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ECG1 · Maths appliquées · semaine 7

Suites réelles, généralités et suites usuelles

Définitions et modes de génération d'une suite, par formule explicite ou par récurrence. Suites arithmétiques, géométriques, arithmético-géométriques et suites vérifiant une relation linéaire de récurrence d'ordre 2. Les calculs d'intérêts et d'amortissement servent de motivation.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Une suite arithmétique s'écrit u0+nru_0 + n r, une suite géométrique s'écrit u0qnu_0 q^n.
  2. La somme d'une suite arithmétique vaut le nombre de termes fois la demi-somme des extrêmes. Celle d'une suite géométrique de raison q≠1q \neq 1 vaut le premier terme fois 1−qnombre de termes1−q\dfrac{1 - q^{\text{nombre de termes}}}{1 - q}.
  3. Une suite arithmético-géométrique se traite avec le point fixe ℓ=b1−a\ell = \dfrac{b}{1-a}, et la suite un−ℓu_n - \ell est géométrique de raison aa.
  4. Une récurrence linéaire d'ordre 2 se résout par l'équation caractéristique, avec deux formes selon que les racines réelles sont distinctes ou confondues.
  5. Un majorant et un minorant ne dépendent jamais de nn, et la monotonie s'étudie par la différence ou par le quotient.
Pourquoi ce chapitre

Une suite décrit une grandeur observée à des instants successifs. C'est l'outil de base pour tout phénomène d'évolution en temps discret.

Le programme cite trois motivations économiques :

  • les calculs d'intérêts ;
  • les calculs d'amortissement d'un emprunt ;
  • le multiplicateur keynésien.

Toutes reposent sur les suites géométriques ou arithmético-géométriques.

L'objectif de ce chapitre est opératoire :

  • reconnaître le type d'une suite définie par récurrence ;
  • obtenir sa forme explicite ;
  • calculer des sommes de ses termes.

La forme explicite permet ensuite d'étudier la limite, donc de répondre aux questions de long terme : le capital tend-il vers une valeur finie, la dette s'éteint-elle ?

Le chapitre prépare aussi les probabilités, où les suites apparaissent dès qu'on répète une expérience, et l'algèbre, puisqu'une récurrence linéaire d'ordre 2 s'écrit matriciellement.

1Généralités

1.1Définition et notations

Définition 1.1Suite réelle

Une suite réelle est une famille de nombres réels indexée par les entiers naturels, ou par les entiers à partir d'un certain rang. On la note (un)(u_n) et unu_n désigne son terme de rang nn, aussi appelé terme général.

Attention

Il ne faut pas confondre la suite (un)(u_n), qui est l'objet entier, et le nombre unu_n, qui est un de ses termes.

1.2Trois modes de génération

Définition 1.2Formule explicite

Par une formule explicite, le terme unu_n est donné directement en fonction de nn, par exemple un=2n+1n+3u_n = \dfrac{2n+1}{n+3}. On calcule alors n'importe quel terme sans calculer les précédents.

Définition 1.3Relation de récurrence

Par une relation de récurrence, on donne le premier terme et une règle de passage d'un terme au suivant, par exemple u0=5u_0 = 5 et un+1=0,9 un+2u_{n+1} = 0{,}9\,u_n + 2. Pour obtenir u100u_{100} il faut alors calculer tous les termes intermédiaires, sauf si on trouve la forme explicite.

Définition 1.4Restriction d'une fonction

Par restriction d'une fonction : si ff est une fonction définie sur R+\R_+, on pose un=f(n)u_n = f(n).

Ce point de vue est utile : il permet d'utiliser l'étude de ff, ses variations et ses limites, pour conclure sur la suite.

Attention

Si ff est croissante alors (un)(u_n) est croissante, mais une suite croissante peut provenir d'une fonction qui ne l'est pas.

1.3Représentation graphique

Le programme demande d'utiliser autant que possible la représentation graphique.

  • Pour une suite donnée explicitement, on trace le nuage des points de coordonnées (n,un)(n, u_n).
  • Pour une suite définie par un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n), on trace la courbe de ff et la première bissectrice, puis on construit la ligne brisée en escalier qui part de u0u_0 sur l'axe des abscisses.

Ce dessin permet de conjecturer la monotonie et la limite éventuelle.

1.4Vocabulaire

Définition 1.5Suite majorée, minorée, bornée

La suite (un)(u_n) est :

  • majorée quand il existe un réel MM tel que un⩽Mu_n \leqslant M pour tout nn ;
  • minorée quand il existe un réel mm tel que un⩾mu_n \geqslant m pour tout nn ;
  • bornée quand elle est à la fois majorée et minorée.

De façon équivalente, elle est bornée quand il existe un réel positif KK tel que ∣un∣⩽K\abs{u_n} \leqslant K pour tout nn.

Attention

Le majorant ne dépend pas de nn. Écrire « unu_n est majorée par un+1u_n + 1 » n'a aucun sens.

