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MP · Maths · semaine 13

Suites et séries de fonctions

Convergence simple, uniforme et normale, théorèmes de continuité, de double limite, d'intégration et de dérivation terme à terme, approximation de Weierstrass.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Convergence simple : le rang dépend du point. Convergence uniforme : le rang est le même partout, ce qui se traduit par la borne supérieure de l'écart qui tend vers 00.
  2. Continuité, double limite, intégration sur un segment et dérivation se transmettent à la limite sous convergence uniforme, la dérivation demandant la convergence uniforme des dérivées et seulement la convergence simple des fonctions.
  3. Pour les séries, convergence normale implique convergence uniforme implique convergence simple, et aucune réciproque n'est vraie.
  4. La convergence uniforme sur tout segment suffit pour toutes les propriétés locales, et c'est presque toujours ce qu'on démontre en pratique.
  5. Sur un intervalle non borné, la convergence uniforme ne permet pas de passer à la limite sous l'intégrale. Il faut la domination.
Pourquoi ce chapitre

Une grande partie des fonctions intéressantes ne se définit pas par une formule close, mais comme limite d'une suite de fonctions ou comme somme d'une série de fonctions.

  • La fonction zêta entre dans ce cadre.
  • Les solutions d'équations différentielles construites par approximations successives aussi.
  • Les fonctions génératrices en probabilités aussi.

La question centrale est la suivante. Les propriétés des termes (continuité, dérivabilité, valeur de l'intégrale) passent-elles à la limite ? La réponse est non pour la convergence simple, et oui sous convergence uniforme.

Ce chapitre installe trois modes de convergence et quatre théorèmes de transfert. Aux concours il sert d'outil au service d'une étude de fonction. Le réflexe attendu est de choisir le bon intervalle sur lequel vérifier la convergence uniforme, ce qui reste possible même quand elle échoue globalement.

DéfinitionCadre

Les fonctions sont définies sur une partie AA d'un espace normé de dimension finie et à valeurs dans un espace normé FF de dimension finie. En pratique, AA est le plus souvent une partie de R\R et FF vaut R\R ou C\C.

1Convergence simple, convergence uniforme

1.1Les deux définitions

Définition 1.1Convergence simple

La suite (un)(u_n) converge simplement vers uu sur AA si, pour tout x∈Ax \in A, la suite numérique (un(x))(u_n(x)) converge vers u(x)u(x). En quantificateurs : pour tout x∈Ax \in A et tout ε>0\varepsilon > 0, il existe NN tel que, pour tout n⩾Nn \geqslant N, ∥un(x)−u(x)∥⩽ε.\norm{u_n(x) - u(x)} \leqslant \varepsilon. Le rang NN dépend de xx.

Définition 1.2Convergence uniforme

La suite (un)(u_n) converge uniformément vers uu sur AA si, pour tout ε>0\varepsilon > 0, il existe NN tel que, pour tout n⩾Nn \geqslant N et pour tout x∈Ax \in A, ∥un(x)−u(x)∥⩽ε.\norm{u_n(x) - u(x)} \leqslant \varepsilon. Ici le rang NN est le même pour tous les points de AA.

Toute la différence est dans l'ordre des quantificateurs. La convergence uniforme entraîne la convergence simple, la réciproque est fausse.

1.2Traduction par la borne supérieure

Propriété 1.3Caractérisation par la borne supérieure

Posons Mn=sup⁡x∈A∥un(x)−u(x)∥,M_n = \sup_{x \in A} \norm{u_n(x) - u(x)}, valeur éventuellement infinie. Alors (un)(u_n) converge uniformément vers uu sur AA si et seulement si Mn→0M_n \to 0. Pour des fonctions bornées, MnM_n est la norme de la convergence uniforme de un−uu_n - u.

MéthodeÉtudier la convergence uniforme d'une suite

  1. Calculer la limite simple uu, qui donne le candidat.
  2. Étudier la fonction écart x↦∥un(x)−u(x)∥x \mapsto \norm{u_n(x) - u(x)}.
  3. Pour réfuter la convergence uniforme, exhiber une suite (xn)(x_n) de points de AA telle que ∥un(xn)−u(xn)∥\norm{u_n(x_n) - u(x_n)} ne tende pas vers 00.

1.3Exemple de référence

Exemple 1.4La suite xnx^n sur [0,1][0, 1]

Soit un(x)=xnu_n(x) = x^n sur [0,1]\intff{0}{1}. La limite simple uu vaut 00 sur [0,1[\intfo{0}{1} et 11 en 11. Elle est discontinue, alors que chaque unu_n est continue : il n'y a pas convergence uniforme sur [0,1]\intff{0}{1}.

On le voit aussi avec xn=1−1/nx_n = 1 - 1/n : un(xn)→e−1u_n(x_n) \to \e^{-1}, alors que u(xn)=0u(x_n) = 0.

Sur [0,a]\intff{0}{a} avec 0<a<10 < a < 1, la borne supérieure de ∣xn∣\abs{x^n} vaut an→0a^n \to 0. Il y a convergence uniforme sur tout segment de [0,1[\intfo{0}{1}.

La convergence uniforme est locale, pas globale, et cela suffit pour la plupart des théorèmes.

