Aller au contenu

Accueil › BCPST › Maths

BCPST1 · Maths · semaine 2

Nombres réels

Intervalles, valeur absolue, partie entière, exposants et racines, identités remarquables. Manipulation des inégalités et résolution d'équations et d'inéquations simples. Majorant, minorant, plus grand élément et borne supérieure d'une partie de R.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. ∣x−y∣\abs{x - y} est une distance. ∣x∣⩽r\abs{x} \leqslant r équivaut à un encadrement, ∣x∣⩾r\abs{x} \geqslant r à une réunion de deux cas.
  2. ⌊x⌋\lfloor x \rfloor est l'unique entier nn avec n⩽x<n+1n \leqslant x < n + 1, ce n'est pas la troncature pour les négatifs.
  3. x2=∣x∣\sqrt{x^2} = \abs{x}, et la racine carrée d'une somme n'est pas la somme des racines. La quantité conjuguée lève les indéterminations.
  4. Multiplier une inégalité par un négatif en change le sens. Le passage au carré ou à l'inverse demande une hypothèse de signe.
  5. Toute partie non vide majorée de R\R admet une borne supérieure, admise. Elle est le plus petit des majorants, et elle n'est un maximum que si elle appartient à l'ensemble.
Pourquoi ce chapitre

Les ensembles N\N, Z\Z, Q\Q et R\R sont supposés connus. L'objectif est de rendre familiers les outils de calcul sur les réels, utilisés dans les suites, dans les limites, dans les inégalités qui encadrent une concentration ou un effectif, dans les probabilités où l'on majore une quantité.

C'est un chapitre de fiabilité. La plupart des points perdus en devoir sur ce thème viennent de trois erreurs :

  • une inégalité multipliée par un nombre négatif sans changer le sens ;
  • une racine carrée simplifiée à tort ;
  • une valeur absolue mal ouverte.

La seule notion vraiment nouvelle est la borne supérieure, introduite ici uniquement pour disposer du vocabulaire.

En sciences expérimentales, l'ordre est partout : un pH est compris entre deux valeurs, une incertitude de mesure s'écrit ∣x−x0∣⩽ε\abs{x - x_0} \leqslant \varepsilon, une population est minorée par zéro.

1Intervalles

Définition 1.1Intervalle

Un intervalle de R\R est une partie de R\R qui contient tous les réels compris entre deux quelconques de ses éléments.

En pratique, on se contente de la liste des types d'intervalles. Pour a⩽ba \leqslant b réels :

  • segment [a,b][a, b] : ensemble des xx tels que a⩽x⩽ba \leqslant x \leqslant b ;
  • intervalle ouvert ]a,b[]a, b[ : a<x<ba < x < b ;
  • intervalles semi-ouverts [a,b[[a, b[ et ]a,b]]a, b] ;
  • demi-droites [a,+∞[[a, +\infty[, ]a,+∞[]a, +\infty[, ]−∞,b]]-\infty, b], ]−∞,b[]-\infty, b[ ;
  • R\R tout entier, noté ]−∞,+∞[]-\infty, +\infty[.

Attention

Les symboles +∞+\infty et −∞-\infty ne sont pas des réels : un crochet ne se ferme jamais sur eux.

On note R∗\R^* l'ensemble des réels non nuls, R+\R_+ celui des réels positifs ou nuls, R+∗\R_+^* celui des réels strictement positifs.

Remarque

Une réunion d'intervalles n'est pas toujours un intervalle : ]−∞,0[∪]0,+∞[]-\infty, 0[ \cup ]0, +\infty[ est R∗\R^*, qui n'est pas un intervalle. Une intersection de deux intervalles est toujours un intervalle, éventuellement vide.

2Valeur absolue

2.1Définition et interprétation

Définition 2.1Valeur absolue

Pour xx réel, ∣x∣\abs{x} vaut xx si x⩾0x \geqslant 0 et −x-x si x<0x < 0. On a toujours ∣x∣⩾0\abs{x} \geqslant 0, et ∣x∣=0\abs{x} = 0 si et seulement si x=0x = 0.

∣x−y∣\abs{x - y} est la distance entre les réels xx et yy sur la droite réelle. Cette lecture rend les inégalités lisibles.

2.2Propriétés

Propriété 2.2Règles de calcul

Pour tous réels xx et yy :

  • ∣xy∣=∣x∣ ∣y∣\abs{xy} = \abs{x}\,\abs{y} ;
  • ∣x/y∣=∣x∣/∣y∣\abs{x/y} = \abs{x}/\abs{y} si y≠0y \neq 0 ;
  • ∣x∣=∣−x∣\abs{x} = \abs{-x}.

Théorème 2.3Inégalité triangulaire

Pour tous réels xx et yy : ∣x+y∣⩽∣x∣+∣y∣.\abs{x + y} \leqslant \abs{x} + \abs{y}. Il y a égalité si et seulement si xx et yy sont de même signe au sens large.

