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PSI · Maths · semaine 16

Séries entières

Séries entières de la variable réelle et de la variable complexe, lemme d'Abel et rayon de convergence, règles de comparaison des coefficients et usage de la règle de d'Alembert. Régularité de la somme, convergence normale sur tout segment de l'intervalle ouvert de convergence, caractère C infini, dérivation et primitivation terme à terme. Développement en série entière au voisinage de 0, série de Taylor, développements des fonctions usuelles, puis séries géométrique et exponentielle de la variable complexe.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Le lemme d'Abel donne l'existence du rayon RR. Il y a convergence absolue strictement à l'intérieur, divergence grossière strictement à l'extérieur, et rien de général sur le bord.
  2. On calcule RR par d'Alembert, par comparaison des coefficients, ou par le caractère borné de (anrn)(a_n r^n).
  3. La convergence est normale sur tout segment de ]−R,R[\intoo{-R}{R}, mais rarement sur l'intervalle entier. Cela suffit pour la continuité et la dérivabilité.
  4. Sur ]−R,R[\intoo{-R}{R} la somme est C∞C^\infty, on dérive et on primitive terme à terme sans changer le rayon, et les coefficients valent f(n)(0)/n!f^{(n)}(0)/n!.
  5. Le développement en série entière, quand il existe, est unique et coïncide avec la série de Taylor. Les développements usuels doivent être connus par cœur, et la méthode par équation différentielle sert pour les autres.
Pourquoi ce chapitre

Une série entière est une série de fonctions d'une forme très particulière, ∑anzn\sum a_n z^n. Cette forme rigide a une contrepartie agréable : le domaine de convergence est presque entièrement déterminé par un seul nombre, le rayon de convergence.

Sur l'intervalle ouvert de convergence, la somme est indéfiniment dérivable : on peut dériver et primitiver terme à terme sans précaution.

Les séries entières servent à :

  • résoudre des équations différentielles ;
  • calculer des sommes ;
  • obtenir des développements asymptotiques ;
  • fournir le cadre des fonctions génératrices en probabilités.

L'étude du comportement au bord de l'intervalle de convergence n'est pas un objectif du programme de PC.

1Rayon de convergence

1.1Lemme d'Abel

Lemme 1.1Lemme d'Abel

Hypothèses

  • z0z_0 est un nombre complexe ;
  • la suite (anz0n)(a_n z_0^n) est bornée.

Alors pour tout nombre complexe zz tel que ∣z∣<∣z0∣\abs{z} < \abs{z_0}, la série ∑anzn\sum a_n z^n converge absolument.

Démonstration

Soit MM un majorant de ∣anz0n∣\abs{a_n z_0^n}. Posons q=∣z∣/∣z0∣q = \abs{z}/\abs{z_0}, qui est strictement inférieur à 1. Alors ∣anzn∣=∣anz0n∣ qn⩽Mqn.\abs{a_n z^n} = \abs{a_n z_0^n}\,q^n \leqslant M q^n. On conclut par comparaison avec une série géométrique convergente.

Ce lemme explique pourquoi le domaine de convergence est un disque.

1.2Définition du rayon

Définition 1.2Rayon de convergence

Le rayon de convergence RR de la série entière ∑anzn\sum a_n z^n est la borne supérieure, dans [0,+∞][0, +\infty], de l'ensemble des réels positifs rr tels que la suite (anrn)(a_n r^n) soit bornée.

Théorème 1.3Convergence selon la position de zz

Hypothèse : RR est le rayon de convergence de ∑anzn\sum a_n z^n.

Alors :

  • si ∣z∣<R\abs{z} < R, la série ∑anzn\sum a_n z^n converge absolument ;
  • si ∣z∣>R\abs{z} > R, la série diverge grossièrement, car (anzn)(a_n z^n) n'est même pas bornée ;
  • si ∣z∣=R\abs{z} = R, on ne peut rien dire en général.

Définition 1.4Intervalle et disque de convergence

Dans le cas réel, ]−R,R[\intoo{-R}{R} est l'intervalle ouvert de convergence. Dans le cas complexe, le disque ouvert de centre 0 et de rayon RR est le disque ouvert de convergence.

Exemple 1.5Trois rayons

  • ∑zn\sum z^n a pour rayon 11.
  • ∑zn/n!\sum z^n/n! a pour rayon +∞+\infty.
  • ∑n! zn\sum n!\,z^n a pour rayon 00.

Attention

Le rayon ne dit rien du bord. Sur le cercle de rayon RR, tous les comportements sont possibles :

  • ∑zn\sum z^n diverge en tout point du cercle unité ;
  • ∑zn/n2\sum z^n/n^2 converge absolument en tout point ;
  • ∑zn/n\sum z^n/n converge en certains points et pas en z=1z = 1.

1.3Comparaison des coefficients

Notons RaR_a et RbR_b les rayons de ∑anzn\sum a_n z^n et ∑bnzn\sum b_n z^n.

