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ECG1 · ESH · semaine 21

La soutenabilité de la croissance et du développement

Contraintes écologiques et de soutenabilité qui pèsent sur le développement de l'ensemble du monde. Conditions d'un développement durable. Place de la transition écologique dans les trajectoires de croissance.

Sommaire

La fiche de cours

Résumé en cinq points

  1. Le développement durable, défini en 1987 par le rapport Brundtland, pose une exigence d'équité entre générations et porte sur le stock de capital transmis, pas seulement sur le flux de production.

  2. Tout se joue sur la substituabilité entre capital naturel et capital produit. Soutenabilité faible avec Solow et Hartwick, soutenabilité forte avec Daly et Georgescu-Roegen.

  3. Le problème économique est une défaillance de marché, externalités négatives et biens communs. Les instruments sont la norme, la taxe pigouvienne et les quotas échangeables, la gouvernance collective d'Ostrom complétant le tableau.

  4. Les faits sont mesurés et convergents. Plus de 420 parties par million de dioxyde de carbone, environ 1,1 degré de réchauffement sur 2011 à 2020, près de 37 milliards de tonnes émises chaque année, un budget carbone de l'ordre de 250 milliards de tonnes pour 1,5 degré.

  5. Le débat central oppose croissance verte et décroissance. Il se tranche moins sur la possibilité théorique d'un découplage absolu que sur son rythme observé, comparé à la contrainte physique restante.

Pourquoi ce chapitre

Les deux chapitres précédents ont décrit une croissance longue et des stratégies de rattrapage. Celui-ci demande si cette trajectoire peut se poursuivre dans un monde aux ressources finies et au climat contraint.

Il a un statut particulier. C'est le seul chapitre du module où l'économie rencontre frontalement les sciences de la nature. Il mobilise donc des notions de microéconomie vues au module 1, externalités, biens communs, défaillances de marché, et les applique à un objet nouveau.

Il est très demandé aux concours, sous des intitulés du type « la croissance est-elle soutenable », « faut-il choisir entre croissance et environnement », « le marché peut-il résoudre la crise écologique ». En colle, on attend la distinction soutenabilité faible et soutenabilité forte, la maîtrise des instruments de politique environnementale et au moins cinq chiffres datés.

Notions et mécanismes

Soutenabilité et développement durable

Le rapport remis en 1987 à l'ONU par la commission présidée par Gro Harlem Brundtland définit le développement durable comme un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. La formule articule trois dimensions, économique, sociale et environnementale, souvent présentées comme trois piliers.

La soutenabilité est donc une question d'équité intergénérationnelle. Elle porte sur le stock de capital transmis, et pas seulement sur le flux de production annuel.

Capital naturel, soutenabilité faible et soutenabilité forte

On appelle capital naturel l'ensemble des actifs environnementaux qui rendent des services à l'économie, ressources énergétiques et minérales, sols, eau, biodiversité, capacité d'absorption des pollutions.

La soutenabilité faible pose que le capital naturel et le capital produit par l'homme sont substituables. Ce qui doit rester constant est le stock total de capital. Épuiser une mine est acceptable si la rente est investie en machines, en infrastructures ou en éducation. C'est la position de Robert Solow, formalisée par la règle énoncée par John Hartwick en 1977.

La soutenabilité forte pose au contraire que certains éléments du capital naturel sont critiques et non substituables. Un climat stable ou une espèce disparue n'ont pas d'équivalent fabriqué. Ce qui doit rester constant est le stock de capital naturel critique lui-même. C'est la position de Herman Daly et, plus radicalement, de Nicholas Georgescu-Roegen.

Ce clivage commande tout le reste. Le partisan de la soutenabilité faible fait confiance au progrès technique et au prix. Le partisan de la soutenabilité forte veut des seuils physiques et des interdictions.

Externalités et biens communs

Une externalité est un effet de l'activité d'un agent sur le bien-être d'un autre, sans passage par le marché et donc sans compensation monétaire. La pollution est l'externalité négative type. Comme le pollueur ne supporte pas le coût qu'il impose, le coût privé est inférieur au coût social, et la quantité produite excède l'optimum collectif.

Internaliser l'externalité, c'est ramener le coût privé au niveau du coût social. Trois familles d'instruments existent. La réglementation, qui fixe des normes et des interdictions. La taxe, dite pigouvienne, qui fixe le prix de la pollution et laisse la quantité s'ajuster. Le marché de quotas échangeables, qui fixe la quantité et laisse le prix s'ajuster. Dans un monde sans incertitude, taxe et quotas sont équivalents.

Un bien commun est rival dans la consommation et non excluable. Une pêcherie, une nappe phréatique et l'atmosphère en relèvent. La rivalité crée un risque de surexploitation. L'atmosphère est le cas limite, puisque la pollution qu'elle absorbe est un problème mondial et que personne ne peut en être exclu.

