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BCPST1 · SVT · semaine 2

Regards sur un organisme Angiosperme : une Fabacée

Position des Fabacées parmi les Embryophytes et distinction des organes de l'appareil végétatif et de l'appareil reproducteur. Vastes surfaces d'échange permettant le prélèvement de matière minérale et la conversion de l'énergie lumineuse, autotrophie. Coopération entre organes sources et organes puits au cours du cycle biologique.

Sommaire

La fiche de cours

Résumé en cinq points

  1. Une Fabacée est une Angiosperme, donc une Embryophyte à tissus conducteurs, à graines et à ovules enclos dans un ovaire devenant fruit, reconnaissable à sa fleur papilionacée et à sa gousse.
  2. L'appareil végétatif, racines, tige, feuilles, assure nutrition et croissance indéfinie à partir de méristèmes, l'appareil reproducteur assure fleurs, fruits et graines.
  3. La fixité impose de vastes surfaces d'échange avec le sol et avec l'atmosphère, condition du prélèvement de matière minérale et de la conversion de l'énergie lumineuse.
  4. L'autotrophie localise la production de matière organique dans les feuilles, d'où la distinction entre organes sources et organes puits et la circulation de la sève élaborée.
  5. La plante est en relation permanente avec son milieu, tropismes et rythmes saisonniers côté abiotique, symbiose avec Rhizobium dans les nodosités côté biotique, ce qui fonde l'usage agronomique des Fabacées.
Pourquoi ce chapitre

Ce chapitre est le pendant végétal du chapitre sur le Bovidé. Même démarche, objet radicalement différent. Une Angiosperme est un organisme fixé, qui vit simultanément dans deux milieux, le sol et l'atmosphère, et qui fabrique sa propre matière organique. Ces trois traits, fixité, double interface, autotrophie, commandent toute son organisation.

La Fabacée, famille qui regroupe le pois, le haricot, la luzerne ou le trèfle, est choisie parce qu'elle ajoute un caractère remarquable : la symbiose racinaire avec des bactéries du genre Rhizobium, qui fixent le diazote atmosphérique. On tient là un exemple où l'interaction avec un microorganisme modifie la biologie de la plante entière et son rôle dans l'agrosystème.

Le chapitre pose le vocabulaire et le schéma fonctionnel que les chapitres suivants détailleront : la nutrition minérale et la circulation des sèves en SV-B-2, le développement post-embryonnaire en SV-B-3, l'histologie de la feuille en SV-C-1, la photosynthèse en SV-E-1. Aux concours, il alimente les questions de synthèse sur l'organisation fonctionnelle d'un végétal et les exercices de terrain ou d'observation.

Notions et mécanismes

Positionner une Fabacée parmi les Embryophytes

Les Embryophytes sont les végétaux terrestres au sens large. Leur caractère éponyme est la protection de l'embryon au sein de l'organisme maternel. Ils possèdent des parois cellulaires cellulosiques, une cuticule imperméable qui limite les pertes d'eau et des chloroplastes contenant chlorophylles a et b.

À l'intérieur des Embryophytes, la présence de tissus conducteurs différenciés, xylème et phloème, définit les Trachéophytes. La production de graines, c'est-à-dire d'un embryon accompagné de réserves et protégé par un tégument, définit les Spermatophytes. La fleur, avec des ovules enfermés dans un ovaire qui devient un fruit après fécondation, définit les Angiospermes. Le préfixe même, qui signifie graine enclose, contient le caractère.

Les Fabacées se reconnaissent à une fleur typique dite papilionacée, à cinq pétales inégaux répartis en un étendard, deux ailes et deux pétales soudés formant la carène. Le fruit est une gousse, fruit sec qui s'ouvre par deux fentes. Les feuilles sont souvent composées et portent fréquemment des stipules. Le caractère physiologique le plus significatif est la présence de nodosités racinaires abritant des bactéries fixatrices d'azote.

Les deux appareils

L'appareil végétatif assure la nutrition, la croissance et une part de la relation. Il comporte trois types d'organes. Les racines ancrent la plante et prélèvent l'eau et les ions du sol. La tige porte et oriente les autres organes et assure la circulation entre le sol et les feuilles. Les feuilles réalisent la photosynthèse et les échanges gazeux.

