Aller au contenu

Accueil › BCPST › Physique-chimie

BCPST1 · Physique-chimie · semaine 1

Descriptions microscopique et macroscopique d'un système

Système thermodynamique, échelles microscopique, mésoscopique et macroscopique, état d'équilibre thermodynamique. Modèle du gaz parfait avec équation d'état, énergie interne et capacité thermique à volume constant, puis modèle de la phase condensée indilatable et incompressible. Corps pur en équilibre diphasé, diagramme de phases (P, T) et diagramme de Clapeyron (P, v).

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Trois échelles : microscopique, mésoscopique, macroscopique. L'échelle mésoscopique rend possible la définition locale des grandeurs macroscopiques en moyennant sur un grand nombre de particules.
  2. Le gaz parfait obéit à PV=nRTPV = nRT, il est valable pour un gaz dilué, et son énergie interne ne dépend que de la température : ΔU=CV ΔT\Delta U = C_V\,\Delta T.
  3. La phase condensée indilatable et incompressible a un volume massique constant et une énergie interne fonction de la seule température : ΔU=m c ΔT\Delta U = m\,c\,\Delta T, avec c=4,18 kJ.kg−1.K−1c = 4{,}18 \unite{kJ.kg^{-1}.K^{-1}} pour l'eau liquide.
  4. Le diagramme (P,T)(P, T) montre trois domaines, trois courbes, un point triple et un point critique. Sur une courbe de coexistence, la pression est imposée par la température.
  5. Dans le diagramme de Clapeyron (P,v)(P, v), le changement d'état est un palier isobare et isotherme sous la courbe de saturation, et le titre en vapeur se lit comme un rapport de longueurs sur ce palier.
Pourquoi ce chapitre

La thermodynamique décrit des systèmes contenant un nombre gigantesque de particules. On ne peut pas suivre chaque molécule. On mesure à la place quelques grandeurs globales : la pression, la température, le volume. Ce chapitre construit le pont entre les deux échelles.

Il apporte trois choses :

  • le vocabulaire de l'année ;
  • les deux modèles de matière sur lesquels reposent les bilans d'énergie du programme, le gaz parfait et la phase condensée indilatable et incompressible ;
  • la lecture des deux diagrammes du changement d'état.

Ces outils servent en calorimétrie, dans l'étude de l'atmosphère, dans les problèmes de biologie où l'eau change d'état.

1Caractérisation d'un système thermodynamique

1.1Système et extérieur

Définition 1.1Système thermodynamique

Un système thermodynamique est une portion de matière que l'on choisit d'étudier, délimitée par une surface réelle ou fictive. Tout le reste constitue le milieu extérieur.

Le choix du système est une décision du physicien, pas une donnée du problème. Un bon choix simplifie souvent tout le reste.

Exemple 1.2Choix d'un système

  • le gaz enfermé sous un piston ;
  • le contenu d'un calorimètre ;
  • une cellule végétale ;
  • un litre d'air atmosphérique délimité par la pensée.

La distinction entre système ouvert, fermé et isolé relève du chapitre suivant. Les systèmes étudiés en BCPST 1 sont presque toujours fermés, donc de masse constante.

1.2Les trois échelles

Définition 1.3Échelles de description

  • L'échelle microscopique est celle des atomes et des molécules, de taille caractéristique 10−10 m10^{-10} \unite{m}, soit 0,1 nm0{,}1 \unite{nm}.
  • L'échelle macroscopique est celle du système entier, du millimètre au kilomètre.
  • L'échelle mésoscopique est intermédiaire : grande devant la distance moyenne entre particules et petite devant la taille du système.

En mécanique classique, l'état microscopique demande la position et la vitesse de chaque particule. Pour une mole, cela fait de l'ordre de 6×10236\times 10^{23} positions et autant de vitesses : c'est inutilisable. L'état macroscopique se décrit avec un très petit nombre de grandeurs mesurables.

L'échelle mésoscopique permet de définir en un point des grandeurs locales comme la masse volumique ou la température. On moyenne sur un volume assez peuplé pour que les fluctuations soient négligeables, mais assez petit pour rester ponctuel à l'échelle du système.

Exemple 1.4Ordre de grandeur dans l'air

Dans l'air, dans les conditions usuelles, un cube de 1 μm1 \unite{\mu m} de côté contient environ 3×1073\times 10^{7} molécules. Les fluctuations relatives du nombre de particules varient comme 1/N1/\sqrt{N}, soit ici environ 2×10−42\times 10^{-4}. La moyenne a donc un sens.

