Le cours
Résumé en cinq points
- Tout se lit sur le cercle trigonométrique : cosinus en abscisse, sinus en ordonnée, .
- Les seules formules exigibles sont celles des symétries, l'identité fondamentale, les quatre formules d'addition et les formules de duplication. Les autres seront fournies.
- donne et . donne et . donne .
- , , désignent la solution unique dans un intervalle de référence, , et respectivement. Ce ne sont pas toutes les solutions.
- avec , ce qui traduit la somme de deux sinusoïdes de même pulsation.
Pourquoi ce chapitre
La trigonométrie est un outil, pas une fin.
- En physique, elle décrit tout ce qui oscille : un pendule, une tension alternative, un signal sinusoïdal, un rythme circadien modélisé par une sinusoïde.
- En mathématiques, elle sert pour les nombres complexes, pour les équations différentielles du second ordre et pour l'étude des fonctions circulaires.
Le programme est resserré. Une liste précise de formules est exigible, et les autres formules de trigonométrie ne sont pas des attendus. Il faut connaître parfaitement les formules listées et savoir les retrouver rapidement. Les formules de factorisation ou de Simpson seront fournies si elles sont nécessaires.
Tout ce qui concerne les symétries et les valeurs remarquables se lit sur le cercle trigonométrique, sans rien apprendre par cœur.
1Définitions sur le cercle trigonométrique
1.1Le cercle
On munit le plan d'un repère orthonormé d'origine .
Définition 1.1Cercle trigonométrique
Le cercle trigonométrique est le cercle de centre et de rayon 1, orienté dans le sens direct, c'est-à-dire le sens inverse des aiguilles d'une montre.
À tout réel on associe le point du cercle obtenu en parcourant, à partir du point de coordonnées , un arc de longueur dans le sens direct si , dans le sens indirect si . Le réel est une mesure en radians de l'angle orienté correspondant. Un tour complet vaut radians, soit degrés.
Définition 1.2Cosinus et sinus
Le cosinus de , noté , est l'abscisse de . Le sinus de , noté , est son ordonnée.
Il en résulte que et sont à valeurs dans et que :
Propriété 1.3Identité fondamentale
Pour tout réel : C'est le théorème de Pythagore appliqué au triangle rectangle de sommets , et le projeté de sur l'axe des abscisses.
Définition 1.4Tangente
Pour , c'est-à-dire , la tangente est .
Géométriquement, se lit sur la droite verticale d'équation , à l'intersection avec la droite .
1.2Valeurs remarquables
Exemple 1.5Valeurs remarquables
La tangente vaut , , , en , , , , et n'est pas définie en .
Moyen mnémotechnique : écrire les sinus sous la forme , , , , .
1.3Périodicité et symétries
Propriété 1.6Périodicité
Les fonctions et sont -périodiques, la fonction est -périodique.
Les relations suivantes se lisent sur le cercle, en identifiant la transformation géométrique correspondante.
Propriété 1.7Angles associés
- et : symétrie par rapport à l'axe des abscisses. Le cosinus est pair, le sinus et la tangente sont impairs.
- et : symétrie par rapport à l'axe des ordonnées.
- et : symétrie centrale de centre .
- et : symétrie par rapport à la première bissectrice.
- et : rotation d'un quart de tour.
MéthodeRetrouver un angle associé
- Tracer le cercle et placer .
- Placer l'angle demandé.
- Lire le signe du cosinus et du sinus.
La valeur absolue est la même, seul le signe change, sauf pour les angles impliquant où cosinus et sinus s'échangent.
2Formules exigibles
2.1Addition
Propriété 2.1Formules d'addition
Pour tous réels et :
Attention
Dans la formule du cosinus, le signe du second membre est l'opposé de celui de l'argument. Dans celle du sinus, il est le même.
Ces formules seront redémontrées avec les nombres complexes, en développant et en identifiant parties réelle et imaginaire. C'est la méthode la plus sûre pour les retrouver en cas de trou de mémoire.