L'appareil reproducteur est constitué des fleurs, puis des fruits et des graines. La fleur regroupe des pièces stériles, sépales et pétales, et des pièces fertiles, étamines produisant le pollen et carpelles contenant les ovules. Après pollinisation et fécondation, l'ovule devient graine et l'ovaire devient fruit.

La croissance de l'appareil végétatif est indéfinie. Elle repose sur des méristèmes, territoires de cellules qui se divisent activement. À ce stade du programme, on se limite à les localiser : un méristème apical à l'extrémité de chaque tige, un méristème apical à l'extrémité de chaque racine, et des méristèmes axillaires à l'aisselle des feuilles qui donnent les ramifications. Le fonctionnement détaillé des méristèmes relève de SV-B-3.

De vastes surfaces d'échange

La plante ne se déplace pas. Pour capter des ressources diluées, elle doit donc étendre ses surfaces. C'est le principe unificateur du chapitre.

Du côté du sol, la ramification des racines et les poils absorbants, prolongements des cellules de l'assise superficielle de la racine, portent la surface d'absorption bien au-delà de ce que suggère l'encombrement apparent du système racinaire. Les mycorhizes, associations symbiotiques avec des mycètes, étendent encore ce réseau.

Du côté de l'atmosphère, la feuille est la structure spécialisée. Elle est aplatie, ce qui offre une grande surface à l'énergie lumineuse pour un faible volume, et mince, ce qui raccourcit les trajets de diffusion des gaz. Les stomates, petits orifices délimités par deux cellules de garde, assurent les échanges gazeux avec l'atmosphère interne de la feuille, constituée des méats entre les cellules du parenchyme.

L'organisation en trois dimensions fait le reste. La plante est un organisme à très fort rapport surface sur volume, ce qui est exactement le contraire de la stratégie d'un Mammifère.

Autotrophie et conversion d'énergie

La plante est autotrophe au carbone : elle fabrique ses molécules organiques à partir de matière minérale, dioxyde de carbone, eau et ions. L'énergie nécessaire est prélevée sous forme lumineuse et convertie en énergie potentielle chimique. Le lieu de cette conversion est le chloroplaste, présent en grand nombre dans les cellules du parenchyme chlorophyllien de la feuille. Le détail des mécanismes relève de SV-E-1.

Ce point est décisif pour comprendre la suite. Puisque la matière organique est produite dans les feuilles et nulle part ailleurs, tous les autres organes en dépendent. Cela impose une circulation interne et une division du travail entre organes.

Organes sources et organes puits

Un organe source exporte de la matière organique : il en produit ou en libère plus qu'il n'en consomme. Un organe puits importe de la matière organique : il en consomme ou en stocke plus qu'il n'en produit.

Les feuilles adultes bien éclairées sont les sources typiques. Les racines, les méristèmes, les fleurs, les fruits et les graines en formation sont des puits. Deux subtilités sont attendues. D'abord, le statut n'est pas fixe : une jeune feuille en croissance est un puits avant de devenir une source. Ensuite, un organe de réserve est alternativement puits puis source, puits pendant l'accumulation, source lors de la mobilisation, par exemple au printemps ou lors de la germination.

La circulation entre sources et puits se fait par le phloème, qui transporte la sève élaborée riche en saccharose. Le xylème transporte en sens inverse la sève brute, eau et ions, du sol vers les feuilles. Ces deux circulations sont détaillées en SV-B-2.

Relations avec le milieu abiotique

La plante étant fixée, elle ne fuit pas les contraintes, elle les subit et y répond par la croissance. Les facteurs anisotropes du milieu, c'est-à-dire ceux qui possèdent une direction privilégiée, orientent cette croissance : c'est un tropisme. La pesanteur en fournit l'exemple traité, le gravitropisme. La tige pousse en sens opposé à la pesanteur, on parle de gravitropisme négatif, la racine pousse dans le sens de la pesanteur, gravitropisme positif. Les mécanismes cellulaires et moléculaires ne sont pas exigibles.

Les rythmes saisonniers cadencent le cycle de reproduction. La floraison, la pollinisation, la fructification puis la vie ralentie des graines s'enchaînent en réponse à des paramètres du milieu, notamment la température et la durée du jour. Savoir placer sur un cycle quel paramètre contrôle quelle étape est une capacité explicitement demandée.

Relations avec le milieu biotique et symbiose avec Rhizobium

La plante est engagée dans de nombreuses relations interspécifiques. Elle est mangée par des phytophages. Elle est parasitée par des champignons et des insectes. Elle est pollinisée par des animaux, ce qui, chez les Fabacées à fleur papilionacée, relève d'une interaction étroite avec les insectes. Elle s'associe à des mycètes par les mycorhizes.

