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BCPST2 · Physique-chimie · semaine 3

Description des systèmes fermés de composition variable

Enthalpie libre, identité thermodynamique associée à la fonction G et critère d'évolution à température et pression constantes. Potentiel chimique et expression générale faisant intervenir l'activité de chaque constituant. Condition d'équilibre d'un corps pur sous deux phases traduite par l'égalité des potentiels chimiques.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. G=H−TSG = H - TS. À TT et PP constantes et sans autre travail que celui des forces de pression, ΔG=−TScreˊeˊe⩽0\Delta G = -T S_{\text{créée}} \leqslant 0 : le système évolue vers le minimum de GG.
  2. dG=−S dT+V dP+∑iμi dni\dd G = -S\,\dd T + V\,\dd P + \sum_i \mu_i\,\dd n_i. Le potentiel chimique μi\mu_i est la dérivée partielle de GG par rapport à nin_i, à TT, PP et autres quantités fixées.
  3. μi=μireˊf+RTln⁡ai\mu_i = \mu_i^{\text{réf}} + RT\ln a_i. L'état de référence dépend du cas modèle : gaz parfait sous P∘P^{\circ}, corps pur en mélange idéal, soluté infiniment dilué à c∘c^{\circ}.
  4. Identité d'Euler : G=∑iniμiG = \sum_i n_i\mu_i. Un constituant migre toujours vers le plus faible potentiel chimique, et l'équilibre se traduit par l'égalité des potentiels chimiques.
  5. En osmose, le solvant va vers la solution la plus concentrée. La surpression d'équilibre suit la loi de van't Hoff Π=ctotRT\Pi = c_{\text{tot}}RT, soit environ 7,7 bar7{,}7 \unite{bar} pour le plasma sanguin.
Pourquoi ce chapitre

En première année, le critère d'évolution d'un système chimique était admis : on comparait le quotient de réaction QQ à la constante d'équilibre KK et on concluait. Ce chapitre justifie ce critère à partir du second principe. Il introduit pour cela deux outils :

  • l'enthalpie libre GG, qui joue pour une transformation à température et pression fixées le rôle que joue l'entropie pour un système isolé ;
  • le potentiel chimique, qui mesure la tendance d'un constituant à quitter la phase ou le milieu où il se trouve.

Le potentiel chimique explique d'un même geste l'équilibre liquide-vapeur d'un corps pur, le partage d'un soluté entre deux solvants, la diffusion à travers une membrane et la pression osmotique. Ce sont des situations quotidiennes en biologie cellulaire et en physiologie.

1L'enthalpie libre

1.1Définition

Définition 1.1Enthalpie libre

Pour un système à l'équilibre thermodynamique, l'enthalpie libre, aussi appelée énergie de Gibbs, est G=H−TS.G = H - TS. C'est une fonction d'état extensive, homogène à une énergie, en joules. HH est l'enthalpie, TT la température thermodynamique, SS l'entropie.

1.2Critère d'évolution à T et P constantes

Théorème 1.2Critère d'évolution à TT et PP constantes

Hypothèses

  • système fermé, transformation monotherme et monobare ;
  • température et pression finales égales à celles de l'extérieur ;
  • aucun travail autre que celui des forces de pression.

Alors dG=−T δScreˊeˊe\dd G = -T\,\delta S_{\text{créée}} à TT et PP constantes, soit ΔG=−TScreˊeˊe⩽0.\Delta G = -T S_{\text{créée}} \leqslant 0.

Démonstration

Le second principe donne δQ=T dS−T δScreˊeˊe\delta Q = T\,\dd S - T\,\delta S_{\text{créée}}. Le premier principe donne dU=δQ−P dV\dd U = \delta Q - P\,\dd V. En différenciant G=U+PV−TSG = U + PV - TS, on obtient dG=−S dT+V dP−T δScreˊeˊe.\dd G = -S\,\dd T + V\,\dd P - T\,\delta S_{\text{créée}}. À température et pression constantes, dT=0\dd T = 0 et dP=0\dd P = 0, donc dG=−T δScreˊeˊe⩽0\dd G = -T\,\delta S_{\text{créée}} \leqslant 0.

Trois conclusions :

  • une transformation spontanée à TT et PP constantes se traduit par une diminution de l'enthalpie libre ;
  • l'enthalpie libre est minimale à l'équilibre ;
  • la diminution d'enthalpie libre mesure directement l'entropie créée : ΔG=−TScreˊeˊe\Delta G = -T S_{\text{créée}}.

AttentionConditions de validité

Le critère exige un système fermé, TT et PP constantes et égales à celles de l'extérieur, et aucun travail autre que celui des forces de pression. Hors de ce cadre, GG n'a rien de particulier.

1.3Identité thermodynamique pour G

Propriété 1.3Identité thermodynamique pour GG

Pour un système fermé de composition variable, contenant les constituants ii en quantités nin_i : dG=−S dT+V dP+∑iμi dni.\dd G = -S\,\dd T + V\,\dd P + \sum_i \mu_i\,\dd n_i.