Démonstration

On a −∣x∣⩽x⩽∣x∣-\abs{x} \leqslant x \leqslant \abs{x} et −∣y∣⩽y⩽∣y∣-\abs{y} \leqslant y \leqslant \abs{y}. En additionnant : −(∣x∣+∣y∣)⩽x+y⩽∣x∣+∣y∣,-(\abs{x} + \abs{y}) \leqslant x + y \leqslant \abs{x} + \abs{y}, ce qui équivaut à ∣x+y∣⩽∣x∣+∣y∣\abs{x + y} \leqslant \abs{x} + \abs{y}.

Propriété 2.4Seconde inégalité triangulaire

Pour tous réels xx et yy : ∣ ∣x∣−∣y∣ ∣⩽∣x−y∣.\big|\,\abs{x} - \abs{y}\,\big| \leqslant \abs{x - y}.

2.3Traduction des inégalités avec valeur absolue

Propriété 2.5Inégalités et valeur absolue

Hypothèses

  • r>0r > 0 ;
  • aa est un réel.

Alors :

  • ∣x∣⩽r\abs{x} \leqslant r équivaut à −r⩽x⩽r-r \leqslant x \leqslant r, c'est-à-dire x∈[−r,r]x \in [-r, r] ;
  • ∣x−a∣⩽r\abs{x - a} \leqslant r équivaut à a−r⩽x⩽a+ra - r \leqslant x \leqslant a + r, c'est-à-dire x∈[a−r,a+r]x \in [a - r, a + r] ;
  • ∣x∣⩾r\abs{x} \geqslant r équivaut à x⩽−rx \leqslant -r ou x⩾rx \geqslant r.

Exemple 2.6Incertitude de mesure

Une mesure de concentration donne c=0,25  mol.L−1c = 0{,}25\ \unite{mol.L^{-1}} avec une incertitude de 0,020{,}02. L'énoncé ∣c−0,25∣⩽0,02\abs{c - 0{,}25} \leqslant 0{,}02 signifie exactement 0,23⩽c⩽0,270{,}23 \leqslant c \leqslant 0{,}27.

Attention

La valeur absolue n'est pas linéaire : ∣x+y∣\abs{x + y} n'est pas ∣x∣+∣y∣\abs{x} + \abs{y} en général, comme le montrent x=1x = 1 et y=−1y = -1. Pour résoudre une équation ou une inéquation contenant ∣x−a∣\abs{x - a}, on discute selon le signe de x−ax - a.

3Partie entière

Définition 3.1Partie entière

La partie entière de xx, notée ⌊x⌋\lfloor x \rfloor, est l'unique entier nn tel que n⩽x<n+1n \leqslant x < n + 1.

On adopte cette notation internationale pour éviter la confusion avec l'espérance E(X)\E(X) des probabilités.

Propriété 3.2Encadrement

Pour tout réel xx : ⌊x⌋⩽x<⌊x⌋+1,x−1<⌊x⌋⩽x.\lfloor x \rfloor \leqslant x < \lfloor x \rfloor + 1, \qquad x - 1 < \lfloor x \rfloor \leqslant x. La fonction partie entière est croissante au sens large, constante sur chaque intervalle [n,n+1[[n, n + 1[.

Exemple 3.3Valeurs

⌊3,7⌋=3,⌊5⌋=5,⌊−1,2⌋=−2.\lfloor 3{,}7 \rfloor = 3, \quad \lfloor 5 \rfloor = 5, \quad \lfloor -1{,}2 \rfloor = -2.

Attention

La partie entière n'est pas la troncature : elle est toujours inférieure ou égale à xx, donc pour un négatif elle descend.

Exemple 3.4Usage typique

Les multiples de 3 inférieurs à 100 sont au nombre de ⌊100/3⌋=33\lfloor 100/3 \rfloor = 33. On l'utilise aussi pour encadrer une somme. En informatique, la division entière correspond à cette opération pour les nombres positifs.

4Exposants et racines

4.1Puissances entières

Pour xx réel non nul et nn entier relatif, xnx^n est défini.

Propriété 4.1Formules exigibles

Pour xx et yy réels non nuls, nn et mm entiers relatifs :

  • (xy)n=xnyn(xy)^n = x^n y^n ;
  • xn+m=xnxmx^{n+m} = x^n x^m ;
  • (xn)m=xnm(x^n)^m = x^{nm} ;
  • x0=1x^0 = 1 et x−n=1/xnx^{-n} = 1/x^n.

À ce stade, on se limite aux exposants entiers. La notation aba^b avec a>0a > 0 et bb réel quelconque sera introduite dans le chapitre sur les fonctions usuelles, via exponentielle et logarithme.

4.2Racine carrée et racine cubique

Définition 4.2Racine carrée

Pour x⩾0x \geqslant 0, x\sqrt{x} est l'unique réel positif dont le carré vaut xx. La racine carrée n'est définie que sur R+\R_+.

Propriété 4.3Formules exigibles

  • x2=∣x∣\sqrt{x^2} = \abs{x} pour tout réel xx ;
  • xy=xy\sqrt{xy} = \sqrt{x}\sqrt{y} pour xx et yy positifs.