Définition 1.6Monotonie

La suite (un)(u_n) est :

  • croissante quand un+1⩾unu_{n+1} \geqslant u_n pour tout nn ;
  • décroissante quand un+1⩽unu_{n+1} \leqslant u_n pour tout nn ;
  • strictement croissante ou décroissante avec des inégalités strictes ;
  • monotone quand elle est croissante ou décroissante ;
  • constante quand tous ses termes sont égaux.

1.5Étudier la monotonie

MéthodeÉtudier la monotonie

Trois méthodes, dans cet ordre de préférence :

  1. Étudier le signe de la différence un+1−unu_{n+1} - u_n.
  2. Si tous les termes sont strictement positifs, comparer le quotient un+1un\dfrac{u_{n+1}}{u_n} au nombre 1.
  3. Si un=f(n)u_n = f(n) avec ff définie sur R+\R_+, étudier les variations de ff.

Pour une suite définie par récurrence, la monotonie se démontre souvent par récurrence, en comparant u1u_1 et u0u_0 puis en propageant.

2Suites arithmétiques

2.1Définition et forme explicite

Définition 2.1Suite arithmétique

La suite (un)(u_n) est arithmétique de raison rr quand un+1=un+ru_{n+1} = u_n + r pour tout nn. Chaque terme s'obtient en ajoutant toujours la même quantité.

Propriété 2.2Forme explicite

un=u0+nr.u_n = u_0 + n r. Plus généralement un=up+(n−p) ru_n = u_p + (n - p)\,r, formule commode quand la suite commence à un rang autre que 0.

La suite est croissante si r>0r > 0, décroissante si r<0r < 0, constante si r=0r = 0. Elle est non bornée dès que rr est non nul.

Le modèle correspondant est celui d'une croissance à montant fixe, par exemple un versement mensuel constant sur un compte non rémunéré.

2.2Somme des termes

Propriété 2.3Somme de termes consécutifs

La somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique vaut le nombre de termes multiplié par la demi-somme du premier et du dernier terme. En particulier ∑k=1nk=n(n+1)2.\sum_{k=1}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}.

Attention

Le nombre de termes d'une somme allant du rang pp au rang nn vaut n−p+1n - p + 1. C'est là que se produisent la plupart des erreurs.

3Suites géométriques

3.1Définition et forme explicite

Définition 3.1Suite géométrique

La suite (un)(u_n) est géométrique de raison qq quand un+1=q unu_{n+1} = q\,u_n pour tout nn. Chaque terme s'obtient en multipliant toujours par le même facteur.

Propriété 3.2Forme explicite

un=u0 qn.u_n = u_0\, q^n. Plus généralement un=up qn−pu_n = u_p\, q^{n-p}.

Le modèle correspondant est celui d'une croissance à taux constant.

Exemple 3.3Modèles géométriques

  • Un capital placé au taux annuel ii suit la suite géométrique de raison 1+i1 + i.
  • Une population qui diminue de 3 % par an suit la suite géométrique de raison 0,970{,}97.

3.2Comportement selon la raison

Supposons u0>0u_0 > 0.

  • Si q>1q > 1, la suite est strictement croissante.
  • Si q=1q = 1, elle est constante.
  • Si 0<q<10 < q < 1, elle est strictement décroissante et à termes positifs.
  • Si q=0q = 0, elle est nulle à partir du rang 1.
  • Si q<0q < 0, elle change de signe à chaque rang : elle n'est pas monotone.

3.3Somme des termes

Propriété 3.4Somme géométrique

Pour q≠1q \neq 1 : ∑k=0nqk=1−qn+11−q.\sum_{k=0}^{n} q^k = \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}. Pour q=1q = 1, cette somme vaut n+1n + 1.

Attention

Le cas q=1q = 1 doit toujours être traité à part.

Pour une somme de termes consécutifs d'une suite géométrique de raison différente de 1 :

premier terme×1−qnombre de termes1−q.\text{premier terme} \times \frac{1 - q^{\text{nombre de termes}}}{1 - q}.

4Suites arithmético-géométriques

4.1Définition

Définition 4.1Suite arithmético-géométrique

La suite vérifie un+1=a un+bu_{n+1} = a\,u_n + b, avec aa et bb réels.

  • Si a=1a = 1, la suite est arithmétique.
  • Si b=0b = 0, elle est géométrique.
  • Le cas intéressant est celui où a≠1a \neq 1 et b≠0b \neq 0.

4.2Méthode

Le programme demande de savoir se ramener au cas géométrique.