Cette écriture identifie les dérivées partielles de G(T,P,n)G(T, P, n) : (∂G∂T)P,n=−S,(∂G∂P)T,n=V,(∂G∂ni)T,P,nj≠i=μi.\begin{aligned} \left(\frac{\partial G}{\partial T}\right)_{P,n} &= -S, \\ \left(\frac{\partial G}{\partial P}\right)_{T,n} &= V, \\ \left(\frac{\partial G}{\partial n_i}\right)_{T,P,n_{j\neq i}} &= \mu_i. \end{aligned}

Définition 1.4Potentiel chimique

Le potentiel chimique μi\mu_i du constituant ii est la dérivée partielle de GG par rapport à nin_i, à TT, PP et nj≠in_{j\neq i} fixés. C'est l'enthalpie libre molaire partielle : de combien varie GG quand on ajoute une quantité infinitésimale de ii, tout le reste étant fixé. Il s'exprime en  J.mol−1\unite{J.mol^{-1}}. C'est une grandeur intensive.

1.4Identité d'Euler

Théorème 1.5Identité d'Euler

Hypothèses

  • GG est extensive ;
  • les μi\mu_i sont intensifs.

Alors G=∑ini μi.G = \sum_i n_i\,\mu_i.

L'enthalpie libre d'un système physico-chimique est la somme, sur tous les constituants, du produit de la quantité de matière par le potentiel chimique.

À retenir

Pour un corps pur, G=nμG = n\mu : son potentiel chimique est son enthalpie libre molaire.

2Potentiel chimique et activité

2.1Expression générale

Propriété 2.1Expression générale du potentiel chimique

Le programme impose l'écriture suivante, admise sans démonstration : μi(T,P,composition)=μireˊf(T,P)+RTln⁡ai,\mu_i(T, P, \text{composition}) = \mu_i^{\text{réf}}(T, P) + RT\ln a_i, où aia_i est l'activité du constituant ii, grandeur sans dimension introduite en première année, et μireˊf\mu_i^{\text{réf}} le potentiel chimique de l'état de référence choisi, c'est-à-dire l'état pour lequel ai=1a_i = 1. On a R=8,314 J.K−1.mol−1R = 8{,}314 \unite{J.K^{-1}.mol^{-1}}.

Le potentiel chimique augmente quand l'activité augmente. Plus une espèce est concentrée, plus elle est « pressée » de partir ailleurs. À 298 K298 \unite{K}, RTRT vaut environ 2,5 kJ.mol−12{,}5 \unite{kJ.mol^{-1}}, et un facteur 10 sur l'activité correspond à RTln⁡10≈5,7 kJ.mol−1RT\ln 10 \approx 5{,}7 \unite{kJ.mol^{-1}} sur le potentiel chimique.

2.2Les cas modèles exigibles

Propriété 2.2Gaz parfait dans un mélange de gaz parfaits

Pour un gaz parfait de pression partielle PiP_i : μi(T,Pi)=μi∘(T)+RTln⁡PiP∘,\mu_i(T, P_i) = \mu_i^{\circ}(T) + RT\ln\frac{P_i}{P^{\circ}}, avec P∘=1 barP^{\circ} = 1 \unite{bar} la pression standard. L'état de référence est le gaz pur sous la pression standard, à la même température. C'est un état standard, d'où la notation μ∘\mu^{\circ}.

Propriété 2.3Constituant d'un mélange idéal en phase condensée

Pour un constituant de fraction molaire xix_i : μi(T,P,xi)=μireˊf(T,P)+RTln⁡xi.\mu_i(T, P, x_i) = \mu_i^{\text{réf}}(T, P) + RT\ln x_i. L'état de référence est le constituant ii pur, à la même température et à la même pression. Comme xi⩽1x_i \leqslant 1, le potentiel chimique dans un mélange est toujours inférieur à celui du corps pur : c'est la traduction thermodynamique du fait qu'un mélange se fait spontanément.

Propriété 2.4Soluté infiniment dilué

Pour un soluté de concentration cic_i : μi(T,P,ci)=μireˊf(T,P)+RTln⁡cic∘,\mu_i(T, P, c_i) = \mu_i^{\text{réf}}(T, P) + RT\ln\frac{c_i}{c^{\circ}}, avec c∘=1 mol.L−1c^{\circ} = 1 \unite{mol.L^{-1}} la concentration de référence.

Le modèle suppose que les solutés n'interagissent pas entre eux. Ce modèle est acceptable en dessous d'environ 10−2 mol.L−110^{-2} \unite{mol.L^{-1}} pour des espèces non chargées, bien moins pour des ions.

Propriété 2.5Solvant, solide ou liquide pur

  • Solvant d'une solution diluée : μ(T,P)=μreˊf(T,P)\mu(T, P) = \mu^{\text{réf}}(T, P), l'activité du solvant est prise égale à 1.
  • Solide ou liquide pur seul dans sa phase : activité égale à 1, donc μ=μreˊf\mu = \mu^{\text{réf}}.

2.3Influence de la pression sur le potentiel chimique d'une phase condensée

Comme (∂G∂P)T,n=V\left(\dfrac{\partial G}{\partial P}\right)_{T,n} = V, on a pour un corps pur en phase condensée la relation fournie.

Propriété 2.6Influence de la pression

Hypothèses

  • corps pur en phase condensée ;
  • volume molaire VmV_m supposé constant.

Alors μreˊf(T,P)=μreˊf(T,P∘)+Vm (P−P∘).\mu^{\text{réf}}(T, P) = \mu^{\text{réf}}(T, P^{\circ}) + V_m\,(P - P^{\circ}).