Attention

Le piège principal du chapitre : on n'écrit jamais x2=x\sqrt{x^2} = x sans savoir que x⩾0x \geqslant 0. Par exemple (−3)2=9=3=∣−3∣\sqrt{(-3)^2} = \sqrt{9} = 3 = \abs{-3}.

De même, x+y\sqrt{x + y} n'est pas x+y\sqrt{x} + \sqrt{y} : pour x=y=1x = y = 1, on obtient 2\sqrt{2} d'un côté et 22 de l'autre.

La racine cubique est définie sur R\R tout entier : pour tout réel xx, il existe un unique réel dont le cube vaut xx. Cela vient du fait que la fonction cube est strictement croissante sur R\R. La racine cubique d'un négatif est négative.

4.3Identités remarquables

Propriété 4.4Identités attendues

Pour tous réels aa et bb : (a+b)2=a2+2ab+b2,(a−b)2=a2−2ab+b2,a2−b2=(a−b)(a+b).\begin{aligned} (a + b)^2 &= a^2 + 2ab + b^2,\\ (a - b)^2 &= a^2 - 2ab + b^2,\\ a^2 - b^2 &= (a - b)(a + b). \end{aligned}

Ces trois formules suffisent pour factoriser, pour reconnaître une forme canonique, et pour utiliser la quantité conjuguée.

Exemple 4.5Quantité conjuguée

Pour lever une forme indéterminée du type n+1−n\sqrt{n+1} - \sqrt{n}, on multiplie et divise par n+1+n\sqrt{n+1} + \sqrt{n} : n+1−n=1n+1+n.\sqrt{n+1} - \sqrt{n} = \frac{1}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}}.

5Inégalités

5.1Règles de calcul

Propriété 5.1Règles sur les inégalités

Pour aa, bb, cc réels :

  • si a⩽ba \leqslant b, alors a+c⩽b+ca + c \leqslant b + c : l'addition conserve les inégalités ;
  • si a⩽ba \leqslant b et c>0c > 0, alors ac⩽bcac \leqslant bc ;
  • si a⩽ba \leqslant b et c<0c < 0, alors ac⩾bcac \geqslant bc : l'inégalité change de sens ;
  • on additionne deux inégalités de même sens, on ne les soustrait jamais ;
  • on multiplie deux inégalités de même sens seulement entre quantités positives.

Propriété 5.2Passage à l'inverse

Si 0<a⩽b0 < a \leqslant b, alors 1b⩽1a\dfrac{1}{b} \leqslant \dfrac{1}{a}.

La fonction inverse renverse les inégalités sur R+∗\R_+^* comme sur R−∗\R_-^*, mais pas d'un intervalle à l'autre : −1<1-1 < 1 et les inverses, qui valent encore −1-1 et 11, sont rangés dans le même ordre.

Propriété 5.3Passage au carré

Hypothèse : 0⩽a⩽b0 \leqslant a \leqslant b.

Alors a2⩽b2a^2 \leqslant b^2.

Attention

C'est faux sans l'hypothèse de positivité : −3⩽1-3 \leqslant 1 et pourtant 9>19 > 1.

5.2Résolution d'équations et d'inéquations

On reprend les types vus au lycée. Le réflexe de rédaction est toujours le même : ramener au signe, factoriser, faire un tableau de signes.

Exemple 5.4Inéquation rationnelle

Résoudre 2x−1x+3⩾1\dfrac{2x - 1}{x + 3} \geqslant 1. On ne multiplie pas par x+3x + 3, dont le signe est inconnu. 2x−1x+3−1⩾0  ⟺  x−4x+3⩾0.\begin{aligned} \frac{2x-1}{x+3} - 1 \geqslant 0 &\iff \frac{x - 4}{x + 3} \geqslant 0. \end{aligned} Le tableau de signes donne S=]−∞,−3[∪[4,+∞[S = ]-\infty, -3[ \cup [4, +\infty[, en excluant −3-3 qui annule le dénominateur.

Propriété 5.5Signe d'un trinôme

Hypothèses

  • a≠0a \neq 0 ;
  • Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac.

Alors le signe de ax2+bx+cax^2 + bx + c est :

  • si Δ>0\Delta > 0 : deux racines réelles, et le trinôme est du signe de aa à l'extérieur des racines ;
  • si Δ=0\Delta = 0 : une racine double, et le trinôme est du signe de aa sauf en cette racine ;
  • si Δ<0\Delta < 0 : le trinôme est toujours du signe de aa.

6Majorants, minorants, bornes

6.1Définitions

Soit AA une partie non vide de R\R.

Définition 6.1Majorant, minorant, extremum

  • MM est un majorant de AA quand x⩽Mx \leqslant M pour tout x∈Ax \in A. AA est majorée quand elle admet au moins un majorant.
  • mm est un minorant de AA quand x⩾mx \geqslant m pour tout x∈Ax \in A. AA est minorée quand elle admet un minorant.
  • AA est bornée quand elle est à la fois majorée et minorée.
  • MM est le plus grand élément de AA, noté max⁡A\max A, quand MM majore AA et M∈AM \in A.
  • mm est le plus petit élément de AA, noté min⁡A\min A, quand mm minore AA et m∈Am \in A.

