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ECG1 · HGGMC · semaine 2

Tableaux géopolitiques du monde en 1913, 1939 et 1945

L'Europe dominante mais divisée de 1913 et l'âge des impérialismes, le monde instable de 1939 après la crise et la montée des totalitarismes. Le monde de 1945, bilan de la guerre et nouvel ordre.

Sommaire

La fiche de cours

Résumé en cinq points

  1. En 1913, l'Europe domine le monde par l'industrie, la finance, les empires et la première mondialisation, mais elle est inégalement industrialisée et divisée en deux systèmes d'alliances rivaux.
  2. Les États-Unis, premiers producteurs industriels, et le Japon sont déjà des concurrents, tandis que l'Empire ottoman et la Chine des Qing déclinent.
  3. En 1939, le monde est fracturé par l'héritage mal accepté de 1919, la crise des années 1930, les replis protectionnistes et l'agressivité des régimes totalitaires, face à des démocraties qui pratiquent l'apaisement.
  4. En 1945, le bilan humain est sans précédent, l'Europe est ruinée et ses empires ébranlés, et deux vainqueurs extra-européens, les États-Unis et l'URSS, dominent.
  5. Le nouvel ordre de 1945 repose sur l'ONU et les institutions de Bretton Woods, mais la rivalité entre les deux grands ouvre la guerre froide.
Pourquoi ce chapitre

Un tableau géopolitique est une photographie du monde à une date donnée. Qui domine, par quels moyens, sur quels territoires, avec quelles rivalités et quelles fragilités ? Les trois dates retenues ne sont pas choisies au hasard. 1913 est la dernière année de paix avant la Première Guerre mondiale, le sommet de la domination européenne. 1939 est l'entrée dans la Seconde Guerre mondiale, au terme d'une décennie de crise. 1945 est la sortie de guerre, qui installe un ordre nouveau. Comparer ces trois photographies permet de mesurer le basculement majeur du premier XXe siècle, le passage d'un monde centré sur l'Europe à un monde dominé par deux puissances extra-européennes, les États-Unis et l'Union soviétique. Aux concours, ces tableaux fournissent les repères indispensables à tout sujet sur la puissance, la mondialisation ou les relations internationales au XXe siècle.

Méthode du tableau géopolitique

Ce qu'on attend

Le programme demande une synthèse, pas une énumération. Un tableau répond à quelques questions constantes.

  • La hiérarchie des puissances et les critères de la puissance à cette date, économiques, militaires, démographiques, territoriaux, financiers, culturels.
  • Les espaces et les réseaux, empires, flux commerciaux, financiers et humains, routes maritimes.
  • Les rivalités et les systèmes d'alliances, les zones de tension.
  • Les représentations, la manière dont les acteurs se pensent et pensent le monde.
  • Les fragilités, qui annoncent les évolutions suivantes.

Éviter la téléologie

Le piège principal est de lire chaque date à la lumière de ce qui suit, de faire de 1913 un monde condamné à la guerre ou de 1939 une marche inévitable au conflit. Un bon tableau montre aussi les forces de stabilité et les possibles non réalisés.

Le monde en 1913, une Europe dominante mais divisée

La prépondérance européenne

En 1913, l'Europe domine le monde. Elle concentre une large part de la production industrielle mondiale, l'essentiel des capitaux investis à l'étranger, les principales flottes marchandes et de guerre. La révolution industrielle, commencée au Royaume-Uni à la fin du XVIIIe siècle, s'est diffusée au XIXe siècle vers la Belgique, la France, l'Allemagne, puis plus inégalement vers l'Italie du Nord, l'Autriche-Hongrie et la Russie. L'Europe est donc inégalement industrialisée, avec un cœur industriel au nord-ouest et des périphéries encore largement agricoles, au sud et à l'est.

Le Royaume-Uni reste la première puissance financière et commerciale. La City de Londres est la place financière du monde, la livre sterling est la monnaie des échanges internationaux, dans le cadre de l'étalon-or. La Royal Navy assure la maîtrise des mers. L'Allemagne est devenue la première puissance industrielle d'Europe, avec une avance dans les industries de la deuxième révolution industrielle, chimie et électricité. La France est une puissance financière, prêteuse, notamment à la Russie, et dispose du deuxième empire colonial.

Une première mondialisation

Le monde de 1913 connaît ce que l'on appelle une première mondialisation, expression popularisée par l'économiste Suzanne Berger dans Notre première mondialisation, en 2003. La baisse du coût des transports, grâce au bateau à vapeur et au chemin de fer, le télégraphe, l'ouverture du canal de Suez en 1869, la stabilité monétaire de l'étalon-or permettent un essor considérable du commerce, des investissements à l'étranger et des migrations. Plusieurs dizaines de millions d'Européens émigrent au XIXe siècle et au début du XXe siècle, principalement vers les Amériques. Cette mondialisation est organisée au profit de l'Europe. Les pays industrialisés exportent des produits manufacturés et des capitaux, les autres régions fournissent matières premières et produits agricoles.