Augmenter la pression augmente le potentiel chimique d'une phase condensée. L'effet est faible : pour l'eau liquide, Vm≈18 mL.mol−1V_m \approx 18 \unite{mL.mol^{-1}}, donc une surpression de 1 bar1 \unite{bar} élève μ\mu de 18×10−6×105≈1,8 J.mol−1,18 \times 10^{-6} \times 10^{5} \approx 1{,}8 \unite{J.mol^{-1}}, à comparer à RT≈2500 J.mol−1RT \approx 2500 \unite{J.mol^{-1}}. Il faut donc plusieurs bars pour compenser un effet de dilution modeste. C'est exactement ce que dit la pression osmotique.

3Équilibre d'un corps pur sous deux phases

Soit un corps pur présent sous deux phases α\alpha et β\beta, à température TT et pression PP fixées, l'ensemble étant fermé. Si dn\dd n moles passent de α\alpha vers β\beta, l'enthalpie libre varie de dG=μβ dn−μα dn=(μβ−μα) dn.\dd G = \mu_\beta\,\dd n - \mu_\alpha\,\dd n = (\mu_\beta - \mu_\alpha)\,\dd n.

Le critère d'évolution impose dG⩽0\dd G \leqslant 0. Avec dn>0\dd n > 0, cela signifie μβ⩽μα\mu_\beta \leqslant \mu_\alpha.

Propriété 3.1Sens d'évolution et équilibre d'un corps pur

Le corps pur passe spontanément de la phase où son potentiel chimique est le plus élevé vers celle où il est le plus faible. La transformation s'arrête quand les deux potentiels chimiques sont égaux : μα(T,P)=μβ(T,P).\mu_\alpha(T, P) = \mu_\beta(T, P).

C'est cette égalité qui définit, pour un corps pur, les courbes du diagramme de phases. À TT fixée, elle ne peut être satisfaite que pour une valeur particulière de PP, et réciproquement.

Exemple 3.2Évaporation de l'eau

De l'eau liquide est placée dans une enceinte où la pression partielle de vapeur d'eau est inférieure à la pression de vapeur saturante. Le potentiel chimique de la vapeur, qui varie comme RTln⁡(Peau/P∘)RT\ln(P_{\text{eau}}/P^{\circ}), est alors inférieur à celui du liquide. L'eau s'évapore. Elle s'arrête quand PeauP_{\text{eau}} atteint la pression de vapeur saturante, où les deux potentiels chimiques sont égaux. À 298 K298 \unite{K}, cette pression vaut environ 3,2 kPa3{,}2 \unite{kPa}.

4Transport de matière et osmose

4.1Règle générale

À retenir

Un constituant se déplace spontanément de la région où son potentiel chimique est le plus élevé vers celle où il est le plus faible, quel que soit le mécanisme.

Exemple 4.1Partage entre deux solvants non miscibles

Un soluté introduit dans un système eau plus solvant organique se répartit de sorte que son potentiel chimique soit le même dans les deux phases. Comme les états de référence diffèrent d'un solvant à l'autre, les concentrations d'équilibre diffèrent. Le rapport des concentrations à l'équilibre est constant à température fixée : c'est le coefficient de partage, base de l'extraction liquide-liquide en ampoule à décanter.

Exemple 4.2Diffusion membranaire

Si une membrane laisse passer une espèce, celle-ci diffuse du compartiment où son potentiel chimique est le plus grand vers l'autre. Pour une espèce non chargée en solution diluée, cela revient à dire qu'elle va du plus concentré vers le moins concentré.

AttentionDiffusion et états de référence

Ce résultat n'est vrai que parce que les états de référence sont les mêmes des deux côtés. Pour un ion, il faudrait tenir compte de la différence de potentiel électrique, ce qui sort du programme.

4.2Osmose

Définition 4.3Membrane semi-perméable

Une membrane semi-perméable est perméable au solvant et imperméable aux solutés.

Dispositif : deux compartiments séparés par une telle membrane. À gauche, le solvant pur. À droite, une solution contenant des solutés. Au départ, les deux compartiments sont à la même pression.

Le solvant est dilué à droite, donc sa fraction molaire y est inférieure à 1 et son potentiel chimique y est plus faible qu'à gauche. Le solvant traverse donc la membrane de gauche vers la droite : c'est l'osmose. Le niveau monte à droite, ce qui augmente la pression dans ce compartiment, donc le potentiel chimique du solvant à droite. L'écoulement s'arrête quand les deux effets se compensent exactement.

Définition 4.4Pression osmotique

La pression osmotique Π\Pi est la surpression qu'il faut appliquer du côté de la solution pour empêcher le passage du solvant.

Loi 4.5Loi de van't Hoff

Pour une solution diluée, l'expression étant fournie : Π=ctot RT,\Pi = c_{\text{tot}}\,RT, où ctotc_{\text{tot}} est la concentration totale en particules de solutés dissous, appelée osmolarité.

Un sel qui se dissocie compte pour autant de particules qu'il libère d'ions : une solution de chlorure de sodium à 0,15 mol.L−10{,}15 \unite{mol.L^{-1}} a une osmolarité d'environ 0,30 mol.L−10{,}30 \unite{mol.L^{-1}}.