Un majorant n'a aucune raison d'appartenir à AA. Un plus grand élément, quand il existe, est unique.

6.2Borne supérieure et borne inférieure

Définition 6.2Bornes

La borne supérieure de AA, notée sup⁡A\sup A, est le plus petit des majorants de AA. La borne inférieure, notée inf⁡A\inf A, est le plus grand des minorants.

Théorème 6.3Existence de la borne supérieure

Hypothèses

  • AA est une partie de R\R non vide ;
  • AA est majorée.

Alors AA admet une borne supérieure. De même, toute partie non vide et minorée admet une borne inférieure.

Résultat admis par le programme.

Remarque

C'est une propriété propre à R\R, fausse dans Q\Q : l'ensemble des rationnels dont le carré est inférieur à 2 est majoré, mais sa borne supérieure, 2\sqrt{2}, n'est pas rationnelle.

Le programme précise que la recherche de bornes supérieures à partir de la définition ne sera abordée que sur quelques exemples simples, dans le seul but d'illustrer la notion.

6.3Exemples à connaître

Exemple 6.4Quatre ensembles

  • A=[0,1]A = [0, 1] : max⁡A=1=sup⁡A\max A = 1 = \sup A et min⁡A=0=inf⁡A\min A = 0 = \inf A.
  • A=[0,1[A = [0, 1[ : sup⁡A=1\sup A = 1, mais AA n'a pas de plus grand élément, car 1∉A1 \notin A. En revanche min⁡A=0=inf⁡A\min A = 0 = \inf A.
  • A={1/n, n∈N∗}A = \{1/n,\ n \in \N^*\} : max⁡A=1=sup⁡A\max A = 1 = \sup A, et inf⁡A=0\inf A = 0, qui n'est pas atteint, donc AA n'a pas de plus petit élément.
  • A=]0,+∞[A = ]0, +\infty[ n'est pas majorée : elle n'a pas de borne supérieure.

À retenir

Quand la borne supérieure appartient à l'ensemble, c'est le maximum. Sinon le maximum n'existe pas, mais la borne supérieure existe quand même.

6.4Comment prouver que M = sup A

MéthodeProuver que M=sup⁡AM = \sup A

Deux points à établir, sans en oublier un :

  1. MM majore AA, c'est-à-dire x⩽Mx \leqslant M pour tout x∈Ax \in A.
  2. Aucun réel plus petit que MM ne majore AA. En pratique, on montre que pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe un élément de AA strictement supérieur à M−εM - \varepsilon.

Exemple 6.5Borne supérieure de {1−1/n}\{1 - 1/n\}

Soit A={1−1/n, n∈N∗}A = \{1 - 1/n,\ n \in \N^*\}. Chaque élément est inférieur à 11, donc 11 majore AA. Pour ε>0\varepsilon > 0, dès que n>1/εn > 1/\varepsilon, on a 1−1/n>1−ε1 - 1/n > 1 - \varepsilon. Donc sup⁡A=1\sup A = 1. Comme 11 n'est atteint pour aucun nn, AA n'a pas de maximum.

Méthodes

MéthodeInéquation avec quotient

  1. Tout ramener d'un même côté.
  2. Réduire au même dénominateur.
  3. Faire un tableau de signes.

Ne jamais multiplier par un dénominateur de signe inconnu.

MéthodeInéquation avec valeur absolue

  1. Si la comparaison est à un majorant, la traduire en encadrement.
  2. Si elle est à un minorant, la traduire en réunion de deux cas.

MéthodeForme indéterminée avec racines

  1. Multiplier et diviser par la quantité conjuguée.
  2. Simplifier avec a2−b2=(a−b)(a+b)a^2 - b^2 = (a - b)(a + b).

MéthodeMajorer une expression

  1. Majorer le numérateur.
  2. Minorer le dénominateur, en vérifiant que celui-ci reste strictement positif.

MéthodeEncadrer avec une partie entière

Repartir de l'encadrement x−1<⌊x⌋⩽xx - 1 < \lfloor x \rfloor \leqslant x.