L'âge des impérialismes

La domination européenne prend la forme d'empires coloniaux. La conférence de Berlin, en 1884 et 1885, fixe les règles du partage de l'Afrique entre puissances européennes. En 1913, presque toute l'Afrique est colonisée, à l'exception de l'Éthiopie et du Liberia. L'Empire britannique est le plus vaste, suivi par l'empire français. L'impérialisme ne se limite pas à la colonisation directe. Il passe aussi par la domination économique et financière d'États formellement indépendants, comme la Chine, l'Empire ottoman ou des pays d'Amérique latine, et par des zones d'influence.

Le terme impérialisme est alors débattu. L'économiste britannique John Atkinson Hobson, dans Imperialism, a Study, en 1902, y voit l'effet de la recherche de débouchés pour les capitaux excédentaires. Lénine, dans L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, écrit en 1916, en fait une étape nécessaire du capitalisme, qui mène à la guerre entre puissances.

Les nouveaux venus

La domination européenne est déjà concurrencée.

  • Les États-Unis sont devenus la première puissance industrielle mondiale, avec environ un tiers de la production industrielle selon les estimations de l'historien Paul Bairoch. Ils affirment leur influence sur le continent américain, au nom de la doctrine Monroe de 1823 et de son corollaire énoncé par Theodore Roosevelt en 1904, et se dotent de possessions extérieures après la guerre contre l'Espagne en 1898, notamment les Philippines. Leur puissance reste surtout économique, et leur politique extérieure demeure largement tournée vers le continent américain.
  • Le Japon, modernisé depuis l'ère Meiji ouverte en 1868, bat la Russie en 1905 et annexe la Corée en 1910. C'est la première victoire d'une puissance asiatique sur une puissance européenne à l'époque contemporaine.
  • La Russie est un géant territorial et démographique, en industrialisation rapide, mais fragile, comme l'a montré la révolution de 1905. On la présente souvent comme un colosse aux pieds d'argile.

Les empires anciens déclinent. L'Empire ottoman, surnommé l'homme malade de l'Europe, recule dans les Balkans. En Chine, la dynastie Qing tombe en 1911 et 1912, et la République est proclamée.

Une Europe divisée

L'Europe est partagée en deux systèmes d'alliances. La Triple Alliance, ou Triplice, conclue en 1882, unit l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie. La Triple Entente rassemble la France et la Russie, alliées depuis les années 1890, le Royaume-Uni, lié à la France par l'Entente cordiale de 1904, et à la Russie par l'accord de 1907. Les rivalités sont nombreuses, course aux armements navals entre Royaume-Uni et Allemagne, crises marocaines de 1905 et 1911 entre France et Allemagne, question d'Alsace-Moselle, rivalités austro-russes dans les Balkans, poussée des nationalismes. Les guerres balkaniques de 1912 et 1913 montrent l'instabilité de cette région.

Pour autant, en 1913, la guerre générale n'est pas une certitude. Les interdépendances économiques sont fortes, le mouvement ouvrier international se veut pacifiste, et plusieurs crises ont été réglées par la diplomatie.

Bilan

Le monde de 1913 est un monde européen, mais la domination de l'Europe repose sur un équilibre fragile entre puissances rivales. La Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918, affaiblit durablement l'ensemble du continent, précipite la révolution russe de 1917, et fait des États-Unis le créancier du monde.

Le monde en 1939, un monde instable et fracturé

L'héritage de la Grande Guerre

Les traités de paix, dont le traité de Versailles signé le 28 juin 1919 avec l'Allemagne, redessinent l'Europe. Les empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman ont disparu. De nouveaux États naissent en Europe centrale et orientale, Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, pays baltes, avec de nombreuses minorités nationales. L'Allemagne vit le traité comme un diktat, ce qui nourrit le révisionnisme. La Société des Nations, créée en 1920 à l'initiative du président Wilson, est affaiblie dès l'origine par l'absence des États-Unis, dont le Sénat refuse de ratifier le traité. Au Proche-Orient, le Royaume-Uni et la France reçoivent des mandats sur d'anciens territoires ottomans.

L'économiste John Maynard Keynes, dans Les Conséquences économiques de la paix, en 1919, critique les réparations imposées à l'Allemagne, qu'il juge économiquement néfastes et politiquement dangereuses.