Exemple 4.6Ordres de grandeur

  • Le plasma sanguin a une osmolarité proche de 300 mmol.L−1300 \unite{mmol.L^{-1}}, donc une pression osmotique de l'ordre de 0,30×103×8,314×310≈7,7×105 Pa,0{,}30 \times 10^{3} \times 8{,}314 \times 310 \approx 7{,}7 \times 10^{5} \unite{Pa}, soit environ 7,7 bar7{,}7 \unite{bar}.
  • L'eau de mer avoisine 25 bar25 \unite{bar}, ce qui fixe la pression minimale à vaincre pour la dessaler par osmose inverse.

Conséquences en biologie :

  • dans une solution hypotonique, moins concentrée que son cytoplasme, une cellule absorbe de l'eau et gonfle, jusqu'à l'éclatement pour un globule rouge ;
  • dans une solution hypertonique, elle perd de l'eau et se rétracte ;
  • une solution isotonique n'entraîne aucun transfert net.

5Capacités expérimentales

L'extraction liquide-liquide en ampoule à décanter est l'application directe du partage. Points de méthode :

  • identifier la phase organique par sa masse volumique ou en ajoutant un peu d'eau ;
  • dégazer régulièrement ;
  • répéter plusieurs extractions de petit volume plutôt qu'une seule de grand volume, ce qui est plus efficace à quantité de solvant égale.

La mesure d'une pression osmotique repose sur la lecture d'une dénivellation à l'équilibre dans un tube vertical, la surpression valant ρgh\rho g h. Pour Π≈7,7 bar\Pi \approx 7{,}7 \unite{bar} et de l'eau, hh atteindrait près de 80 m80 \unite{m}, ce qui montre pourquoi on mesure plutôt de petites osmolarités ou par d'autres méthodes.

Méthodes

MéthodeRésoudre un problème de potentiel chimique

  1. Reconnaître le cadre. Le critère par GG ne vaut qu'à TT et PP constantes, sans travail autre que celui des forces de pression.
  2. Écrire le potentiel chimique de chaque constituant en identifiant d'abord son état de référence, puis son activité.
  3. Pour un échange entre deux compartiments, écrire dG=(μarriveˊe−μdeˊpart) dn\dd G = (\mu_{\text{arrivée}} - \mu_{\text{départ}})\,\dd n et conclure sur le sens.
  4. À l'équilibre, écrire l'égalité des potentiels chimiques de l'espèce qui peut passer, et uniquement de celle-là.
  5. Pour l'osmose, opposer deux effets sur le potentiel chimique du solvant : la dilution le fait baisser, la surpression le fait monter.
  6. Vérifier l'homogénéité. Un potentiel chimique est en  J.mol−1\unite{J.mol^{-1}}, une activité est sans dimension, un logarithme ne prend jamais une grandeur dimensionnée.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Établir dG=−T δScreˊeˊe\dd G = -T\,\delta S_{\text{créée}} à TT et PP constantes et en déduire le critère d'évolution et le critère d'équilibre.
  2. Écrire l'identité thermodynamique pour GG et identifier SS, VV et μi\mu_i comme dérivées partielles.
  3. Énoncer l'identité d'Euler et en déduire que le potentiel chimique d'un corps pur est son enthalpie libre molaire.
  4. Donner l'expression du potentiel chimique d'un gaz parfait, d'un constituant d'un mélange idéal condensé, d'un soluté infiniment dilué et du solvant, en précisant l'état de référence.
  5. Montrer qu'un corps pur sous deux phases évolue vers la phase de plus faible potentiel chimique et traduire l'équilibre par μα=μβ\mu_\alpha = \mu_\beta.
  6. Interpréter le sens du transfert de solvant en osmose en termes de potentiel chimique.
  7. Exploiter la loi de van't Hoff, calculer la pression osmotique du plasma et commenter le comportement d'un globule rouge en milieu hypotonique.
  8. Expliquer pourquoi le potentiel chimique d'une phase condensée dépend peu de la pression, chiffres à l'appui.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Enthalpie libre G = H − T·S, fonction d'état extensive, en joules. Définition.
  • Pour un système fermé, à T et P constantes égales à celles de l'extérieur, sans autre travail que celui des forces de pression : ΔG = −T·S_créée ≤ 0. Exigible avec démonstration.
  • Critère d'évolution : G décroît lors d'une transformation spontanée, elle est minimale à l'équilibre. Exigible.
  • Identité thermodynamique : dG = −S·dT + V·dP + Σ µi·dn_i. Les dérivées partielles de G(T, P, n) donnent −S, V et µi. Exigible.
  • Potentiel chimique µi : dérivée partielle de G par rapport à ni, à T, P et autres quantités fixées. Intensif, en J·mol⁻¹. Définition.
  • Identité d'Euler : G = Σ ni·µi. Admise, à savoir justifier par l'extensivité. Pour un corps pur, µ est l'enthalpie libre molaire.
  • Expression générale µi = µiréf(T, P) + R·T·ln(ai). Admise, son établissement est strictement hors programme.
  • Cas modèles : gaz parfait ai = Pi/P°, constituant d'un mélange idéal condensé ai = xi, soluté infiniment dilué ai = ci/c°, solvant et corps pur seul dans sa phase a = 1. Exigibles avec l'état de référence de chacun.
  • Influence de la pression sur une phase condensée : µréf(T, P) = µréf(T, P°) + Vm·(P − P°). Fournie, à exploiter.
  • Corps pur sous deux phases : évolution vers la phase de plus faible potentiel chimique, équilibre si µ_α = µ_β. Exigible avec démonstration.
  • Transport de matière : un constituant migre du potentiel chimique le plus élevé vers le plus faible. Partage entre deux solvants, diffusion membranaire. Exigible.
  • Osmose : le solvant traverse la membrane vers la solution. Loi de van't Hoff Π = ctot·R·T, fournie, à exploiter.
  • Hors programme : enthalpie libre de réaction, constante d'équilibre et loi de van't Hoff sur K° relèvent de la partie E.7. Relation de Gibbs-Duhem, mélanges non idéaux, potentiel électrochimique et relation de Clapeyron ne sont pas au programme.