MéthodeSuite arithmético-géométrique

  1. Chercher le point fixe, c'est-à-dire le réel ℓ\ell vérifiant ℓ=aℓ+b\ell = a\ell + b. Comme a≠1a \neq 1, il existe et vaut ℓ=b1−a\ell = \dfrac{b}{1-a}. Si la suite est constante, sa valeur constante est nécessairement ℓ\ell.
  2. Poser vn=un−ℓv_n = u_n - \ell.
  3. Montrer que (vn)(v_n) est géométrique de raison aa.
  4. En déduire vn=v0 anv_n = v_0\, a^n, puis la forme explicite.
Démonstration

vn+1=un+1−ℓ=aun+b−(aℓ+b)=a(un−ℓ)=a vn.\begin{aligned} v_{n+1} &= u_{n+1} - \ell\\ &= a u_n + b - (a\ell + b)\\ &= a(u_n - \ell)\\ &= a\,v_n. \end{aligned}

Propriété 4.2Forme explicite

un=ℓ+(u0−ℓ) an.u_n = \ell + (u_0 - \ell)\,a^n.

4.3Exemple d'amortissement

Exemple 4.3Remboursement d'un emprunt

Un emprunt de 20 000 euros au taux annuel de 4 % est remboursé par une annuité constante de 3 000 euros versée en fin d'année. Si CnC_n désigne le capital restant dû après nn annuités, alors Cn+1=1,04 Cn−3000C_{n+1} = 1{,}04\,C_n - 3000, avec C0=20000C_0 = 20000.

Le point fixe vaut 30000,04=75000\dfrac{3000}{0{,}04} = 75000. On obtient Cn=75000−55000×1,04n.C_n = 75000 - 55000 \times 1{,}04^n. Le capital restant dû décroît, et la dette est éteinte au premier rang où Cn⩽0C_n \leqslant 0, ce qui se détermine par une inéquation résolue avec le logarithme.

L'annuité de 3 000 euros correspond exactement aux intérêts d'une dette de 75 000 euros. Au-dessus de ce seuil la dette augmenterait malgré les versements.

5Récurrence linéaire d'ordre 2

5.1Cadre

Définition 5.1Récurrence linéaire d'ordre 2

La suite vérifie un+2=a un+1+b unu_{n+2} = a\,u_{n+1} + b\,u_n pour tout nn, avec aa et bb réels, b≠0b \neq 0. Les deux premiers termes u0u_0 et u1u_1 sont donnés, et ils déterminent entièrement la suite.

5.2Équation caractéristique

Définition 5.2Équation caractéristique

L'équation caractéristique associée est r2=ar+br^2 = a r + b, c'est-à-dire r2−ar−b=0r^2 - a r - b = 0.

Le programme limite l'étude au cas où elle possède des racines réelles.

Théorème 5.3Deux racines réelles distinctes

Hypothèses

  • un+2=a un+1+b unu_{n+2} = a\,u_{n+1} + b\,u_n ;
  • l'équation caractéristique a deux racines réelles distinctes r1r_1 et r2r_2.

Alors il existe deux réels λ\lambda et μ\mu tels que, pour tout nn : un=λ r1n+μ r2n.u_n = \lambda\, r_1^n + \mu\, r_2^n.

Théorème 5.4Racine double

Hypothèses

  • un+2=a un+1+b unu_{n+2} = a\,u_{n+1} + b\,u_n ;
  • l'équation caractéristique a une racine réelle double rr, non nulle.

Alors il existe deux réels λ\lambda et μ\mu tels que, pour tout nn : un=(λ+μn) rn.u_n = (\lambda + \mu n)\, r^n.

Dans les deux cas, on détermine λ\lambda et μ\mu en écrivant les deux équations obtenues pour n=0n = 0 et n=1n = 1, ce qui donne un système linéaire de deux équations à deux inconnues.

Le cas où l'équation caractéristique n'a pas de racine réelle est hors programme en première année.

5.3Exemple

Exemple 5.5Racines distinctes

Soit u0=0u_0 = 0, u1=1u_1 = 1 et un+2=5un+1−6unu_{n+2} = 5u_{n+1} - 6u_n. L'équation caractéristique est r2−5r+6=0r^2 - 5r + 6 = 0, de discriminant 1 et de racines 2 et 3. Donc un=λ2n+μ3nu_n = \lambda 2^n + \mu 3^n.

Les conditions initiales donnent λ+μ=0\lambda + \mu = 0 et 2λ+3μ=12\lambda + 3\mu = 1, d'où μ=1\mu = 1 et λ=−1\lambda = -1. Ainsi un=3n−2n.u_n = 3^n - 2^n. On vérifie sur les premiers rangs.

5.4Lien avec les matrices

En posant XnX_n la colonne formée de un+1u_{n+1} et de unu_n, la relation s'écrit Xn+1=AXnX_{n+1} = A X_n, où A=(ab10).A = \begin{pmatrix} a & b \\ 1 & 0 \end{pmatrix}. On a alors Xn=AnX0X_n = A^n X_0. Les racines de l'équation caractéristique sont celles du polynôme r2−ar−br^2 - a r - b, qui est aussi un polynôme annulateur de AA.