1.3État d'équilibre thermodynamique

Définition 1.5Équilibre thermodynamique

Un système est dans un état d'équilibre thermodynamique quand ses grandeurs macroscopiques ne varient plus au cours du temps et qu'il n'y a plus de courant net à l'intérieur du système ni avec l'extérieur.

Cela suppose trois équilibres simultanés :

  • équilibre thermique : température uniforme, égale à celle de l'extérieur si les parois laissent passer la chaleur ;
  • équilibre mécanique : pas de mouvement macroscopique, pression uniforme en l'absence de pesanteur ;
  • équilibre chimique : composition figée.

AttentionÉquilibre dynamique

Un état d'équilibre n'est pas un état statique à l'échelle microscopique. Les molécules continuent de s'agiter : c'est le sens de l'expression « équilibre dynamique ».

1.4Variables d'état, extensivité et intensivité

Définition 1.6Variables extensives et intensives

  • Une variable extensive double quand on réunit deux systèmes identiques : masse, quantité de matière, volume, énergie interne.
  • Une variable intensive ne double pas : température, pression, masse volumique, concentration.

Le rapport de deux grandeurs extensives est intensif. On note, comme le programme, aa la grandeur massique associée à une grandeur extensive AA, et AmA_m la grandeur molaire.

1.5Lecture microscopique de la pression et de la température

La pression d'un gaz sur une paroi vient des chocs des particules sur cette paroi. Chaque choc transfère une quantité de mouvement. Le très grand nombre de chocs donne une force moyenne constante, perpendiculaire à la paroi et dirigée du fluide vers la paroi.

Propriété 1.7Force pressante

La force pressante sur un élément de surface dS\dd S vaut P dSP\,\dd S. L'unité de pression est le pascal, 1 Pa=1 N.m−21 \unite{Pa} = 1 \unite{N.m^{-2}}.

Exemple 1.8Repères de pression

  • 1 bar=105 Pa1 \unite{bar} = 10^{5} \unite{Pa} ;
  • pression atmosphérique normale : 1,013×105 Pa1{,}013\times 10^{5} \unite{Pa} ;
  • pression artérielle systolique : de l'ordre de 1,6×104 Pa1{,}6\times 10^{4} \unite{Pa} au-dessus de l'atmosphère.

La température mesure l'intensité de l'agitation thermique, c'est-à-dire l'énergie cinétique moyenne des particules dans leur mouvement désordonné. Plus TT est grande, plus les molécules vont vite en moyenne. La température thermodynamique s'exprime en kelvin : T(K)=θ(∘C)+273,15.T(\mathrm{K}) = \theta(^\circ\mathrm{C}) + 273{,}15. Elle est toujours positive.

RemarqueÉnergie d'agitation thermique

L'énergie d'agitation thermique par particule est de l'ordre de kBTk_B T :

  • 4×10−21 J4\times 10^{-21} \unite{J} à 300 K300 \unite{K} ;
  • 2,5 kJ.mol−12{,}5 \unite{kJ.mol^{-1}} en molaire ;
  • 0,026 eV0{,}026 \unite{eV}.

Cette valeur sert de mètre étalon pour dire si une liaison résiste à l'agitation thermique.

RemarqueRepère non exigible

Repère en général fourni : pour un gaz parfait monoatomique, l'énergie cinétique moyenne de translation d'une particule vaut 32kBT\frac{3}{2}k_B T. La vitesse quadratique moyenne du diazote à 300 K300 \unite{K} est d'environ 500 m.s−1500 \unite{m.s^{-1}}.

2Le modèle du gaz parfait

2.1Définition du modèle

Définition 2.1Gaz parfait

Un gaz parfait est un gaz dont les particules sont assimilées à des points matériels sans interaction à distance, qui n'échangent de l'énergie que lors de chocs. C'est un modèle, pas une substance.

2.2Équation d'état

Loi 2.2Équation d'état du gaz parfait

Hypothèses

  • gaz suffisamment dilué : pression faible et température pas trop basse, loin de la liquéfaction.

Alors PV=nRT,PV = nRT, avec PP en pascals, VV en mètres cubes, nn en moles, TT en kelvins et R=8,314 J.K−1.mol−1R = 8{,}314 \unite{J.K^{-1}.mol^{-1}}.

Dans les conditions usuelles, l'air, le diazote, le dioxygène et la vapeur d'eau atmosphérique sont bien décrits par ce modèle. Il échoue dans deux cas :

  • le volume propre des molécules n'est plus négligeable devant le volume offert ;
  • les interactions attractives deviennent sensibles, près de la courbe de liquéfaction.

Formes dérivées à savoir retrouver, sans les apprendre par cœur :

  • masse volumique : ρ=mV=PMRT\rho = \dfrac{m}{V} = \dfrac{PM}{RT} avec MM la masse molaire ;
  • volume molaire : Vm=RTPV_m = \dfrac{RT}{P}.