2.2Duplication
En prenant dans les formules précédentes, puis en utilisant :
Propriété 2.2Formules de duplication
Pour tout réel :
Les deux dernières écritures de donnent les formules de linéarisation du carré, utiles pour intégrer :
Propriété 2.3Linéarisation du carré
Pour tout réel :
Exemple 2.4Intégrale de
Pour calculer l'intégrale de entre et , on remplace par , ce qui donne . Sans linéarisation, on ne sait pas primitiver .
2.3Tangente
De on tire et .
Propriété 2.5Dérivée de la tangente
Là où : Elle s'obtient en divisant par , et est rattachée au chapitre sur les fonctions usuelles, où elle donne la dérivée de la tangente.
Les formules de transformation de produits en sommes, de sommes en produits, et l'expression en fonction de ne sont pas au programme. Si un énoncé en a besoin, il les fournit.
3Équations trigonométriques simples
3.1Équation cos(x) = cos(a)
Propriété 3.1Équation en cosinus
équivaut à ou , avec .
La raison se lit sur le cercle : deux points ont la même abscisse lorsqu'ils sont confondus ou symétriques par rapport à l'axe des abscisses.
3.2Équation sin(x) = sin(a)
Propriété 3.2Équation en sinus
équivaut à ou , avec .
Deux points ont la même ordonnée lorsqu'ils sont confondus ou symétriques par rapport à l'axe des ordonnées.
3.3Équation tan(x) = tan(a)
Propriété 3.3Équation en tangente
Sur le domaine de définition de la tangente, équivaut à , avec .
3.4Méthode générale
MéthodeRésoudre
- Vérifier que , sinon il n'y a pas de solution.
- Chercher un angle dont le cosinus vaut , avec les valeurs remarquables.
- Appliquer la formule de l'équation en cosinus.
- Sélectionner les solutions dans l'intervalle demandé.
Exemple 3.4Résoudre sur
Comme , les solutions sont et , . Sur , cela donne et .
Exemple 3.5Résoudre sur
On a , donc ou . Sur l'intervalle demandé, les solutions sont et .
Attention
Ne pas oublier la seconde famille de solutions : une équation en cosinus ou en sinus a deux familles, pas une. Ne pas oublier non plus de restreindre à l'intervalle demandé, ni les solutions qui y figurent.
4Notations arccos, arcsin, arctan
Ces notations sont introduites comme solutions d'équations dans des intervalles bien choisis, l'existence et l'unicité étant admises.
Définition 4.1Arccosinus, arcsinus, arctangente
- Pour , est l'unique réel de dont le cosinus vaut .
- Pour , est l'unique réel de dont le sinus vaut .
- Pour , est l'unique réel de dont la tangente vaut .
Exemple 4.2Valeurs
Attention
Ces notations donnent une solution particulière, pas toutes les solutions. Écrire « donc » est faux, il manque toutes les autres solutions. De plus, seulement si . Par exemple , pas .
La construction de la fonction arctangente comme fonction dérivable sera faite plus tard dans l'année, dans le chapitre sur la dérivation. La construction des fonctions arccosinus et arcsinus n'est pas un attendu du programme de BCPST, on se contente de la définition ci-dessus.
5Transformation de a cos(θ) + b sin(θ)
5.1Le résultat
Théorème 5.1Amplitude et phase
Hypothèses
- et sont des réels non tous les deux nuls ;
- , qui est strictement positif.
Alors il existe un réel tel que, pour tout réel , où est caractérisé par et .
Selon les conventions choisies, on écrit aussi le résultat sous la forme ou , ce qui revient au même à un décalage près. La méthode n'est pas imposée par le programme.
Démonstration
On factorise par : Le couple vérifie , donc c'est un point du cercle trigonométrique. Il existe donc un réel tel que et . L'expression devient , c'est-à-dire par la formule d'addition.
Exemple 5.2
Ici , , donc . On cherche avec et , donc . On conclut :
5.2Interprétation physique
La somme de deux signaux sinusoïdaux de même pulsation est encore un signal sinusoïdal de cette pulsation. L'amplitude résultante est , et le déphasage est . On rencontre ce calcul quand on écrit la solution générale d'un oscillateur harmonique sous la forme , puis sous la forme amplitude-phase .