Découplage, identité de Kaya et effet rebond

Le découplage relatif désigne une croissance des pressions environnementales moins rapide que celle du PIB. Le découplage absolu désigne une baisse des pressions alors que le PIB augmente. Seul le second permet de concilier croissance et réduction des émissions.

L'identité de Kaya décompose les émissions de dioxyde de carbone en quatre facteurs, la population, le PIB par habitant, l'intensité énergétique du PIB, c'est-à-dire l'énergie consommée par unité de produit, et le contenu en carbone de l'énergie. Baisser les émissions à population et revenu croissants suppose donc de réduire fortement les deux derniers termes. C'est un outil de raisonnement très utile en dissertation.

L'effet rebond, identifié par William Stanley Jevons en 1865 à propos du charbon, désigne le fait qu'un gain d'efficacité énergétique abaisse le coût d'usage et stimule la consommation, ce qui annule tout ou partie de l'économie attendue. Un moteur plus sobre peut conduire à rouler davantage.

Attention enfin à la différence entre émissions territoriales, mesurées sur le sol national, et empreinte carbone, qui ajoute les émissions incorporées dans les importations et retranche celles des exportations. Un pays peut afficher une baisse territoriale tout en délocalisant ses émissions.

Auteurs et théories de référence

Thomas Robert Malthus, en 1798, pose le premier la question des limites. La population croîtrait plus vite que les subsistances, d'où un ajustement par la misère ou par la contrainte morale. David Ricardo déplace l'argument vers la rareté des terres fertiles et les rendements décroissants, qui conduisent à un état stationnaire subi. John Stuart Mill, en 1848, retourne la conclusion. L'état stationnaire n'est pas une catastrophe, il peut être le moment où l'humanité cesse d'accumuler pour améliorer sa vie. C'est une référence précieuse pour les débats actuels.

Arthur Cecil Pigou, en 1920, fonde l'économie du bien-être et propose la taxe qui porte son nom, égale au dommage marginal à l'optimum.

Harold Hotelling établit en 1931 la règle d'exploitation d'une ressource épuisable. À l'équilibre, la rente nette doit croître au taux d'intérêt, sinon le propriétaire a intérêt à extraire plus tôt ou plus tard. Le prix d'une ressource finie tend donc à monter, ce qui déclenche substitution et innovation.

Ronald Coase, en 1960, montre que si les droits de propriété sont bien définis et les coûts de transaction faibles, les agents peuvent négocier et atteindre l'optimum, quelle que soit l'attribution initiale des droits. Ce théorème justifie les marchés de permis, mais ses conditions sont rarement réunies à l'échelle planétaire.

Garrett Hardin popularise en 1968 la tragédie des communs. Chaque éleveur a intérêt à ajouter une bête sur le pâturage commun, et la ruine collective suit. Elinor Ostrom, dans un ouvrage de 1990 qui lui vaut le prix de la Banque de Suède en 2009, réfute la fatalité. En étudiant des systèmes d'irrigation, des forêts et des pêcheries, elle montre que des communautés instaurent des règles durables sans privatiser ni étatiser, à condition de réunir des principes précis, frontières claires, participation aux règles, sanctions graduées, mécanismes de résolution des conflits.

Le rapport dirigé par Donella et Dennis Meadows pour le Club de Rome, publié en 1972, simule avec un modèle mondial l'interaction entre population, production, pollution et ressources. Il conclut à un dépassement puis à un effondrement au cours du XXIe siècle si les tendances se poursuivent. Ses critiques lui reprochent de sous-estimer la substitution et l'innovation, ses défenseurs relèvent que les trajectoires observées restent proches du scénario central.

Nicholas Georgescu-Roegen, en 1971, applique le deuxième principe de la thermodynamique à l'économie. Toute transformation dégrade l'énergie disponible, la matière se disperse, le processus est irréversible. Il fonde la bioéconomie et inspire les courants de la décroissance.

Nicholas Stern, dans le rapport remis au gouvernement britannique en 2006, chiffre le coût de l'inaction climatique et plaide pour une action précoce. William Nordhaus, distingué en 2018, construit avec son modèle intégré une évaluation coût-avantage du changement climatique et aboutit à des trajectoires plus graduelles. Martin Weitzman objecte que l'incertitude sur les risques extrêmes suffit à justifier une action forte, indépendamment du calcul moyen. Philippe Aghion défend l'idée d'un changement technique dirigé, les incitations publiques réorientant l'innovation vers les technologies propres avant que la dépendance au sentier ne se referme.

Faits, chiffres et repères historiques

Concentration atmosphérique de dioxyde de carbone. De l'ordre de 280 parties par million avant la révolution industrielle, elle dépasse aujourd'hui 420 parties par million selon les relevés de l'observatoire de Mauna Loa. C'est un niveau sans équivalent depuis plusieurs centaines de milliers d'années.