6Lien avec l'informatique

Calculer les NN premiers termes d'une suite définie par récurrence est un exercice d'algorithmique de base.

  • En pseudo-code, on initialise uu à u0u_0 et une liste LL contenant u0u_0, puis pour nn allant de 0 à N−1N - 1 on remplace uu par la valeur obtenue par la relation de récurrence et on ajoute uu à la liste.
  • En Python, on utilise une boucle for avec range et la commande append.

Pour une récurrence d'ordre 2, on garde deux variables, l'une pour le terme courant et l'autre pour le précédent, et on les met à jour simultanément.

Attention

L'ordre des affectations est un piège classique : il faut stocker l'ancienne valeur avant de l'écraser.

Le tracé du nuage de points se fait avec plt.plot en fournissant la liste des rangs et la liste des termes. Comparer le nuage obtenu par la récurrence et celui obtenu par la forme explicite est une bonne vérification.

Méthodes

MéthodeRéflexes du chapitre

  1. Devant une suite définie par récurrence, identifier d'abord le type : différence constante, arithmétique ; quotient constant, géométrique ; forme aun+ba u_n + b, arithmético-géométrique ; relation entre trois termes consécutifs, ordre 2.
  2. Pour une arithmético-géométrique, chercher le point fixe puis poser la suite auxiliaire. Ne jamais essayer de deviner la forme explicite.
  3. Pour une somme, identifier le type et le nombre de termes avant tout calcul.
  4. Pour une inéquation du type qn<q^n < seuil avec 0<q<10 < q < 1, passer au logarithme népérien : ln⁡q\ln q étant négatif, l'inégalité change de sens.
  5. Vérifier systématiquement une forme explicite obtenue en la testant sur les deux ou trois premiers rangs.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Donner la forme explicite d'une suite arithmétique et d'une suite géométrique à partir d'un rang quelconque.
  2. Calculer une somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique puis d'une suite géométrique, en comptant correctement les termes.
  3. Traiter entièrement une suite arithmético-géométrique, du point fixe à la forme explicite.
  4. Modéliser un placement à intérêts composés ou un remboursement par annuités constantes.
  5. Résoudre une récurrence linéaire d'ordre 2 à racines réelles distinctes, puis à racine double.
  6. Étudier la monotonie d'une suite par le signe de la différence et par le quotient.
  7. Expliquer la différence entre une suite majorée et une suite convergente.
  8. Écrire en pseudo-code le calcul des NN premiers termes d'une suite récurrente d'ordre 1 puis d'ordre 2.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Suite bornée. (uₙ) est bornée si et seulement si ∃K ≥ 0, ∀n, |uₙ| ≤ K. Exigible, la preuve tient en une ligne.
  • Monotonie par restriction. Si f est croissante sur [0, +∞[ et si uₙ = f(n), alors (uₙ) est croissante. Même chose pour décroissante. La réciproque est fausse. Exigible.
  • Monotonie par le quotient. Si uₙ > 0 pour tout n, alors (uₙ) est croissante si et seulement si u₍ₙ₊₁₎/uₙ ≥ 1 pour tout n. Exigible, l'hypothèse de positivité est indispensable.
  • Suite arithmétique de raison r. On a uₙ = uₚ + (n − p)r pour tous n et p. Exigible avec démonstration par récurrence.
  • Somme arithmétique. Σ de k = p à n de uₖ = (n − p + 1)(uₚ + uₙ)/2. Exigible avec démonstration.
  • Suite géométrique de raison q. On a uₙ = uₚ qⁿ⁻ᵖ pour n ≥ p. Exigible avec démonstration par récurrence.
  • Somme géométrique. Pour q ≠ 1, Σ de k = 0 à n de qᵏ = (1 − qⁿ⁺¹)/(1 − q). Pour q = 1 elle vaut n + 1. Exigible avec démonstration, c'est la seule formule citée explicitement par le programme.
  • Suite arithmético-géométrique u₍ₙ₊₁₎ = auₙ + b avec a ≠ 1. Si l = b/(1 − a), alors uₙ = l + (u₀ − l)aⁿ. Exigible, le programme demande de savoir refaire la réduction au cas géométrique à chaque fois.
  • Récurrence d'ordre 2 u₍ₙ₊₂₎ = au₍ₙ₊₁₎ + buₙ avec b ≠ 0, équation caractéristique à deux racines réelles distinctes r₁ et r₂. Il existe un unique couple (λ, μ) tel que uₙ = λr₁ⁿ + μr₂ⁿ. Résultat à connaître et à appliquer. Sa démonstration complète n'est pas un attendu du programme.
  • Même cadre, racine double r. Elle vaut a/2 et elle est non nulle car b ≠ 0. Il existe un unique couple (λ, μ) tel que uₙ = (λ + μn)rⁿ. Même statut.
  • Hors programme en première année. Le cas de racines complexes, les récurrences d'ordre 2 à coefficients variables, les récurrences d'ordre supérieur à 2. La convergence est traitée dans le chapitre suivant.