Exemple 2.3Ordres de grandeur

  • Vm=24,8 L.mol−1V_m = 24{,}8 \unite{L.mol^{-1}} à 25 ∘C25 \,^\circ\mathrm{C} sous 1 bar1 \unite{bar}, et 22,4 L.mol−122{,}4 \unite{L.mol^{-1}} à 0 ∘C0 \,^\circ\mathrm{C} sous 1 atm1 \unite{atm} ;
  • masse volumique de l'air à 20 ∘C20 \,^\circ\mathrm{C} sous 1 bar1 \unite{bar} : environ 1,2 kg.m−31{,}2 \unite{kg.m^{-3}}, à comparer à 1,0×103 kg.m−31{,}0\times 10^{3} \unite{kg.m^{-3}} pour l'eau liquide ;
  • densité particulaire de l'air : environ 3×10253\times 10^{25} molécules par mètre cube, soit une distance moyenne entre molécules d'environ 3 nm3 \unite{nm}, dix fois leur taille.

2.3Énergie interne et capacité thermique à volume constant

Définition 2.4Énergie interne

L'énergie interne UU d'un système est la somme, dans le référentiel où le système est globalement au repos, de l'énergie cinétique d'agitation de toutes ses particules et de toutes les énergies potentielles d'interaction internes.

C'est une grandeur extensive : l'énergie interne de deux sous-systèmes réunis est la somme de leurs énergies internes. On s'en sert constamment, par exemple pour un mélange eau plus calorimètre.

Propriété 2.5Énergie interne du gaz parfait

Pour un gaz parfait, il n'y a pas d'interaction à distance : l'énergie interne ne dépend que de la température et de la quantité de matière, ni du volume ni de la pression. La variation entre deux états s'écrit ΔU=CV ΔT,\Delta U = C_V\,\Delta T, où CVC_V est la capacité thermique à volume constant du gaz.

L'expression de CVC_V est fournie par l'énoncé. Pour mémoire, elle vaut 32nR\frac{3}{2}nR pour un gaz parfait monoatomique et environ 52nR\frac{5}{2}nR pour un gaz parfait diatomique aux températures usuelles.

AttentionPiège classique

La relation ΔU=CV ΔT\Delta U = C_V\,\Delta T pour un gaz parfait est vraie quelle que soit la transformation, pas seulement à volume constant. Le nom de CVC_V vient de la façon de la mesurer, pas d'une restriction d'usage.

3Le modèle de la phase condensée indilatable et incompressible

Définition 3.1Phase condensée indilatable et incompressible

Une phase condensée est un liquide ou un solide. Le modèle indilatable et incompressible consiste à dire que son volume ne dépend ni de la température (indilatable) ni de la pression (incompressible). Le volume massique vv et la masse volumique ρ\rho sont donc des constantes.

Propriété 3.2Énergie interne d'une phase condensée

Dans ce modèle, l'énergie interne ne dépend que de la température : ΔU=C ΔT,C=m c,\Delta U = C\,\Delta T, \quad C = m\,c, où cc est la capacité thermique massique.

Pour l'eau liquide, c=4,18×103 J.kg−1.K−1c = 4{,}18\times 10^{3} \unite{J.kg^{-1}.K^{-1}}, valeur à connaître. Pour les métaux usuels, cc est plutôt de l'ordre de quelques centaines de  J.kg−1.K−1\unite{J.kg^{-1}.K^{-1}}.

RemarqueLimites du modèle

L'eau se dilate réellement, de l'ordre de 2×10−42\times 10^{-4} par kelvin vers 20 ∘C20 \,^\circ\mathrm{C}. C'est petit mais non nul, et c'est ce qui explique la dilatation thermique des océans, la convection et le thermomètre à alcool.

4Corps pur en équilibre diphasé

4.1Diagramme de phases (P, T)

Pour un corps pur, on porte la pression en ordonnée et la température en abscisse. Trois courbes se rejoignent en un point unique, le point triple. Elles séparent trois domaines : solide en haut à gauche, liquide en haut à droite, gaz en bas.

  • La courbe de fusion sépare solide et liquide. Elle part du point triple vers le haut et est très raide.
  • La courbe de vaporisation sépare liquide et gaz. Elle part du point triple et s'arrête net au point critique.
  • La courbe de sublimation sépare solide et gaz. Elle part du point triple vers l'origine.