MéthodeDéterminer une borne supérieure

  1. Deviner la valeur sur les premiers termes.
  2. Rédiger les deux points de la méthode précédente.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Résoudre une inéquation rationnelle avec tableau de signes complet et ensemble solution écrit en intervalles.
  2. Traduire ∣x−a∣⩽r\abs{x - a} \leqslant r en encadrement et l'inverse.
  3. Démontrer l'inégalité triangulaire à partir de −∣x∣⩽x⩽∣x∣-\abs{x} \leqslant x \leqslant \abs{x}.
  4. Justifier x2=∣x∣\sqrt{x^2} = \abs{x} et donner un contre-exemple à x2=x\sqrt{x^2} = x.
  5. Donner ⌊x⌋\lfloor x \rfloor pour un négatif et justifier par l'encadrement définissant la partie entière.
  6. Distinguer, sur [0,1[[0, 1[ et sur {1/n}\{1/n\}, borne supérieure et plus grand élément.
  7. Démontrer qu'un réel donné est la borne supérieure d'un ensemble simple, avec les deux points de la méthode.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Définition par cas de |x|, propriétés |xy| = |x| |y| et |−x| = |x| : exigibles, vérification par disjonction de signe.
  • Pour r ≥ 0, |x| ≤ r équivaut à −r ≤ x ≤ r, et |x − a| ≤ r équivaut à x ∈ [a − r, a + r] : exigible avec démonstration.
  • Pour r ≥ 0, |x| ≥ r équivaut à x ≤ −r ou x ≥ r : exigible.
  • Inégalité triangulaire |x + y| ≤ |x| + |y|, égalité si et seulement si xy ≥ 0 : exigible avec démonstration.
  • Seconde inégalité triangulaire | |x| − |y| | ≤ |x − y| : exigible avec démonstration.
  • Existence et unicité de l'entier n tel que n ≤ x < n + 1 : admis. Encadrement x − 1 < ⌊x⌋ ≤ x et croissance de la partie entière : exigibles.
  • Caractérisation : ⌊x⌋ est le plus grand entier inférieur ou égal à x, donc si n est un entier et n ≤ x alors n ≤ ⌊x⌋ : exigible.
  • N n'est pas majoré dans R : exigible, conséquence de la partie entière, l'entier ⌊x⌋ + 1 dépasse x.
  • Pour x réel, √(x²) = |x|, et pour x, y ≥ 0, √(xy) = √x √y : exigibles avec démonstration par unicité de la racine positive.
  • Formules sur les puissances entières et les trois identités remarquables : exigibles.
  • Règles sur les inégalités, en particulier passage au carré sur R₊ et passage à l'inverse sur R*₊ : exigibles avec justification.
  • Signe d'un trinôme selon le discriminant : exigible.
  • Unicité du plus grand élément et du plus petit élément : exigible, démonstration en deux lignes.
  • Toute partie non vide majorée de R admet une borne supérieure : admis. Même chose pour la borne inférieure.
  • Caractérisation : M = sup A si et seulement si M majore A et pour tout ε > 0 il existe x ∈ A avec x > M − ε : exigible avec démonstration.
  • Hors programme signalé : densité de Q dans R comme théorème, caractérisation de la borne supérieure par des suites, bornes supérieures de fonctions, construction de R.

Clés de démonstration

Traduction de |x| ≤ r. Si x ≥ 0, alors |x| = x, donc |x| ≤ r signifie x ≤ r, et −r ≤ 0 ≤ x est automatique. Si x < 0, alors |x| = −x, donc |x| ≤ r signifie x ≥ −r, et x < 0 ≤ r est automatique. Les deux cas donnent −r ≤ x ≤ r, et chaque étape est une équivalence. L'astuce : discuter selon le signe de x, jamais deviner.

Inégalité triangulaire. On part de −|x| ≤ x ≤ |x| et −|y| ≤ y ≤ |y|, on additionne membre à membre, on obtient −(|x| + |y|) ≤ x + y ≤ |x| + |y|, ce qui est exactement |x + y| ≤ |x| + |y| par la traduction précédente. L'astuce : encadrer puis retraduire l'encadrement en valeur absolue.

Seconde inégalité triangulaire. On écrit x = (x − y) + y, donc |x| ≤ |x − y| + |y|, soit |x| − |y| ≤ |x − y|. En échangeant les rôles, |y| − |x| ≤ |x − y|. Les deux réels |x| − |y| et son opposé sont majorés par |x − y|, donc | |x| − |y| | ≤ |x − y|. L'astuce : ajouter et retrancher y.

√(x²) = |x|. Le réel |x| est positif et son carré vaut x². Or √(x²) est l'unique réel positif de carré x². Donc ils sont égaux. L'astuce : l'unicité dans la définition de la racine.

Passage au carré. Si 0 ≤ a ≤ b, alors b² − a² = (b − a)(b + a) est un produit de deux réels positifs, donc a² ≤ b². L'astuce : l'identité remarquable transforme une comparaison en un signe de produit. Pour l'inverse, 1/a − 1/b = (b − a)/(ab) ≥ 0 quand 0 < a ≤ b.

Unicité du maximum. Si M et M' sont deux plus grands éléments de A, M' majore A et M ∈ A donc M ≤ M'. Par symétrie M' ≤ M. Donc M = M'.