La crise des années 1930

Le krach boursier de Wall Street, en octobre 1929, ouvre une dépression mondiale. La production s'effondre, le chômage de masse se répand, le commerce international se contracte fortement. Les États répondent par le protectionnisme, comme les États-Unis avec le tarif Hawley-Smoot de 1930, par des dévaluations et par la constitution de blocs, comme la préférence impériale britannique adoptée à Ottawa en 1932. L'étalon-or est abandonné par le Royaume-Uni en 1931. La première mondialisation se défait, et chaque puissance se replie sur son espace national ou impérial. L'historien de l'économie Charles Kindleberger a interprété la crise comme l'effet de l'absence d'une puissance capable et désireuse de stabiliser l'économie mondiale, le Royaume-Uni ne le pouvant plus et les États-Unis ne le voulant pas encore.

Régimes autoritaires et totalitaires

La crise favorise l'arrivée ou le renforcement de régimes autoritaires et totalitaires. En Italie, Mussolini est au pouvoir depuis 1922. En Allemagne, Hitler devient chancelier le 30 janvier 1933 et installe une dictature nazie fondée sur le racisme, l'antisémitisme et la volonté d'espace vital. En URSS, Staline impose la collectivisation, les plans quinquennaux et la terreur de masse. Au Japon, le militarisme l'emporte et justifie l'expansion en Asie. La notion de totalitarisme, qui désigne des régimes prétendant contrôler toute la société au moyen d'un parti unique, d'une idéologie, de la terreur et de la propagande, a été théorisée notamment par Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme, en 1951. Son application commune au nazisme et au stalinisme fait débat chez les historiens.

Les démocraties libérales, Royaume-Uni, France, États-Unis, pays scandinaves, restent attachées à la paix et sont affaiblies par la crise et par leurs divisions internes.

L'engrenage vers la guerre

Les puissances révisionnistes remettent en cause l'ordre de 1919 par la force.

  • Le Japon envahit la Mandchourie en 1931, puis engage en 1937 une guerre ouverte contre la Chine.
  • L'Allemagne quitte la Société des Nations en 1933, rétablit le service militaire en 1935, remilitarise la Rhénanie en mars 1936, annexe l'Autriche en mars 1938, obtient les Sudètes par les accords de Munich en septembre 1938, puis démembre la Tchécoslovaquie en mars 1939.
  • L'Italie conquiert l'Éthiopie en 1935 et 1936.
  • La guerre d'Espagne, de 1936 à 1939, voit l'intervention de l'Allemagne et de l'Italie aux côtés des nationalistes de Franco, et de l'URSS aux côtés des républicains, tandis que la France et le Royaume-Uni choisissent la non-intervention.

Les alliances se recomposent. L'axe Rome-Berlin est proclamé en 1936, le pacte anti-Komintern lie l'Allemagne et le Japon la même année, l'Italie le rejoint en 1937, et le pacte d'acier unit l'Allemagne et l'Italie en mai 1939. Les démocraties pratiquent l'apaisement, incarné par le Premier ministre britannique Neville Chamberlain à Munich. Les États-Unis restent isolationnistes, avec les lois de neutralité votées à partir de 1935. Le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 surprend le monde et ouvre la voie à l'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939. Le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre.

Bilan

Le monde de 1939 est fracturé par la crise économique, par l'affrontement des idéologies, libéralisme, fascismes, communisme, et par l'échec de la sécurité collective. Les empires coloniaux européens atteignent leur extension maximale, mais les nationalismes s'y affirment, en Inde avec Gandhi et le Congrès, en Afrique du Nord, en Indochine. Les deux futures superpuissances, États-Unis et URSS, sont encore en retrait des affaires européennes, l'une par isolationnisme, l'autre par isolement et calcul.

Le monde en 1945, bilan de la guerre et nouvel ordre

Un bilan humain et matériel sans précédent

La Seconde Guerre mondiale fait de l'ordre de 50 à 60 millions de morts selon les estimations, en majorité des civils. L'URSS subit les pertes les plus lourdes. Le génocide des Juifs d'Europe, la Shoah, fait environ six millions de victimes, et les nazis exterminent aussi les Tsiganes et persécutent d'autres groupes. Les bombardements ont détruit de nombreuses villes, en Europe et au Japon. Les bombes atomiques d'Hiroshima, le 6 août 1945, et de Nagasaki, le 9 août, ouvrent l'ère nucléaire. L'Allemagne capitule le 8 mai 1945, le Japon le 2 septembre. Des millions de personnes sont déplacées.

La guerre révèle aussi des crimes d'une nature nouvelle. Le tribunal militaire international de Nuremberg, à partir de novembre 1945, juge les principaux dirigeants nazis et consacre la notion de crime contre l'humanité.