Clés de démonstration

Suite bornée. Si m ≤ uₙ ≤ M pour tout n, on pose K = max(|m|, |M|), et alors −K ≤ m ≤ uₙ ≤ M ≤ K. Réciproquement, |uₙ| ≤ K donne −K ≤ uₙ ≤ K. Astuce, le maximum des valeurs absolues fournit un seul nombre qui contrôle les deux côtés.

Forme explicite arithmétique ou géométrique. On fixe p et on raisonne par récurrence sur n ≥ p. L'hérédité consiste à ajouter r ou à multiplier par q. Astuce, écrire la propriété avec p quelconque dès le départ, c'est elle qui sert quand la suite commence au rang 1.

Somme arithmétique. On écrit S dans l'ordre croissant puis dans l'ordre décroissant, et on additionne terme à terme. Chaque paire vaut uₚ + uₙ car on ajoute r d'un côté et on retire r de l'autre. Astuce, il y a n − p + 1 paires, donc 2S = (n − p + 1)(uₚ + uₙ).

Somme géométrique. On note S la somme et on calcule S − qS. Tous les termes intermédiaires se compensent et il reste 1 − qⁿ⁺¹. Astuce, on divise par 1 − q, ce qui n'est permis que si q ≠ 1.

Arithmético-géométrique. On écrit les deux égalités u₍ₙ₊₁₎ = auₙ + b et l = al + b, puis on les soustrait. La constante b disparaît et il reste u₍ₙ₊₁₎ − l = a(uₙ − l). Astuce, le point fixe est construit exactement pour absorber b.

Ordre 2, racines distinctes. Comme r₁² = ar₁ + b, en multipliant par r₁ⁿ on voit que (r₁ⁿ) vérifie la relation, de même pour (r₂ⁿ), donc toute combinaison λr₁ⁿ + μr₂ⁿ aussi. Le système λ + μ = u₀ et λr₁ + μr₂ = u₁ a une unique solution car son déterminant r₂ − r₁ est non nul. Astuce, deux suites qui vérifient la relation et ont les mêmes deux premiers termes sont égales, par récurrence double.

Ordre 2, racine double. Ici a = 2r et r² = ar + b. Pour vérifier que (nrⁿ) convient, on compare a(n + 1)r + bn = n(ar + b) + ar = nr² + 2r² avec (n + 2)r². Astuce, la relation a = 2r transforme ar en 2r².

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. La suite ((−1)ⁿ) est géométrique de raison −1, bornée, non monotone. C'est le contre-exemple universel à « bornée implique monotone ».
  2. La suite uₙ = sin(πn) est nulle, donc constante, alors que la fonction sinus n'est monotone sur aucun intervalle de longueur supérieure à π. Une suite monotone ne vient pas forcément d'une fonction monotone.
  3. La suite uₙ = n/(n + 1) est croissante et majorée par 1. Écrire « majorée par u₍ₙ₊₁₎ » n'a aucun sens, un majorant ne dépend pas de n.
  4. Une suite arithmético-géométrique avec u₀ = l est constante. Ce cas explique pourquoi la forme explicite contient le facteur u₀ − l.
  5. Une suite géométrique de raison 0 vaut u₀, puis 0 à partir du rang 1. La formule u₀qⁿ reste vraie en convenant que 0⁰ = 1.
  6. Σ de k = 0 à n de (1/2)ᵏ = 2 − (1/2)ⁿ. C'est la somme qu'on doit savoir calculer de tête.
  7. La relation u₍ₙ₊₂₎ = u₍ₙ₊₁₎ + uₙ a pour équation caractéristique r² − r − 1 = 0, de racines réelles distinctes (1 + √5)/2 et (1 − √5)/2. Des racines irrationnelles restent dans le programme.
  8. La relation u₍ₙ₊₂₎ = −uₙ donne r² + 1 = 0, sans racine réelle. Le cas est hors programme, et la suite est pourtant simple, périodique de période 4.
  9. Le multiplicateur keynésien. Avec une propension à consommer c dans ]0, 1[, le revenu cumulé après n tours vaut ΔG(1 − cⁿ⁺¹)/(1 − c). C'est une somme géométrique déguisée.

Techniques du chapitre

Reconnaître le type par la différence ou le quotient. Mini-exercice, la suite uₙ = 3 × 2ⁿ⁺¹ est-elle géométrique ? On calcule u₍ₙ₊₁₎/uₙ = 2ⁿ⁺²/2ⁿ⁺¹ = 2, constant, et tous les termes sont non nuls. Elle est géométrique de raison 2 et de premier terme 6.