Caractérisation de la borne supérieure. M est le plus petit majorant si et seulement si M majore A et aucun réel strictement inférieur à M ne majore A. Or tout réel strictement inférieur à M s'écrit M − ε avec ε > 0, et « M − ε ne majore pas A » se nie en « il existe x ∈ A avec x > M − ε ». L'astuce : écrire un réel plus petit que M sous la forme M − ε.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. |x + y| n'est pas |x| + |y| : x = 1 et y = −1 donnent 0 et 2. L'inégalité triangulaire est une inégalité, pas une égalité.
  2. √(x²) n'est pas x : pour x = −2, √4 = 2. La racine carrée renvoie toujours un positif.
  3. ⌊−1,2⌋ = −2 et non −1. La partie entière descend, elle ne tronque pas.
  4. ⌊x⌋ + ⌊y⌋ n'est pas ⌊x + y⌋ : x = y = 0,5 donnent 0 et 1. La partie entière n'est pas additive.
  5. [0, 1[ a pour borne supérieure 1 et n'a pas de plus grand élément. C'est l'exemple à donner en premier.
  6. {1/n, n ∈ N*} a pour borne inférieure 0, non atteinte, et pour maximum 1.
  7. {x ∈ Q, x² < 2} est majoré dans Q mais n'a pas de plus petit majorant rationnel. C'est pour cela que l'existence de la borne supérieure est une propriété de R, pas de Q.
  8. −3 ≤ 1 et pourtant 9 > 1. Le passage au carré exige des réels positifs. De même −1 < 1 et leurs inverses sont encore rangés −1 < 1 : l'inverse ne renverse l'ordre qu'entre réels de même signe.
  9. ]−∞, 0[ ∪ ]0, +∞[ n'est pas un intervalle : 0 est entre −1 et 1 sans appartenir à l'ensemble.
  10. Toute partie finie non vide a un maximum et un minimum. Une partie infinie majorée n'a pas forcément de maximum, et ]0, +∞[ n'a même pas de borne supérieure.

Techniques du chapitre

Technique 1, traduire une valeur absolue en encadrement. Mini-exercice : résoudre |2x − 3| ≤ 5. On écrit −5 ≤ 2x − 3 ≤ 5, soit −2 ≤ 2x ≤ 8, soit x ∈ [−1, 4]. Pour |x − 1| ≥ 2, on écrit x − 1 ≤ −2 ou x − 1 ≥ 2, soit x ∈ ]−∞, −1] ∪ [3, +∞[.

Technique 2, ouvrir une valeur absolue par disjonction. Mini-exercice : résoudre |x − 2| = 2x + 1. Si x ≥ 2, l'équation devient x − 2 = 2x + 1, soit x = −3, rejeté car −3 < 2. Si x < 2, elle devient 2 − x = 2x + 1, soit x = 1/3, qui vérifie bien 1/3 < 2. Unique solution 1/3.

Technique 3, tout ramener à un signe. Mini-exercice : résoudre (x + 1)/(x − 2) ≤ 2. On ne multiplie pas par x − 2. On écrit (x + 1 − 2(x − 2))/(x − 2) ≤ 0, soit (5 − x)/(x − 2) ≤ 0. Le numérateur est positif pour x < 5, le dénominateur pour x > 2. Le quotient est négatif ou nul pour x < 2 ou x ≥ 5. Solutions : ]−∞, 2[ ∪ [5, +∞[.

Technique 4, quantité conjuguée. Mini-exercice : simplifier √(n + 1) − √n. On multiplie et divise par √(n + 1) + √n, ce qui donne 1/(√(n + 1) + √n). Cette forme montre que la différence est positive et tend vers 0.

Technique 5, le plus grand entier inférieur. Mini-exercice : montrer ⌊2x⌋ ≥ 2⌊x⌋. On a ⌊x⌋ ≤ x, donc 2⌊x⌋ ≤ 2x. Or 2⌊x⌋ est un entier inférieur ou égal à 2x, et ⌊2x⌋ est le plus grand de ces entiers, donc 2⌊x⌋ ≤ ⌊2x⌋.

Technique 6, prouver une borne supérieure en deux points. Mini-exercice : A = {2 − 1/n², n ∈ N*}. Chaque élément est strictement inférieur à 2, donc 2 majore A. Soit ε > 0. Dès que n > 1/√ε, on a 1/n² < ε, donc 2 − 1/n² > 2 − ε. Ainsi sup A = 2, et A n'a pas de maximum car 2 n'est jamais atteint.

Technique 7, majorer un quotient. Mini-exercice : pour x ∈ [1, 3], majorer (x + 2)/(x² + 1). Le numérateur est au plus 5, le dénominateur au moins 2 et strictement positif, donc le quotient est au plus 5/2. On majore en haut, on minore en bas, et on vérifie que le bas reste strictement positif.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Résoudre |x − 1| + |x + 2| = 5

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Technique disjonction selon les points 1 et −2 où les valeurs absolues changent d'expression.

Voir le corrigé
  1. Si x < −2, l'équation s'écrit (1 − x) + (−x − 2) = 5, soit −2x − 1 = 5, soit x = −3. Cette valeur est bien inférieure à −2.
  2. Si −2 ≤ x ≤ 1, elle s'écrit (1 − x) + (x + 2) = 5, soit 3 = 5, aucune solution.
  3. Si x > 1, elle s'écrit (x − 1) + (x + 2) = 5, soit x = 2, qui est bien supérieur à 1.
  4. Solutions : −3 et 2. Interprétation : la somme des distances de x à 1 et à −2 vaut 5.

piège : Trouver une valeur dans un cas et oublier de vérifier qu'elle appartient à la zone du cas.