Le déclin de l'Europe

L'Europe sort ruinée et divisée. L'Allemagne est occupée et partagée en quatre zones entre États-Unis, URSS, Royaume-Uni et France. Le Royaume-Uni et la France sont dans le camp des vainqueurs mais épuisés, endettés et dépendants de l'aide américaine. Les empires coloniaux sont ébranlés. Le prestige européen a été détruit en Asie par les victoires japoniennes, et les mouvements nationalistes se renforcent. En 1945, Soekarno proclame l'indépendance de l'Indonésie et Hô Chi Minh celle du Viêt Nam, tandis que la répression de Sétif, en Algérie, en mai 1945, annonce des affrontements futurs.

Deux vainqueurs extra-européens

Les États-Unis sortent de la guerre considérablement renforcés. Leur territoire n'a pas été touché, leur production a explosé, ils détiennent environ la moitié de la production industrielle mondiale selon les estimations couramment citées, l'essentiel des réserves d'or et, jusqu'en 1949, le monopole de l'arme atomique. Ils abandonnent l'isolationnisme et entendent organiser le monde d'après-guerre.

L'URSS, malgré des pertes immenses, sort de la guerre avec le prestige de la victoire sur le nazisme, une armée qui occupe l'Europe centrale et orientale et une idéologie qui attire une partie des opinions. Elle entend garantir sa sécurité par une zone d'influence à ses frontières occidentales.

Un nouvel ordre international

Les vainqueurs préparent l'après-guerre lors de conférences, Yalta en février 1945 et Potsdam en juillet et août 1945. L'Organisation des Nations unies est fondée par la charte de San Francisco, signée le 26 juin 1945. Son Conseil de sécurité compte cinq membres permanents dotés d'un droit de veto, États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France et Chine. Sur le plan économique, les accords de Bretton Woods, en juillet 1944, créent le Fonds monétaire international et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, et organisent un système monétaire fondé sur le dollar convertible en or. L'objectif est d'éviter le retour des désordres des années 1930.

Bilan

Le monde de 1945 est dominé par deux puissances extra-européennes, porteuses de modèles opposés. L'alliance de guerre se défait rapidement, et les désaccords sur l'Allemagne et l'Europe de l'Est ouvrent la voie à la guerre froide. Parallèlement, la décolonisation commence. C'est le point de départ du chapitre suivant.

Auteurs et références

  • Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle, Introduction à l'histoire des relations internationales, 1964, qui insiste sur les forces profondes, géographie, démographie, économie, mentalités, derrière les décisions des acteurs.
  • Eric Hobsbawm, L'Ère des empires, sur la période de 1875 à 1914, et L'Âge des extrêmes, sur le court XXe siècle, de 1914 à 1991.
  • Suzanne Berger, Notre première mondialisation, 2003.
  • Paul Kennedy, Naissance et déclin des grandes puissances, 1987, sur le lien entre puissance économique et puissance militaire.
  • Christopher Clark, Les Somnambules, 2012, sur les responsabilités partagées dans le déclenchement de la guerre en 1914.
  • John Maynard Keynes, Les Conséquences économiques de la paix, 1919.
  • Charles Kindleberger, La Grande Crise mondiale, 1929-1939, publié en anglais en 1973.
  • Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme, 1951.
  • Halford Mackinder, dont l'article de 1904 sur le pivot géographique de l'histoire illustre les représentations géopolitiques européennes du début du siècle.

Repères chronologiques

  • 1882, Triple Alliance. 1884-1885, conférence de Berlin. 1898, guerre hispano-américaine. 1904, Entente cordiale. 1905, victoire japonaise sur la Russie et première crise marocaine. 1907, accord anglo-russe. 1911, crise d'Agadir. 1912-1913, guerres balkaniques.
  • 1919, traité de Versailles. 1920, Société des Nations. 1922, Mussolini au pouvoir. 1929, krach de Wall Street. 1931, Mandchourie. 1933, Hitler chancelier. 1935-1936, guerre d'Éthiopie. 1936, remilitarisation de la Rhénanie, début de la guerre d'Espagne. 1938, Anschluss et accords de Munich. 23 août 1939, pacte germano-soviétique. 1er septembre 1939, invasion de la Pologne.
  • Juillet 1944, Bretton Woods. Février 1945, Yalta. 8 mai 1945, capitulation allemande. 26 juin 1945, charte des Nations unies. Juillet-août 1945, Potsdam. 6 et 9 août 1945, Hiroshima et Nagasaki. 2 septembre 1945, capitulation japonaise.