La relation caractéristique du chapitre est la symbiose avec des bactéries du genre Rhizobium. Ces bactéries du sol pénètrent dans la racine, qui développe en réponse des excroissances appelées nodosités. À l'intérieur, les bactéries se transforment en bactéroïdes capables de réduire le diazote atmosphérique en ammonium. La plante fournit aux bactéroïdes des assimilats photosynthétiques, donc de l'énergie et du carbone, et récupère en retour de l'azote sous forme utilisable, exporté dans le xylème sous forme de molécules organiques azotées.

Le bénéfice est double et mutuel, ce qui définit le mutualisme. Pour la plante, l'azote cesse d'être un facteur limitant, ce qui augmente sa biomasse. La formation des nodosités dépend d'ailleurs de la fertilité du sol : elle est favorisée quand les nitrates et l'ammonium sont rares et inhibée quand ils sont abondants, ce qui est cohérent avec le coût énergétique de la symbiose.

Enfin, les végétaux sont les producteurs primaires des écosystèmes et la base des réseaux trophiques. Leur importance agronomique a conduit l'être humain à les sélectionner. Les Fabacées ont deux usages emblématiques : l'alimentation, humaine et animale, avec des graines riches en protéines, et l'engrais vert, où la culture est enfouie pour enrichir le sol en azote grâce à la symbiose.

Exemples et ordres de grandeur

La fleur de pois ou de haricot est le support d'observation standard. Diagramme à cinq sépales, cinq pétales inégaux, dix étamines dont neuf souvent soudées, et un carpelle unique qui donnera la gousse. Une gousse de pois contient couramment de cinq à dix graines.

Le schéma fonctionnel à savoir construire se décrit ainsi. Un axe vertical sépare le sol de l'atmosphère. En bas, le système racinaire avec ses ramifications, ses poils absorbants, des mycorhizes et des nodosités. Deux flèches entrantes y figurent l'eau et les ions. En haut, les feuilles, avec une flèche entrante pour l'énergie lumineuse, une flèche entrante pour le dioxyde de carbone, une flèche sortante pour le dioxygène et une flèche sortante pour la vapeur d'eau de la transpiration. Entre les deux, deux flux verticaux opposés : la sève brute montant dans le xylème, la sève élaborée circulant dans le phloème des sources vers les puits. Les puits sont annotés : apex, racines, fleurs, fruits, graines, nodosités. Les mentions autotrophie et hétérotrophie des bactéroïdes doivent être lisibles.

Quelques ordres de grandeur utiles. Un stomate mesure quelques dizaines de micromètres et une feuille en porte de l'ordre de cent à plusieurs centaines par millimètre carré. Un poil absorbant mesure de l'ordre de quelques centaines de micromètres à un millimètre. Les nodosités d'une Fabacée sont visibles à l'œil nu, de l'ordre du millimètre à quelques millimètres. Les feuilles ne représentent qu'une faible part de la masse de la plante mais concentrent la quasi-totalité de la production de matière organique.

Méthodes et savoir-faire

Les capacités attendues sont d'abord d'observation. Sur le terrain et en classe, il faut savoir distinguer les organes de l'appareil végétatif et ceux de l'appareil reproducteur sur une plante entière, reconnaître les caractères de famille d'une Fabacée, et identifier la position systématique à partir d'une clé de détermination simple.

Il faut savoir caractériser le développement des deux appareils au cours du cycle biologique, en repérant les moments où chaque organe se met en place, et argumenter le statut de source ou de puits d'un organe donné. L'argument type repose sur un bilan : l'organe produit-il de la matière organique, en consomme-t-il, en stocke-t-il, et à quel moment du cycle.

Il faut savoir construire le schéma fonctionnel synthétique de la plante, décrit ci-dessus, et l'utiliser comme support de raisonnement.

Il faut savoir exploiter des résultats expérimentaux sur les tropismes dans le cas du gravitropisme. Le raisonnement attendu est un raisonnement de comparaison : on compare une plante témoin en position normale et une plante placée à l'horizontale ou en rotation lente, et on conclut sur l'existence d'une orientation de la croissance par la direction de la pesanteur.