Propriété 1.6Comparaison des rayons

  • Si an=O(bn)a_n = O(b_n), alors Ra⩾RbR_a \geqslant R_b. C'est vrai en particulier si an=o(bn)a_n = o(b_n).
  • Si an∼bna_n \sim b_n, alors Ra=RbR_a = R_b.
Démonstration

Idée pour le premier point : si r<Rbr < R_b, la suite (bnrn)(b_n r^n) est bornée, et la domination des coefficients entraîne que (anrn)(a_n r^n) l'est aussi.

Propriété 1.7Résultat de référence

Pour tout réel α\alpha, la série ∑nαxn\sum n^\alpha x^n a pour rayon 11.

C'est immédiat par comparaison avec ∑xn\sum x^n dans les deux sens.

1.4Règle de d'Alembert

Propriété 1.8Règle de d'Alembert

Hypothèses

  • les ana_n sont non nuls à partir d'un certain rang ;
  • ∣an+1∣/∣an∣\abs{a_{n+1}}/\abs{a_n} tend vers L∈[0,+∞]L \in [0, +\infty].

Alors R=1/LR = 1/L, avec les conventions R=+∞R = +\infty si L=0L = 0 et R=0R = 0 si L=+∞L = +\infty.

Démonstration

À zz fixé non nul, le rapport des modules des termes consécutifs de la série numérique vaut ∣an+1∣∣z∣/∣an∣\abs{a_{n+1}}\abs{z}/\abs{a_n}, qui tend vers L∣z∣L\abs{z}. La règle de d'Alembert pour les séries numériques donne la convergence absolue si L∣z∣<1L\abs{z} < 1 et la divergence si L∣z∣>1L\abs{z} > 1.

Attention

Cette règle ne s'applique pas quand une infinité de coefficients sont nuls, par exemple pour ∑z2n\sum z^{2n}. Dans ce cas on pose u=z2u = z^2 et on se ramène à une série entière en uu, ou on applique directement la règle de d'Alembert à la série numérique.

1.5Somme et produit

Propriété 1.9Somme et produit de Cauchy

  • Le rayon de la série somme est au moins min⁡(Ra,Rb)\min(R_a, R_b), avec égalité si Ra≠RbR_a \neq R_b.
  • Le rayon du produit de Cauchy est également au moins min⁡(Ra,Rb)\min(R_a, R_b).
  • Sur le disque commun, la somme du produit est le produit des sommes.

Attention

Quand Ra=RbR_a = R_b, le rayon de la somme peut être strictement plus grand. Les séries de coefficients an=1a_n = 1 et bn=−1b_n = -1 ont chacune un rayon égal à 11, et leur somme est la série nulle, de rayon infini.

2Régularité de la somme d'une série entière de la variable réelle

2.1Convergence normale sur tout segment

Théorème 2.1Convergence normale sur tout segment

Hypothèse : ∑anxn\sum a_n x^n est une série entière de rayon R>0R > 0.

Alors elle converge normalement sur tout segment inclus dans ]−R,R[\intoo{-R}{R}.

Démonstration

Soit [−r,r]\intff{-r}{r} avec 0<r<R0 < r < R. Pour tout xx de ce segment, ∣anxn∣⩽∣an∣rn\abs{a_n x^n} \leqslant \abs{a_n} r^n, et ∑∣an∣rn\sum \abs{a_n} r^n converge puisque r<Rr < R. La majoration est uniforme, la convergence est normale.

Attention

La convergence n'est en général pas normale sur ]−R,R[\intoo{-R}{R} tout entier. Pour ∑xn\sum x^n sur ]−1,1[\intoo{-1}{1}, le sup de ∣xn∣\abs{x^n} vaut 11 et la série ∑1\sum 1 diverge. On travaille donc systématiquement sur les segments.

2.2Continuité

Propriété 2.2Continuité de la somme

La somme d'une série entière de rayon R>0R > 0 est continue sur ]−R,R[\intoo{-R}{R}.

Cela découle du théorème de continuité des séries de fonctions, appliqué sur tout segment, la continuité étant une propriété locale.

2.3Primitivation et dérivation terme à terme

Propriété 2.3Même rayon

Les séries ∑anxn\sum a_n x^n, ∑nanxn−1\sum n a_n x^{n-1} et ∑anxn+1n+1\sum \dfrac{a_n x^{n+1}}{n+1} ont toutes le même rayon de convergence RR.

Cela se déduit de la comparaison des coefficients et du fait que le rayon de ∑nαxn\sum n^\alpha x^n vaut 11.

Théorème 2.4Dérivation terme à terme

Hypothèses

  • ff est la somme d'une série entière ∑anxn\sum a_n x^n de rayon R>0R > 0.

Alors ff est de classe C∞C^\infty sur ]−R,R[\intoo{-R}{R}, et toutes ses dérivées s'obtiennent par dérivation terme à terme. En particulier f′(x)=∑n=1+∞nanxn−1.f'(x) = \sum_{n=1}^{+\infty} n a_n x^{n-1}.

De même, la primitive de ff qui s'annule en 00 est x↦∑n=0+∞anxn+1n+1x \mapsto \sum_{n=0}^{+\infty} \dfrac{a_n x^{n+1}}{n+1}.