Points à savoir lire et interpréter :

  • sur une courbe, les deux phases coexistent, et pour une température donnée la pression d'équilibre est imposée ;
  • au point triple, les trois phases coexistent. Pour l'eau : 0,01 ∘C0{,}01 \,^\circ\mathrm{C} et 611 Pa611 \unite{Pa} ;
  • au-delà du point critique, il n'y a plus de distinction entre liquide et gaz : on parle de fluide supercritique. Pour l'eau : 374 ∘C374 \,^\circ\mathrm{C} et 221 bar221 \unite{bar}. Pour le dioxyde de carbone : 31 ∘C31 \,^\circ\mathrm{C} et 73,8 bar73{,}8 \unite{bar}, ce qui rend le CO2\mathrm{CO_2} supercritique facile à obtenir et explique son emploi comme solvant d'extraction, par exemple pour décaféiner le café.

RemarqueDeux particularités

  • L'eau est une exception importante : sa courbe de fusion a une pente négative, car la glace est moins dense que l'eau liquide. La glace flotte, et une augmentation de pression peut faire fondre la glace.
  • Le dioxyde de carbone a son point triple à 5,18 bar5{,}18 \unite{bar}, au-dessus de la pression atmosphérique. Sous 1 bar1 \unite{bar}, le CO2\mathrm{CO_2} solide se sublime directement : c'est la neige carbonique.

4.2Pression de vapeur saturante

Définition 4.1Pression de vapeur saturante

Pour l'équilibre liquide-vapeur, la pression sur la courbe de vaporisation à la température TT s'appelle pression de vapeur saturante, notée Psat(T)P_{\text{sat}}(T). Elle croît fortement avec la température.

Exemple 4.2Eau

Pour l'eau, PsatP_{\text{sat}} vaut environ 0,6 kPa0{,}6 \unite{kPa} à 0 ∘C0 \,^\circ\mathrm{C}, 2,3 kPa2{,}3 \unite{kPa} à 20 ∘C20 \,^\circ\mathrm{C}, et 1,013×105 Pa1{,}013\times 10^{5} \unite{Pa} à 100 ∘C100 \,^\circ\mathrm{C}, ce qui est précisément la définition de la température d'ébullition sous la pression atmosphérique normale.

Lecture pratique, à température fixée :

  • si la pression partielle de vapeur est inférieure à PsatP_{\text{sat}}, tout le liquide s'évapore ;
  • si elle atteint PsatP_{\text{sat}}, liquide et vapeur coexistent.

Définition 4.3Humidité relative et point de rosée

L'humidité relative est le rapport de la pression partielle de vapeur d'eau à Psat(T)P_{\text{sat}}(T). Quand on refroidit de l'air humide, PsatP_{\text{sat}} diminue, et à une certaine température le rapport atteint 1 : c'est le point de rosée, et la vapeur se condense en gouttelettes.

Ce raisonnement explique la rosée du matin, la buée, les nuages, et le fonctionnement de l'autocuiseur, où la pression plus élevée déplace l'ébullition vers 120 ∘C120 \,^\circ\mathrm{C}.

4.3Diagramme de Clapeyron (P, v) pour l'équilibre liquide-vapeur

On porte la pression en ordonnée et le volume massique vv en abscisse. Une courbe en forme de cloche, la courbe de saturation, délimite le domaine diphasé.

  • Sa branche de gauche est la courbe d'ébullition : elle sépare le liquide seul du mélange.
  • Sa branche de droite est la courbe de rosée : elle sépare le mélange de la vapeur seule.
  • Le sommet de la cloche est le point critique.

On trace dessus des isothermes. Une isotherme :

  • arrive de la gauche presque verticale dans le domaine liquide, car le liquide est peu compressible ;
  • devient un palier horizontal à l'intérieur de la cloche, à la pression Psat(T)P_{\text{sat}}(T) ;
  • redescend en hyperbole approximative dans le domaine vapeur.

Plus la température est élevée, plus le palier est court et haut. Au point critique, le palier se réduit à un point.

À retenir

Pendant le changement d'état, à température fixée, la pression reste constante alors que le volume varie beaucoup : c'est le palier.

4.4Titre en vapeur

Définition 4.4Titre massique en vapeur

Dans le domaine diphasé, le titre massique en vapeur est xv=mvapeurmtotal,x_v = \frac{m_{\text{vapeur}}}{m_{\text{total}}}, compris entre 0 et 1.

Propriété 4.5Volume massique d'un mélange

Le volume étant extensif, le volume massique du mélange s'écrit v=xv vvapeur+(1−xv) vliquide,v = x_v\,v_{\text{vapeur}} + (1 - x_v)\,v_{\text{liquide}}, où vliquidev_{\text{liquide}} et vvapeurv_{\text{vapeur}} sont les volumes massiques lus aux deux extrémités du palier. On en tire xv=v−vliquidevvapeur−vliquide.x_v = \frac{v - v_{\text{liquide}}}{v_{\text{vapeur}} - v_{\text{liquide}}}.