Somme géométrique qui ne commence pas à 0. Mini-exercice, calculer Σ de k = 2 à n de 3ᵏ pour n ≥ 2. Premier terme 9, raison 3, nombre de termes n − 1. La somme vaut 9(1 − 3ⁿ⁻¹)/(1 − 3) = 9(3ⁿ⁻¹ − 1)/2. Contrôle, n = 3 donne 36 = 9 + 27.

Linéarité pour découper une somme. Mini-exercice, calculer Σ de k = 0 à n de (2k + 3 × 2ᵏ). On sépare en 2 Σ k + 3 Σ 2ᵏ, soit n(n + 1) + 3(2ⁿ⁺¹ − 1). Chaque morceau est une somme usuelle.

Monotonie par le quotient. Mini-exercice, uₙ = 2ⁿ/n! pour n ≥ 1. Les termes sont strictement positifs et u₍ₙ₊₁₎/uₙ = 2/(n + 1) ≤ 1 pour n ≥ 1. La suite est décroissante à partir du rang 1, avec u₁ = u₂ = 2.

Suite auxiliaire suggérée. Mini-exercice, u₀ = 1 et u₍ₙ₊₁₎ = uₙ/(1 + uₙ). Par récurrence uₙ > 0, donc vₙ = 1/uₙ est bien définie, et v₍ₙ₊₁₎ = (1 + uₙ)/uₙ = vₙ + 1. Donc vₙ = n + 1 et uₙ = 1/(n + 1).

Seuil par le logarithme. Mini-exercice, trouver le plus petit n tel que 0,9ⁿ ≤ 0,01. On passe au logarithme, n ln(0,9) ≤ ln(0,01), et on divise par ln(0,9) < 0, ce qui inverse l'inégalité. On obtient n ≥ ln(0,01)/ln(0,9) ≈ 43,7, donc n = 44.

Ordre 2 à racine double. Mini-exercice, u₀ = 1, u₁ = 4, u₍ₙ₊₂₎ = 4u₍ₙ₊₁₎ − 4uₙ. L'équation r² − 4r + 4 = 0 a la racine double 2, donc uₙ = (λ + μn)2ⁿ. On trouve λ = 1 puis 2(1 + μ) = 4, donc uₙ = (n + 1)2ⁿ. Contrôle, u₂ = 12 = 3 × 4.

Mise à jour simultanée en Python. Mini-exercice, calculer u₁₀ pour u₀ = 0, u₁ = 1, u₍ₙ₊₂₎ = 5u₍ₙ₊₁₎ − 6uₙ. On initialise u, v = 0, 1 puis on répète dix fois u, v = v, 5*v - 6*u. À la fin, u contient u₁₀, soit 3¹⁰ − 2¹⁰ = 58 025.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Monotonie et bornes d'une suite explicite

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Soit uₙ = (3n − 1)/(n + 2). Étudier la monotonie de (uₙ) et montrer qu'elle est bornée.

Technique réécrire la fraction pour isoler n au dénominateur.

Voir le corrigé
  1. On écrit 3n − 1 = 3(n + 2) − 7, donc uₙ = 3 − 7/(n + 2). 2. La fonction x ↦ 3 − 7/(x + 2) est croissante sur [0, +∞[, donc (uₙ) est croissante. 3. Elle est donc minorée par u₀ = −1/2. 4. Comme 7/(n + 2) > 0, on a uₙ < 3. Donc −1/2 ≤ uₙ < 3 pour tout n.

piège : Proposer « uₙ ≤ 3n » comme majoration. Un majorant est un nombre fixe.

Exercice 2. Somme arithmétique et nombre de termes

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Calculer S = Σ de k = 10 à 50 de (3k − 2).

Technique identifier premier terme, dernier terme et nombre de termes.

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  1. Le terme général est arithmétique de raison 3. 2. Premier terme 28, dernier terme 148. 3. Nombre de termes, 50 − 10 + 1 = 41. 4. S = 41 × (28 + 148)/2 = 41 × 88 = 3 608. 5. Contrôle par linéarité, Σ de k = 10 à 50 de k = 1 275 − 45 = 1 230, et 3 × 1 230 − 2 × 41 = 3 608.

piège : Compter 40 termes au lieu de 41.

Exercice 3. Intérêts simples et intérêts composés

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

On place 10 000 euros au taux annuel de 3 %. Combien d'années faut-il pour doubler le capital avec des intérêts simples, puis avec des intérêts composés ?

Technique modéliser par une suite arithmétique puis géométrique, puis résoudre une inéquation.

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  1. Intérêts simples, les intérêts sont calculés sur le capital initial, donc Aₙ = 10 000 + 300n. 2. Aₙ ≥ 20 000 équivaut à n ≥ 33,3…, donc 34 ans. 3. Intérêts composés, Bₙ = 10 000 × 1,03ⁿ. 4. Bₙ ≥ 20 000 équivaut à n ln(1,03) ≥ ln 2, soit n ≥ 23,45 environ, donc 24 ans. 5. Les intérêts composés rapportent davantage car les intérêts produisent eux-mêmes des intérêts.

piège : Écrire la raison 0,03 au lieu de 1,03.