Il faut enfin savoir placer sur un cycle de reproduction les paramètres du milieu qui influencent ou contrôlent chaque étape, et illustrer les principales relations interspécifiques d'une Angiosperme avec les organismes de son milieu.

Ce qu'il faut savoir mobiliser en colle et à l'écrit

  1. Dérouler les caractères qui positionnent une Fabacée : Embryophyte, Trachéophyte, Spermatophyte, Angiosperme, puis les caractères propres à la famille.
  2. Tracer le schéma fonctionnel de la plante avec les deux interfaces, les flux entrants et sortants et les deux sèves circulant en sens opposés.
  3. Argumenter que la fixité impose de vastes surfaces d'échange, avec les exemples chiffrés des poils absorbants et des stomates.
  4. Définir organe source et organe puits, puis justifier le statut variable d'une jeune feuille et d'un organe de réserve.
  5. Expliquer la symbiose Fabacée et Rhizobium dans les deux sens du bénéfice, et relier la formation des nodosités à la teneur du sol en azote minéral.
  6. Exploiter un protocole de gravitropisme et rédiger la conclusion en distinguant gravitropisme positif et négatif.
  7. Justifier l'usage des Fabacées comme engrais vert à partir de la symbiose, sans invoquer une fixation d'azote par la plante elle-même.
  8. Piège fréquent : écrire que la plante absorbe l'azote de l'air. Ce sont les bactéroïdes qui réduisent le diazote, la plante reçoit de l'ammonium puis des molécules organiques azotées.

Méthodes et exercices

Notions et mécanismes clés

  • Embryophyte : embryon protégé dans l'organisme maternel, paroi cellulosique, cuticule, chlorophylles a et b. Trachéophyte : xylème et phloème. Spermatophyte : graine. Angiosperme : ovule enclos dans un ovaire, fruit.
  • Caractères de la famille : fleur papilionacée à étendard, deux ailes et carène, fruit en gousse, feuilles composées à stipules, nodosités racinaires.
  • Appareil végétatif : racines, tige, feuilles, fonctions de nutrition, de croissance et de relation. Appareil reproducteur : fleurs, fruits, graines.
  • Méristèmes : territoires de cellules en division, apical caulinaire, apical racinaire, axillaires. À localiser seulement, leur fonctionnement relève de deuxième année.
  • Croissance indéfinie : l'appareil végétatif s'édifie tant que la plante vit, à partir des méristèmes.
  • Poil absorbant : prolongement d'une cellule du rhizoderme, qui multiplie la surface d'absorption. Mycorhize : symbiose racine et mycète qui étend le volume de sol exploré.
  • Stomate : deux cellules de garde autour d'un ostiole, interface entre l'atmosphère externe et les méats du parenchyme.
  • Autotrophie au carbone : synthèse de matière organique à partir de dioxyde de carbone, d'eau et d'ions, avec l'énergie lumineuse convertie dans les chloroplastes.
  • Organe source : exporte plus de matière organique qu'il n'en consomme. Organe puits : en importe. Le statut dépend de l'organe et du moment du cycle.
  • Sève brute : eau et ions, xylème, du sol vers les feuilles. Sève élaborée : saccharose, phloème, des sources vers les puits.
  • Facteur anisotrope : facteur du milieu qui possède une direction, comme la pesanteur ou la lumière. Tropisme : croissance orientée par ce facteur.
  • Gravitropisme : positif pour la racine, négatif pour la tige. Mécanismes cellulaires hors programme.
  • Rythmes saisonniers : température et durée du jour cadencent floraison, pollinisation, fructification et vie ralentie des graines.
  • Nodosité : excroissance racinaire abritant des bactéries du genre Rhizobium différenciées en bactéroïdes qui réduisent le diazote en ammonium.
  • Mutualisme : bénéfice réciproque, ici carbone et énergie contre azote assimilable.
  • Producteur primaire : premier maillon des réseaux trophiques. Engrais vert : culture enfouie pour enrichir le sol en azote.

Chaînes de raisonnement

De la fixité aux surfaces d'échange. Une plante ne se déplace pas vers ses ressources, qui sont diluées, ions dans le sol, dioxyde de carbone à 0,04 % dans l'air, lumière répartie sur un plan. Elle doit donc étendre ses surfaces de capture. Racines ramifiées et poils absorbants côté sol, feuilles aplaties et minces côté air. Une Angiosperme est un organisme à très fort rapport surface sur volume, à l'inverse d'un Mammifère qui minimise ses surfaces pour économiser l'eau et la chaleur.