2Continuité et théorème de la double limite

2.1Continuité

Théorème 2.1Continuité de la limite uniforme

Hypothèses

  • (un)(u_n) est une suite de fonctions de AA dans FF convergeant uniformément vers uu sur AA ;
  • chaque unu_n est continue en un point aa de AA.

Alors uu est continue en aa. En particulier, une limite uniforme de fonctions continues sur AA est continue sur AA.

Démonstration

C'est l'argument en trois epsilon. On écrit ∥u(x)−u(a)∥⩽∥u(x)−un(x)∥+∥un(x)−un(a)∥+∥un(a)−u(a)∥.\begin{aligned} \norm{u(x) - u(a)} &\leqslant \norm{u(x) - u_n(x)}\\ &+ \norm{u_n(x) - u_n(a)}\\ &+ \norm{u_n(a) - u(a)}. \end{aligned} On choisit nn assez grand pour que les deux termes extrêmes soient petits, uniformément en xx. On utilise ensuite la continuité de ce unu_n fixé pour contrôler le terme du milieu.

Remarque

La continuité est une propriété locale. Il suffit d'avoir la convergence uniforme au voisinage de aa, ou sur tout segment quand AA est un intervalle de R\R. C'est ce que le programme appelle vérifier la convergence uniforme sur des intervalles adaptés à la situation.

2.2Théorème de la double limite

Théorème 2.2Double limite

Hypothèses

  • (un)(u_n) est une suite de fonctions de AA dans FF convergeant uniformément vers uu sur AA ;
  • aa est un point adhérent à AA ;
  • pour tout nn, unu_n admet une limite ℓn\ell_n en aa.

Alors la suite (ℓn)(\ell_n) converge vers une limite ℓ\ell, et u(x)→ℓu(x) \to \ell quand x→ax \to a.

Remarque

La démonstration est hors programme.

Sous convergence uniforme, on peut intervertir les deux limites : la limite en nn de la limite en aa de unu_n est égale à la limite en aa de la limite des unu_n.

Le résultat s'adapte au cas où AA est une partie de R\R non majorée et a=+∞a = +\infty, et de même en −∞-\infty. C'est la version la plus utilisée, par exemple pour la limite en +∞+\infty de la somme d'une série de fonctions.

3Intégration sur un segment

Théorème 3.1Intégration et convergence uniforme

Hypothèses

  • (un)(u_n) est une suite de fonctions continues sur un intervalle II de R\R, à valeurs dans FF ;
  • aa est un point de II ;
  • (un)(u_n) converge uniformément sur tout segment de II vers une fonction uu.

On pose Un(x)=∫axunU_n(x) = \int_a^x u_n et U(x)=∫axuU(x) = \int_a^x u. Alors (Un)(U_n) converge uniformément vers UU sur tout segment de II.

Propriété 3.2Cas particulier

Si (un)(u_n) converge uniformément vers uu sur le segment [a,b]\intff{a}{b}, alors ∫abun→∫abu.\int_a^b u_n \to \int_a^b u. La différence des intégrales est majorée en norme par (b−a)sup⁡[a,b]∥un−u∥(b-a)\sup_{\intff{a}{b}} \norm{u_n - u}.

AttentionConvergence simple insuffisante

Exemple des bosses glissantes. Sur [0,1]\intff{0}{1}, soit unu_n la fonction affine par morceaux valant 00 en 00, nn en 12n\frac{1}{2n}, 00 en 1n\frac{1}{n}, puis nulle sur [1/n,1]\intff{1/n}{1}. Chaque unu_n est continue et la suite converge simplement vers la fonction nulle. Mais ∫01un=12\int_0^1 u_n = \frac{1}{2} pour tout nn : la limite des intégrales n'est pas l'intégrale de la limite.

AttentionIntervalle non borné

Soit unu_n valant 1n\frac{1}{n} sur [0,n]\intff{0}{n} et 00 ailleurs. La borne supérieure de ∣un∣\abs{u_n} vaut 1n\frac{1}{n}, donc la convergence vers 00 est uniforme sur R\R, mais l'intégrale vaut 11 pour tout nn. Le théorème ne parle que de segments. Sur un intervalle quelconque, l'outil est le théorème de convergence dominée.

4Dérivation

Théorème 4.1Dérivation d'une suite de fonctions

Hypothèses

  • (un)(u_n) est une suite de fonctions de classe C1C^1 sur un intervalle II de R\R, à valeurs dans FF ;
  • (un)(u_n) converge simplement sur II vers une fonction uu ;
  • (un′)(u_n') converge uniformément sur tout segment de II vers une fonction vv.

Alors (un)(u_n) converge uniformément vers uu sur tout segment de II, uu est de classe C1C^1 sur II, et u′=vu' = v.

L'hypothèse forte porte sur les dérivées, pas sur les fonctions : pour les fonctions elles-mêmes, la convergence simple suffit. Inverser les deux hypothèses est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Théorème 4.2Extension aux classes CkC^k

Hypothèses

  • les unu_n sont de classe CkC^k ;
  • pour 0⩽j⩽k−10 \leqslant j \leqslant k-1, la suite (un(j))(u_n^{(j)}) converge simplement ;
  • (un(k))(u_n^{(k)}) converge uniformément sur tout segment.