Exercice 2. Montrer que pour tous réels x et y, |x| + |y| ≤ |x + y| + |x − y|

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Technique écrire x et y à partir de x + y et x − y, puis inégalité triangulaire.

Voir le corrigé
  1. On a 2x = (x + y) + (x − y), donc 2|x| ≤ |x + y| + |x − y|.
  2. De même 2y = (x + y) − (x − y), donc 2|y| ≤ |x + y| + |x − y|, car |−(x − y)| = |x − y|.
  3. On additionne et on divise par 2.

piège : Partir dans quatre cas de signes alors qu'une écriture bien choisie règle tout.

Exercice 3. Montrer que pour tous réels x et y, ⌊x⌋ + ⌊y⌋ ≤ ⌊x + y⌋ ≤ ⌊x⌋ + ⌊y⌋ + 1

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Technique caractérisation de la partie entière comme plus grand entier inférieur.

Voir le corrigé
  1. ⌊x⌋ + ⌊y⌋ est un entier inférieur ou égal à x + y, donc inférieur ou égal à ⌊x + y⌋.
  2. Par ailleurs x < ⌊x⌋ + 1 et y < ⌊y⌋ + 1, donc ⌊x + y⌋ ≤ x + y < ⌊x⌋ + ⌊y⌋ + 2.
  3. Un entier strictement inférieur à l'entier ⌊x⌋ + ⌊y⌋ + 2 lui est inférieur d'au moins 1, d'où la seconde inégalité.
  4. Les deux valeurs sont possibles : x = y = 0,2 donne 0 = 0 + 0, et x = y = 0,6 donne 1 = 0 + 0 + 1.

piège : Conclure ⌊x + y⌋ < ⌊x⌋ + ⌊y⌋ + 2 sans passer à ≤ ⌊x⌋ + ⌊y⌋ + 1, il faut dire que ce sont des entiers.

Exercice 4. Pour n ∈ N*, calculer ⌊√(n² + n)⌋

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Technique encadrer par deux carrés consécutifs.

Voir le corrigé
  1. On a n² ≤ n² + n < n² + 2n + 1 = (n + 1)².
  2. La racine carrée est croissante sur R₊, donc n ≤ √(n² + n) < n + 1.
  3. Par définition de la partie entière, ⌊√(n² + n)⌋ = n.

piège : Oublier de justifier la croissance de la racine avant de passer aux racines dans un encadrement.

Exercice 5. A = {(n − 1)/(n + 1), n ∈ N*}. Déterminer inf A, sup A, et dire s'ils sont atteints

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Technique réécrire le terme général, puis les deux points de la méthode.

Voir le corrigé
  1. (n − 1)/(n + 1) = 1 − 2/(n + 1). Cette quantité est croissante en n, vaut 0 pour n = 1, et reste strictement inférieure à 1.
  2. Le réel 0 appartient à A et minore A, donc min A = 0 = inf A.
  3. Le réel 1 majore A. Soit ε > 0. Dès que n + 1 > 2/ε, on a 2/(n + 1) < ε, donc 1 − 2/(n + 1) > 1 − ε. Ainsi sup A = 1.
  4. Comme 1 − 2/(n + 1) < 1 pour tout n, la borne supérieure n'est pas atteinte, A n'a pas de maximum.

piège : Écrire « sup A = 1 car la limite vaut 1 ». La limite ne suffit pas, il faut la majoration et le point à ε près.

Exercice 6

Classiques de khôlle et concours · Khôlle vers écrit

Soient A et B deux parties non vides majorées de R. Montrer que si A ⊂ B alors sup A ≤ sup B. Montrer que l'ensemble A + B = {a + b, a ∈ A, b ∈ B} a pour borne supérieure sup A + sup B.

Technique « plus petit des majorants » pour la première, méthode à ε pour la seconde.

Voir le corrigé
  1. sup B majore B, donc majore A qui est inclus dans B. Comme sup A est le plus petit majorant de A, sup A ≤ sup B.
  2. Pour a ∈ A et b ∈ B, a + b ≤ sup A + sup B, donc sup A + sup B majore A + B, qui est non vide.
  3. Soit ε > 0. Il existe a ∈ A avec a > sup A − ε/2 et b ∈ B avec b > sup B − ε/2. Alors a + b > sup A + sup B − ε.
  4. Les deux points sont établis : sup(A + B) = sup A + sup B.

piège : Oublier de dire que A + B est non vide et majoré avant de parler de sa borne supérieure.

Exercice 7

Classiques de khôlle et concours · Écrit, type Agro-Véto

Soient a et b deux réels positifs. Montrer que √(a + b) ≤ √a + √b et que √(ab) ≤ (a + b)/2. Préciser les cas d'égalité.

Technique comparer des carrés entre positifs, puis identité remarquable.