Température. Le sixième rapport d'évaluation du GIEC estime le réchauffement de la décennie 2011 à 2020 à environ 1,1 degré par rapport à la période 1850 à 1900. Les années les plus récentes ont ponctuellement franchi le seuil de 1,5 degré selon l'Organisation météorologique mondiale.

Émissions. Les émissions mondiales de dioxyde de carbone d'origine fossile sont de l'ordre de 37 milliards de tonnes par an selon le Global Carbon Project, auxquelles s'ajoutent environ 4 milliards liées aux usages des sols. Par habitant, l'ordre de grandeur est d'environ 14 tonnes aux États-Unis, 8 en Chine et 2 en Inde.

Budget carbone. Le GIEC évalue à un ordre de grandeur de 250 milliards de tonnes de dioxyde de carbone le budget restant, au début des années 2020, pour conserver une chance sur deux de limiter le réchauffement à 1,5 degré. Au rythme actuel, ce budget correspond à moins d'une dizaine d'années.

Énergie. Les combustibles fossiles représentent encore de l'ordre de 80 % de l'approvisionnement mondial en énergie primaire selon l'Agence internationale de l'énergie, une part qui n'a que faiblement reculé en trente ans malgré la croissance rapide des renouvelables en valeur absolue.

France. Les émissions territoriales sont de l'ordre de 6 à 7 tonnes équivalent dioxyde de carbone par habitant, mais l'empreinte carbone, qui intègre les importations, avoisine 9 tonnes selon les travaux du service statistique du ministère chargé de l'environnement. L'écart mesure la part importée de nos émissions.

Repères institutionnels. Sommet de la Terre de Rio en 1992, avec la convention-cadre sur les changements climatiques. Protocole de Kyoto signé en 1997 et entré en vigueur en 2005, avec des objectifs contraignants pour les seuls pays développés. Adoption des dix-sept objectifs de développement durable par l'ONU en 2015, à horizon 2030. Accord de Paris de décembre 2015, qui vise à contenir le réchauffement nettement en dessous de deux degrés et à poursuivre l'effort vers 1,5 degré, sur la base de contributions déterminées au niveau national, non contraignantes.

Instruments. Le marché européen de quotas d'émission fonctionne depuis 2005. Le prix de la tonne, longtemps inférieur à 10 euros faute de rareté des quotas, s'est établi ces dernières années dans une fourchette de l'ordre de 60 à 90 euros, avec un pic proche de 100 euros début 2023. La composante carbone de la fiscalité française sur l'énergie est fixée à 44,6 euros la tonne depuis 2018 et n'a pas été relevée depuis le mouvement social de la fin de cette même année. L'Union européenne a adopté en 2023 un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, en phase transitoire puis en plein régime à partir de 2026, destiné à limiter les fuites de carbone.

Coûts. Le rapport Stern de 2006 évaluait le coût de l'inaction à une perte permanente de l'ordre de 5 % du produit mondial par an, davantage en intégrant les risques les plus larges, contre un coût de l'action de l'ordre de 1 à 2 %. Pour la France, le rapport remis en 2023 par Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz chiffre à environ 66 milliards d'euros par an à l'horizon 2030 le surcroît d'investissement nécessaire à la transition.

Débats et controverses

Premier débat, soutenabilité faible ou forte. Il oppose une confiance dans la substituabilité des capitaux à l'affirmation de limites physiques non négociables. L'arbitrage est en partie empirique. Le progrès technique a effectivement repoussé plusieurs limites annoncées, mais aucune technologie ne remplace un climat stable.

Deuxième débat, croissance verte, décroissance ou indifférence à la croissance. Les partisans de la croissance verte misent sur le découplage absolu, déjà observé dans plusieurs pays européens pour les émissions territoriales. Leurs contradicteurs objectent que ce découplage disparaît en grande partie quand on raisonne en empreinte et qu'il est trop lent au regard du budget carbone. Les tenants de la décroissance proposent une réduction planifiée de la production matérielle dans les pays riches. Une position intermédiaire consiste à cesser de faire du PIB un objectif sans pour autant viser sa baisse.

Troisième débat, le taux d'actualisation. Actualiser, c'est convertir un dommage futur en valeur présente. Un taux élevé écrase le poids des générations lointaines et justifie l'attentisme, un taux faible justifie l'action immédiate. Stern retient un taux très bas au nom d'un argument éthique, l'absence de raison de moins compter le bien-être des futurs. Nordhaus retient un taux plus élevé, calé sur les rendements observés du capital. Une grande partie de l'écart entre leurs recommandations tient à ce seul paramètre, ce qui est un excellent exemple du poids des hypothèses normatives en économie.