5.3Résolution de a cos(θ) + b sin(θ) = c
MéthodeRésoudre
- Appliquer la transformation : l'équation devient , soit .
- Si , il n'y a aucune solution.
- Sinon, poser et résoudre par la méthode de l'équation en cosinus.
- Revenir à .
Exemple 5.3Résoudre
D'après ci-dessus, l'équation devient , donc . Il vient ou , donc ou , avec .
Méthodes
MéthodeRéflexes du chapitre
- Devant une question sur des angles associés, tracer le cercle plutôt que chercher la formule. Le signe se lit, il ne se retient pas.
- Pour retrouver une formule d'addition, passer par l'exponentielle complexe dès que ce chapitre est vu.
- Pour intégrer ou primitiver un carré de cosinus ou de sinus, linéariser avec la formule de duplication.
- Pour résoudre une équation, se ramener à la forme , ou , appliquer la formule correspondante, puis sélectionner les solutions dans l'intervalle demandé.
- Devant une somme , calculer d'abord et factoriser.
- Vérifier les résultats sur une valeur particulière, par exemple : cela détecte la plupart des erreurs de signe.
Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle
- Placer sur le cercle les angles remarquables et donner cosinus, sinus, tangente de , , .
- Retrouver et sur le cercle, sans formulaire.
- Démontrer à partir de la formule d'addition et de .
- Linéariser et , puis calculer une intégrale simple les utilisant.
- Résoudre et sur puis sur un intervalle donné, avec les deux familles de solutions.
- Écrire sous la forme , en donnant et une valeur de .
- Expliquer pourquoi n'est pas toujours égal à , avec un contre-exemple.
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
- cos²(θ) + sin²(θ) = 1 : exigible avec démonstration, c'est Pythagore sur le cercle.
- Parité de cos, imparité de sin et tan, périodicité 2π de cos et sin, périodicité π de tan : exigibles, justifiées sur le cercle.
- Formules des angles associés, π − θ, π + θ, π/2 − θ, π/2 + θ : exigibles, lues sur le cercle comme des symétries ou un quart de tour.
- Les quatre formules d'addition pour cos(α ± β) et sin(α ± β) : exigibles, la démonstration n'est pas attendue à ce stade, elle sera faite avec l'exponentielle complexe.
- Formules de duplication cos(2θ) sous trois formes et sin(2θ) : exigibles avec démonstration à partir de l'addition.
- Linéarisation cos²(θ) = (1 + cos(2θ))/2 et sin²(θ) = (1 − cos(2θ))/2 : exigible, c'est la duplication lue à l'envers.
- 1 + tan²(θ) = 1/cos²(θ) pour cos(θ) ≠ 0 : exigible avec démonstration.
- cos(x) = cos(a) équivaut à x = a + 2kπ ou x = −a + 2kπ, k ∈ Z : exigible avec justification sur le cercle.
- sin(x) = sin(a) équivaut à x = a + 2kπ ou x = π − a + 2kπ : exigible.
- tan(x) = tan(a) équivaut à x = a + kπ : exigible.
- Existence et unicité de arccos(c) dans [0, π], de arcsin(s) dans [−π/2, π/2], de arctan(t) dans ]−π/2, π/2[ : admises par le programme.
- Transformation a cos(θ) + b sin(θ) = r cos(θ − φ) avec r = √(a² + b²) : exigible avec démonstration.
- Hors programme signalé : formules de transformation produit en somme et somme en produit, tan(a + b), expressions en tan(θ/2), formule de Moivre (chapitre complexes), fonctions arccos et arcsin comme fonctions dérivables.
Clés de démonstration
Identité fondamentale. Le point M de coordonnées (cos θ, sin θ) est sur le cercle de centre O et de rayon 1, donc OM² = 1. L'astuce : tout part de la définition de cos et sin comme coordonnées.
Duplication. On prend β = α dans cos(α + β), ce qui donne cos²(α) − sin²(α). On remplace sin² par 1 − cos² pour la deuxième forme, cos² par 1 − sin² pour la troisième. Pour sin(2α), on prend β = α dans sin(α + β). L'astuce : les trois formes de cos(2θ) sont une seule formule plus l'identité fondamentale.