Clés de démonstration

Critère d'évolution. Second principe sous forme δQ = T·dS − T·δS_créée avec T la température extérieure. Premier principe dU = δQ − P·dV avec P la pression extérieure. On différencie G = U + P·V − T·S et on remplace. À T et P constantes, il reste dG = −T·δS_créée ≤ 0. L'astuce est d'écrire les deux principes avec les grandeurs extérieures, ce qui est légitime aux bornes de la transformation.

Dérivées partielles. Une fois dG = −S·dT + V·dP + Σ µi·dn_i posée, chaque coefficient est la dérivée partielle par rapport à la variable correspondante, les autres étant fixées. Rien de plus à démontrer, mais il faut savoir dire quelles variables sont fixées.

Identité d'Euler. Doubler le système à T et P fixées double G et chaque ni, sans changer les µi qui sont intensifs. Plus généralement G(T, P, λn) = λ·G(T, P, n). On dérive par rapport à λ en λ = 1 : le membre de gauche donne Σ ni·µi, le membre de droite donne G.

Corps pur diphasé. Si dn moles passent de α vers β à T et P fixées, dG = (µ_β − µ_α)·dn. Le critère dG ≤ 0 avec dn > 0 impose µ_β ≤ µ_α. Le transfert s'arrête quand l'égalité est atteinte.

Influence de la pression. Pour un corps pur, G = n·µ et (∂G/∂P) = V, donc (∂µ/∂P) à T fixée vaut Vm. Si Vm est constant, l'intégration donne la relation fournie. C'est petit pour un liquide, énorme pour un gaz où l'on retrouve le logarithme.

Loi de van't Hoff, démonstration guidée. Le solvant a le même potentiel chimique des deux côtés de la membrane à l'équilibre : µ*(T, P) côté pur égale µ*(T, P + Π) + R·T·ln(xs) côté solution. Avec la relation de pression, Vm·Π = −R·T·ln(1 − x_soluté) ≈ R·T·x_soluté pour une solution diluée. Comme x_soluté ≈ n_soluté/ns et ns·Vm ≈ V, on obtient Π = c·R·T. Hors programme comme démonstration, mais fréquemment posée en questions guidées.

Exemples et contre-exemples à connaître

  • Eau liquide dans de l'air sec : µ de la vapeur, qui contient R·T·ln(Peau/P°), est inférieur à celui du liquide. L'évaporation dure jusqu'à Peau = Psat, où les deux potentiels sont égaux.
  • Eau surfondue à −5 °C : µ_liquide > µ_glace, l'état est métastable, la moindre perturbation déclenche la solidification avec ΔG < 0.
  • Glace sous pression : Vm(glace) > Vm(liquide), donc µ_glace monte plus vite que µ_liquide quand P augmente. La glace fond, ce qui explique la pente négative de la courbe de fusion de l'eau.
  • Sérum physiologique : 9 g·L⁻¹ de NaCl, soit 0,154 mol·L⁻¹ et 0,308 osmol·L⁻¹, isotonique au plasma. Exemple à savoir chiffrer.
  • Globule rouge dans l'eau pure : le solvant entre, la cellule éclate. Dans une solution hypertonique, elle se ratatine.
  • Eau de mer : Π ≈ 25 à 30 bar. Dessaler par osmose inverse exige une pression supérieure. Ordre de grandeur attendu.
  • Iode entre eau et cyclohexane : coefficient de partage très supérieur à 1 en faveur du solvant organique, principe de l'extraction en ampoule à décanter.
  • Contre-exemple : un gaz qui se détend dans une enceinte isolée n'est pas à T et P constantes, le critère sur G ne s'applique pas. C'est l'entropie qui est maximale.
  • Contre-exemple : un ion ne diffuse pas forcément vers la région la moins concentrée, car le potentiel électrique intervient, ce qui sort du programme mais doit être signalé.
  • Mélange idéal : ΔG_mélange = R·T·Σ ni·ln(xi) < 0, le mélange est toujours spontané, avec ΔH = 0 et ΔS > 0.

Techniques du chapitre

  1. Écrire µ avec le bon état de référence. Dioxygène de l'air à 298 K, P(O₂) = 0,21 bar : µ = µ° + R·T·ln(0,21) = µ° − 3,9 kJ·mol⁻¹. Une pression partielle inférieure à P° abaisse le potentiel chimique.