Quatrième débat, taxe ou quotas. La taxe donne un prix certain et des recettes publiques, mais une quantité incertaine. Les quotas garantissent la quantité mais exposent à la volatilité des prix. En pratique les systèmes sont hybrides, avec des prix planchers. S'y ajoute la question de l'acceptabilité sociale, la fiscalité carbone étant régressive si elle n'est pas redistribuée.

Cinquième débat, la courbe environnementale de Kuznets. Selon cette hypothèse, la dégradation environnementale augmenterait puis diminuerait avec le revenu par habitant. Elle est vérifiée pour certains polluants locaux, comme les particules ou le dioxyde de soufre, et infirmée pour les émissions de gaz à effet de serre en empreinte. Ne pas la présenter comme une régularité générale.

Sixième débat, la justice climatique. Les pays développés portent la responsabilité historique de la majeure partie des émissions cumulées, les pays émergents portent l'essentiel des émissions actuelles, et les pays les plus pauvres subissent les dommages les plus lourds. Le principe des responsabilités communes mais différenciées, posé à Rio, tente de traiter cette asymétrie. Le financement promis aux pays en développement reste un point de blocage récurrent des conférences des parties.

Ce qu'il faut savoir mobiliser en dissertation

  1. Un plan type pour « la croissance est-elle soutenable ». La croissance a longtemps reposé sur une consommation croissante de ressources et sur des externalités non payées. Des mécanismes de correction existent, prix du carbone, innovation dirigée, découplage relatif. Mais leur rythme reste inférieur à la contrainte physique, d'où le débat entre soutenabilité faible et forte.

  2. Un plan type pour « le marché peut-il traiter la question écologique ». Le marché est la source du problème par les externalités et les biens communs. Il est aussi un instrument de solution, par la taxe et les quotas, avec Pigou et Coase. Mais il suppose un État qui fixe la règle, et des limites subsistent, incertitude, irréversibilité, horizon long.

  3. Le couple Hardin et Ostrom, à opposer systématiquement. La tragédie des communs n'est pas une fatalité, la gouvernance collective est une troisième voie entre marché et État.

  4. L'identité de Kaya comme outil de raisonnement. Elle permet de montrer en trois lignes pourquoi le seul progrès d'efficacité ne suffit pas.

  5. Cinq chiffres sûrs. Concentration de dioxyde de carbone passée d'environ 280 à plus de 420 parties par million. Réchauffement d'environ 1,1 degré sur 2011 à 2020 selon le GIEC. Émissions fossiles mondiales de l'ordre de 37 milliards de tonnes par an. Fossiles encore autour de 80 % de l'énergie primaire mondiale selon l'AIE. Coût de la transition en France estimé à environ 66 milliards d'euros par an en 2030.

  6. Trois dates minimales. Meadows en 1972, rapport Brundtland en 1987, Accord de Paris en 2015.

  7. Pièges à éviter. Confondre émissions territoriales et empreinte carbone. Affirmer un découplage absolu sans préciser le périmètre. Présenter Malthus comme un auteur écologiste, sa question est démographique et alimentaire. Oublier que taxe et quotas ne diffèrent qu'en présence d'incertitude.

  8. Une nuance qui fait la différence. Le débat sur le taux d'actualisation montre que le désaccord entre économistes porte souvent sur une hypothèse éthique et non sur un fait.

Méthodes et exercices

Notions et mécanismes clés

  • Coût social marginal : coût marginal privé plus dommage marginal infligé aux tiers. L'optimum se lit à l'intersection de la demande et du coût social, pas du coût privé.
  • Perte sèche de l'externalité : surplus collectif perdu parce qu'on produit des unités dont le coût social dépasse la valeur qu'elles ont pour l'acheteur.
  • Principe équimarginal : une réduction donnée des émissions coûte le moins cher quand le coût marginal de dépollution est le même chez tous les pollueurs.
  • Passager clandestin : agent qui profite de l'effort des autres sans y contribuer. C'est l'obstacle central aux accords climatiques.
  • Bien public mondial : la stabilité du climat est non rivale et non excluable. L'atmosphère comme réceptacle des émissions relève, elle, du bien commun.
  • Fuite de carbone : hausse des émissions à l'étranger provoquée par une tarification unilatérale, par délocalisation ou par perte de parts de marché.
  • Rente de rareté, dite de Hotelling : écart entre le prix d'une ressource épuisable et son coût marginal d'extraction.
  • Règle de Hartwick : réinvestir toute la rente des ressources épuisables en capital reproductible. C'est une condition de soutenabilité faible, valable seulement si la substitution entre capitaux est suffisante.
  • Épargne nette ajustée : épargne nationale nette, plus les dépenses d'éducation, moins l'épuisement des ressources et les dommages de pollution. Un solde négatif signale une trajectoire non soutenable au sens faible.
  • Empreinte écologique : surface productive nécessaire pour fournir les ressources consommées et absorber les émissions, comparée à la biocapacité disponible.
  • Limites planétaires : seuils de sécurité fixés pour neuf processus du système Terre, dont le climat, la biodiversité, les cycles de l'azote et du phosphore, l'eau douce.
  • Actualisation selon la règle de Ramsey : le taux est égal à la préférence pure pour le présent, plus un terme proportionnel à la croissance attendue de la consommation.
  • Irréversibilité et valeur d'option : quand une décision est irréversible et que l'information future est incertaine, garder la possibilité de choisir plus tard a une valeur économique.
  • Principe de précaution : l'absence de certitude scientifique ne doit pas retarder des mesures proportionnées face à un risque de dommage grave et irréversible.
  • Double dividende : les recettes d'une taxe environnementale, recyclées en baisse d'autres prélèvements, amélioreraient à la fois l'environnement et l'emploi. Le second dividende reste discuté.
  • Hypothèse de Porter : une réglementation environnementale bien conçue stimule l'innovation au point de compenser tout ou partie de son coût.
  • Paradoxe vert : annoncer une politique climatique de plus en plus stricte peut pousser les propriétaires de fossiles à extraire plus vite, donc à émettre davantage à court terme.
  • Transition écologique : transformation organisée des systèmes d'énergie, de production et de consommation pour les rendre compatibles avec les limites physiques. C'est le terme employé par le programme.