Propriété 2.5Coefficients par les dérivées

Avec les mêmes hypothèses, en évaluant en 00 la dérivée d'ordre nn, on obtient an=f(n)(0)n!.a_n = \frac{f^{(n)}(0)}{n!}.

Attention

Ces résultats valent sur l'intervalle ouvert de convergence, jamais au bord.

3Développement en série entière au voisinage de 0

3.1Définitions

Définition 3.1Fonction développable en série entière

Une fonction ff définie sur un intervalle contenant 00 est développable en série entière sur ]−r,r[\intoo{-r}{r} s'il existe une série entière de rayon au moins rr dont la somme coïncide avec ff sur ]−r,r[\intoo{-r}{r}.

Définition 3.2Série de Taylor

Si ff est de classe C∞C^\infty au voisinage de 00, sa série de Taylor en 00 est la série entière de coefficients f(n)(0)/n!f^{(n)}(0)/n!.

Propriété 3.3Unicité du développement

Si ff est développable en série entière sur ]−r,r[\intoo{-r}{r}, le développement est unique et c'est nécessairement la série de Taylor de ff en 00.

En effet les coefficients sont imposés par an=f(n)(0)/n!a_n = f^{(n)}(0)/n!.

La formule de Taylor avec reste intégral permet de majorer la différence entre ff et la somme partielle d'ordre nn de sa série de Taylor, et de montrer que ce reste tend vers 00.

Attention

Pour la culture : une fonction de classe C∞C^\infty n'est pas forcément développable en série entière. La série de Taylor peut converger vers autre chose que la fonction. L'exemple standard est la fonction qui vaut e−1/x2\e^{-1/x^2} pour x≠0x \neq 0 et 00 en 00, dont toutes les dérivées en 00 sont nulles. Cet exemple est hors programme en PC : l'existence du développement est une vraie propriété, pas une conséquence de la régularité.

3.2Développements usuels à connaître

Propriété 3.4Rayon infini

Pour tout xx réel : exp⁡(x)=∑n=0+∞xnn!,cos⁡(x)=∑n=0+∞(−1)nx2n(2n)!,sin⁡(x)=∑n=0+∞(−1)nx2n+1(2n+1)!,ch⁡(x)=∑n=0+∞x2n(2n)!,sh⁡(x)=∑n=0+∞x2n+1(2n+1)!.\begin{aligned} \exp(x) &= \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{x^n}{n!},\\ \cos(x) &= \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-1)^n x^{2n}}{(2n)!},\\ \sin(x) &= \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-1)^n x^{2n+1}}{(2n+1)!},\\ \operatorname{ch}(x) &= \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{x^{2n}}{(2n)!},\\ \operatorname{sh}(x) &= \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{x^{2n+1}}{(2n+1)!}. \end{aligned} Tous ces développements ont un rayon infini.

Propriété 3.5Rayon 1

Pour ∣x∣<1\abs{x} < 1 : 11−x=∑n=0+∞xn,ln⁡(1+x)=∑n=1+∞(−1)n−1xnn,arctan⁡(x)=∑n=0+∞(−1)nx2n+12n+1.\begin{aligned} \frac{1}{1-x} &= \sum_{n=0}^{+\infty} x^n,\\ \ln(1+x) &= \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{(-1)^{n-1} x^n}{n},\\ \arctan(x) &= \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(-1)^n x^{2n+1}}{2n+1}. \end{aligned} Ces trois développements ont un rayon 11.

Propriété 3.6Développement de (1+x)α(1+x)^\alpha

Pour ∣x∣<1\abs{x} < 1 et α\alpha réel : (1+x)α=1+∑n=1+∞α(α−1)⋯(α−n+1)n! xn.(1+x)^\alpha = 1 + \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{\alpha(\alpha-1)\cdots(\alpha-n+1)}{n!}\,x^n. Le rayon vaut 11 si α\alpha n'est pas un entier naturel, et +∞+\infty sinon, puisque le développement est alors polynomial.

Les développements de ln⁡(1+x)\ln(1+x) et de arctan⁡\arctan s'obtiennent commodément par primitivation terme à terme, à partir de 1/(1+x)1/(1+x) et de 1/(1+x2)1/(1+x^2).

3.3Développement par équation différentielle

C'est une capacité explicitement attendue.

MéthodeDévelopper par une équation différentielle

  1. Analyse : on suppose que ff est somme d'une série entière de rayon R>0R > 0, on injecte le développement dans l'équation différentielle linéaire vérifiée par ff, et on identifie les coefficients. On obtient une relation de récurrence sur les ana_n.
  2. Résolution : on résout la récurrence et on calcule le rayon de convergence de la série obtenue.
  3. Synthèse : on vérifie que la somme obtenue est bien solution de l'équation différentielle avec les mêmes conditions initiales que ff, et on conclut par unicité de la solution du problème de Cauchy. Cette unicité est explicitement admise.