Débats

  • Les causes de la Première Guerre mondiale. Responsabilité principale de l'Allemagne, retenue par l'article 231 du traité de Versailles et reprise par l'historien Fritz Fischer dans les années 1960, ou responsabilités partagées d'élites qui se sont engagées sans mesurer les conséquences, selon Christopher Clark.
  • Le lien entre mondialisation et paix. L'interdépendance de 1913 n'a pas empêché la guerre, ce qui interroge l'idée libérale selon laquelle le commerce pacifie.
  • L'apaisement. Lâcheté ou calcul rationnel de démocraties qui n'étaient pas prêtes militairement ?
  • Le concept de totalitarisme, outil comparatif utile ou assimilation abusive du nazisme et du stalinisme.

Ce qu'il faut savoir mobiliser en dissertation

  1. Les critères de la puissance à chaque date, et leur évolution, de la puissance financière et navale britannique à la puissance industrielle et nucléaire américaine.
  2. La notion de première mondialisation, ses vecteurs et ses limites, et son effondrement dans les années 1930.
  3. Les systèmes d'alliances de 1913 et de 1939, et les étapes de l'engrenage vers la Seconde Guerre mondiale.
  4. Le lien entre crise économique et montée des régimes autoritaires et totalitaires.
  5. Le basculement de 1945, déclin de l'Europe, émergence de deux superpuissances, nouvel ordre international et début de la décolonisation.
  6. Un raisonnement comparatif entre les trois dates, qui montre continuités et ruptures.

Méthodes et exercices

Notions et mécanismes clés

  • Tableau géopolitique : photographie du monde à une date, qui croise hiérarchie des puissances, espaces, réseaux, rivalités, représentations et fragilités. Ce n'est pas un récit.
  • Puissance structurelle : capacité à fixer le cadre dans lequel les autres agissent (monnaie de référence, routes maritimes, place financière). Le Royaume-Uni de 1913 en est le cas type.
  • Hégémonie : domination acceptée au moins en partie, parce qu'elle fournit des biens communs (stabilité monétaire, liberté des mers, crédit).
  • Première mondialisation : intégration des marchés de marchandises, de capitaux et de main-d'œuvre entre le milieu du XIXe siècle et 1914, portée par la baisse du coût des transports et l'étalon-or.
  • Étalon-or : système où chaque monnaie est définie par un poids d'or et convertible. Il garantit des changes fixes et rassure les investisseurs.
  • Impérialisme : domination d'un État sur des territoires et des sociétés extérieurs, par la conquête (colonie, protectorat) ou par l'emprise économique et financière (concessions, dette, zones d'influence).
  • Zone d'influence : espace formellement souverain où une puissance obtient des droits privilégiés. La Chine de 1913 est découpée en zones de ce type.
  • Système d'alliances : réseau d'engagements défensifs. Il dissuade en temps normal, mais transforme un conflit local en guerre générale quand il se déclenche.
  • Révisionnisme : volonté de réviser par la force ou la pression un ordre international jugé injuste. Allemagne, Italie et Japon dans les années 1930.
  • Sécurité collective : principe selon lequel une agression contre un membre concerne tous les membres, qui doivent la sanctionner. C'est le pari de la Société des Nations, puis de l'ONU.
  • Apaisement : politique de concessions à une puissance révisionniste pour éviter la guerre, dans l'espoir de satisfaire ses revendications jugées limitées.
  • Autarcie et blocs : repli d'une économie sur son territoire ou sur un espace impérial ou régional protégé. Mécanisme central de la désintégration des années 1930.
  • Totalitarisme : régime qui prétend contrôler toute la société par un parti unique, une idéologie officielle, la terreur et la propagande. Notion discutée quand on l'applique à la fois au nazisme et au stalinisme.
  • Superpuissance : puissance capable d'agir dans tous les domaines et sur tous les continents. Le mot s'impose pour les États-Unis et l'URSS après 1945.
  • Ordre international : ensemble des règles, institutions et rapports de force qui organisent les relations entre États à une époque. 1919 et 1945 sont deux tentatives de fonder un ordre.

Chaînes de raisonnement

De la révolution industrielle à la domination européenne. L'industrialisation donne à quelques pays d'Europe du Nord-Ouest une avance technique, financière et militaire. Cette avance se convertit en capacité de projection, par les flottes, les capitaux exportés et les armes modernes. D'où la conquête coloniale rapide de la fin du XIXe siècle, en particulier en Afrique.

De l'alliance défensive à la guerre générale. Chaque bloc s'arme et s'engage pour dissuader l'autre. Mais les engagements, même informels comme ceux du Royaume-Uni envers la France et la Russie, lient les grandes puissances aux crises de leurs alliés, notamment dans les Balkans. En juillet et août 1914, un conflit entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie devient ainsi une guerre européenne en quelques jours.