Tangente. On divise cos² + sin² = 1 par cos², qui est non nul. L'astuce : diviser par cos² fait apparaître tan² automatiquement.
Équation cos(x) = cos(a). Sens réciproque : cos(−a + 2kπ) = cos(−a) = cos(a) par périodicité et parité. Sens direct : deux points du cercle de même abscisse sont confondus ou symétriques par rapport à l'axe des abscisses, donc leurs angles diffèrent d'un multiple de 2π ou sont opposés modulo 2π. L'astuce : la même ordonnée donne la symétrie par rapport à l'axe vertical, d'où π − a pour le sinus.
Transformation de a cos + b sin. On factorise par r = √(a² + b²), non nul. Le couple (a/r, b/r) est de norme 1, c'est un point du cercle, donc il existe φ avec cos φ = a/r et sin φ = b/r. Il reste r(cos φ cos θ + sin φ sin θ) = r cos(θ − φ). L'astuce : rendre les coefficients de norme 1 pour reconnaître un point du cercle.
Exemples et contre-exemples à connaître
- arccos(cos(7π/4)) = π/4, pas 7π/4. La composée ne rend θ que si θ ∈ [0, π].
- arcsin(sin(2π/3)) = π/3. Même phénomène sur [−π/2, π/2].
- cos(x) = 1/2 n'a pas pour seule solution π/3. Il y a deux familles, π/3 + 2kπ et −π/3 + 2kπ.
- sin(x) = sin(a) donne la famille π − a + 2kπ et non −a + 2kπ. Vérifier avec a = π/2 : sin(−π/2) = −1 ≠ 1.
- cos(x) = 2 n'a aucune solution, le cosinus reste dans [−1, 1]. Le vérifier avant de chercher.
- cos(a + b) n'est pas cos(a) + cos(b) : a = b = π/2 donnent −1 et 0.
- sin(2θ) n'est pas 2 sin(θ) : θ = π/2 donne 0 et 2.
- cos(θ) + √3 sin(θ) = 2 cos(θ − π/3) a pour maximum 2, pas 1 + √3. Les deux termes ne sont jamais maximaux en même temps.
- tan(x) = 1 a pour solutions π/4 + kπ, période π. Écrire 2kπ fait perdre la moitié des solutions.
- cos(π/12) = √2(1 + √3)/4, obtenu par cos(π/3 − π/4). Les formules d'addition donnent des valeurs exactes hors du tableau.
Techniques du chapitre
Technique 1, lire les angles associés sur le cercle. Mini-exercice : simplifier cos(θ + π/2) + sin(θ + π). Le quart de tour donne cos(θ + π/2) = −sin(θ), la symétrie centrale donne sin(θ + π) = −sin(θ). Résultat −2 sin(θ). On vérifie en θ = 0 : cos(π/2) + sin(π) = 0.
Technique 2, valeur exacte par addition. Mini-exercice : calculer cos(π/12). On écrit π/12 = π/3 − π/4, donc cos(π/12) = cos(π/3)cos(π/4) + sin(π/3)sin(π/4) = (1/2)(√2/2) + (√3/2)(√2/2) = √2(1 + √3)/4.
Technique 3, résoudre puis sélectionner dans l'intervalle. Mini-exercice : résoudre sin(2x) = √2/2 sur [0, π]. On a 2x = π/4 + 2kπ ou 2x = 3π/4 + 2kπ, soit x = π/8 + kπ ou x = 3π/8 + kπ. Dans [0, π], seuls π/8 et 3π/8 conviennent. La période en x est π, pas 2π.
Technique 4, linéariser pour intégrer. Mini-exercice : calculer ∫ de 0 à π/2 de sin²(t) dt. On écrit sin²(t) = (1 − cos(2t))/2. La primitive est t/2 − sin(2t)/4, qui vaut π/4 en π/2 et 0 en 0. Résultat π/4.
Technique 5, réduire une somme sinusoïdale. Mini-exercice : écrire √3 cos(θ) − sin(θ) sous forme r cos(θ − φ). On a r = √(3 + 1) = 2, puis cos φ = √3/2 et sin φ = −1/2, donc φ = −π/6. Résultat 2 cos(θ + π/6). Vérification en θ = 0 : √3 = 2 cos(π/6).