Exemple 3.7Développement de (1+x)α(1+x)^\alpha

On part de l'équation (1+x)f′(x)=αf(x)(1+x)f'(x) = \alpha f(x) avec f(0)=1f(0) = 1. En posant f(x)=∑anxnf(x) = \sum a_n x^n, l'identification donne (n+1)an+1+nan=αan,(n+1)a_{n+1} + n a_n = \alpha a_n, soit an+1=an α−nn+1.a_{n+1} = a_n\,\frac{\alpha - n}{n+1}. Avec a0=1a_0 = 1, on retrouve le développement annoncé.

4Séries géométrique et exponentielle de la variable complexe

Théorème 4.1Continuité dans le cas complexe

La somme d'une série entière de la variable complexe est continue sur le disque ouvert de convergence.

La démonstration est hors programme. Dans le cas complexe, le programme se limite à cette propriété de régularité.

Deux développements sont au programme.

Propriété 4.2Série géométrique complexe

Pour ∣z∣<1\abs{z} < 1 : ∑n=0+∞zn=11−z.\sum_{n=0}^{+\infty} z^n = \frac{1}{1-z}.

Cela résulte directement de la formule de la somme d'une suite géométrique et du fait que znz^n tend vers 00.

Définition 4.3Exponentielle complexe

Pour tout zz de C\C, on note exp⁡(z)=∑n=0+∞znn!\exp(z) = \sum_{n=0}^{+\infty} \dfrac{z^n}{n!}.

Le rayon est infini par la règle de d'Alembert. Le produit de Cauchy, applicable car il y a convergence absolue, donne exp⁡(z)exp⁡(w)=exp⁡(z+w).\exp(z)\exp(w) = \exp(z+w). En particulier, pour θ\theta réel, exp⁡(iθ)=cos⁡θ+isin⁡θ\exp(\ii\theta) = \cos\theta + \ii\sin\theta, ce qui se lit en séparant les termes de rang pair et impair.

Méthodes

MéthodeCalculer un rayon de convergence

  1. Utiliser la règle de d'Alembert si le rapport des coefficients est simple.
  2. Sinon, comparer à ∑nαxn\sum n^\alpha x^n.
  3. Sinon, revenir à la définition en cherchant pour quels rr la suite (anrn)(a_n r^n) est bornée.
  4. Si les coefficients sont nuls un terme sur deux, poser u=x2u = x^2 ou traiter la série numérique directement.

MéthodeCalculer la somme d'une série entière

  1. Partir des développements usuels.
  2. Utiliser dérivation, primitivation, décomposition en éléments simples ou changement d'indice.

MéthodeDévelopper une fonction en série entière

  1. Chercher d'abord à la ramener aux développements usuels par opérations.
  2. Si cela échoue, passer par une équation différentielle.

MéthodeJustifier une interversion

Pour une interversion somme-dérivée ou somme-intégrale à l'intérieur de l'intervalle de convergence, il suffit de citer la convergence normale sur tout segment.

MéthodeCalculer la somme d'une série numérique

  1. Reconnaître la série comme valeur en un point d'une série entière.
  2. Calculer la somme de cette série entière.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Démontrer le lemme d'Abel et en déduire la définition du rayon de convergence.
  2. Calculer les rayons de ∑zn/n!\sum z^n/n!, ∑n! zn\sum n!\,z^n, ∑nαzn\sum n^\alpha z^n et ∑z2n/n\sum z^{2n}/n.
  3. Démontrer qu'une série entière converge normalement sur tout segment de l'intervalle ouvert de convergence, et expliquer pourquoi pas sur l'intervalle entier.
  4. Justifier que la somme est de classe C∞C^\infty et exprimer ana_n à l'aide des dérivées en 00.
  5. Écrire de mémoire les développements de exp⁡\exp, cos⁡\cos, sin⁡\sin, ch⁡\operatorname{ch}, sh⁡\operatorname{sh}, ln⁡(1+x)\ln(1+x), arctan⁡\arctan et (1+x)α(1+x)^\alpha, avec leurs rayons.
  6. Retrouver le développement de arctan⁡\arctan par primitivation de 1/(1+x2)1/(1+x^2).
  7. Développer une fonction en série entière par la méthode de l'équation différentielle, en distinguant analyse et synthèse.
  8. Calculer la somme des nxnn x^n et des n2xnn^2 x^n pour ∣x∣<1\abs{x} < 1.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Lemme d'Abel : si (an z₀ⁿ) est bornée, Σ an zⁿ converge absolument pour |z| < |z₀|. Démonstration exigible.
  • Définition de R comme borne supérieure dans [0, +∞] des r ≥ 0 tels que (an rⁿ) soit bornée. Convergence absolue si |z| < R, divergence grossière si |z| > R. Démonstration exigible.
  • Comparaison : an = O(bn) entraîne Ra ≥ Rb. an équivalent à bn entraîne Ra = Rb. Démonstration exigible.
  • Pour tout réel α, Σ nα xⁿ a pour rayon 1. Démonstration exigible.
  • Règle de d'Alembert : si an ≠ 0 à partir d'un certain rang et |an+1/an| tend vers L dans [0, +∞], alors R = 1/L. Démonstration exigible, par la règle des séries numériques.
  • Rayon de la somme au moins min(Ra, Rb), avec égalité si Ra ≠ Rb. Rayon du produit de Cauchy au moins min(Ra, Rb), et la somme du produit est le produit des sommes. Exigible, via le produit de Cauchy de séries absolument convergentes.
  • Convergence normale sur tout segment de ]−R, R[. Démonstration exigible.
  • Continuité de la somme sur ]−R, R[ (variable réelle). Exigible, conséquence du précédent.
  • Σ an xⁿ et Σ n an xⁿ ont le même rayon. Primitivation terme à terme sur ]−R, R[. Démonstration exigible.
  • La somme est C∞ sur ]−R, R[, dérivées obtenues terme à terme, et an = f(n)(0)/n!. Démonstration exigible.
  • Unicité du développement en série entière sur ]−r, r[, avec r > 0. Démonstration exigible.
  • Formule de Taylor avec reste intégral, outil pour prouver un développement. Exigible.
  • Développements de exp, cos, sin, ch, sh, arctan, ln(1 + x), (1 + x)α avec leurs rayons. À connaître par cœur.
  • Développement par équation différentielle linéaire. Savoir-faire exigible. L'unicité de la solution du problème de Cauchy est admise.
  • Continuité de la somme d'une série entière complexe sur le disque ouvert de convergence. Démonstration hors programme.
  • Σ zⁿ = 1/(1 − z) pour |z| < 1 et exp(z) = Σ zⁿ/n! sur C. Exigible.
  • Hors programme en PC : formule d'Hadamard avec limite supérieure, théorème d'Abel radial, comportement au bord, dérivation par rapport à la variable complexe.