  2. Sens d'un transfert. Un soluté non chargé à 0,10 mol·L⁻¹ d'un côté d'une membrane perméable, 0,010 mol·L⁻¹ de l'autre, même solvant : Δµ = R·T·ln 10 = 5,7 kJ·mol⁻¹. Le soluté passe vers le côté dilué. Les états de référence identiques se simplifient.

  3. Équilibre liquide-vapeur par égalité de µ. Si l'énoncé fournit µ°_vap − µ°_liq = 8,6 kJ·mol⁻¹ à 298 K, l'équilibre µ°_liq = µ°_vap + R·T·ln(P/P°) donne Psat = P°·exp(−8600/2478) = 0,031 bar, soit 3,1 kPa, valeur tabulée.

  4. Variation de G lors d'un mélange idéal. Une mole de diazote et une mole de dioxygène à 298 K et 1 bar, d'abord séparés : ΔG = R·T·(ln 0,5 + ln 0,5) = −3,4 kJ. Négatif, spontané. Par Euler, G avant vaut Σ ni·µipur et G après Σ ni·(µipur + R·T·ln xi).

  5. Osmolarité puis pression osmotique. Sérum physiologique à 310 K : ctot = 308 mol·m⁻³, Π = 308 × 8,314 × 310 = 7,9·10⁵ Pa. On compte les particules, pas les formules dissoutes.

  6. Chiffrer l'effet de la pression. Eau liquide, Vm = 18·10⁻⁶ m³·mol⁻¹, sous 25 bar de surpression : Δµ = 18·10⁻⁶ × 25·10⁵ = 45 J·mol⁻¹. À comparer à R·T·ln(xeau) dans l'eau de mer, xeau ≈ 0,98, soit environ −50 J·mol⁻¹. Les deux ordres de grandeur se compensent, ce qui retrouve les 25 bar de l'osmose inverse.

  7. Partage et extractions répétées. Coefficient de partage K = corg/caq = 50. Fraction restant dans 100 mL d'eau après extraction par 50 mL de solvant : 1/(1 + K·Vorg/Vaq) = 1/26 = 3,8 %. Deux extractions de 25 mL : (1/13,5)² = 0,55 %. Fractionner le solvant est plus efficace.

  8. Homogénéité. µ en J·mol⁻¹, R·T en J·mol⁻¹, activité et argument de logarithme sans dimension, Vm·ΔP en m³·mol⁻¹ × Pa = J·mol⁻¹. Un logarithme de concentration dimensionnée est une faute, on écrit c/c°.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Solidification de l'eau surfondue

Classiques de khôlle et concours · Écrit Agro-Véto

De l'eau liquide surfondue à −5 °C, sous 1 bar, se solidifie. Données : Δfus H = 6,0 kJ·mol⁻¹ à 273 K, enthalpie et entropie de fusion supposées indépendantes de T. Calculer ΔG et l'entropie créée par mole, puis discuter le cas d'une eau à +5 °C.

Technique ΔG = ΔH − T·ΔS à T fixée, puis ΔG = −T·S_créée.

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  1. Pour la solidification, ΔH = −6,0 kJ·mol⁻¹ et ΔS = −6000/273 = −22,0 J·K⁻¹·mol⁻¹, l'entropie de changement d'état étant évaluée à la température d'équilibre.
  2. À 268 K : ΔG = −6000 + 268 × 22,0 = −110 J·mol⁻¹ < 0. La solidification est spontanée à T et P constantes.
  3. S_créée = −ΔG/T = 110/268 = 0,41 J·K⁻¹·mol⁻¹ > 0, transformation irréversible.
  4. À 278 K : ΔG = −6000 + 278 × 22,0 = +116 J·mol⁻¹ > 0, la solidification est impossible, c'est la fusion qui serait spontanée. À 273 K exactement, ΔG = 0, équilibre.

piège : Oublier que ΔG < 0 ne dit rien sur la vitesse. L'eau surfondue peut rester liquide longtemps si rien n'amorce la cristallisation.

Exercice 2. Dérivées partielles de G pour un gaz parfait pur

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

On donne G(T, P, n) = n·[µ°(T) + R·T·ln(P/P°)] pour n moles de gaz parfait. Retrouver V, S et µ, et vérifier l'identité d'Euler.

Technique lecture directe de l'identité thermodynamique.

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  1. V = (∂G/∂P) à T et n fixés = n·R·T/P. On retrouve l'équation d'état, ce qui valide l'expression.
  2. S = −(∂G/∂T) à P et n fixés = −n·dµ°/dT − n·R·ln(P/P°). L'entropie diminue quand P augmente, en accord avec la formule −n·R·ln(Pf/Pi) du chapitre précédent.
  3. µ = (∂G/∂n) à T et P fixés = µ°(T) + R·T·ln(P/P°).
  4. n·µ = G : identité d'Euler vérifiée, le potentiel chimique du corps pur est bien son enthalpie libre molaire.

piège : Dériver par rapport à T en oubliant le facteur T devant le logarithme.

Exercice 3. Sens d'évolution de l'eau dans une enceinte

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

De l'eau liquide est placée à 298 K dans une enceinte où la pression partielle de vapeur d'eau vaut 1,0 kPa, Psat = 3,2 kPa. Comparer les potentiels chimiques du liquide et de la vapeur, prévoir l'évolution et l'état final.

Technique la vapeur est un gaz parfait, le liquide a un potentiel chimique fixé, l'équilibre à Psat sert de référence.