Chaînes de raisonnement

De l'externalité à la surproduction. Le producteur égalise le prix à son coût marginal privé. Ce coût ignore le dommage subi par les tiers, donc la dernière unité produite coûte à la société plus qu'elle ne rapporte. Une taxe égale au dommage marginal évalué à l'optimum ramène la production au bon niveau, sans que l'État ait à connaître le coût de chaque firme.

Pourquoi un prix coûte moins cher qu'une norme uniforme. Face à un prix de la tonne, chaque firme dépollue tant que dépolluer lui coûte moins que payer. Toutes finissent avec le même coût marginal de dépollution, égal au prix, ce qui satisfait le principe équimarginal. Une norme identique impose au contraire le même effort à la firme qui dépollue cher et à celle qui dépollue bon marché.

De la rareté au prix, puis à l'innovation. Selon Hotelling, la rente d'une ressource épuisable croît au taux d'intérêt, donc son prix tend à monter et rend rentables les substituts. C'est l'argument central de la soutenabilité faible. Mais le mécanisme ne joue que pour les ressources qui ont un prix, pas pour les puits gratuits comme l'atmosphère, ce qui explique que le pétrole ne manque pas alors que le climat se dégrade.

Pourquoi l'efficacité seule ne suffit pas. Par l'identité de Kaya, le taux de croissance des émissions est à peu près la somme des taux de croissance de ses quatre facteurs. Si population et revenu par habitant croissent ensemble de 3 % par an, les gains d'intensité énergétique et de décarbonation doivent atteindre ensemble environ 3 % par an pour simplement stabiliser les émissions, et les dépasser pour les faire baisser. L'effet rebond ampute en plus le gain d'efficacité effectivement obtenu.

Du taux d'actualisation à l'urgence. La règle de Ramsey fait dépendre le taux d'un paramètre éthique, la préférence pure pour le présent, et d'un paramètre empirique, la croissance future. Plus le taux est élevé, moins un dommage lointain pèse aujourd'hui. Sur un siècle, passer de 1,4 % à 4,5 % divise la valeur présente d'un dommage par environ vingt.

Du passager clandestin au mécanisme aux frontières. Chaque pays a intérêt à laisser les autres réduire leurs émissions, d'où des accords peu contraignants. Un pays qui tarifie seul le carbone s'expose aux fuites. L'ajustement aux frontières corrige ce risque, mais s'expose au reproche de protectionnisme vert de la part des pays exportateurs.

De la soutenabilité faible à sa mesure. Si seul compte le stock total de capital, il suffit de vérifier que l'épargne nette ajustée reste positive. Cet indicateur suppose qu'on sait donner un prix à la dégradation du capital naturel. La soutenabilité forte refuse ce calcul pour les éléments critiques et préfère des indicateurs physiques, comme l'empreinte ou les limites planétaires.

