoriel
Trois questions dans l'ordre. Quelle grandeur, emploi ou valeur ajoutée ? Quelle mesure, valeur ou volume ? Quelle nomenclature, industrie au sens strict ou avec la construction ? Ensuite seulement, commenter les écarts entre séries. Un écart entre part en volume et part en valeur signale un effet de prix relatif. Un écart entre emploi et valeur ajoutée signale un différentiel de productivité.
Calculer un effet de levier
Mini-exemple. Rentabilité économique de 10 %, taux d'intérêt de 4 %, dettes égales aux capitaux propres. Rentabilité financière égale 10 plus 6 fois 1, soit 16 %. Si elle tombe à 2 %, la rentabilité financière devient 2 plus (moins 2) fois 1, soit 0 %. Une baisse de 8 points de la rentabilité économique en coûte 16 à la rentabilité financière, car dettes et capitaux propres sont égaux.
Le schéma bilan du déversement
Au centre, un gain de productivité dans l'industrie. Deux flèches en partent. La première va vers « moins d'heures par unité produite », donc des emplois détruits. La seconde va vers « baisse des prix et hausse des revenus », donc une demande nouvelle, orientée par la loi d'Engel vers les services. Les deux flèches convergent vers « réallocation de l'emploi ». On ajoute en pointillés les conditions : qualification, mobilité géographique, délai. Le schéma doit faire voir que le déversement est un processus, pas un automatisme.
Construire un plan sur ce chapitre
Le chapitre se prête à deux gabarits. Sur un mécanisme, on procède par le constat, puis l'explication, puis les limites. Sur une notion chargée de jugement, comme déclin, destruction ou financiarisation, on distingue ce qui relève de la mesure, ce qui relève du mécanisme normal de la croissance et ce qui relève d'un problème réel.
Mini-exemple. « La tertiarisation est-elle une rupture ? » Un, elle prolonge le déplacement séculaire décrit par Clark. Deux, elle est largement le produit des gains industriels et en partie un artefact d'externalisation. Trois, elle change pourtant la nature de la croissance, avec Baumol et la polarisation.
Sujets classiques traités
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Sujet 2. Productivité et emploi dans une économie à deux secteurs
Classiques de khôlle et concours · Exercice chiffré de khôlle
Une économie compte 100 travailleurs, 40 dans l'industrie et 60 dans les services, avec au départ une même valeur ajoutée en volume par travailleur, égale à 1. En dix ans, la production industrielle est multipliée par 1,5 et la productivité industrielle par 2. La production de services est multipliée par 1,4 et leur productivité par 1,2. Calculer l'emploi final par secteur, puis la part de l'industrie en volume et en valeur, en supposant que les prix relatifs suivent les coûts unitaires et que les salaires s'égalisent.
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Étape 1, l'emploi. Il est multiplié par le rapport entre croissance de la production et croissance de la productivité. Industrie : 40 fois 1,5 divisé par 2, soit 30. Services : 60 fois 1,4 divisé par 1,2, soit 70. L'emploi total reste 100, le déversement est complet.
Étape 2, les volumes. Industrie 40 fois 1,5, soit 60. Services 60 fois 1,4, soit 84. La part de l'industrie en volume passe de 40 % à 60 sur 144, soit environ 41,7 %. Elle augmente légèrement.
Étape 3, les prix. La productivité industrielle a crû de 2 divisé par 1,2, soit environ 1,67 fois plus que celle des services. Le prix relatif industriel est donc multiplié par 1,2 divisé par 2, soit 0,6. En valeur, l'industrie pèse 60 fois 0,6, soit 36, contre 84. Sa part tombe à 36 sur 120, soit 30 %, exactement sa part dans l'emploi.
Étape 4, l'interprétation. L'industrie produit plus et même relativement plus, mais elle recule en emploi et en valeur. C'est la désindustrialisation sans déclin.
piège : Conclure du recul en valeur à une baisse de la production industrielle, ou oublier que le déversement complet repose ici sur une demande de services qui augmente de 40 %.