Voir le corrigé
  1. Les deux membres de la première inégalité sont positifs, il suffit de comparer leurs carrés. (√a + √b)² = a + b + 2√(ab) ≥ a + b = (√(a + b))².
  2. Le passage au carré étant croissant sur R₊, on conclut. Égalité si et seulement si √(ab) = 0, c'est-à-dire a = 0 ou b = 0.
  3. Pour la seconde, (√a − √b)² ≥ 0 donne a + b − 2√(ab) ≥ 0, d'où √(ab) ≤ (a + b)/2, avec égalité si et seulement si a = b.

piège : Élever au carré sans avoir dit que les deux membres sont positifs, ce qui rend l'équivalence fausse en général.

Exercice 8

Classiques de khôlle et concours · Écrit, type G2E

Pour n ∈ N*, montrer 1/(2√(n + 1)) ≤ √(n + 1) − √n ≤ 1/(2√n). En déduire que pour tout n ≥ 1, 2√(n + 1) − 2 ≤ 1 + 1/√2 + … + 1/√n ≤ 2√n − 1, puis que cette somme tend vers +∞.

Technique quantité conjuguée, puis sommation d'inégalités télescopiques.

Voir le corrigé
  1. √(n + 1) − √n = 1/(√(n + 1) + √n). Le dénominateur est compris entre 2√n et 2√(n + 1), d'où l'encadrement par passage à l'inverse entre positifs.
  2. L'inégalité de gauche, écrite au rang k, donne 1/√(k + 1) ≤ 2(√(k + 1) − √k). Sommée pour k de 1 à n − 1, elle donne 1/√2 + … + 1/√n ≤ 2√n − 2, donc la somme complète est au plus 2√n − 1.
  3. L'inégalité de droite, écrite au rang k, donne 1/√k ≥ 2(√(k + 1) − √k). Sommée pour k de 1 à n, elle donne la somme complète au moins égale à 2√(n + 1) − 2.
  4. Le minorant tend vers +∞, donc la somme aussi.

piège : Sommer sans surveiller les indices, et obtenir un terme de trop ou de moins. On écrit les premières lignes du télescopage à la main.

Exercice 9. Pour quelles valeurs du réel m a-t-on x² + mx + 1 ≥ 0 pour tout réel x ?

Classiques de khôlle et concours · Écrit

Technique signe d'un trinôme.

Voir le corrigé
  1. Le coefficient dominant est 1 > 0. Le trinôme est positif sur R si et seulement s'il n'a pas deux racines distinctes, c'est-à-dire Δ ≤ 0.
  2. Δ = m² − 4 ≤ 0 équivaut à |m| ≤ 2, soit m ∈ [−2, 2].
  3. Pour m = ±2 le trinôme est (x ± 1)², qui s'annule mais reste positif, ce qui est bien autorisé par l'inégalité large.

piège : Écrire Δ < 0 pour une inégalité large, ce qui exclut à tort les valeurs ±2.

Exercice 10. Montrer que pour tout réel x, ⌊x⌋ + ⌊x + 1/2⌋ = ⌊2x⌋

Classiques de khôlle et concours · Écrit, plus délicat

Technique poser n = ⌊x⌋ et couper [n, n + 1[ en deux moitiés.

Voir le corrigé
  1. Soit n = ⌊x⌋, de sorte que n ≤ x < n + 1.
  2. Premier cas, n ≤ x < n + 1/2. Alors n + 1/2 ≤ x + 1/2 < n + 1 donc ⌊x + 1/2⌋ = n, et 2n ≤ 2x < 2n + 1 donc ⌊2x⌋ = 2n. Les deux membres valent 2n.
  3. Second cas, n + 1/2 ≤ x < n + 1. Alors n + 1 ≤ x + 1/2 < n + 3/2 donc ⌊x + 1/2⌋ = n + 1, et 2n + 1 ≤ 2x < 2n + 2 donc ⌊2x⌋ = 2n + 1. Les deux membres valent 2n + 1.

piège : Tester sur quelques valeurs décimales et croire avoir démontré. Seule la disjonction couvre tous les réels.

Erreurs fréquentes

  1. Multiplier une inéquation par un dénominateur dont on ne connaît pas le signe. On ramène tout d'un côté et on fait un tableau de signes.
  2. Élever au carré ou passer à l'inverse sans hypothèse de signe, puis enchaîner des équivalences qui n'en sont pas.
  3. Confondre sup et max, ou justifier une borne supérieure par une limite. La borne supérieure demande une majoration et le point à ε près.
  4. Traiter ⌊x⌋ comme la troncature pour les négatifs, ou supposer ⌊x + y⌋ = ⌊x⌋ + ⌊y⌋.
  5. Soustraire ou diviser deux inégalités membre à membre. On additionne des inégalités de même sens, on multiplie seulement entre positifs.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de BCPST 1ère année (2021), partie « Outils 2 – Nombres réels ». Elle couvre les intervalles, la valeur absolue, la partie entière, les puissances et racines, la manipulation des inégalités et la notion de borne supérieure.