Exemples et références à connaître

  1. Protocole de Montréal de 1987 sur les substances qui détruisent la couche d'ozone. L'accord a réussi parce que des substituts existaient, que les producteurs étaient peu nombreux et que le commerce avec les non-signataires était restreint. C'est le contre-exemple qui montre ce qui manque au climat.
  2. Marché américain de permis de dioxyde de soufre, créé par la réforme du Clean Air Act de 1990 contre les pluies acides. C'est le premier grand marché de droits à polluer, et il a atteint ses objectifs à un coût inférieur aux prévisions.
  3. Effondrement de la morue au large de Terre-Neuve, moratoire de 1992, stocks jamais pleinement reconstitués. Il illustre à la fois la tragédie des communs et l'irréversibilité.
  4. Cas étudiés par Ostrom : les alpages communaux de Törbel en Suisse, gérés sur plusieurs siècles, et les huertas de Valence, dont les conflits d'eau sont tranchés par un tribunal coutumier. Ils étayent la troisième voie entre marché et État.
  5. Taxe carbone suédoise, introduite en 1991 et portée au-delà de 100 euros la tonne. Les émissions territoriales ont baissé pendant que le PIB croissait. C'est un découplage absolu territorial, à nuancer par l'empreinte.
  6. Limites planétaires, cadre proposé en 2009 par une équipe dirigée par Johan Rockström. Une mise à jour de 2023 estime que six des neuf limites sont franchies. C'est la référence type de la soutenabilité forte.
  7. Valeur de l'action pour le climat fixée en France en 2019 par la commission présidée par Alain Quinet : 250 euros la tonne en 2030 et environ 775 euros en 2050. À comparer aux 44,6 euros de la composante carbone pour mesurer l'écart entre le prix retenu en évaluation publique et le prix réellement appliqué.
  8. Paramètres de Stern et de Nordhaus. Stern retient une préférence pure de 0,1 %, d'où un taux d'actualisation d'environ 1,4 %. Le taux effectif de Nordhaus est de l'ordre de 4 à 5 %.
  9. Jour du dépassement calculé par le Global Footprint Network, situé ces dernières années entre fin juillet et début août. Il correspond à une consommation d'environ 1,7 Terre par an. L'indicateur est parlant mais contesté, car le carbone converti en surface forestière y pèse de façon écrasante.
  10. Grossman et Krueger, au début des années 1990, à l'origine des premières estimations de la courbe environnementale de Kuznets, à propos de l'accord de libre-échange nord-américain.

Techniques

Analyse d'un document statistique sur les émissions

Réflexe en quatre temps. Identifier l'unité, dioxyde de carbone seul ou ensemble des gaz en équivalent, total ou par habitant, niveau ou indice. Identifier le périmètre, territorial ou empreinte. Qualifier le découplage, relatif ou absolu. Distinguer le flux, les émissions, du stock, la concentration.

Mini-exemple. Un tableau fictif donne, en indice base 100 en 1995, un PIB à 150 en 2022, des émissions territoriales à 75 et une empreinte à 95. En territorial, le découplage est absolu, avec une baisse de 25 %. En empreinte, il est à peine absolu, avec une baisse de 5 %. L'intensité carbone du PIB en empreinte passe à 95 sur 150, soit une baisse d'environ 37 %. Le découplage est donc fort en relatif et faible en absolu. Attention, ce sont des indices, chacun avec sa propre base : l'écart en points ne mesure pas les émissions importées. Seul l'écart entre les niveaux en tonnes, empreinte moins territorial, mesure un solde, émissions importées moins émissions exportées. En indice, on peut seulement dire que ce solde a augmenté en proportion des émissions territoriales.

Raisonner en taux avec l'identité de Kaya

Pour des taux faibles, le taux de croissance des émissions est proche de la somme des quatre taux. Mini-exemple : population plus 1 %, PIB par habitant plus 2 %, intensité énergétique moins 2 %, contenu carbone de l'énergie moins 1 %. Les émissions stagnent. Pour qu'elles baissent de 5 % par an avec les mêmes rythmes de croissance de la population, plus 1 %, et du revenu par habitant, plus 2 %, les deux derniers termes doivent reculer ensemble d'environ 8 % par an. C'est très au-delà du rythme mondial historique, de l'ordre de 1 à 2 % par an pour l'intensité énergétique.

Le schéma bilan de l'externalité

En abscisse la quantité, en ordonnée le prix. On trace une demande décroissante, un coût marginal privé croissant et, au-dessus, le coût social marginal. On repère la quantité de marché, à l'intersection de la demande et du coût privé, puis la quantité optimale, plus faible, à l'intersection de la demande et du coût social. On hachure le triangle de perte sèche entre les deux quantités. La taxe est l'écart vertical entre les deux courbes de coût à l'optimum. À l'oral, il faut savoir décrire ce graphique sans le montrer.

Le plan de dissertation sur ce chapitre

Les sujets en « faut-il » ou « peut-on » appellent un plan qui avance : la tension, les instruments de réponse, puis leurs limites avec un arbitrage explicite entre soutenabilité faible et forte. Il faut éviter le catalogue neutre en trois parties.

Mini-exemple. « L'environnement a-t-il un prix ? » Première partie, il faut lui en donner un pour corriger l'externalité, avec Pigou, la valeur tutélaire et l'analyse coût-avantage. Deuxième partie, ce prix est une construction qui dépend du taux d'actualisation et des méthodes d'évaluation. Troisième partie, le prix est nécessaire mais pas suffisant, les biens critiques appellent des seuils.