Technique 6, changer d'inconnue. Mini-exercice : résoudre 2cos²(x) − 3cos(x) + 1 = 0. On pose u = cos(x), le trinôme 2u² − 3u + 1 a pour racines 1 et 1/2. cos(x) = 1 donne x = 2kπ, cos(x) = 1/2 donne x = ±π/3 + 2kπ.
Technique 7, ramener à cos(u) = cos(v). Mini-exercice : résoudre cos(2x) = cos(x). On a 2x = x + 2kπ, soit x = 2kπ, ou 2x = −x + 2kπ, soit x = 2kπ/3. La première famille est incluse dans la seconde, donc les solutions sont les 2kπ/3, k ∈ Z.
Technique 8, vérifier sur une valeur. Mini-exercice : on a trouvé cos(θ) − sin(θ) = √2 cos(θ + π/4). En θ = 0, le membre de gauche vaut 1 et le membre de droite √2 × √2/2 = 1. Un test en θ = 0 ou θ = π/2 détecte presque toutes les erreurs de signe.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1. On sait que sin(θ) = 3/5 et θ ∈ [π/2, π]. Calculer cos(θ), tan(θ), sin(2θ), cos(2θ)
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Technique identité fondamentale avec discussion du signe, puis duplication.
Voir le corrigé
- cos²(θ) = 1 − 9/25 = 16/25, donc cos(θ) = ±4/5. Sur [π/2, π] le cosinus est négatif, donc cos(θ) = −4/5.
- tan(θ) = (3/5)/(−4/5) = −3/4.
- sin(2θ) = 2 sin(θ)cos(θ) = 2 × (3/5) × (−4/5) = −24/25.
- cos(2θ) = 1 − 2 sin²(θ) = 1 − 18/25 = 7/25.
piège : Prendre cos(θ) = 4/5 sans regarder l'intervalle. L'identité fondamentale donne le carré, l'intervalle donne le signe.
Exercice 2. Résoudre cos(x) = sin(x) sur R
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Technique écrire le sinus comme un cosinus, ou passer à la tangente.
Voir le corrigé
- sin(x) = cos(π/2 − x), donc l'équation est cos(x) = cos(π/2 − x).
- Première famille : x = π/2 − x + 2kπ, soit x = π/4 + kπ.
- Seconde famille : x = −(π/2 − x) + 2kπ, soit 0 = −π/2 + 2kπ, impossible.
- Solutions : π/4 + kπ, k ∈ Z. Autre méthode : si cos(x) = 0 alors sin(x) = ±1 ≠ 0, donc x n'est pas solution. On peut diviser par cos(x), ce qui donne tan(x) = 1, même réponse.
piège : Diviser par cos(x) sans dire pourquoi il est non nul, ou conclure x = π/4 seul.
Exercice 3. Résoudre 2 sin²(x) + sin(x) − 1 = 0 sur [0, 2π[
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Technique changement d'inconnue puis équations élémentaires.
Voir le corrigé
- Avec u = sin(x), le trinôme 2u² + u − 1 a pour discriminant 9 et pour racines 1/2 et −1.
- sin(x) = 1/2 donne x = π/6 + 2kπ ou x = 5π/6 + 2kπ. Dans [0, 2π[ : π/6 et 5π/6.
- sin(x) = −1 donne x = −π/2 + 2kπ. Dans [0, 2π[ : 3π/2.
- Solutions : π/6, 5π/6, 3π/2.
piège : Oublier 5π/6, ou écrire 3π/2 = −π/2 et le rejeter parce que −π/2 n'est pas dans l'intervalle.
Exercice 4. Montrer que cos(3θ) = 4cos³(θ) − 3cos(θ) et sin(3θ) = 3 sin(θ) − 4 sin³(θ)
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Technique addition avec 3θ = 2θ + θ, puis duplication, puis identité fondamentale.
Voir le corrigé
- cos(3θ) = cos(2θ)cos(θ) − sin(2θ)sin(θ) = (2cos²θ − 1)cos θ − 2 sin²θ cos θ.