De l'autotrophie à la division du travail. La matière organique n'est produite que dans les organes chlorophylliens éclairés. Tous les autres organes en dépendent. Il faut donc un transport de matière organique, la sève élaborée, et une distinction entre organes qui donnent et organes qui reçoivent. Le sens de circulation est fixé par le couple source et puits, pas par la gravité.

Pourquoi le statut source ou puits change. Une jeune feuille consomme plus qu'elle ne produit tant que ses chloroplastes et sa surface sont incomplets, puis devient exportatrice. Un organe de réserve importe pendant la saison de croissance et exporte lors de la reprise ou de la germination. La question à se poser est toujours un bilan, produire, consommer, stocker, et à quel moment.

Du facteur anisotrope à la forme de la plante. La pesanteur a une direction fixe. La tige croît en sens opposé, la racine dans le même sens. La plante posée à l'horizontale redresse son apex et courbe sa racine vers le bas, ce qui prouve que la direction de croissance dépend de la direction du stimulus. La plante ne fuit pas, elle se construit en fonction du milieu.

Pourquoi la symbiose avec Rhizobium augmente la biomasse. L'azote est souvent le facteur limitant de la croissance. Les bactéroïdes réduisent le diazote, ressource illimitée, en ammonium que la plante incorpore dans des molécules organiques. La plante paie en assimilats photosynthétiques. Quand le sol contient déjà des nitrates, la nodulation est réduite, ce qui montre que la plante ne paie ce coût que si le bénéfice existe.

De la biologie à l'agronomie. Les Fabacées produisent des graines riches en protéines sans engrais azoté, et laissent dans le sol un excédent d'azote. D'où deux usages, l'alimentation humaine et animale, et l'engrais vert en rotation avec des céréales. La sélection par l'être humain a diversifié ces usages.

Exemples et références à connaître

  1. Fabacées de référence : pois, haricot, lentille, soja, luzerne, trèfle, fève. Le pois et le haricot sont les supports d'observation les plus courants.
  2. Fleur de pois : cinq sépales soudés, cinq pétales inégaux, dix étamines dont neuf soudées par leurs filets et une libre, un carpelle unique. Fruit, une gousse à deux fentes contenant couramment cinq à dix graines.
  3. Ordres de grandeur des surfaces : cent à plusieurs centaines de stomates par millimètre carré, poils absorbants de quelques centaines de micromètres à un millimètre, nodosités de un à quelques millimètres, roses à l'intérieur quand elles fonctionnent.
  4. Thomas Knight, début du XIXe siècle, roue tournante sur laquelle des graines germent, les racines s'orientent selon la force centrifuge. Première preuve que la direction de croissance suit une force et non une propriété de la plante.
  5. Jean-Baptiste Boussingault, années 1830 et 1840, bilans d'azote montrant que les légumineuses enrichissent le sol en azote, contrairement aux céréales. Hermann Hellriegel et Hermann Wilfarth, 1886, démonstration que ce gain dépend des nodosités et de bactéries du sol.
  6. Fixation symbiotique : de l'ordre de 100 à 300 kg d'azote par hectare et par an pour une luzerne bien nodulée, contre un apport nul sans symbiose.
  7. Cycle annuel d'une Fabacée annuelle tempérée : germination au printemps sous l'effet de la température et de l'eau, floraison sous contrôle de la photopériode et de la température, fructification en été, graines en vie ralentie jusqu'au printemps suivant.
  8. Relations interspécifiques à illustrer : pollinisation par les Hyménoptères pour la fleur papilionacée, phytophagie par les Bovidés et les Insectes, parasitisme par des rouilles ou des pucerons, mycorhizes et nodosités comme mutualismes.

Techniques

Analyse d'un document expérimental sur le gravitropisme

Réflexe en trois temps. Identifier le témoin, plante verticale, et la condition testée, plante horizontale ou en rotation lente sur clinostat. Décrire la réponse mesurée, angle de courbure de la tige ou de la racine au cours du temps. Conclure sur la relation entre direction du stimulus et direction de la croissance, sans invoquer de mécanisme cellulaire.