Géométriquement, le titre en vapeur est le rapport de la distance au point d'ébullition sur la longueur totale du palier. Sur le palier, xvx_v passe de 0 à gauche à 1 à droite.

5Capacités expérimentales et numériques

  • Savoir associer une mesure à une grandeur : thermomètre ou thermocouple pour TT, manomètre pour PP, balance de précision et éprouvette pour ρ\rho.
  • Mesurer une pression de vapeur saturante ou une température d'ébullition et comparer à une table.
  • Vérifier expérimentalement la loi des gaz parfaits, en traçant PP en fonction de 1/V1/V à température fixée, ou PP en fonction de TT à volume fixé. La régression linéaire se fait avec la fonction polyfit de numpy, dont la spécification est fournie.
  • Tracer avec matplotlib un réseau d'isothermes du gaz parfait dans un diagramme (P,v)(P, v), avec légende et échelles adaptées. Comparer l'allure à un diagramme expérimental réel et repérer où le modèle décroche.
  • Accompagner toute mesure de son incertitude, et comparer un écart à cette incertitude avant de conclure qu'un modèle est en défaut.

Méthodes

MéthodeConduire un exercice de thermodynamique

  1. Commencer par la phrase « le système est … ». Préciser s'il est fermé.
  2. Identifier le modèle de matière avant tout calcul : gaz parfait ou phase condensée indilatable et incompressible. Ce choix fixe l'équation d'état et l'expression de ΔU\Delta U.
  3. Vérifier l'homogénéité et convertir : températures en kelvins, volumes en mètres cubes, pressions en pascals.
  4. Avant de conclure, comparer le résultat aux ordres de grandeur usuels. Une masse volumique de gaz de 1000 kg.m−31000 \unite{kg.m^{-3}} est une erreur.

MéthodeTraiter un équilibre diphasé

  1. Se placer d'abord sur le diagramme.
  2. Un point sous la courbe de vaporisation est un gaz seul. Un point sur la courbe est un mélange : la pression est alors imposée par la température.
  3. Pour un mélange, exploiter l'extensivité : masse, volume et énergie interne du tout sont les sommes de ceux des parties.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Définir l'échelle mésoscopique et justifier sa nécessité avec un ordre de grandeur chiffré.
  2. Associer qualitativement pression et température aux propriétés microscopiques du gaz.
  3. Calculer un volume molaire, une masse volumique ou une quantité de matière avec l'équation d'état du gaz parfait, et discuter la validité du modèle.
  4. Écrire ΔU\Delta U pour un gaz parfait et pour une phase condensée, et dire pourquoi UU ne dépend que de TT dans ces deux modèles.
  5. Dessiner un diagramme (P,T)(P, T) d'un corps pur, y placer le point triple, le point critique et les trois domaines, et expliquer les deux particularités de l'eau et du dioxyde de carbone.
  6. Dessiner un diagramme de Clapeyron (P,v)(P, v) avec la courbe de saturation et une isotherme, et expliquer le palier.
  7. Calculer un titre en vapeur à partir d'une lecture graphique.
  8. Expliquer la formation de la rosée à partir de Psat(T)P_{\text{sat}}(T).

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Trois échelles : microscopique (10⁻¹⁰ m), mésoscopique (grande devant la distance entre particules, petite devant le système), macroscopique. Définitions exigibles, avec la justification de l'échelle mésoscopique par les fluctuations en 1/√N.
  • État d'équilibre thermodynamique : grandeurs macroscopiques stationnaires et aucun courant net, ce qui réunit équilibre thermique, mécanique et chimique. Définition exigible. Un régime stationnaire traversé par un flux n'est pas un équilibre.
  • Lecture microscopique : la pression vient des chocs sur la paroi, la température mesure l'énergie cinétique moyenne d'agitation, de l'ordre de kB·T par particule. Qualitatif, exigible.
  • Équation d'état du gaz parfait : P·V = n·R·T, R = 8,314 J·K⁻¹·mol⁻¹, unités SI obligatoires. Modèle admis, valable pour un gaz dilué loin de la liquéfaction.
  • Formes dérivées : ρ = P·M/(R·T), Vm = R·T/P. À savoir retrouver en une ligne.
  • Mélange de gaz parfaits : chaque gaz occupe tout le volume, Pi = ni·R·T/V et P = Σ Pi. Cohérent avec le modèle, souvent rappelé par l'énoncé.
  • Énergie interne du gaz parfait : U ne dépend que de T et de n, ΔU = CV·ΔT pour toute transformation, CV étant fournie. Exigible. Extensivité de U exigible.
  • Phase condensée indilatable et incompressible : V constant, ΔU = m·c·ΔT, c(eau liquide) = 4,18·10³ J·kg⁻¹·K⁻¹ à connaître. Exigible.
  • Diagramme (P, T) : trois courbes, point triple, point critique, pente négative de la fusion pour l'eau. Lecture exigible.
  • Pression de vapeur saturante Psat(T), fonction croissante de T. Sur la courbe de vaporisation, T impose P.
  • Diagramme de Clapeyron (P, v) : courbe de saturation, palier de changement d'état à Psat(T), point critique au sommet. Positionnement exigible.
  • Titre massique en vapeur : xv = (v − vl)/(vv − vl). Exigible avec justification par l'extensivité du volume.
  • Hors programme mais parfois fournis : équation de van der Waals, relation entre vitesse quadratique moyenne et T, relation de Duperray pour Psat, loi de Laplace des adiabatiques. On les utilise seulement si l'énoncé les donne.