Alors la limite uu est de classe CkC^k et, pour chaque jj, u(j)u^{(j)} est la limite de un(j)u_n^{(j)}.

Exemple 4.3Contre-exemple sur les dérivées

La suite un(x)=sin⁡(nx)nu_n(x) = \frac{\sin(nx)}{n} converge uniformément vers 00 sur R\R, puisque la borne supérieure vaut 1n\frac{1}{n}. Mais un′(x)=cos⁡(nx)u_n'(x) = \cos(nx) ne converge même pas simplement. La convergence uniforme des fonctions ne donne rien sur les dérivées.

5Séries de fonctions

5.1Les trois modes de convergence

Définition 5.1Convergence d'une série de fonctions

Soit (fn)(f_n) une suite de fonctions de AA dans FF, et Sn=f0+⋯+fnS_n = f_0 + \dots + f_n la somme partielle.

  • La série converge simplement sur AA si (Sn)(S_n) converge simplement.
  • Elle converge uniformément sur AA si (Sn)(S_n) converge uniformément.
  • Elle converge normalement sur AA s'il existe une suite de réels positifs (an)(a_n) telle que sup⁡A∥fn∥⩽an\sup_A \norm{f_n} \leqslant a_n pour tout nn, avec ∑an\sum a_n convergente. De façon équivalente, la série de terme général sup⁡A∥fn∥\sup_A \norm{f_n} converge.

Propriété 5.2Caractérisation par les restes

La série converge uniformément si et seulement si elle converge simplement et si la suite des restes Rn=S−SnR_n = S - S_n converge uniformément vers 00 sur AA.

Propriété 5.3Implications

  • La convergence normale entraîne la convergence uniforme, et la convergence absolue en tout point.
  • La convergence uniforme entraîne la convergence simple.
  • Aucune des réciproques n'est vraie.

5.2Comment on s'en sert

La convergence normale est la plus facile à établir, car elle ramène tout à une série numérique. Le premier réflexe est de majorer ∥fn(x)∥\norm{f_n(x)} par un terme ana_n indépendant de xx et d'étudier ∑an\sum a_n.

Exemple 5.4Convergence uniforme sans convergence normale

Sur R\R, prenons fn(x)=(−1)nn+x2f_n(x) = \dfrac{(-1)^n}{n + x^2} pour n⩾1n \geqslant 1. En chaque point, c'est une série alternée dont le terme général décroît vers 00 en valeur absolue. Le reste est majoré par 1n+1+x2\frac{1}{n+1+x^2}, donc par 1n+1\frac{1}{n+1}, indépendamment de xx : la convergence est uniforme.

Mais sup⁡∣fn∣=1n\sup \abs{f_n} = \frac{1}{n}, dont la série diverge.

Propriété 5.5Test de rejet

Si la série converge uniformément sur AA, alors (fn)(f_n) converge uniformément vers 00 sur AA, puisque fn=Sn−Sn−1f_n = S_n - S_{n-1}. La contraposée sert à montrer qu'il n'y a pas convergence uniforme.

5.3Transfert des théorèmes

Tous les énoncés précédents s'adaptent aux séries de fonctions, en les appliquant à la suite des sommes partielles.

Théorème 5.6Continuité

Hypothèses

  • les fnf_n sont continues sur AA ;
  • la série converge uniformément sur AA, ou uniformément au voisinage de chaque point.

Alors la somme SS est continue sur AA.

Théorème 5.7Double limite

Hypothèses

  • la série converge uniformément sur AA ;
  • chaque fnf_n admet une limite ℓn\ell_n en aa.

Alors la série ∑ℓn\sum \ell_n converge et lim⁡x→aS(x)=∑nℓn\lim_{x \to a} S(x) = \sum_{n} \ell_n. On intervertit limite et somme.

Théorème 5.8Intégration terme à terme sur un segment

Hypothèses

  • les fnf_n sont continues sur [a,b]\intff{a}{b} ;
  • la série converge uniformément sur [a,b]\intff{a}{b}.

Alors l'intégrale de la somme est la somme des intégrales.

Théorème 5.9Dérivation terme à terme

Hypothèses

  • les fnf_n sont de classe C1C^1 sur l'intervalle II ;
  • la série ∑fn\sum f_n converge simplement sur II ;
  • la série ∑fn′\sum f_n' converge uniformément sur tout segment de II.

Alors SS est de classe C1C^1 et S′S' est la somme de la série ∑fn′\sum f_n'.

5.4Exemple d'étude complète

La fonction zêta est définie pour x>1x > 1 par ζ(x)=∑n=1+∞1nx.\zeta(x) = \sum_{n=1}^{+\infty} \frac{1}{n^x}.

Exemple 5.10Convergence

Pour x>1x > 1 la série converge, c'est une série de Riemann. Sur ]a,+∞]\intof{a}{+\infty} avec a>1a > 1, on a 1nx⩽1na\frac{1}{n^x} \leqslant \frac{1}{n^a}, donc la convergence est normale. Elle ne l'est pas sur ]1,+∞[\intoo{1}{+\infty} tout entier, puisque sup⁡1nx=1n\sup \frac{1}{n^x} = \frac{1}{n} y vaut.