Exercice 4. Arithmético-géométrique complète avec somme

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Soit u₀ = 1 et u₍ₙ₊₁₎ = uₙ/3 + 2. Donner uₙ en fonction de n, étudier la monotonie, puis calculer Sₙ = Σ de k = 0 à n de uₖ.

Technique point fixe, suite auxiliaire, puis linéarité de la somme.

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  1. Point fixe, l = l/3 + 2 donne l = 3. 2. vₙ = uₙ − 3 vérifie v₍ₙ₊₁₎ = vₙ/3, donc vₙ = −2(1/3)ⁿ et uₙ = 3 − 2(1/3)ⁿ. 3. u₍ₙ₊₁₎ − uₙ = 2(1/3)ⁿ(1 − 1/3) > 0, la suite est strictement croissante. 4. Sₙ = 3(n + 1) − 2 × (1 − (1/3)ⁿ⁺¹)/(2/3) = 3n + (1/3)ⁿ. 5. Contrôle, S₁ = 1 + 7/3 = 10/3 et la formule donne 3 + 1/3.

piège : Oublier que la constante 3 sommée n + 1 fois donne 3(n + 1) et non 3n.

Exercice 5. Annuité d'un emprunt

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit Ecricome

On emprunte 100 000 euros au taux annuel de 5 %, remboursés par une annuité constante A versée en fin d'année. Déterminer A pour que la dette soit exactement éteinte après 20 annuités.

Technique arithmético-géométrique, puis condition C₂₀ = 0.

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  1. Le capital restant dû vérifie C₍ₙ₊₁₎ = 1,05Cₙ − A avec C₀ = 100 000. 2. Point fixe, l = 1,05l − A donne l = 20A. 3. Donc Cₙ = 20A + (100 000 − 20A) × 1,05ⁿ. 4. C₂₀ = 0 équivaut à 20A(1,05²⁰ − 1) = 100 000 × 1,05²⁰, donc A = 5 000/(1 − 1,05⁻²⁰). 5. Numériquement, 1,05⁻²⁰ ≈ 0,3769 et A ≈ 8 024 euros.

piège : Poser C₍ₙ₊₁₎ = 1,05(Cₙ − A), qui revient à rembourser en début d'année.

Exercice 6. Multiplicateur keynésien

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit Ecricome

Une dépense publique ΔG est injectée. À chaque tour, les ménages consomment une fraction c de ce qu'ils ont reçu au tour précédent, avec 0 < c < 1. On note Rₙ le revenu cumulé après les tours 0 à n, avec R₀ = ΔG. Exprimer Rₙ, comparer Rₙ à ΔG/(1 − c), et, pour c = 0,8, trouver à partir de quel rang Rₙ atteint 95 % de ΔG/(1 − c).

Technique reconnaître une somme géométrique, ou une arithmético-géométrique.

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  1. Le revenu distribué au tour k vaut cᵏΔG, donc Rₙ = ΔG(1 − cⁿ⁺¹)/(1 − c). 2. On a aussi R₍ₙ₊₁₎ = cRₙ + ΔG, dont le point fixe est ΔG/(1 − c), ce qui confirme le calcul. 3. ΔG/(1 − c) − Rₙ = cⁿ⁺¹ΔG/(1 − c) > 0, donc Rₙ reste strictement sous ΔG/(1 − c). 4. Atteindre 95 % équivaut à cⁿ⁺¹ ≤ 0,05, soit n + 1 ≥ ln(0,05)/ln(0,8) ≈ 13,4. 5. Donc n ≥ 13. Le rapport 1/(1 − c), ici 5, est le multiplicateur.

piège : Oublier le tour 0 et sommer seulement de k = 1 à n.

Exercice 7. Ordre 2 avec une racine négative

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, EDHEC ou emlyon

Soit u₀ = 3, u₁ = 0 et u₍ₙ₊₂₎ = u₍ₙ₊₁₎ + 2uₙ. Donner uₙ puis étudier la monotonie.

Technique équation caractéristique, système 2 × 2, étude d'une différence contenant (−1)ⁿ.

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  1. r² − r − 2 = 0 a pour racines 2 et −1, donc uₙ = λ2ⁿ + μ(−1)ⁿ. 2. λ + μ = 3 et 2λ − μ = 0 donnent λ = 1, μ = 2, donc uₙ = 2ⁿ + 2(−1)ⁿ. 3. Contrôle, u₂ = 6 et u₃ = 6 par la relation, idem par la formule. 4. u₍ₙ₊₁₎ − uₙ = 2ⁿ − 4(−1)ⁿ. 5. Pour n = 0 elle vaut −3. Pour n = 1 elle vaut 6. Pour n ≥ 2, 2ⁿ ≥ 4 ≥ 4(−1)ⁿ. La suite est croissante à partir du rang 1 et pas avant.

piège : Conclure « croissante » sans traiter à part les petits rangs.