Clés de démonstration

Titre en vapeur. Le volume est extensif, donc V = mv·vv + ml·vl. On divise par la masse totale m, avec ml = m − mv, ce qui donne v = xv·vv + (1 − xv)·vl. On isole xv. L'astuce est de tout ramener à des grandeurs massiques lues aux extrémités du palier.

Masse volumique d'un gaz parfait. On écrit n = m/M dans P·V = n·R·T, puis on isole m/V. Le résultat ρ = P·M/(R·T) dit qu'un gaz est d'autant plus dense qu'il est lourd, comprimé et froid.

Nécessité de l'échelle mésoscopique. Dans un volume contenant N particules, le nombre effectivement présent fluctue d'environ √N. La fluctuation relative vaut 1/√N. Elle est négligeable pour N de l'ordre de 10⁷, elle est énorme pour N de l'ordre de 10. On choisit donc un volume assez grand pour que la moyenne ait un sens, assez petit pour que P, T et ρ puissent varier d'un point à l'autre.

Pression et chocs. Chaque molécule qui rebondit sur la paroi lui transfère une quantité de mouvement perpendiculaire. La force moyenne est le flux de quantité de mouvement. Elle croît avec la densité particulaire, ce qui explique P proportionnelle à n/V, et avec la vitesse d'agitation, ce qui explique P proportionnelle à T.

U du gaz parfait ne dépend que de T. Sans interaction à distance, l'énergie interne se réduit à l'énergie cinétique d'agitation, fixée par la température. Le volume n'y change rien. C'est pourquoi ΔU = CV·ΔT vaut aussi à pression variable.

Exemples et contre-exemples à connaître

  • L'air à 1 bar et 300 K : gaz parfait à mieux que 0,1 %. La vapeur d'eau à 100 °C sous 1 bar : encore acceptable à 1 % près, bien qu'elle soit sur la courbe de saturation.
  • Le dioxyde de carbone près de 31 °C et 74 bar : le modèle échoue, on est au point critique. Aucun gaz n'est parfait près de sa liquéfaction.
  • L'eau : courbe de fusion à pente négative parce que la glace est moins dense que le liquide. La glace flotte et fond sous pression. Exception à retenir, tous les autres corps usuels ont une pente positive.
  • Le dioxyde de carbone : point triple à 5,18 bar et −56,6 °C. Sous 1 bar, le solide se sublime directement à −78,5 °C, c'est la neige carbonique. Il n'existe pas de CO₂ liquide à pression atmosphérique.
  • L'autocuiseur : sous 1,8 bar environ, l'eau bout vers 117 °C. Le diagramme (P, T) suffit à le lire.
  • Eau liquide introduite dans une enceinte vide à 20 °C : elle s'évapore jusqu'à ce que la pression atteigne Psat = 2,3 kPa, sauf si elle s'épuise avant. La présence ou non de liquide dépend du volume.
  • L'eau liquide traitée comme incompressible : une surpression de 1 bar réduit son volume de 5·10⁻⁵ en valeur relative. Le modèle est excellent, sauf pour expliquer la propagation du son ou la dilatation des océans.
  • Une barre métallique chauffée à un bout et refroidie à l'autre en régime stationnaire : ses températures ne varient plus, mais un flux la traverse. Ce n'est pas un état d'équilibre thermodynamique. Contre-exemple à ne pas rater en khôlle.
  • Deux gaz différents à même P et T : même nombre de molécules par unité de volume, mais des masses volumiques dans le rapport des masses molaires. C'est tout le principe du ballon d'hélium.