Exemple 5.11Régularité

La dérivée kk-ième du terme général est, au signe près, (ln⁡n)knx\frac{(\ln n)^k}{n^x}. Sur ]a,+∞]\intof{a}{+\infty} elle est majorée par (ln⁡n)kna\frac{(\ln n)^k}{n^a}, terme général d'une série convergente par comparaison à une série de Riemann d'exposant intermédiaire entre 11 et aa. Chaque série dérivée converge donc normalement sur tout ]a,+∞]\intof{a}{+\infty}, et ζ\zeta est de classe C∞C^\infty sur ]1,+∞[\intoo{1}{+\infty}.

Exemple 5.12Limite en +∞+\infty

La convergence normale sur ]2,+∞]\intof{2}{+\infty} permet le théorème de la double limite. Chaque terme tend vers 00 sauf celui d'indice 11, qui vaut 11. Donc ζ(x)→1\zeta(x) \to 1.

Exemple 5.13Comportement en 1+1^+

Par comparaison série-intégrale, pour x>1x > 1, la somme est encadrée par des quantités équivalentes à 1x−1\frac{1}{x-1}. On obtient ζ(x)→+∞\zeta(x) \to +\infty et ζ(x)∼1x−1(x→1+).\zeta(x) \sim \frac{1}{x - 1} \quad (x \to 1^+). Ce type d'étude asymptotique d'une somme de série est explicitement au programme.

6Approximation uniforme

Deux théorèmes d'approximation, reliés à la notion de densité vue en topologie.

Théorème 6.1Approximation par des fonctions en escalier

Toute fonction continue par morceaux sur un segment et à valeurs dans K\K est limite uniforme sur ce segment d'une suite de fonctions en escalier.

Théorème 6.2Théorème de Weierstrass

Toute fonction continue sur un segment SS et à valeurs dans K\K est limite uniforme sur SS d'une suite de fonctions polynomiales à coefficients dans K\K.

Remarque

La démonstration n'est pas exigible.

Usage typique : on établit une propriété pour les polynômes, puis on passe à la limite uniforme, à condition que la propriété soit stable par convergence uniforme.

Exemple 6.3Fonction orthogonale aux monômes

Si ff est continue sur [0,1]\intff{0}{1} et si ∫01f(t) tn dt=0\int_0^1 f(t)\,t^n\,\dd t = 0 pour tout entier nn, alors ∫01fP=0\int_0^1 fP = 0 pour tout polynôme PP. Par passage à la limite uniforme, ∫01f2=0\int_0^1 f^2 = 0, donc ff est nulle.

Attention

La convergence est uniforme sur un segment, et seulement sur un segment. Il n'y a pas de théorème analogue sur R\R tout entier.

Méthodes

MéthodeRéflexes du chapitre

  1. Commencer par la convergence simple, qui donne le domaine d'étude et la fonction limite. Sans candidat limite, la convergence uniforme n'a pas de sens.
  2. Pour la convergence uniforme d'une suite, étudier les variations de un−uu_n - u et calculer la borne supérieure, ou majorer directement.
  3. Pour une série, tenter la convergence normale en premier. Si elle échoue globalement, la chercher sur des segments ou sur des intervalles du type ]a,+∞]\intof{a}{+\infty}.
  4. Si elle échoue partout, penser au critère spécial des séries alternées, qui majore uniformément le reste.
  5. Pour réfuter une convergence uniforme, utiliser une suite de points bien choisie, ou invoquer la discontinuité de la limite.
  6. Pour une limite en un bord du domaine, penser au théorème de la double limite plutôt qu'à un calcul direct.
  7. Sur un intervalle non borné, ne jamais intégrer terme à terme avec la seule convergence uniforme. Renvoyer au théorème de convergence dominée ou au théorème d'intégration terme à terme du chapitre d'intégration.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Écrire avec les quantificateurs la convergence simple et la convergence uniforme, et dire où est la différence.
  2. Étudier la suite x↦xnx \mapsto x^n sur [0,1]\intff{0}{1}, conclure sur la convergence uniforme, et sur [0,a]\intff{0}{a} avec a<1a < 1.
  3. Démontrer le théorème de continuité de la limite uniforme par l'argument en trois epsilon.
  4. Donner l'exemple des bosses glissantes et celui de la fonction plate d'aire 11 sur [0,n]\intff{0}{n}, et dire précisément quelle hypothèse manque dans chaque cas.
  5. Énoncer sans faute le théorème de dérivation d'une suite de fonctions, en précisant quelle convergence porte sur quoi.
  6. Donner un exemple de série de fonctions uniformément convergente mais non normalement convergente.
  7. Mener l'étude complète de ζ\zeta sur ]1,+∞[\intoo{1}{+\infty} : régularité, limite en +∞+\infty, équivalent en 11.
  8. Énoncer le théorème de Weierstrass et l'utiliser pour montrer qu'une fonction continue orthogonale à tous les monômes est nulle.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • La convergence uniforme sur A entraîne la convergence simple sur A. Exigible, immédiat.
  • Pour des fonctions bornées, la convergence uniforme équivaut à ‖un − u‖∞ → 0. Exigible.
  • Si les un sont continues en a et si (un) converge uniformément vers u sur A, alors u est continue en a. La convergence uniforme sur un voisinage de a suffit. Exigible avec démonstration.
  • Double limite : si (un) converge uniformément vers u sur A, si a est adhérent à A et si chaque un admet une limite ℓn en a, alors (ℓn) converge vers un ℓ et u(x) tend vers ℓ quand x tend vers a. Adaptation à a = ±∞ si A ⊂ R. Démonstration hors programme.
  • Intégration : si les un sont continues sur l'intervalle I et convergent uniformément sur tout segment de I vers u, les primitives s'annulant en a ∈ I convergent uniformément sur tout segment. Exigible avec démonstration.
  • Dérivation : si les un sont C¹ sur l'intervalle I, si (un) converge simplement sur I vers u et si (un′) converge uniformément sur tout segment de I vers v, alors la convergence de (un) est uniforme sur tout segment, u est C¹ et u′ = v. Exigible avec démonstration. Extension Ck : convergence simple des dérivées d'ordre 0 à k − 1, convergence uniforme sur tout segment de la dérivée k-ième.
  • Une série de fonctions converge uniformément si et seulement si elle converge simplement et ses restes convergent uniformément vers 0. Exigible.
  • Adaptation aux séries des théorèmes de continuité, de double limite, d'intégration sur un segment et de dérivation. Exigible.
  • La convergence normale implique la convergence uniforme et la convergence absolue en tout point. Exigible avec démonstration.
  • Toute fonction continue par morceaux sur un segment est limite uniforme de fonctions en escalier. Exigible.
  • Théorème de Weierstrass sur un segment. Démonstration non exigible.
  • Hors programme : critère de Cauchy uniforme, théorèmes de Dini, théorème de Stone-Weierstrass. La convergence dominée relève du chapitre d'intégration.