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  1. À l'équilibre liquide-vapeur, µliq = µ°_vap + R·T·ln(Psat/P°).
  2. Pour la vapeur à P : µvap = µ°_vap + R·T·ln(P/P°). Donc µvap − µliq = R·T·ln(P/Psat) = 2478 × ln(1/3,2) = −2,9 kJ·mol⁻¹.
  3. Le potentiel chimique de la vapeur est plus bas, l'eau passe du liquide vers la vapeur.
  4. L'évaporation cesse quand P atteint Psat, ou avant si le liquide s'épuise, auquel cas la vapeur seule subsiste avec µvap < µliq.

piège : La dépendance en pression du liquide, Vm·(P − P°), vaut ici quelques centièmes de joule par mole, elle est négligeable devant les 2,9 kJ·mol⁻¹.

Exercice 4. Globule rouge et solutions de tonicité variable

Classiques de khôlle et concours · Écrit Agro-Véto

L'intérieur d'un globule rouge est assimilé à une solution d'osmolarité 300 mmol·L⁻¹ à 310 K. On le place dans de l'eau pure, puis dans une solution de NaCl à 9 g·L⁻¹, puis à 30 g·L⁻¹. M(NaCl) = 58,5 g·mol⁻¹. Prévoir le sens de transfert de l'eau par les potentiels chimiques, calculer la pression osmotique et la hauteur d'eau équivalente.

Technique comparer µeau des deux côtés, puis loi de van't Hoff fournie.

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  1. Eau pure : µeau extérieur = µ*, µeau intérieur = µ* + R·T·ln(xeau) < µ*. L'eau entre, la cellule gonfle et éclate, c'est l'hémolyse.
  2. Π = 300 × 8,314 × 310 = 7,7·10⁵ Pa, soit 7,7 bar. Hauteur équivalente Π/(ρ·g) = 79 m. La membrane ne résiste pas.
  3. NaCl à 9 g·L⁻¹ : 0,154 mol·L⁻¹, soit 0,308 osmol·L⁻¹, quasi égal à 0,300. Solution isotonique, transfert net négligeable.
  4. NaCl à 30 g·L⁻¹ : 0,513 mol·L⁻¹, soit 1,03 osmol·L⁻¹, hypertonique. L'eau sort, la cellule se crénèle.

piège : Compter NaCl pour une particule au lieu de deux, ce qui rend le sérum physiologique hypotonique.

Exercice 5. Dioxygène dissous et loi de Henry

Classiques de khôlle et concours · Écrit G2E

Le dioxygène de l'air, gaz parfait sous P(O₂) = 0,21 bar, est en équilibre avec le dioxygène dissous dans l'eau, soluté infiniment dilué. Écrire les deux potentiels chimiques, établir que la concentration d'équilibre est proportionnelle à la pression partielle, et calculer cette concentration en mg·L⁻¹ sachant qu'elle vaut 1,3·10⁻³ mol·L⁻¹ sous P(O₂) = 1 bar à 298 K. Inspiré d'un écrit G2E.

Technique égalité des potentiels chimiques avec deux états de référence différents.

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  1. µ(O₂, g) = µ°_g(T) + R·T·ln(P(O₂)/P°). µ(O₂, aq) = µ°_aq(T) + R·T·ln(c/c°).
  2. Équilibre : c/c° = (P(O₂)/P°)·exp((µ°_g − µ°_aq)/(R·T)). Le facteur exponentiel ne dépend que de T, c'est une constante de Henry. Proportionnalité établie.
  3. Sous 1 bar, c = 1,3·10⁻³ mol·L⁻¹, donc sous 0,21 bar, c = 2,7·10⁻⁴ mol·L⁻¹, soit 8,7 mg·L⁻¹ avec M = 32 g·mol⁻¹.
  4. En altitude ou dans une eau chaude, la concentration diminue, ce qui contraint la vie aquatique. Le sens de la variation avec T est une donnée d'énoncé, pas une conséquence de ce chapitre.

piège : Mettre le même état de référence pour le gaz et le soluté. La différence µ°_g − µ°_aq est justement ce qui fixe la solubilité.

Exercice 6. Extraction liquide-liquide

Classiques de khôlle et concours · Écrit Agro-Véto

Une espèce neutre a un coefficient de partage K = corg/caq = 20 entre un solvant organique et l'eau, à température fixée. On part de 100 mL d'eau contenant 1,0 mmol. Justifier la constance de K par les potentiels chimiques, puis comparer une extraction par 100 mL de solvant et deux extractions successives par 50 mL.

Technique égalité des µ dans les deux phases, puis conservation de la matière.

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  1. µaqréf + R·T·ln(caq/c°) = µorgréf + R·T·ln(corg/c°) à l'équilibre, donc corg/caq = exp((µaqréf − µorgréf)/(R·T)), constante à T fixée.
  2. Une extraction : naq + norg = n₀ avec norg = K·naq·(Vorg/Vaq). Fraction restante 1/(1 + 20) = 4,8 %.
  3. Deux extractions par 50 mL : fraction restante après chacune 1/(1 + 10) = 9,1 %, soit 0,83 % au total.
  4. À quantité de solvant égale, fractionner est plus efficace, car chaque extraction reprend une phase organique vierge.

piège : Écrire K avec des quantités de matière au lieu de concentrations, ce qui oublie le rapport des volumes.