De la Grande Guerre au basculement financier. La guerre ruine les budgets européens, qui empruntent massivement, notamment aux États-Unis. Les États-Unis, débiteurs avant 1914, deviennent créanciers. La puissance financière passe progressivement de Londres à New York, même si la livre garde un rôle important dans l'entre-deux-guerres.

De la crise économique au repli et à la guerre. La dépression fait chuter les prix, la production et l'emploi. Les États se protègent par des droits de douane, des dévaluations et des blocs, ce qui contracte encore le commerce mondial. Les puissances pauvres en matières premières, privées de colonies comme l'Allemagne ou dotées d'empires qu'elles jugent insuffisants comme l'Italie et le Japon, en tirent l'argument de l'espace vital et de la conquête.

De l'échec de la sécurité collective à l'engrenage. La Société des Nations n'a pas d'armée et les grandes puissances refusent de sanctionner réellement. Chaque agression impunie, Mandchourie, Éthiopie, Rhénanie, encourage la suivante. Les démocraties concluent que la guerre n'est évitable qu'en cédant, jusqu'au démembrement de la Tchécoslovaquie en mars 1939. Le Royaume-Uni et la France garantissent alors la Pologne, et l'invasion de celle-ci le 1er septembre 1939 les conduit à déclarer la guerre à l'Allemagne le 3 septembre.

De la guerre totale à la bipolarité. La guerre de 1939 à 1945 détruit l'Europe et l'Asie orientale, mais épargne le territoire américain. Elle porte l'Armée rouge jusqu'au centre de l'Europe. Deux puissances extra-européennes se retrouvent seules capables d'agir partout, avec des modèles opposés, ce qui prépare la guerre froide.

De la guerre au réveil des colonisés. Les défaites européennes de 1940 à 1942 en Asie ruinent le prestige des colonisateurs. Les métropoles mobilisent hommes et ressources coloniales en promettant des réformes. Les nationalistes exigent ensuite l'indépendance, et la charte des Nations unies affirme le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Exemples et références à connaître

  1. La City de Londres et la livre sterling en 1913. Un exemple de puissance structurelle : l'essentiel du commerce mondial se finance et se règle par Londres.
  2. Le Dreadnought, lancé par la Royal Navy en 1906. Il relance la course aux armements navals avec l'Allemagne et illustre le dilemme de sécurité.
  3. La conférence de Berlin (1884 et 1885). Elle fixe les règles du partage de l'Afrique entre Européens, sans aucun Africain à la table.
  4. La victoire japonaise sur la Russie en 1905. Première victoire d'une puissance asiatique sur une puissance européenne à l'époque contemporaine, avec un grand écho en Asie.
  5. Les accords de Munich, septembre 1938. Le Royaume-Uni et la France acceptent la cession des Sudètes à l'Allemagne, sans la Tchécoslovaquie. Exemple type de l'apaisement.
  6. Le pacte germano-soviétique du 23 août 1939. Il montre qu'en 1939 le réalisme l'emporte sur l'idéologie, et il contient un protocole secret de partage de l'Europe orientale.
  7. Le tarif Hawley-Smoot (1930) et la conférence d'Ottawa (1932). Deux exemples concrets du protectionnisme et de la logique des blocs.
  8. La charte de l'Atlantique, signée en août 1941 par Roosevelt et Churchill. Elle annonce les principes de l'ordre d'après-guerre : libre commerce, renonciation aux conquêtes, droit des peuples.
  9. Bretton Woods (juillet 1944) et la charte des Nations unies (26 juin 1945). Les deux piliers du nouvel ordre, économique et politique.
  10. Ordres de grandeur à manier avec prudence. Environ un tiers de la production industrielle mondiale pour les États-Unis en 1913, environ la moitié en 1945 selon les estimations couramment citées, et 50 à 60 millions de morts pour la Seconde Guerre mondiale.

Techniques

Construire un tableau géopolitique à une date

Réflexe en cinq questions : qui domine et selon quels critères, sur quels espaces et par quels réseaux, avec quelles rivalités, selon quelles représentations, avec quelles fragilités. On rédige en croisant les rubriques, pas en les alignant.

Mini-exemple. 1913 en cinq lignes. Hiérarchie : Royaume-Uni financier et naval, Allemagne industrielle, États-Unis premiers producteurs mais peu engagés hors du continent américain. Espaces : empires et zones d'influence. Rivalités : deux blocs en Europe, Balkans. Représentations : supériorité européenne, darwinisme social. Fragilités : nationalismes, empires anciens en déclin.