Clés de démonstration

Continuité de la limite uniforme. On découpe ‖u(x) − u(a)‖ en trois morceaux en passant par un(x) et un(a). On fixe d'abord n tel que ‖un − u‖ ≤ ε sur le voisinage où la convergence est uniforme, puis on utilise la continuité de ce seul un en a. Astuce : l'ordre des choix, n d'abord, le voisinage ensuite.

Intégration sur un segment. Pour x dans un segment J, ‖Un(x) − U(x)‖ ≤ |x − a| fois la borne supérieure de ‖un − u‖ entre a et x. On travaille sur le plus petit segment K contenant J et a. Astuce : faire entrer a dans le segment, sinon l'hypothèse ne s'applique pas.

Dérivation. On écrit un(x) = un(a) + ∫ de a à x de un′. Le théorème d'intégration donne u(x) = u(a) + ∫ de a à x de v, uniformément sur tout segment. Comme v est continue, limite uniforme sur tout segment de fonctions continues, le théorème fondamental de l'analyse donne u de classe C¹ et u′ = v. Astuce : ramener la dérivation à l'intégration.

Convergence normale implique convergence uniforme. Si ‖fn(x)‖ ≤ an avec Σ an convergente, la série converge absolument en chaque point, donc converge, car F est de dimension finie. Le reste vérifie ‖Rn(x)‖ ≤ Σ pour k > n des ak, reste d'une série numérique convergente. Astuce : cette borne ne dépend pas de x.

Approximation par des fonctions en escalier. Pour f continue sur [a, b], le théorème de Heine donne η tel que |x − y| ≤ η entraîne ‖f(x) − f(y)‖ ≤ ε. Sur une subdivision de pas inférieur à η, on remplace f par sa valeur en un point de chaque morceau. Astuce : dans le cas continu par morceaux, on raisonne sur les prolongements continus de chaque restriction.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. un(x) = n x e−nx sur R+. Limite simple nulle, borne supérieure 1/e atteinte en 1/n. Pas de convergence uniforme sur R+, mais convergence uniforme sur tout [a, +∞[ avec a > 0. Le défaut se concentre près de 0.
  2. un(x) = xⁿ(1 − x) sur [0, 1]. La borne supérieure vaut (n/(n+1))ⁿ/(n+1) ≤ 1/(n+1) : convergence uniforme, alors que (xⁿ) ne converge pas uniformément. Le facteur 1 − x écrase le défaut en 1.
  3. un(x) = n x(1 − x²)ⁿ sur [0, 1]. Convergence simple vers 0, mais l'intégrale vaut n/(2(n+1)), qui tend vers 1/2. Variante régulière des bosses glissantes.
  4. un(x) = √(x² + 1/n) sur R. On a 0 ≤ un(x) − |x| ≤ 1/√n : convergence uniforme vers |x|. Chaque un est C∞, la limite n'est pas dérivable en 0.
  5. un(x) = arctan(n x) sur ]0, +∞[. La limite simple vaut π/2. En 0, la limite de un est 0 pour tout n, celle de u est π/2. Les limites ne commutent pas, faute de convergence uniforme près de 0.
  6. La série Σ xⁿ(1 − x) sur [0, 1], pour n ≥ 0, a pour somme 1 sur [0, 1[ et 0 en 1. La somme est discontinue, donc pas de convergence uniforme, alors que le terme général converge uniformément vers 0 (exemple 2). Le test de rejet par le terme général n'est qu'une condition nécessaire.
  7. La série Σ sin(nx)/n², pour n ≥ 1, converge normalement sur R, mais la série dérivée Σ cos(nx)/n diverge en 0. La convergence normale ne dit rien de la dérivabilité.
  8. Convergence uniforme sans convergence normale : Σ (−1)ⁿ xⁿ/n sur [0, 1], pour n ≥ 1, traitée en section 4.