Techniques du chapitre

  1. Convertir avant de calculer. Quantité d'air dans 2,0 L à 20 °C sous 1,0 bar : n = P·V/(R·T) = 10⁵ × 2,0·10⁻³ / (8,314 × 293) = 0,082 mol. Trois conversions, litre en mètre cube, bar en pascal, degré en kelvin, et l'erreur de facteur 1000 est évitée.

  2. Masse volumique par ρ = P·M/(R·T). Air, M = 29 g·mol⁻¹, 20 °C, 1,0 bar : ρ = 10⁵ × 0,029 / (8,314 × 293) = 1,19 kg·m⁻³. Un litre d'air pèse 1,2 g, à mémoriser.

  3. Deux états d'un même gaz enfermé. Comme n est constante, P₁·V₁/T₁ = P₂·V₂/T₂. Pneu gonflé à 2,2 bar à 10 °C, porté à 40 °C à volume constant : P₂ = 2,2 × 313/283 = 2,43 bar. Ici les bars peuvent rester des bars, seul le rapport compte, mais les températures doivent être en kelvins.

  4. ΔU du gaz parfait sans regarder le chemin. Une mole de diazote, CV,m = 5R/2 = 20,8 J·K⁻¹·mol⁻¹, passe de 300 K à 350 K par une compression compliquée : ΔU = 20,8 × 50 = 1,04 kJ, point final. La pression n'intervient pas.

  5. Extensivité de U pour un mélange. 200 g d'eau à 80 °C et 300 g à 20 °C dans un récipient rigide et isolé. On admet que l'énergie interne totale se conserve, résultat justifié au chapitre suivant. Alors 200·(Tf − 80) + 300·(Tf − 20) = 0, d'où Tf = 44 °C. La capacité massique s'est simplifiée parce que c'est le même corps.

  6. Se placer d'abord sur le diagramme (P, T). Vapeur d'eau à 20 °C sous une pression partielle de 1,0 kPa, inférieure à Psat = 2,3 kPa : le point est sous la courbe, il n'y a que du gaz, aucune goutte ne peut subsister. Si la pression partielle atteint 2,3 kPa, le point est sur la courbe et les deux phases coexistent.

  7. Titre en vapeur par lecture du palier. À 100 °C, vl = 1,0·10⁻³ m³·kg⁻¹ et vv = 1,67 m³·kg⁻¹. Un mélange de volume massique 0,50 m³·kg⁻¹ a pour titre xv = (0,50 − 0,001)/(1,67 − 0,001) = 0,30. Trente pour cent de la masse est en vapeur, mais la vapeur occupe presque tout le volume.

  8. Chiffrer l'échelle mésoscopique. Densité particulaire de l'air : n* = P/(kB·T) = 10⁵/(1,38·10⁻²³ × 293) = 2,5·10²⁵ m⁻³. Un cube de 1 µm de côté contient 2,5·10⁷ molécules, fluctuation relative 2·10⁻⁴. Un cube de 10 nm en contient 25, fluctuation 20 %, ce n'est plus mésoscopique.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. L'air d'une salle vu aux trois échelles

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Une salle de 50 m³ contient de l'air à 1,0 bar et 20 °C. Décrire son état macroscopique, compter les molécules, estimer leur distance moyenne, puis discuter la taille d'un volume mésoscopique.

Technique équation d'état puis ordres de grandeur.

Voir le corrigé
  1. État macroscopique : P, T, V, et la composition, suffisent. Le système est fermé si la porte est close.
  2. n = 10⁵ × 50 / (8,314 × 293) = 2,05·10³ mol, soit N = 1,2·10²⁷ molécules.
  3. Volume par molécule V/N = 4,0·10⁻²⁶ m³, distance moyenne d = (V/N)1/3 = 3,4 nm, dix fois le diamètre d'une molécule. Le gaz est dilué, le modèle du gaz parfait est légitime.
  4. Un cube de 1 µm de côté contient 2,5·10⁷ molécules, un cube de 10 nm en contient 25. Le premier est mésoscopique, le second ne l'est pas.

piège : Décrire l'état microscopique demande 6N nombres, on ne le fait jamais, on le dit.

Exercice 2. Ballon-sonde gonflé à l'hélium

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Un ballon souple contient 10 m³ d'hélium au sol, à 1,0 bar et 288 K. M(He) = 4,0 g·mol⁻¹, M(air) = 29 g·mol⁻¹. Calculer la masse d'hélium, la masse d'air déplacé, la force ascensionnelle hors enveloppe. Puis le volume à une altitude où P = 0,50 bar et T = 255 K, l'enveloppe imposant l'égalité des pressions.

Technique équation d'état deux fois, poussée d'Archimède par la masse d'air déplacé.