Sujet 5. Pourquoi la productivité ralentit-elle dans les pays avancés ?
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
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Plan attendu. Un, le constat avec ordres de grandeur par période, en précisant productivité horaire et source, et sa généralité parmi les pays de l'OCDE. Deux, les explications réelles : épuisement des grandes innovations et vents contraires selon Gordon, poids croissant des services, faible investissement après 2008, divergence entre entreprises de la frontière et le reste, survie d'entreprises peu productives grâce aux taux bas. Trois, les explications par la mesure : services numériques gratuits, qualité des biens mal prise en compte. On conclut que les mesures expliquent une partie mais pas la totalité du ralentissement, et que le débat reste ouvert.
Sujet 7. Autofinancement et levier
Classiques de khôlle et concours · Exercice chiffré de khôlle
Une entreprise dispose de 500 de capitaux propres et de 500 de dettes à 5 %. Son résultat d'exploitation est de 80, impôts ignorés. Elle dégage une épargne brute de 120 et investit 150. Calculer le taux d'autofinancement, la rentabilité économique et la rentabilité financière, puis discuter l'intérêt de s'endetter davantage.
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Étape 1, taux d'autofinancement : 120 divisé par 150, soit 80 %. Le besoin de 30 doit être couvert par emprunt ou par émission d'actions. Étape 2, rentabilité économique : 80 rapporté à l'actif de 1 000, soit 8 %. Étape 3, rentabilité financière : résultat après intérêts, 80 moins 25, soit 55, rapporté à 500, soit 11 %. On vérifie par la formule : 8 plus 3 fois 1, soit 11 %. Étape 4, discussion. Tant que la rentabilité économique dépasse 5 %, chaque euro de dette supplémentaire accroît la rentabilité financière. Mais le risque de faillite augmente, et le taux exigé par les prêteurs aussi, ce qui réduit l'écart qui fonde le levier.
piège : Rapporter le résultat d'exploitation aux seuls capitaux propres pour la rentabilité économique, ou oublier les intérêts pour la rentabilité financière.
Sujet 1. La désindustrialisation est-elle un déclin ?
Autres exercices · Dissertation, type sujet ESCP
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Accroche : le contraste entre le discours politique sur la réindustrialisation et le fait que l'industrie en volume n'a pas suivi la pente de sa part en valeur. Problématique : distinguer un changement de structure normal d'une perte réelle de capacité productive.
I. Un recul spectaculaire mais en partie statistique. Trois mesures, et une chute bien plus forte en emploi et en valeur qu'en volume. L'externalisation reclasse des emplois dans le tertiaire. La baisse du prix relatif des biens manufacturés réduit leur part en valeur.
II. Un recul largement normal. Gains de productivité supérieurs, loi d'Engel, trajectoire commune aux pays riches, Allemagne comprise en emploi. L'industrie reste le principal lieu de la recherche privée et des exportations, ce qui en fait un secteur stratégique plus qu'un secteur d'emploi.
III. Mais une part de déclin véritable en France. Déficit commercial manufacturier persistant, pertes de parts de marché, écart avec l'Allemagne en valeur ajoutée. Les explications en débat portent sur le positionnement de gamme, les coûts, la taille des entreprises de taille intermédiaire et la politique industrielle. Conclusion : le déclin se lit dans la compétitivité, pas dans la seule part de l'emploi.
Sujet 3. La tertiarisation freine-t-elle la croissance ?
Autres exercices · Dissertation
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Problématique : si les services sont moins productifs, une économie de services est-elle condamnée à croître lentement ?
I. L'argument de Baumol. Services stagnants, maladie des coûts, effet de composition sur la productivité moyenne. Il éclaire la hausse tendancielle des dépenses de santé et d'éducation et le ralentissement observé depuis les années 1970.