Mini-exemple. Des plantules sont placées à l'horizontale. Après quelques heures, la tige se redresse vers le haut et la racine se courbe vers le bas. Sur clinostat, où la plantule tourne lentement autour de son axe horizontal, aucune courbure n'apparaît. Interprétation : la rotation annule la direction moyenne de la pesanteur perçue, donc la courbure observée dans le premier cas est bien une réponse à la direction de la pesanteur. Conclusion : gravitropisme négatif de la tige, positif de la racine.

Le schéma fonctionnel de la plante

Une ligne horizontale sépare le sol de l'atmosphère. En dessous, racines ramifiées avec poils absorbants, mycorhizes et nodosités, flèches entrantes eau et ions, flèche entrante diazote vers la nodosité. Au-dessus, feuilles avec flèches entrantes lumière et dioxyde de carbone, sortantes dioxygène et vapeur d'eau. Deux flèches verticales dans la tige, sève brute montante dans le xylème, sève élaborée vers les puits dans le phloème. Annoter les puits, apex, racines, fleurs, fruits, graines, nodosités. Écrire « autotrophie » dans la feuille et « carbone contre azote » dans la nodosité.

Le plan de synthèse sur ce chapitre

Le chapitre alimente des sujets de vie fixée et de comparaison animal et végétal. Gabarit : partir de la contrainte, montrer les solutions structurales, terminer par le fonctionnement intégré ou les limites. Éviter le plan « racine, tige, feuille » qui décrit sans problématiser.

Mini-exemple. « La vie fixée chez une Angiosperme. » Première partie, une contrainte, capter des ressources diluées sans se déplacer, d'où les surfaces d'échange. Deuxième partie, une organisation intégrée, autotrophie localisée, sources et puits, deux sèves. Troisième partie, une plante qui répond au milieu par la croissance, tropismes, rythmes saisonniers, symbioses.

Sujets classiques traités

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Sujet 1. Positionner une Fabacée parmi les Embryophytes

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

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Plan attendu. Un, principe de la classification par caractères dérivés partagés. Deux, série Embryophyte, Trachéophyte, Spermatophyte, Angiosperme, un caractère par étape formulé comme une innovation. Trois, caractères de famille observables sur une plante entière, fleur, fruit, feuille, nodosités. L'examinateur attend qu'on sache trancher sur un échantillon réel avec une clé simple, et qu'on distingue caractère de classification et caractère écologique.

Sujet 2. Les surfaces d'échange d'une Angiosperme

Classiques de khôlle et concours · Synthèse, type écrit Agro-Véto

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Accroche possible : une plante herbacée d'un kilogramme déploie des dizaines de mètres carrés de surface foliaire et racinaire. Problématique : pourquoi tant de surface et comment est-elle obtenue.

I. La contrainte, un organisme fixé face à des ressources diluées. Chiffres du dioxyde de carbone atmosphérique et de la solution du sol, comparaison avec un Métazoaire.

II. Les surfaces vers le sol. Ramification racinaire, poils absorbants, mycorhizes, nodosités comme surface d'échange biologique.

III. Les surfaces vers l'atmosphère. Feuille plane et mince, stomates et atmosphère interne, chloroplastes nombreux.

Conclusion : les surfaces sont reliées par les deux sèves, ouverture sur le coût en eau, qui sera traité en SV-B-2.

Sujet 3. Organes sources et organes puits au cours du cycle d'une Fabacée annuelle

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

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Plan attendu. Un, définitions par bilan de matière organique. Deux, suivre le cycle, la graine en germination est source pour la plantule qui est puits, puis les feuilles adultes deviennent sources et alimentent apex, racines et nodosités, enfin les fleurs, puis les fruits et graines deviennent les puits dominants, et les feuilles sénescentes exportent leurs réserves avant de tomber. Trois, conséquence agronomique, le rendement en graines dépend de la surface foliaire fonctionnelle au moment du remplissage. Argument attendu : un organe change de statut, ce qui interdit une liste figée.

Sujet 4. Analyse de documents sur la symbiose Rhizobium

Classiques de khôlle et concours · Type écrit G2E

Document 1, biomasse de plants de soja cultivés sur sol stérile, avec ou sans inoculation de Rhizobium, avec ou sans apport de nitrate. Document 2, nombre de nodosités par plant en fonction de la teneur du milieu en nitrate. Document 3, teneur en azote de la plante et masse de graines dans les mêmes conditions.