Techniques du chapitre

Technique 1 : borne supérieure par une étude de variations. Mini-exercice : un(x) = x/(1 + n x²) sur R. La fonction est impaire. Sur R+, sa dérivée est du signe de 1 − n x², le maximum vaut 1/(2√n), atteint en 1/√n. Donc ‖un‖∞ = 1/(2√n) → 0 : convergence uniforme sur R.

Technique 2 : majorer sans dériver, par Taylor. Mini-exercice : un(x) = n sin(x/n), de limite simple x. L'inégalité |sin t − t| ≤ |t|³/6 donne |un(x) − x| ≤ A³/(6n²) sur [−A, A]. Convergence uniforme sur tout segment.

Technique 3 : réfuter par une suite de points. Mini-exercice : la même suite sur R. En xn = nπ/2, |un(xn) − xn| = n(π/2 − 1) ne tend pas vers 0. Pas de convergence uniforme sur R.

Technique 4 : convergence normale par la borne du terme général. Mini-exercice : Σ x/(n(1 + n x²)) sur R+, pour n ≥ 1. D'après la technique 1, le terme est majoré par 1/(2n3/2), série de Riemann convergente. Convergence normale sur R+, somme continue.

Technique 5 : se replier sur [a, +∞[. Mini-exercice : Σ e−nx sur ]0, +∞[, pour n ≥ 1. La borne supérieure vaut 1, pas de convergence normale. Sur [a, +∞[, e−nx ≤ e−na, série géométrique convergente. La somme est continue sur chaque [a, +∞[, donc sur ]0, +∞[, car la continuité est locale.

Technique 6 : majorer le reste par le critère des séries alternées. Mini-exercice : Σ (−1)ⁿ xⁿ/n sur [0, 1], pour n ≥ 1. Pour x fixé, xⁿ/n décroît vers 0, donc |Rn(x)| ≤ xn+1/(n+1) ≤ 1/(n+1). Convergence uniforme sur [0, 1], mais pas normale, car la borne supérieure vaut 1/n.

Technique 7 : limite au bord par double limite. Mini-exercice : f(x) = Σ e−nx/(n² + 1) sur R+, pour n ≥ 0. Le terme est majoré par 1/(n² + 1) : convergence normale sur R+. Le terme d'indice 0 vaut 1, les autres tendent vers 0 en +∞. Donc f tend vers 1.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Pas de convergence uniforme, et pourtant les intégrales convergent

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit fn(x) = n xⁿ(1 − x) sur [0, 1]. Étudier la convergence simple, la convergence uniforme sur [0, 1] puis sur [0, a] avec 0 < a < 1, et la limite de l'intégrale de fn sur [0, 1].

Technique borne supérieure par une étude de variations.

Voir le corrigé
  1. Pour x ∈ [0, 1[, n xⁿ → 0 par croissances comparées, et fn(1) = 0. La limite simple est nulle.
  2. La dérivée de xⁿ(1 − x) est xn−1(n − (n+1)x). Le maximum est en n/(n+1) et ‖fn‖∞ = (n/(n+1))n+1 → 1/e. Pas de convergence uniforme sur [0, 1].
  3. Dès que n/(n+1) > a, fn croît sur [0, a], de borne supérieure n aⁿ(1 − a) → 0. Convergence uniforme sur [0, a].
  4. L'intégrale vaut n(1/(n+1) − 1/(n+2)) = n/((n+1)(n+2)) → 0.

piège : Croire la convergence uniforme nécessaire pour intervertir limite et intégrale. Elle est seulement suffisante.

Exercice 2. Approximation de l'exponentielle

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit un(x) = (1 + x/n)ⁿ pour x > −n. Montrer que (un) converge uniformément vers exp sur tout segment [−A, A], mais pas sur R+.

Technique majoration de Taylor, puis accroissements finis.

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  1. Pour |t| ≤ 1/2, la dérivée seconde de ln(1 + t) est majorée par 4 en valeur absolue, donc Taylor-Lagrange donne |ln(1 + t) − t| ≤ 2t².
  2. Pour |x| ≤ A et n ≥ 2A, on pose bn(x) = n ln(1 + x/n). Alors |bn(x) − x| ≤ 2x²/n ≤ 2A²/n.
  3. Comme ln(1 + t) ≤ t, bn(x) ≤ x ≤ A. Les accroissements finis donnent |un(x) − eˣ| ≤ eA |bn(x) − x| ≤ 2A² eA/n. Convergence uniforme sur [−A, A].
  4. En x = n, eⁿ − 2ⁿ tend vers +∞. Pas de convergence uniforme sur R+.

piège : Écrire |ea − eb| ≤ |a − b| sans le facteur emax(a, b).