Clés de démonstration

Lemme d'Abel. On majore |an z₀ⁿ| par M et on écrit |an zⁿ| = |an z₀ⁿ| qⁿ avec q = |z|/|z₀| < 1. La série est dominée par M Σ qⁿ, qui converge. Astuce : faire apparaître le terme borné en facteur d'une géométrique.

Existence du rayon. Si |z| < R, par définition de la borne supérieure, il existe r avec |z| < r ≤ R et (an rⁿ) bornée. Le lemme d'Abel appliqué avec z₀ = r conclut. Si |z| > R, alors |z| n'est pas dans l'ensemble, donc (an zⁿ) n'est pas bornée, et ne tend pas vers 0. Astuce : caractérisation de la borne supérieure.

Comparaison des coefficients. Si r < Rb, (bn rⁿ) est bornée, et |an| rⁿ ≤ C |bn| rⁿ l'est aussi. Donc tout r < Rb vérifie r ≤ Ra. Pour l'équivalence, on a domination dans les deux sens. Astuce : ne travailler qu'avec des suites bornées.

Rayon de Σ nα xⁿ. Pour r < 1, nα rⁿ tend vers 0 par croissances comparées, donc R ≥ 1. Pour r > 1, nα rⁿ tend vers +∞, donc R ≤ 1. Astuce : croissances comparées, pas de d'Alembert nécessaire.

Même rayon pour la dérivée. Comme |an| ≤ n|an| pour n ≥ 1, le rayon de Σ n an xⁿ est au plus R. Pour r < R, on choisit ρ entre r et R, et n|an| rⁿ = |an| ρⁿ × n (r/ρ)ⁿ est borné. Astuce : intercaler un ρ.

Convergence normale et régularité. Sur [−r, r] avec r < R, sup |an xⁿ| = |an| rⁿ, terme d'une série convergente. La série dérivée a le même rayon, donc converge normalement sur ce segment aussi. Le théorème de dérivation des séries de fonctions donne C¹, puis une récurrence donne C∞. Astuce : tout se fait sur les segments, puis la régularité étant locale, s'étend à ]−R, R[.

Unicité du développement. La dérivée k-ième en 0 de Σ an xⁿ vaut k! ak. Deux séries de même somme au voisinage de 0 ont donc mêmes coefficients. Astuce : évaluer en 0 après dérivation terme à terme.

Exponentielle complexe. Les séries Σ zⁿ/n! et Σ wⁿ/n! convergent absolument. Le terme général de leur produit de Cauchy est Σk zk wn−k/(k!(n−k)!) = (z + w)ⁿ/n!. Astuce : formule du binôme.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. Σ zⁿ, Σ zⁿ/n et Σ zⁿ/n² ont toutes un rayon égal à 1, avec trois comportements différents au bord. Le rayon ne voit pas les puissances de n.
  2. Σ n! zⁿ a un rayon nul : la somme n'existe qu'en 0. Σ zⁿ/n! a un rayon infini.
  3. Σ z2n/n a pour rayon 1. D'Alembert sur les coefficients est inapplicable, il faut poser u = z².
  4. Coefficients an = 2ⁿ pour n pair et 3ⁿ pour n impair : le rapport an+1/an n'a pas de limite, pourtant R = 1/3 par encadrement 2ⁿ ≤ an ≤ 3ⁿ et étude de la suite bornée. D'Alembert n'est pas une condition nécessaire.
  5. Σ sin(n) xⁿ a pour rayon 1 : les coefficients sont bornés, d'où R ≥ 1, et sin n ne tend pas vers 0, d'où divergence grossière en x = 1.
  6. Σ xⁿ converge normalement sur [−r, r] pour tout r < 1, mais pas sur ]−1, 1[. C'est l'exemple qui justifie de travailler sur les segments.
  7. an = 1 et bn = −1 : chaque rayon vaut 1, la somme est de rayon infini. L'égalité R = min(Ra, Rb) exige Ra ≠ Rb.
  8. x ↦ 1/(1 + x²) est C∞ sur R, mais son développement en 0 a un rayon 1. La régularité réelle ne fixe pas le rayon.
  9. Σ (1 + 1/n)ⁿ xⁿ : les coefficients tendent vers e, équivalents à la constante e, donc R = 1.