Comparer deux dates sans juxtaposer

On choisit trois ou quatre critères communs, par exemple la hiérarchie des puissances, le degré d'ouverture économique, l'état des empires, l'existence d'institutions internationales. Chaque paragraphe compare les dates sur un critère. On conclut sur ce qui change et ce qui demeure.

Mini-exemple. Ouverture économique. En 1913, commerce et capitaux circulent sous l'étalon-or. En 1939, la mondialisation s'est défaite en blocs protégés. En 1945, on reconstruit une ouverture encadrée par des institutions. On en tire une conclusion : la mondialisation n'est pas un mouvement linéaire.

Déjouer la téléologie

On se demande à chaque date ce que les contemporains savaient et ce qu'ils craignaient. On relève les forces de stabilité, pas seulement les signes de catastrophe.

Mini-exemple. En 1913, plusieurs crises, au Maroc et dans les Balkans, ont été réglées par la diplomatie, et les échanges sont intenses. La guerre générale est possible, elle n'est pas certaine.

Commenter une carte de l'époque

On identifie l'auteur, la date, la projection et le message, puis on confronte la carte à la réalité qu'elle représente ou qu'elle travestit.

Mini-exemple. Une carte scolaire française d'avant 1914 colore l'empire en une seule teinte. Commentaire attendu : elle donne une image d'unité et de grandeur, alors que la présence française est très inégale selon les territoires.

Sujets classiques traités

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Sujet 7. 1945, un nouvel ordre mondial ?

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

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Plan attendu. Un, une rupture réelle : bilan humain inédit, arme nucléaire, ONU, Bretton Woods, Nuremberg et la notion de crime contre l'humanité. Deux, des continuités : les grands vainqueurs gardent le veto, les empires coloniaux sont maintenus, la logique des zones d'influence réapparaît à Yalta. Trois, un ordre vite fissuré : désaccords sur l'Allemagne et l'Europe de l'Est, qui annoncent la guerre froide. Le colleur attend qu'on nuance le mot « nouveau ».

Sujet 8. Comparer 1913 et 1939 : les systèmes d'alliances

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

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Plan attendu. Un, 1913, deux blocs bien identifiés mais inégalement solides. La Triple Alliance est une alliance défensive conclue en 1882, fragilisée par l'ambiguïté de l'Italie. La Triple Entente combine l'alliance militaire franco-russe et des ententes coloniales qui n'engagent pas militairement le Royaume-Uni, avec la France en 1904 et avec la Russie en 1907. Deux, 1939, des alliances mouvantes et opportunistes : axe Rome-Berlin, pacte anti-Komintern, pacte d'acier, puis pacte germano-soviétique qui renverse les attentes. Trois, une leçon commune : l'alliance ne suffit pas à dissuader si l'adversaire doute de la volonté de s'en servir. Le colleur attend des dates exactes et une comparaison croisée.

Sujet 1. Le monde en 1913 : l'apogée de l'Europe ?

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Problématique : la domination européenne de 1913 est-elle un sommet solide ou un équilibre déjà fragile ?

I. Une domination sans équivalent. Industrie, capitaux, flottes, empires, migrations européennes vers les Amériques. L'Europe organise la première mondialisation à son profit.

II. Une domination concurrencée de l'extérieur. Les États-Unis premiers producteurs industriels, le Japon victorieux de la Russie. Des résistances coloniales et la révolution chinoise de 1911.

III. Une Europe divisée contre elle-même. Industrialisation inégale entre un Nord-Ouest industriel et des périphéries agricoles, deux systèmes d'alliances, nationalismes, Balkans. La force européenne dépend d'un équilibre que la guerre va rompre.

Argument attendu : distinguer apogée de la puissance et apogée de la stabilité.

Sujet 2. De 1913 à 1945, la fin de la prépondérance européenne

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Problématique : le recul de l'Europe entre 1913 et 1945 est-il une rupture brutale ou un effacement progressif, que les deux guerres accélèrent ?

I. Une puissance déjà contestée en 1913. Concurrence américaine et japonaise, empires anciens en crise.

II. Une première guerre qui affaiblit sans détrôner. Dettes envers les États-Unis, révolution russe, empires coloniaux pourtant à leur extension maximale entre les deux guerres. Isolationnisme américain, qui laisse l'Europe au centre du jeu diplomatique.

III. 1945, le basculement. Europe ruinée, occupée et coupée en deux, deux vainqueurs extra-européens, décolonisation qui commence en Asie.

piège : Dater le déclin de 1945 seulement. La bonne copie montre un processus en trois temps.

Sujet 3. Le monde en 1939 : un monde fracturé

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Problématique : quelles fractures, économiques, idéologiques et diplomatiques, rendent le monde de 1939 si instable ?