Exercice 3. Une somme discontinue

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit S(x) = Σ x e−nx sur R+, pour n ≥ 1. Calculer S, étudier la convergence normale sur R+ et sur [a, +∞[ avec a > 0, et la convergence uniforme sur R+.

Technique discontinuité de la somme pour réfuter la convergence uniforme.

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  1. S(0) = 0. Pour x > 0, la série géométrique donne S(x) = x/(eˣ − 1).
  2. La borne supérieure du terme sur R+ vaut 1/(e n), atteinte en 1/n. Sa série diverge : pas de convergence normale sur R+.
  3. Pour n ≥ 1/a, le terme décroît sur [a, +∞[, de borne supérieure a e−na, terme d'une série convergente. Convergence normale sur [a, +∞[.
  4. S(x) → 1 quand x → 0⁺, alors que S(0) = 0. Somme discontinue de termes continus : pas de convergence uniforme sur R+.

piège : Invoquer le terme général : ici 1/(e n) tend vers 0, et le test de rejet ne conclut pas.

Exercice 4. Étude complète d'une somme de série

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP MP

Soit f(x) = Σ 1/(n² + x²), pour n ≥ 1. Montrer que f est définie et C¹ sur R, déterminer sa limite en +∞ et un équivalent.

Technique convergence normale, double limite, comparaison série-intégrale.

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  1. Le terme est majoré par 1/n² : convergence normale sur R, f est continue.
  2. Le terme dérivé vaut −2x/(n² + x²)². Avec 2n|x| ≤ n² + x², sa valeur absolue est majorée par 1/(n(n² + x²)) ≤ 1/n³. La série dérivée converge normalement sur R, la série converge simplement, donc f est C¹.
  3. Convergence normale sur R et chaque terme tend vers 0 en +∞. Par double limite, f tend vers 0.
  4. Pour x > 0, t ↦ 1/(t² + x²) décroît sur R+. En encadrant chaque terme par les intégrales sur [n, n+1] et [n − 1, n] puis en sommant, f(x) est compris entre l'intégrale de 1 à +∞ et celle de 0 à +∞, égale à π/(2x).
  5. L'intégrale de 1 à +∞ vaut (π/2 − arctan(1/x))/x. Les deux bornes sont équivalentes à π/(2x), donc f(x) ∼ π/(2x).

piège : Croire que la double limite donne un équivalent. Elle donne seulement la limite.

Exercice 5. Intégration terme à terme sur [0, 1]

Classiques de khôlle et concours · D'après un écrit CCINP MP

On admet que Σ 1/n² = π²/6. Montrer que l'intégrale sur [0, 1] de ln(1 + x)/x, prolongée par 1 en 0, vaut π²/12.

Technique critère des séries alternées, puis intégration sur un segment.

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  1. Pour x ∈ ]0, 1[, le développement de ln(1 + x) (chapitre des séries entières) donne g(x) = ln(1 + x)/x = Σ (−1)ⁿ xⁿ/(n+1), pour n ≥ 0. L'égalité vaut aussi en 0.
  2. Sur [0, 1], la série est alternée, de terme décroissant vers 0 en valeur absolue. Le reste est majoré par 1/(n+2). Convergence uniforme sur [0, 1].
  3. La somme est donc continue sur [0, 1] et coïncide avec g sur [0, 1[, donc aussi en 1.
  4. On intègre terme à terme : l'intégrale vaut Σ (−1)k−1/k², pour k ≥ 1.
  5. Les termes pairs somment à π²/24, les impairs à π²/6 − π²/24 = π²/8. La différence vaut π²/12.

piège : Intégrer sur [0, 1] avec la seule convergence uniforme sur les segments de [0, 1[.

Exercice 6. Une fonction qui prolonge les nombres harmoniques

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit CCINP

Soit F(x) = Σ (1/n − 1/(n + x)), pour n ≥ 1 et x > −1. Montrer que F est C¹ et croissante, que F(x + 1) − F(x) = 1/(x + 1), que F(p) = 1 + 1/2 + … + 1/p, et que F tend vers +∞.

Technique convergence normale sur les segments, télescopage.

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  1. Le terme vaut x/(n(n + x)). Sur un segment [α, β] de ]−1, +∞[, avec M = max(|α|, |β|), il est majoré par M/(n(n + α)), équivalent à M/n². Convergence normale sur ce segment.
  2. Le terme dérivé vaut 1/(n + x)² ≤ 1/(n + α)² sur [α, +∞[. Donc F est C¹ et F′(x) = Σ 1/(n + x)² > 0.
  3. F(x + 1) − F(x) = Σ (1/(n + x) − 1/(n + 1 + x)), série télescopique de somme 1/(1 + x), puisque 1/(n + x) tend vers 0.
  4. F(0) = 0, puis par récurrence F(p) est la somme des 1/k pour k de 1 à p.
  5. F est croissante et F(p) → +∞, donc F tend vers +∞.

piège : Chercher la convergence normale sur ]−1, +∞[ tout entier. Elle échoue près de −1, où le terme d'indice 1 explose.