Sujets classiques traités

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Sujet 2. Taxe carbone ou marché de quotas ?

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Voir le corrigé

Plan attendu. Un, l'équivalence théorique. Sans incertitude, les deux instruments égalisent les coûts marginaux de dépollution et atteignent le même optimum. Deux, la différence en incertitude, formalisée par Weitzman dans les années 1970. Si le dommage marginal varie peu avec la quantité et que le coût de dépollution est incertain, la taxe limite l'erreur. Le dioxyde de carbone est un polluant de stock, dont le dommage marginal annuel est presque constant, ce qui plaide pour la taxe à court terme. Mais le budget carbone fixe une quantité, ce qui plaide pour les quotas. Trois, l'économie politique. Les quotas gratuits achètent l'adhésion des industriels, comme dans les débuts du marché européen. La taxe se heurte à l'acceptabilité sociale. Le Canada a reversé l'essentiel de sa taxe carbone aux ménages avant d'en supprimer la partie visant les consommateurs en 2025, preuve que la redistribution ne suffit pas toujours. Conclusion sur les systèmes hybrides avec prix plancher.

Sujet 3. La tragédie des communs est-elle une fatalité ?

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Voir le corrigé

Plan attendu. Un, la logique de Hardin. Gain individuel entier, coût dilué, exemple de la morue de Terre-Neuve. Deux, les deux réponses classiques, privatisation avec des droits de propriété à la Coase, ou gestion publique par quotas de pêche. Trois, la troisième voie d'Ostrom, avec Törbel et Valence. Ses conditions sont précises : groupe restreint, frontières claires, surveillance, sanctions graduées. Limite décisive, ces conditions sont introuvables pour l'atmosphère, qui compte huit milliards d'usagers. L'idée de gouvernance polycentrique garde cependant une portée pour les politiques locales.

Sujet 4. Exercice chiffré : la taxe pigouvienne

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Sur un marché concurrentiel, le prix que les acheteurs acceptent de payer est 100 moins Q. Le coût marginal privé est 20 plus Q. Chaque unité produite inflige aux riverains un dommage constant de 20. Déterminer l'équilibre de marché, l'optimum, la taxe corrective et la perte sèche.

Technique comparer coût privé et coût social.

Voir le corrigé

Étape 1, l'équilibre de marché. On pose 100 moins Q égale 20 plus Q, donc Q vaut 40 et le prix vaut 60. Étape 2, l'optimum. Le coût social marginal vaut 40 plus Q. On pose 100 moins Q égale 40 plus Q, donc Q vaut 30 et le prix payé par les acheteurs vaut 70. Étape 3, la taxe. Elle vaut 20 par unité, égale au dommage marginal. Les producteurs reçoivent 50 net de taxe, ce qui correspond bien à leur coût marginal 20 plus 30. Étape 4, la perte sèche. Entre 30 et 40 unités, l'écart entre coût social et disposition à payer passe de 0 à 20. La perte vaut donc un demi fois 10 fois 20, soit 100. Étape 5, l'interprétation. À l'optimum, 30 unités polluent encore pour un dommage de 600, égal aux recettes fiscales.

piège : Croire que l'optimum correspond à une pollution nulle, ou fixer la taxe au dommage total plutôt qu'au dommage marginal.

Sujet 5. Exercice chiffré : norme uniforme ou prix du carbone

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit type BCE

Deux firmes A et B émettent chacune 50 tonnes. L'État veut réduire le total de 40 tonnes. Pour réduire a tonnes, A a un coût marginal de 2a. Pour réduire b tonnes, B a un coût marginal de 6b. Comparer une norme imposant 20 tonnes de réduction à chaque firme, une taxe, puis un marché de quotas.

Technique le principe équimarginal.

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Étape 1, le coût total est l'aire sous la courbe de coût marginal. Il vaut a² pour A et 3b² pour B. Étape 2, la norme. A paie 400, B paie 1 200, total 1 600. Étape 3, la taxe t. Chaque firme réduit jusqu'à égaliser son coût marginal à t, donc a vaut t sur 2 et b vaut t sur 6. La contrainte a plus b égale 40 donne t égale 60, d'où a égale 30 et b égale 10. Le coût vaut 900 plus 300, soit 1 200. Le gain par rapport à la norme est de 400, soit 25 %. Étape 4, les quotas. On distribue 30 quotas à chaque firme, pour 60 tonnes autorisées au total. A réduit de 30 tonnes et n'utilise que 20 quotas. B réduit de 10 tonnes et en utilise 40. B achète donc 10 quotas à A. Le prix d'équilibre est 60, la même valeur que la taxe.

piège : Croire que l'allocation initiale des quotas change l'efficacité. Conformément à l'intuition de Coase, elle ne change que la répartition des gains.