I. La fracture économique. Dépression, protectionnisme, abandon de l'étalon-or par le Royaume-Uni en 1931, blocs impériaux. La coopération internationale disparaît.

II. La fracture idéologique. Démocraties libérales, fascismes, communisme soviétique. Les régimes autoritaires et totalitaires ont des projets d'expansion.

III. La fracture diplomatique. Échec de la Société des Nations, apaisement, pacte germano-soviétique. L'ordre de 1919 n'a plus de défenseur capable d'agir.

Exemple précis attendu dans chaque partie, avec sa date.

Sujet 4. Mondialisation et paix, 1913 à 1945

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Problématique : l'interdépendance économique protège-t-elle de la guerre ?

I. L'argument libéral. En 1913, commerce et investissements lient les puissances, et plusieurs crises sont réglées sans guerre.

II. Le démenti de 1914. L'interdépendance n'empêche pas la guerre, elle en fait même une guerre mondiale par les empires et les flux.

III. La leçon tirée en 1944 et 1945. La désintégration des années 1930 a nourri les agressions. Les vainqueurs bâtissent des institutions, FMI, Banque mondiale, ONU, pour encadrer l'ouverture.

Argument attendu : l'interdépendance seule ne suffit pas, il faut des règles et une puissance qui les garantit. On peut mobiliser l'analyse de Kindleberger présentée dans la fiche.

Sujet 5. Les États-Unis, de 1913 à 1945 : de la puissance économique à la superpuissance

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Problématique : comment les États-Unis passent-ils d'une puissance surtout économique et régionale à une puissance mondiale et globale ?

I. 1913, un géant économique à l'influence régionale. Première production industrielle, doctrine Monroe, Philippines après 1898.

II. Une puissance qui refuse ses responsabilités. Rôle décisif de Wilson en 1918 et 1919, puis refus du Sénat de ratifier le traité de Versailles, lois de neutralité à partir de 1935.

III. 1945, la superpuissance. Territoire épargné, environ la moitié de la production industrielle mondiale, monopole atomique jusqu'en 1949, architecte de l'ONU et de Bretton Woods.

piège : Parler d'isolationnisme total. Les États-Unis restent actifs en Amérique latine, en Asie et dans le commerce mondial.

Sujet 6. Les empires coloniaux de 1913 à 1945

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Problématique : pourquoi les empires coloniaux sont-ils à la fois à leur apogée territoriale et déjà ébranlés en 1945 ?

I. L'âge des empires. Partage de l'Afrique, Empire britannique et empire français, zones d'influence en Chine et dans l'Empire ottoman.

II. L'entre-deux-guerres, apogée et contestation. Mandats au Proche-Orient, nationalismes en Inde avec Gandhi, en Indochine, en Afrique du Nord.

III. 1945, des empires ébranlés. Défaites européennes en Asie, indépendances proclamées par Soekarno et Hô Chi Minh, répression de Sétif en mai 1945.

Erreurs fréquentes

  1. Raconter au lieu de dresser un tableau. Un récit de 1913 à 1945 ne répond pas à un sujet sur une date. Il faut une photographie structurée.
  2. Lire l'avenir dans le passé. Présenter 1913 comme condamné à la guerre ou Munich comme une lâcheté évidente, sans restituer ce que savaient les acteurs.
  3. Confondre puissance industrielle et puissance mondiale. Les États-Unis de 1913 sont premiers producteurs, pas encore puissance globale.
  4. Oublier les mondes non européens. Un tableau réduit à l'Europe manque le Japon, la Chine, les empires coloniaux et les nationalismes naissants.
  5. Accumuler des chiffres douteux. Un ordre de grandeur sûr, présenté comme une estimation, vaut mieux qu'un chiffre précis inventé.

Fiche rédigée à partir du programme officiel d'histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain (2021), module I « Les grandes mutations du monde de 1913 à nos jours », partie I.1 « Panorama géopolitique du monde de 1913 à la fin de la guerre froide », point I.1.2 « Tableaux géopolitiques du monde en 1913, 1939 et en 1945 ». Le commentaire du programme précise l'esprit de chaque tableau. Le monde en 1913 souligne le rôle d'une Europe divisée et inégalement industrialisée, dans le contexte d'une phase nouvelle de la mondialisation et des impérialismes. Le monde en 1939 présente un monde instable, fracturé, fragilisé par la crise des années 1930 et l'arrivée au pouvoir de régimes autoritaires et totalitaires. Le monde de 1945 est présenté avant l'étude de la guerre froide. Le programme demande un panorama non exhaustif et une démarche géopolitique, centrée sur les rapports de puissance, les acteurs et leurs représentations.