Techniques du chapitre

Technique 1 : d'Alembert sur la série numérique quand des coefficients sont nuls. Mini-exercice : Σ 2ⁿ x3n. À x ≠ 0 fixé, le rapport des termes consécutifs vaut 2|x|³. Convergence si 2|x|³ < 1, divergence si 2|x|³ > 1, donc R = 2−1/3.

Technique 2 : encadrer les coefficients. Mini-exercice : an est le nombre de diviseurs de n ≥ 1. On a 1 ≤ an ≤ n. Les séries Σ xⁿ et Σ n xⁿ ont pour rayon 1, donc R = 1.

Technique 3 : remplacer les coefficients par un équivalent. Mini-exercice : an = ln(1 + 1/n). Comme an est équivalent à 1/n et que Σ xⁿ/n a pour rayon 1, R = 1.

Technique 4 : dériver une série géométrique. Mini-exercice : pour |x| < 1, Σ n xn−1 = 1/(1 − x)² par dérivation terme à terme. En multipliant par x, Σ n xⁿ = x/(1 − x)².

Technique 5 : décomposer en éléments simples. Mini-exercice : 1/((1 − x)(2 − x)) = 1/(1 − x) − 1/(2 − x). Or 1/(2 − x) = Σ xⁿ/2n+1 pour |x| < 2. Donc an = 1 − 2−(n+1) et R = 1, car les rayons 1 et 2 sont distincts.

Technique 6 : sommer une série numérique par une série entière. Mini-exercice : Σ n/2ⁿ est la valeur en x = 1/2 de Σ n xⁿ. Comme 1/2 < 1, elle vaut (1/2)/(1/4) = 2.

Technique 7 : produit de Cauchy. Mini-exercice : pour |x| < 1, −ln(1 − x) = Σk≥1 xk/k. Le produit avec Σ xⁿ donne −ln(1 − x)/(1 − x) = Σ Hn xⁿ, avec Hn = 1 + 1/2 + … + 1/n. Comme Hn est équivalent à ln n, le rayon vaut 1.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Quatre rayons

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Déterminer le rayon de Σ (nⁿ/n!) xⁿ, Σ C(2n, n) xⁿ, Σ (ln n) xⁿ et Σ xn².

Technique choisir entre d'Alembert, comparaison et étude directe.

Voir le corrigé
  1. Pour nⁿ/n!, le rapport vaut (n + 1)ⁿ⁺¹ n!/((n + 1)! nⁿ) = (1 + 1/n)ⁿ, qui tend vers e. Donc R = 1/e.
  2. Pour C(2n, n), le rapport vaut (2n + 2)(2n + 1)/(n + 1)², qui tend vers 4. Donc R = 1/4.
  3. Pour ln n, on a 1 ≤ ln n ≤ n pour n ≥ 3, d'où R = 1 par encadrement.
  4. Pour Σ xn², les coefficients valent 0 ou 1, donc sont bornés et R ≥ 1. En x = 1, le terme d'indice n² vaut 1, la série diverge grossièrement. Donc R = 1.

piège : Appliquer d'Alembert aux coefficients de Σ xn², dont une infinité sont nuls.

Exercice 2. Somme de Σ n² xⁿ

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Calculer Σ n² xⁿ pour |x| < 1, puis Σ n²/2ⁿ.

Technique appliquer deux fois l'opérateur x d/dx.

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  1. Le rayon vaut 1 par l'exemple de référence Σ nα xⁿ.
  2. On part de Σ n xⁿ = x/(1 − x)², obtenu en technique 4.
  3. La dérivée de x(1 − x)−2 vaut (1 − x)−2 + 2x(1 − x)−3 = (1 + x)/(1 − x)³.
  4. En multipliant par x, Σ n² xⁿ = x(1 + x)/(1 − x)³.
  5. En x = 1/2, on obtient (3/4) × 8 = 6.

piège : Dériver Σ n xⁿ sans remultiplier par x, ce qui donne Σ n² xn−1.

Exercice 3. Développement de arcsin

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Développer (1 − x²)−1/2 en série entière, puis arcsin.

Technique binôme généralisé, substitution, primitivation.