- On remplace sin²θ par 1 − cos²θ : 2cos³θ − cos θ − 2cos θ + 2cos³θ = 4cos³θ − 3cos θ.
- De même sin(3θ) = sin(2θ)cos θ + cos(2θ)sin θ = 2 sin θ cos²θ + (1 − 2 sin²θ) sin θ, puis cos²θ = 1 − sin²θ donne 3 sin θ − 4 sin³θ.
piège : Choisir la mauvaise forme de cos(2θ). Pour obtenir un polynôme en cos θ, on prend celle qui ne contient que du cosinus.
Exercice 5. Résoudre cos(θ) − sin(θ) = 1 sur R
Classiques de khôlle et concours · Khôlle vers écrit
Technique transformation en r cos(θ − φ).
Voir le corrigé
- r = √2. On cherche φ avec cos φ = 1/√2 et sin φ = −1/√2, soit φ = −π/4. Donc cos θ − sin θ = √2 cos(θ + π/4).
- L'équation devient cos(θ + π/4) = 1/√2 = cos(π/4).
- θ + π/4 = π/4 + 2kπ donne θ = 2kπ. θ + π/4 = −π/4 + 2kπ donne θ = −π/2 + 2kπ.
- Vérification : θ = 0 donne 1 − 0 = 1, θ = −π/2 donne 0 − (−1) = 1.
piège : Oublier de diviser par r avant d'appliquer cos(u) = cos(v), ou résoudre cos(θ + π/4) = 1 en oubliant le facteur √2.
Exercice 6
Classiques de khôlle et concours · Écrit, type Agro-Véto
Un signal est modélisé par s(t) = 3 cos(ωt) + 4 sin(ωt), avec ω > 0. Donner son amplitude, l'écrire sous la forme A cos(ωt − φ), et déterminer les instants où s(t) est maximal.
Technique transformation avec identification de φ par deux conditions.
Voir le corrigé
- A = √(9 + 16) = 5. On cherche φ avec cos φ = 3/5 et sin φ = 4/5.
- Comme sin φ > 0, φ peut être choisi dans ]0, π[, donc φ = arccos(3/5). Comme cos φ > 0, on peut aussi écrire φ = arctan(4/3), les deux valeurs coïncident.
- s(t) = 5 cos(ωt − φ). Le maximum 5 est atteint quand ωt − φ = 2kπ, soit t = (φ + 2kπ)/ω, k entier tel que t ≥ 0.
- Interprétation : la somme de deux sinusoïdes de même pulsation est une sinusoïde de même pulsation, d'amplitude 5 et de phase φ.
piège : Écrire φ = arctan(b/a) sans vérifier le signe de a. Si a < 0, l'arctangente donne φ à π près, il faut corriger.
Exercice 7. Montrer que pour tout réel θ, |cos(θ) + sin(θ)| ≤ √2, et préciser quand il y a égalité
Classiques de khôlle et concours · Écrit, type G2E
Technique deux méthodes, transformation ou carré.
Voir le corrigé
- Méthode 1 : cos θ + sin θ = √2 cos(θ − π/4), car cos(π/4) = sin(π/4) = √2/2. Le cosinus étant dans [−1, 1], la valeur absolue est majorée par √2, avec égalité si et seulement si θ − π/4 ≡ 0 modulo π, soit θ = π/4 + kπ.
- Méthode 2 : (cos θ + sin θ)² = cos²θ + sin²θ + 2 sin θ cos θ = 1 + sin(2θ) ≤ 2. Racine carrée croissante, donc |cos θ + sin θ| ≤ √2, égalité si sin(2θ) = 1.
piège : Majorer chaque terme par 1 et conclure ≤ 2, ce qui est vrai mais pas la meilleure borne. Le colleur attend √2.
Exercice 8. Résoudre cos(2x) + cos(x) = 0 sur R
Classiques de khôlle et concours · Écrit
Technique deux méthodes, angles associés ou polynôme en cos(x).
Voir le corrigé
- Méthode 1 : cos(2x) = −cos(x) = cos(π − x). Donc 2x = π − x + 2kπ, soit x = π/3 + 2kπ/3, ou 2x = −(π − x) + 2kπ, soit x = −π + 2kπ.