Exercice 9. Enthalpie libre de mélange de deux liquides idéaux

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Une mole de liquide A et une mole de liquide B, miscibles en mélange idéal, sont réunies à 298 K et 1 bar. Calculer ΔG, en déduire ΔS de mélange sachant que ΔH = 0 pour un mélange idéal, et l'entropie créée.

Technique identité d'Euler avant et après, puis ΔG = −T·S_créée.

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  1. Avant : G₁ = µA* + µB*. Après : G₂ = (µA* + R·T·ln 0,5) + (µB* + R·T·ln 0,5).
  2. ΔG = 2·R·T·ln 0,5 = −3,4 kJ. Le mélange est spontané.
  3. ΔS = (ΔH − ΔG)/T = 3435/298 = 11,5 J·K⁻¹, soit 2·R·ln 2, résultat identique au mélange de deux gaz parfaits.
  4. S_créée = −ΔG/T = 11,5 J·K⁻¹. Aucun échange thermique, toute l'entropie est créée, le mélange est irréversible.

piège : Chercher un ΔH non nul. L'idéalité signifie précisément que les interactions A-B valent les interactions A-A et B-B.

Exercice 7. Osmométrie d'une protéine

Approfondissement · Écrit ENS, plus exigeant

Une solution aqueuse contenant 10 g·L⁻¹ d'une protéine présente à 298 K une pression osmotique de 250 Pa face à l'eau pure. Établir la loi de van't Hoff à partir de l'égalité des potentiels chimiques du solvant, la relation µréf(T, P) = µréf(T, P°) + Vm·(P − P°) étant fournie, puis déterminer la masse molaire de la protéine.

Technique démonstration guidée de la section 2, puis application numérique.

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  1. Équilibre du solvant : µ*(T, P) = µ*(T, P + Π) + R·T·ln(xs), soit Vm·Π = −R·T·ln(xs).
  2. Solution diluée : −ln(1 − xp) ≈ xp ≈ np/ns, et ns·Vm ≈ V, d'où Π = np·R·T/V = c·R·T.
  3. c = Π/(R·T) = 250/2478 = 0,10 mol·m⁻³ = 1,0·10⁻⁴ mol·L⁻¹.
  4. M = 10/(1,0·10⁻⁴) = 1,0·10⁵ g·mol⁻¹, soit 100 kg·mol⁻¹. Une dénivellation de 2,5 cm d'eau suffit à mesurer Π, ce qui fait de l'osmométrie une méthode pratique pour les macromolécules.

piège : Appliquer la loi à une solution concentrée, ou oublier qu'une protéine chargée entraîne des contre-ions qui comptent dans l'osmolarité.

Exercice 8. Fusion de la glace sous pression

Approfondissement · Écrit ENS, plus exigeant

À 273 K sous 1 bar, glace et eau liquide sont en équilibre. Vm(glace) = 19,6 mL·mol⁻¹, Vm(liquide) = 18,0 mL·mol⁻¹, Δfus S = 22 J·K⁻¹·mol⁻¹. On comprime à 100 bar en gardant 273 K. Comparer les potentiels chimiques, prévoir l'évolution, puis estimer la nouvelle température d'équilibre.

Technique relation de pression fournie pour chaque phase, puis compensation par la température via (∂µ/∂T) = −Sm.

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  1. Sous ΔP = 10⁷ Pa, Δµ_glace = 19,6·10⁻⁶ × 10⁷ = 196 J·mol⁻¹ et Δµ_liq = 180 J·mol⁻¹. La glace a désormais µ_glace − µliq = +16 J·mol⁻¹.
  2. Le corps pur va vers la phase de potentiel chimique le plus faible : la glace fond à 273 K sous 100 bar.
  3. Pour rétablir l'égalité, on abaisse T. Comme (∂µ/∂T) = −Sm, une baisse δT augmente µliq − µ_glace de Δfus S·δT en valeur absolue. Équilibre quand 16 = 22 × |δT|, soit δT = −0,73 K.
  4. Sous 100 bar, la glace fond vers −0,7 °C. Sous la lame d'un patin, la pression est bien plus forte mais l'effet reste de quelques kelvins, la fusion par frottement domine en réalité.

piège : Oublier que les deux phases voient leur µ augmenter, et ne faire porter la pression que sur la glace. Seule la différence des volumes molaires compte.

Erreurs fréquentes

  1. Appliquer le critère ΔG ≤ 0 hors de ses hypothèses, en particulier à un système isolé ou à une transformation avec travail électrique.
  2. Se tromper d'état de référence, ou en prendre un seul pour un même constituant dans deux phases différentes.
  3. Écrire un logarithme de pression ou de concentration sans P° ou c°.
  4. Oublier de compter chaque ion dans l'osmolarité, ou confondre osmolarité et concentration en soluté.
  5. Traduire l'équilibre diphasé par l'égalité des concentrations ou des pressions au lieu de l'égalité des potentiels chimiques.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de BCPST deuxième année (2021), thème E « énergie », paragraphe E.6. Elle couvre l'enthalpie libre, le critère d'évolution à température et pression constantes, le potentiel chimique et ses expressions dans les cas modèles, l'identité d'Euler, et l'osmose. L'établissement de la relation générale donnant le potentiel chimique est hors programme.