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  1. Pour α = −1/2, le coefficient α(α − 1)…(α − n + 1)/n! vaut (−1)ⁿ × 1 × 3 × … × (2n − 1)/(2ⁿ n!), c'est-à-dire (−1)ⁿ C(2n, n)/4ⁿ.
  2. Pour |u| < 1, (1 + u)−1/2 = Σ (−1)ⁿ C(2n, n) uⁿ/4ⁿ. On pose u = −x², valable pour |x| < 1.
  3. Donc (1 − x²)−1/2 = Σ C(2n, n) x2n/4ⁿ, rayon 1.
  4. arcsin est la primitive nulle en 0 de cette fonction sur ]−1, 1[. Par primitivation terme à terme, arcsin x = Σ C(2n, n) x2n+1/(4ⁿ(2n + 1)).

piège : Écrire le produit 1 × 3 × … × (2n − 1) sans le convertir, ou oublier que le rayon reste 1 après primitivation.

Exercice 4. Série cosinus

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit θ réel. Pour |x| < 1, calculer C(x) = Σn≥0 cos(nθ) xⁿ, puis Σn≥1 cos(nθ) xⁿ/n.

Technique partie réelle d'une série géométrique complexe.

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  1. Comme |cos(nθ) xⁿ| ≤ |x|ⁿ, le rayon est au moins 1.
  2. Pour |x| < 1, |x eiθ| < 1, donc Σ (x eiθ)ⁿ = 1/(1 − x eiθ).
  3. On multiplie par le conjugué : C(x) = (1 − x cos θ)/D(x), avec D(x) = 1 − 2x cos θ + x² = |1 − x eiθ|², strictement positif.
  4. C(x) − 1 = (x cos θ − x²)/D(x). Donc Σn≥1 cos(nθ) xn−1 = (cos θ − x)/D(x).
  5. Une primitive est −(1/2) ln D(x), nulle en 0. Par primitivation terme à terme, Σ cos(nθ) xⁿ/n = −(1/2) ln(1 − 2x cos θ + x²).

piège : Prendre la partie réelle du dénominateur au lieu de multiplier par le conjugué.

Exercice 5. Un logarithme déguisé

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Développer f(x) = ln(1 + x + x²) en série entière et donner le rayon.

Technique factorisation, puis développements usuels.

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  1. Pour x ≠ 1, 1 + x + x² = (1 − x³)/(1 − x). Pour |x| < 1, les deux facteurs sont strictement positifs.
  2. Donc f(x) = ln(1 − x³) − ln(1 − x) = −Σk≥1 x3k/k + Σn≥1 xⁿ/n.
  3. Le coefficient an vaut 1/n si 3 ne divise pas n, et 1/n − 3/n = −2/n sinon.
  4. Comme 1/n ≤ |an| ≤ 2/n, le rayon vaut 1.

piège : Croire que le rayon est infini parce que f est définie sur R. Les racines complexes de 1 + x + x² sont de module 1.

Exercice 6. Sommer par décomposition

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Calculer S(x) = Σn≥1 xⁿ/(n(n + 1)) pour |x| < 1.

Technique éléments simples, puis reconnaissance de ln.

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  1. Le coefficient est équivalent à 1/n², donc R = 1.
  2. S(0) = 0. Pour x non nul, 1/(n(n + 1)) = 1/n − 1/(n + 1), et les deux séries obtenues convergent.
  3. Σn≥1 xⁿ/n = −ln(1 − x).
  4. Σn≥1 xⁿ/(n + 1) = (1/x) Σm≥2 xm/m = (1/x)(−ln(1 − x) − x).
  5. Donc S(x) = 1 + (1 − x) ln(1 − x)/x pour x ≠ 0.

piège : Diviser par x sans traiter x = 0 à part, ou séparer deux séries sans vérifier que chacune converge.

Exercice 7. Développement par équation différentielle

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

Soit f(x) = arcsin(x)/√(1 − x²) sur ]−1, 1[. Montrer que (1 − x²) f'(x) − x f(x) = 1, puis en déduire le développement de f.

Technique analyse, résolution de la récurrence, rayon, synthèse.

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  1. En dérivant, f'(x) = 1/(1 − x²) + x arcsin(x)(1 − x²)−3/2. En multipliant par 1 − x², on obtient 1 + x f(x). De plus f(0) = 0.
  2. Analyse. Si f = Σ an xⁿ avec un rayon non nul, l'équation donne a1 = 1 pour la constante, puis, pour n ≥ 1, (n + 1) an+1 − (n − 1) an−1 − an−1 = 0, soit (n + 1) an+1 = n an−1.
  3. Résolution. a0 = 0 annule tous les coefficients pairs. Pour les impairs, a2p+1 = (2p/(2p + 1)) a2p−1, d'où a2p+1 = 4ᵖ (p!)²/(2p + 1)!.
  4. Rayon. À x ≠ 0 fixé, le rapport des termes consécutifs non nuls vaut (2p/(2p + 1)) x², qui tend vers x². Donc R = 1.
  5. Synthèse. La somme g vérifie la même équation sur ]−1, 1[, avec g(0) = 0. Sur cet intervalle, 1 − x² ne s'annule pas. L'unicité, admise, de la solution du problème de Cauchy donne f = g.

piège : Omettre la synthèse. L'analyse ne prouve rien tant qu'on n'a pas montré que f est développable.