II. Un argument à nuancer. Les services sont hétérogènes : télécommunications, commerce et finance ont connu de forts gains, selon Triplett et Bosworth. Beaucoup de services sont des consommations intermédiaires de l'industrie, qui la rendent plus productive. Leur productivité est mal mesurée, surtout pour les services non marchands évalués à leur coût.
III. Un enjeu de structure plus que de volume. L'éducation, la santé et la recherche sont des investissements dans le capital humain, au cœur de la croissance endogène de Romer. La question devient celle de leur financement et de leur organisation, pas de leur existence.
Sujet 4. Les révolutions industrielles se ressemblent-elles ?
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Problématique : peut-on parler d'une même logique schumpétérienne, ou chaque vague a-t-elle transformé l'économie de façon singulière ?
I. Une logique commune. Grappes d'innovations autour d'une technologie d'usage général, destruction créatrice, nouveaux secteurs leaders, transformations de l'organisation du travail et du financement.
II. Des différences profondes. La première révolution est britannique, textile et financée par autofinancement. La deuxième est américaine et allemande, fondée sur les grandes entreprises, la production de masse, les banques et la Bourse, et étudiée par Chandler. La troisième porte sur l'information, pèse davantage dans les services et s'accompagne de la spécialisation flexible décrite par Piore et Sabel.
III. Des effets de productivité inégaux. Thèse de Gordon sur la supériorité de la deuxième révolution, réponse de Brynjolfsson et de David sur les délais de diffusion. Conclusion : comparer les révolutions, c'est d'abord comparer leur vitesse de diffusion et les institutions qui l'accompagnent.
Sujet 6. Comment les entreprises se financent-elles depuis le XIXe siècle ?
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Problématique : le financement suit-il une évolution linéaire vers le marché, ou dépend-il du moment et du pays de l'industrialisation ?
I. Au XIXe siècle, une diversité liée au retard relatif. Autofinancement et banques locales en Angleterre, banques de dépôts et d'affaires en France avec le Crédit mobilier, le Crédit lyonnais et la Société générale, banque universelle en Allemagne, rôle de l'État en Russie. Grille de Gerschenkron.
II. Au XXe siècle, le retour de la banque et de l'État. Après la crise des années 1930, cloisonnement bancaire aux États-Unis. En France pendant les Trente Glorieuses, circuit du Trésor, crédit sélectif, encadrement du crédit, économie d'endettement au sens de Hicks.
III. Depuis les années 1980, la montée des marchés sans disparition des banques. Trois D, hausse des taux réels, désintermédiation au sens strict mais pas au sens large, persistance du crédit pour les PME, financiarisation et débat sur le court-termisme. Conclusion : l'autofinancement reste la première ressource, le reste se partage selon la taille des entreprises et les institutions.
Erreurs fréquentes
- Citer « la productivité » sans préciser horaire ou par tête, ni la période, ni la source. En France, l'écart entre les deux mesures est important à cause de la durée du travail et du temps partiel.
- Présenter le déversement comme automatique. Il suppose une demande nouvelle, des qualifications transférables et du temps, et il ne dit rien de la qualité des emplois créés.
- Attribuer toute la désindustrialisation aux délocalisations. C'est la cause la plus visible mais pas la principale en emploi, les gains de productivité et la demande pèsent davantage.
- Faire de Kondratiev ou de Schumpeter des lois mécaniques de prévision. Les cycles longs restent une grille d'interprétation contestée, pas une régularité démontrée.
- Confondre financement de marché et financiarisation. Le premier désigne un canal de financement, la seconde une transformation des objectifs et des critères de gestion, qui peut exister même dans un système à dominante bancaire.
Fiche rédigée à partir du programme officiel d'ESH (2021), module 2 « Croissance et développement », partie 2.2 « Les transformations des structures économiques, sociales et démographiques depuis le XIXe siècle », point 2.2.1 « Les transformations des structures économiques et financières ». Elle traite l'évolution de la productivité, les mutations sectorielles et les modes de financement.