Sujet 7. Les pays en développement doivent-ils limiter leur croissance au nom du climat ?

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

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Plan attendu. Un, le droit au développement. Les émissions par habitant de l'Inde sont très inférieures à celles des pays riches, et la responsabilité historique des pays riches est établie. Deux, l'intérêt propre des pays du Sud. Ils sont les plus exposés aux dommages et peuvent sauter l'étape fossile grâce à des renouvelables devenues compétitives. Mais le coût du capital y est plus élevé, ce qui freine l'investissement. Trois, la question du financement. L'objectif de 100 milliards de dollars par an, promis pour 2020, n'a été atteint qu'en 2022 selon l'OCDE. La conférence de Bakou de 2024 a fixé un nouvel objectif de 300 milliards de dollars par an d'ici 2035. Auparavant, la COP de Charm el-Cheikh, en 2022, avait décidé la création d'un fonds pour les pertes et préjudices, rendu opérationnel à la COP de Dubaï en 2023. On conclut sur les responsabilités communes mais différenciées.

Sujet 1. Croissance et environnement sont-ils conciliables ?

Autres exercices · Dissertation, type sujet ESCP

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Accroche possible : le rapport Meadows et le débat qu'il a ouvert. Problématique : la conciliation est-elle une question de principe ou de rythme ?

I. Une croissance historiquement prédatrice. Croissance fondée sur des énergies fossiles bon marché, externalités non payées, surexploitation des communs. L'identité de Kaya montre que les émissions ont suivi population et revenu.

II. Des mécanismes de conciliation réels. La hausse du prix des ressources déclenche la substitution selon Hotelling. La courbe de Kuznets environnementale se vérifie pour certains polluants locaux. Le découplage absolu territorial est observé en Suède et en France. Taxe, quotas et innovation dirigée accélèrent le mouvement.

III. Une conciliation trop lente face aux seuils. Le découplage est faible en empreinte, l'effet rebond joue, les limites planétaires sont franchies. On conclut sur l'arbitrage entre croissance verte et post-croissance, et sur le rôle central du rythme.

Sujet 6. Le progrès technique peut-il rendre la croissance soutenable ?

Autres exercices · Dissertation

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Plan attendu. I. Un levier puissant. Il a repoussé les limites annoncées par Malthus et en partie par le rapport Meadows. La hausse des prix déclenche l'innovation. Le coût du solaire et des batteries s'est effondré. L'hypothèse de Porter et le changement technique dirigé d'Aghion vont dans ce sens. II. Un levier ambivalent. Effet rebond de Jevons, dépendance au sentier des technologies fossiles, paradoxe vert, besoins nouveaux en métaux critiques. Georgescu-Roegen rappelle qu'aucune technique n'annule l'entropie. III. Un levier à orienter. Le progrès ne devient soutenable que s'il est dirigé par un prix du carbone, des normes et un financement public de la recherche. Il ne remplace pas les éléments critiques du capital naturel.

Erreurs fréquentes

  1. Confondre bien commun et bien public. Le poisson de la pêcherie est rival, la stabilité du climat ne l'est pas. Le vocabulaire commande l'instrument proposé.
  2. Faire de Coase un avocat du laisser-faire. Son théorème montre que la négociation ne suffit que si les coûts de transaction sont faibles. Il explique donc aussi pourquoi l'État intervient à l'échelle planétaire.
  3. Fixer la taxe pigouvienne au dommage marginal observé à l'équilibre de marché ou au dommage total. Elle se fixe au dommage marginal évalué à l'optimum. Autre erreur liée, confondre optimum et pollution nulle.
  4. Confondre flux et stock. Une baisse modérée des émissions ne fait que ralentir la hausse de la concentration de dioxyde de carbone. La concentration ne cesse de monter que si les émissions tombent au niveau de ce qu'absorbent les puits naturels, océans et biosphère, soit environ la moitié des émissions actuelles. Elles doivent ensuite continuer de baisser, car ces puits s'affaiblissent. Le réchauffement, lui, dépend des émissions cumulées et ne se stabilise qu'à émissions nettes nulles.
  5. Présenter l'analyse coût-avantage comme neutre. Ses résultats dépendent du taux d'actualisation et de la valeur donnée aux dommages irréversibles, donc de choix éthiques qu'il faut expliciter.
  6. Traiter le chapitre depuis les seuls pays riches. Le programme porte sur la soutenabilité du développement de l'ensemble du monde, et la dimension Nord-Sud est attendue dans toute dissertation.

Fiche rédigée à partir du programme officiel d'ESH (2021), module 2 « Croissance et développement », partie 2.1 « La croissance et le développement depuis le XIXe siècle », point 2.1.3 « La soutenabilité de la croissance et du développement ». Elle prolonge les chapitres sur la croissance et sur les inégalités de développement.