- La seconde famille, x = π + 2kπ, est contenue dans la première (k = 1 + 3j). Solutions : π/3 + 2kπ/3, k ∈ Z.
- Méthode 2 : cos(2x) = 2cos²x − 1, l'équation devient 2u² + u − 1 = 0 avec u = cos x, racines 1/2 et −1. cos x = 1/2 donne ±π/3 + 2kπ, cos x = −1 donne π + 2kπ. On vérifie que c'est la même liste.
piège : Écrire « −cos(x) = cos(−x) donc 2x = −x ». L'opposé du cosinus est cos(π − x), pas cos(−x).
Exercice 9. Montrer que arctan(1/2) + arctan(1/3) = π/4
Classiques de khôlle et concours · Écrit, plus délicat
Technique encadrer la somme dans un intervalle, calculer sa tangente par une formule redémontrée, conclure par unicité.
Voir le corrigé
- Soient a = arctan(1/2) et b = arctan(1/3), tous deux dans ]−π/2, π/2[. Sur cet intervalle le cosinus est strictement positif, et tan a > 0 impose sin a > 0, donc a ∈ ]0, π/2[. De même pour b. Donc a + b ∈ ]0, π[.
- Formule à redémontrer, car tan(a + b) n'est pas au programme : sin(a + b) = sin a cos b + cos a sin b et cos(a + b) = cos a cos b − sin a sin b. En divisant par cos a cos b, non nul, cos(a + b) = cos a cos b (1 − tan a tan b) et sin(a + b) = cos a cos b (tan a + tan b).
- Ici 1 − tan a tan b = 1 − 1/6 = 5/6 ≠ 0, donc cos(a + b) ≠ 0 et tan(a + b) = (1/2 + 1/3)/(5/6) = 1.
- tan(a + b) = tan(π/4) donne a + b = π/4 + kπ. Le seul élément de cette famille dans ]0, π[ est π/4.
piège : Écrire tan(a + b) = 1 donc a + b = π/4 sans localiser la somme. Sans l'encadrement, on ne peut exclure 5π/4.
Exercice 10
Classiques de khôlle et concours · Écrit, plus délicat
Pour n ∈ N, on pose un = cos(π/2n+1). Montrer que un+1 = √((1 + un)/2) pour tout n, et calculer u₀, u₁, u₂.
Technique linéarisation lue avec un demi-angle et discussion de signe.
Voir le corrigé
- Posons x = π/2n+2, de sorte que un+1 = cos(x) et un = cos(2x). La duplication donne cos(2x) = 2cos²(x) − 1, donc cos²(x) = (1 + cos(2x))/2.
- Comme x ∈ ]0, π/2], cos(x) ≥ 0, donc cos(x) = √((1 + cos(2x))/2), ce qui est la relation demandée.
- u₀ = cos(π/2) = 0, u₁ = √(1/2) = √2/2, u₂ = √((1 + √2/2)/2) = √(2 + √2)/2.
- Remarque : la suite (un) est croissante et tend vers 1, ce sera un exercice du chapitre suites.
piège : Écrire cos(x) = ±√(…) et garder les deux signes. Le signe se décide par l'intervalle où vit x.
Erreurs fréquentes
- Ne donner qu'une famille de solutions à cos(x) = c ou sin(x) = s, ou donner la famille −a au lieu de π − a pour le sinus.
- Écrire x = arccos(c) comme réponse à cos(x) = c. C'est une solution, pas l'ensemble des solutions.
- Diviser par cos(x) ou par sin(x) sans avoir traité le cas où il s'annule.
- Se tromper de signe dans cos(α + β). Le cosinus prend le signe opposé, le sinus le même. Tester en β = 0 ou α = β = π/2.
- Utiliser une formule hors liste, produit en somme ou tan(a + b), sans la redémontrer. Le jury attend la démonstration en une ligne, pas la formule par cœur.
Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de BCPST 1ère année (2021), partie « Outils 3 – Trigonométrie ». Elle couvre les définitions sur le cercle trigonométrique, les formules exigibles, la résolution des équations trigonométriques simples, les notations , et , et la transformation de .