Exercice 8. Transmission d'un message

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, EDHEC ou emlyon

Un message binaire passe par des relais successifs. Chaque relais transmet l'information reçue avec probabilité 0,9 et l'inverse avec probabilité 0,1. On note pₙ la probabilité que le message soit correct après n relais, p₀ = 1. Montrer que p₍ₙ₊₁₎ = 0,8pₙ + 0,1, puis exprimer pₙ.

Technique relation de récurrence issue d'une décomposition en deux cas, puis arithmético-géométrique.

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  1. Le message est correct après n + 1 relais s'il était correct et bien transmis, ou faux et inversé. Par la formule des probabilités totales, p₍ₙ₊₁₎ = 0,9pₙ + 0,1(1 − pₙ) = 0,8pₙ + 0,1. 2. Point fixe, l = 0,5. 3. pₙ − 0,5 = 0,5 × 0,8ⁿ, donc pₙ = 0,5 + 0,5 × 0,8ⁿ. 4. Interprétation, après beaucoup de relais le message est presque tiré à pile ou face.

piège : Oublier le cas « faux puis inversé », qui produit la constante 0,1.

Exercice 9. Récurrence avec un terme en n

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, EDHEC ou emlyon

Soit u₀ = 0 et u₍ₙ₊₁₎ = 2uₙ + n. Trouver α et β tels que vₙ = uₙ + αn + β soit géométrique, puis exprimer uₙ.

Technique chercher une suite auxiliaire qui absorbe le terme non constant, comme le point fixe absorbe b.

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  1. v₍ₙ₊₁₎ = 2uₙ + n + α(n + 1) + β et 2vₙ = 2uₙ + 2αn + 2β. 2. L'égalité pour tout n impose 1 + α = 2α et α + β = 2β, donc α = 1 et β = 1. 3. vₙ = uₙ + n + 1 est géométrique de raison 2, avec v₀ = 1. 4. Donc uₙ = 2ⁿ − n − 1. 5. Contrôle, u₁ = 0 et u₂ = 1.

piège : Identifier les coefficients sans exiger l'égalité pour tout n.

Exercice 10. Racine double et somme par la relation

Classiques de khôlle et concours · Niveau écrit BCE, ESSEC ou HEC

Soit u₀ = 0, u₁ = 1 et u₍ₙ₊₂₎ = u₍ₙ₊₁₎ − uₙ/4. Exprimer uₙ. Puis, en sommant la relation, calculer Sₙ = Σ de k = 0 à n de uₖ.

Technique racine double, puis sommation de la relation de récurrence, qui évite toute formule de somme hors programme.

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  1. r² − r + 1/4 = (r − 1/2)², racine double 1/2, donc uₙ = (λ + μn)(1/2)ⁿ. 2. λ = 0 et μ/2 = 1, donc uₙ = n/2ⁿ⁻¹. 3. Contrôle, u₂ = 1 et u₃ = 3/4. 4. On somme la relation pour k de 0 à n. On obtient S₍ₙ₊₂₎ − u₀ − u₁ = (S₍ₙ₊₁₎ − u₀) − Sₙ/4, soit S₍ₙ₊₂₎ − 1 = S₍ₙ₊₁₎ − Sₙ/4. 5. Comme S₍ₙ₊₂₎ − S₍ₙ₊₁₎ = u₍ₙ₊₂₎, on obtient Sₙ = 4 − 4u₍ₙ₊₂₎ = 4 − (n + 2)/2ⁿ⁻¹. 6. Contrôle, S₁ = 1 et S₂ = 2.

piège : Mal décaler les indices des sommes. Il faut retirer les termes u₀ et u₁ qui manquent.

Erreurs fréquentes

  1. Se tromper d'une unité sur le nombre de termes, ou appliquer la formule géométrique sans vérifier que q ≠ 1.
  2. Oublier que ln q < 0 quand 0 < q < 1, et garder le sens de l'inégalité en divisant.
  3. Deviner la forme explicite d'une arithmético-géométrique au lieu de poser la suite auxiliaire, ou écrire uₙ = l + u₀aⁿ en oubliant le décalage u₀ − l.
  4. Utiliser le quotient u₍ₙ₊₁₎/uₙ sans avoir établi que les termes sont strictement positifs.
  5. Pour l'ordre 2, déterminer λ et μ avec les mauvais rangs, ou ne pas vérifier la formule sur u₂.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel d'ECG, mathématiques appliquées de première année, premier semestre, partie IV « Suites de nombres réels », sections 1 « Généralités sur les suites réelles » et 2 « Suites usuelles, formes explicites ». La convergence et le comportement asymptotique font l'objet de la fiche suivante. Le programme exclut tout exposé trop théorique.