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Étape 1, sans nitrate et sans Rhizobium, la biomasse est faible, l'azote est limitant. Étape 2, sans nitrate avec Rhizobium, la biomasse rejoint celle des plants nourris au nitrate, donc la symbiose remplace l'engrais azoté. Étape 3, le nombre de nodosités diminue quand le nitrate augmente, la plante réduit la symbiose quand l'azote minéral est disponible. Étape 4, la teneur en azote et la masse de graines suivent la biomasse, ce qui relie symbiose et rendement. Point où l'on se trompe : écrire que la plante fixe le diazote, alors que seuls les bactéroïdes le réduisent.

Sujet 5. Exploiter une expérience de gravitropisme

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

On dispose de plantules de pois, d'un clinostat et d'une chambre noire. Proposer un protocole qui montre que la courbure de la tige est due à la direction de la pesanteur et non à la lumière, puis interpréter les résultats attendus.

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Étape 1, placer toutes les plantules à l'obscurité pour éliminer la lumière comme facteur anisotrope. Étape 2, un lot vertical témoin, un lot horizontal, un lot horizontal sur clinostat. Étape 3, résultats attendus, le lot horizontal se redresse, le lot sur clinostat reste rectiligne. Étape 4, conclusion, la courbure exige une direction constante de la pesanteur, donc gravitropisme. Point où l'on se trompe : oublier le témoin à l'obscurité, ce qui laisse la lumière comme explication concurrente.

Sujet 6. Nutrition d'un Bovidé et nutrition d'une Fabacée

Classiques de khôlle et concours · Synthèse comparée, type écrit Agro-Véto

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Plan attendu. Un, deux modes trophiques opposés, hétérotrophie et prélèvement d'aliments d'un côté, autotrophie et prélèvement de matière minérale et de lumière de l'autre. Deux, deux organisations pour une même nécessité de surfaces d'échange, internes et compactes chez l'animal, externes et étendues chez la plante. Trois, deux dépendances à des microorganismes, microbiote du rumen et bactéroïdes des nodosités, avec dans les deux cas un échange de matière organique contre un service que l'hôte ne sait pas rendre. Le correcteur attend un tableau comparatif et non deux exposés successifs.

Sujet 7. Placer sur un cycle de reproduction les paramètres du milieu

Classiques de khôlle et concours · Khôlle ou oral

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Plan attendu. Tracer le cycle d'une Fabacée annuelle sur une année. Placer la température et l'eau pour la germination, la photopériode et la température pour la floraison, les pollinisateurs comme facteur biotique, la chaleur estivale pour la maturation des gousses, la sécheresse et le froid pour la vie ralentie des graines. Argument attendu : distinguer un facteur qui influence une étape d'un facteur qui la contrôle, par exemple la photopériode qui déclenche la floraison.

Sujet 8. Les Fabacées dans les agrosystèmes

Classiques de khôlle et concours · Oral

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Plan attendu. Un, un intérêt nutritionnel, graines riches en protéines pour l'alimentation humaine et animale. Deux, un intérêt agronomique, engrais vert et rotation avec des céréales grâce à la symbiose. Trois, une sélection par l'être humain qui a diversifié les usages, variétés fourragères, potagères, protéagineuses. Ouverture : réduction des engrais azotés de synthèse et de leurs conséquences sur le cycle de l'azote.

Erreurs fréquentes

  1. Écrire que la plante absorbe l'azote de l'air. Seuls les bactéroïdes réduisent le diazote, la plante reçoit de l'ammonium et exporte des molécules organiques azotées.
  2. Faire circuler la sève élaborée vers le bas par gravité. Elle va des sources vers les puits, y compris vers le haut, vers un apex ou un fruit.
  3. Donner une liste figée d'organes sources et d'organes puits. Le statut d'une feuille ou d'un organe de réserve change au cours de la vie de la plante.
  4. Décrire le fonctionnement des méristèmes, l'auxine ou les mécanismes des tropismes. En première année on localise les méristèmes et on exploite des résultats, les mécanismes sont hors programme.
  5. Confondre pollinisation et fécondation, ou étamines et carpelles sur un schéma de fleur papilionacée. Le colleur vérifie le diagramme floral en premier.

Fiche rédigée à partir du programme officiel de BCPST (2021), thématique « Sciences de la vie », partie SV-A « L'organisme vivant en lien avec son environnement », sous-partie SV-A-2. Elle traite de la position d'une Fabacée parmi les Embryophytes, de l'organisation de ses appareils végétatif et reproducteur, de son autotrophie et de ses relations avec le milieu.