Exercice 7. Lemme de Riemann-Lebesgue

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Soit f continue par morceaux sur [a, b], à valeurs complexes. Montrer que l'intégrale de f(t) eiλt sur [a, b] tend vers 0 quand le réel λ tend vers ±∞.

Technique approximation uniforme par des fonctions en escalier.

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  1. Pour λ ≠ 0, l'intégrale de eiλt sur [c, d] vaut (eiλd − eiλc)/(iλ), de module au plus 2/|λ|.
  2. Pour φ en escalier, de valeurs c1, …, cm, le module de l'intégrale de φ(t)eiλt est majoré par 2(|c1| + … + |cm|)/|λ|, qui tend vers 0.
  3. Soit ε > 0. On choisit φ en escalier avec ‖f − φ‖∞ ≤ ε/(b − a). Le module cherché est majoré par ε plus celui de l'intégrale de φ(t)eiλt.
  4. Pour |λ| assez grand, ce dernier est inférieur à ε. Le tout est majoré par 2ε.

piège : Choisir φ en fonction de λ. On fixe φ grâce à ε seul, puis on fait tendre λ vers l'infini.

Exercice 8. Pas de Weierstrass sur R

Approfondissement · Type oral Mines

Soit (Pn) une suite de polynômes réels convergeant uniformément sur R vers f. Montrer que f est polynomiale. En déduire que exp n'est pas limite uniforme sur R de polynômes.

Technique un polynôme borné sur R est constant.

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  1. Il existe N tel que, pour n ≥ N, |Pn(x) − f(x)| ≤ 1 pour tout réel x.
  2. Pour n ≥ N, |Pn − PN| ≤ 2 sur R. Un polynôme borné sur R est constant, donc Pn = PN + cn.
  3. Comme cn = Pn(0) − PN(0), la suite (cn) converge vers un réel c.
  4. En passant à la limite en chaque point, f = PN + c est polynomiale. Or exp n'est pas polynomiale, car aucune de ses dérivées n'est nulle.

piège : Écrire que Pn − f est borné pour tout n. Ce n'est vrai qu'à partir d'un certain rang.

Exercice 9. Approcher la racine carrée par des polynômes explicites

Approfondissement · Type oral Centrale

On pose P0 = 0 et Pn+1(x) = Pn(x) + (x − Pn(x)²)/2. Montrer que (Pn) converge uniformément vers la racine carrée sur [0, 1]. En déduire une suite explicite de polynômes convergeant uniformément vers la valeur absolue sur [−1, 1].

Technique factorisation de l'écart, puis borne supérieure d'une fonction d'une variable.

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  1. On vérifie que √x − Pn+1(x) = (√x − Pn(x))(1 − (√x + Pn(x))/2).
  2. Par récurrence, 0 ≤ Pn(x) ≤ √x. Si c'est vrai au rang n, le dernier facteur est compris entre 1 − √x ≥ 0 et 1, donc √x − Pn+1(x) ≥ 0. De plus x − P_n² ≥ 0 donne Pn+1 ≥ Pn ≥ 0.
  3. Comme Pn ≥ 0, le facteur est majoré par 1 − √x/2, d'où 0 ≤ √x − Pn(x) ≤ √x(1 − √x/2)ⁿ.
  4. Avec t = √x ∈ [0, 1], la fonction t(1 − t/2)ⁿ atteint son maximum en 2/(n+1), où elle vaut au plus 2/(n+1). Convergence uniforme.
  5. Pour x ∈ [−1, 1], |x| = √(x²), donc 0 ≤ |x| − Pn(x²) ≤ 2/(n+1). Les polynômes Pn(X²) conviennent.

piège : Oublier que la récurrence doit porter à la fois sur la positivité et sur la majoration par √x. Les deux contrôlent le facteur de l'étape 1.

Erreurs fréquentes

  1. Majorer |un(x) − u(x)| par une quantité qui dépend encore de x, comme x²/n, puis conclure à la convergence uniforme sur un ensemble non borné.
  2. Inverser les hypothèses du théorème de dérivation : exiger la convergence uniforme des fonctions et oublier celle des dérivées. Ou omettre la convergence simple de la série des fn.
  3. Déduire l'absence de convergence uniforme de l'absence de convergence normale. Le critère des séries alternées donne souvent l'une sans l'autre.
  4. Appliquer la double limite en un point sans convergence uniforme sur un voisinage, par exemple en 0 avec une convergence uniforme seulement sur les [a, +∞[.
  5. Intégrer terme à terme sur un intervalle non borné, ou sur un segment qui déborde ceux où la convergence est uniforme.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de mathématiques de MP (arrêté du 5 janvier 2021), partie A de la section « Suites et séries de fonctions, séries entières ». Les séries entières font l'objet d'une fiche séparée.

Au concours

Les questions des sujets corrigés qui travaillent ce chapitre. La première question de chaque sujet est en accès libre.

CCINP 2025, MP, Mathématiques 1

  • Q10 a) Convergence normale d'une série de fonctions
  • Q10 d) Non-convergence uniforme par double limite

Centrale-Supélec 2025, MP, Mathématiques 1

  • Q26 Calcul d'une intégrale double par intégration terme à terme