Exercice 8. Suite de Fibonacci

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP PC

u0 = 0, u1 = 1, un+2 = un+1 + un. Montrer que Σ un xⁿ a un rayon au moins 1/2, calculer sa somme et en déduire un.

Technique fonction génératrice, puis unicité des coefficients.

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  1. Par récurrence forte, 0 ≤ un ≤ 2ⁿ. Donc R ≥ 1/2.
  2. Pour |x| < 1/2, on multiplie la relation par xn+2 et on somme : F(x) − x = x F(x) + x² F(x). Donc F(x) = x/(1 − x − x²).
  3. Avec φ = (1 + √5)/2 et ψ = (1 − √5)/2, on a φ + ψ = 1 et φψ = −1, donc 1 − x − x² = (1 − φx)(1 − ψx).
  4. Par éléments simples, F(x) = (1/√5)(1/(1 − φx) − 1/(1 − ψx)), développable pour |x| < 1/φ.
  5. Par unicité des coefficients au voisinage de 0, un = (φⁿ − ψⁿ)/√5. Le rayon vaut exactement 1/φ.

piège : Manipuler F sans avoir d'abord établi un rayon strictement positif.

Exercice 9. Rayon de Σ a_n² zⁿ

Approfondissement · Type oral Mines

Σ an zⁿ a pour rayon R. Montrer que Σ a_n² zⁿ a pour rayon R², avec les conventions 0² = 0 et (+∞)² = +∞.

Technique revenir à la définition par les suites bornées.

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  1. Soit R' le rayon cherché. On note que |a_n²| = |an|².
  2. Si 0 ≤ r < R, (an rⁿ) est bornée, donc (a_n² (r²)ⁿ) aussi. Donc r² ≤ R' pour tout r < R, d'où R² ≤ R'.
  3. Si 0 ≤ s < R', (a_n² sⁿ) est bornée par M. Alors |an| (√s)ⁿ ≤ √M, donc √s ≤ R, soit s ≤ R². D'où R' ≤ R².
  4. Les cas R = 0 et R = +∞ sont couverts par ces inégalités.

piège : Supposer que |an+1/an| a une limite. C'est inutile, et faux en général.

Exercice 10. Dérangements

Approfondissement · Type oral Centrale

On admet que le nombre Dn de permutations de {1, …, n} sans point fixe vérifie Σk=0n C(n, k) Dk = n!, avec D0 = 1. On pose D(x) = Σ Dn xⁿ/n!. Calculer D et en déduire Dn.

Technique série génératrice exponentielle et produit de Cauchy.

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  1. 0 ≤ Dn ≤ n!, donc les coefficients sont dans [0, 1] et R ≥ 1.
  2. Pour |x| < 1, le produit de Cauchy de ex et D(x) a pour coefficient Σk Dk/(k!(n − k)!) = n!/n! = 1.
  3. Donc ex D(x) = 1/(1 − x), soit D(x) = e−x/(1 − x).
  4. Le produit de Cauchy de e−x et de Σ xⁿ donne le coefficient Σk=0n (−1)k/k!.
  5. Par unicité, Dn = n! Σk=0n (−1)k/k!. En particulier Dn/n! tend vers 1/e.

piège : Oublier la factorielle : le coefficient de xⁿ est Dn/n!, pas Dn.

Erreurs fréquentes

  1. Appliquer d'Alembert aux coefficients alors qu'une infinité d'entre eux sont nuls, ou croire que R n'existe pas quand le rapport n'a pas de limite.
  2. Déduire une convergence au bord à partir du rayon, ou dériver et primitiver terme à terme en x = ±R.
  3. Invoquer la convergence normale sur ]−R, R[ tout entier au lieu de travailler sur un segment [−r, r] avec r < R.
  4. Conclure un développement par équation différentielle sans synthèse, ou sans citer l'unicité de la solution du problème de Cauchy.
  5. Écrire que le rayon d'une somme est le minimum des rayons sans vérifier que ces rayons sont distincts, ou décaler les indices d'une somme sans ajuster les premiers termes.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de PC (2021), partie « Suites et séries de fonctions », section C « Séries entières ». Les coefficients ana_n sont réels ou complexes, la variable est notée xx quand elle est réelle et zz quand elle est complexe.

Au concours

Les questions des sujets corrigés qui travaillent ce chapitre. La première question de chaque sujet est en accès libre.

CCINP 2025, PSI, Mathématiques

  • Q5 et Q6 Fonction génératrice d'une loi de Poisson

Centrale-Supélec 2025, PSI, Mathématiques 2

  • Q32 à Q35 Série génératrice de polynômes, dérivation terme à terme et équation différentielle
  • Q36 Fonction génératrice des polynômes de Bernoulli
  • Q41 et Q42 Fonction génératrice des polynômes d'Euler et unicité du développement