Voir le corrigé
  1. n = 10⁵ × 10 / (8,314 × 288) = 418 mol, m(He) = 1,67 kg.
  2. L'air déplacé occupe le même volume à mêmes P et T, donc même n : m(air) = 418 × 0,029 = 12,1 kg.
  3. Force ascensionnelle = (12,1 − 1,67) × 9,8 = 102 N.
  4. En altitude : V₂ = V₁ × (P₁/P₂) × (T₂/T₁) = 10 × 2 × 0,885 = 17,7 m³. Le ballon gonfle, ce qui impose une enveloppe extensible ou partiellement remplie au départ.

piège : La poussée dépend de la masse d'air déplacé, pas du volume seul. Tant que gaz intérieur et air ont mêmes P et T, elle reste égale à 12,1 kg × g malgré le changement de volume.

Exercice 3. Mélange de deux gaz parfaits

Classiques de khôlle et concours · Khôlle

Deux compartiments rigides à 293 K : 1,0 L de diazote sous 2,0 bar et 3,0 L de dioxygène sous 1,0 bar. On retire la cloison. Déterminer la pression finale et les pressions partielles, en justifiant que la température ne change pas.

Technique chaque gaz occupe tout le volume, conservation de n.

Voir le corrigé
  1. Le système est isolé et rigide, il ne reçoit ni travail ni chaleur, donc son énergie interne ne varie pas. Pour des gaz parfaits, U ne dépend que de T, donc T finale = 293 K.
  2. n(N₂) = 2·10⁵ × 10⁻³/(R·T), n(O₂) = 1·10⁵ × 3·10⁻³/(R·T). Le produit P·V total vaut 200 + 300 = 500 J.
  3. P finale = 500 / (4,0·10⁻³) = 1,25·10⁵ Pa = 1,25 bar.
  4. P(N₂) = 200/4·10⁻³ = 0,50 bar, P(O₂) = 0,75 bar, la somme redonne 1,25 bar.

piège : La pression finale n'est pas la moyenne des pressions, c'est la moyenne pondérée par les volumes.

Exercice 4. Humidité de l'air et point de rosée

Classiques de khôlle et concours · Écrit Agro-Véto

Air à 25 °C, humidité relative 60 %. Données : Psat vaut 1,2 kPa à 10 °C, 1,7 kPa à 15 °C, 1,9 kPa à 17 °C, 2,3 kPa à 20 °C, 3,2 kPa à 25 °C. Calculer la pression partielle de vapeur, la masse d'eau par mètre cube, la température de rosée, puis la masse condensée par mètre cube si l'air est refroidi à 10 °C.

Technique pression partielle comparée à Psat, équation d'état sur la vapeur seule.

Voir le corrigé
  1. Pvap = 0,60 × 3,2 = 1,9 kPa.
  2. n = Pvap·V/(R·T) = 1900 × 1 / (8,314 × 298) = 0,77 mol, soit 13,8 g d'eau par mètre cube.
  3. Refroidir à pression partielle constante : la condensation commence quand Psat(T) = 1,9 kPa, soit vers 17 °C. C'est la température de rosée.
  4. À 10 °C, la vapeur est saturée à 1,2 kPa : n = 1200/(8,314 × 283) = 0,51 mol, soit 9,2 g. Il s'est condensé 4,6 g par mètre cube.

piège : Utiliser la température de l'air et non celle de rosée dans la question 2, et oublier que sous Psat la vapeur reste un gaz parfait ordinaire.

Exercice 5. Eau dans une enceinte vide

Classiques de khôlle et concours · Écrit G2E

Une enceinte de 10 L à 20 °C, initialement vide, reçoit une masse m d'eau liquide. Psat(20 °C) = 2,3 kPa, Psat(60 °C) = 20 kPa, M = 18 g·mol⁻¹. Décrire l'état final pour m = 0,10 g puis m = 1,0 g. Reprendre pour m = 1,0 g après chauffage à 60 °C.

Technique comparer la masse introduite à la masse maximale de vapeur.

Voir le corrigé
  1. Masse maximale de vapeur à 20 °C : n = 2300 × 10⁻² / (8,314 × 293) = 9,4·10⁻³ mol, soit 0,17 g.
  2. m = 0,10 g < 0,17 g : tout s'évapore, P = n·R·T/V = (0,10/18) × 8,314 × 293 / 10⁻² = 1,35 kPa, inférieure à Psat, cohérent.
  3. m = 1,0 g > 0,17 g : équilibre diphasé, P = 2,3 kPa, 0,17 g de vapeur et 0,83 g de liquide.
  4. À 60 °C : masse maximale n = 20 000 × 10⁻² / (8,314 × 333) = 0,072 mol = 1,3 g > 1,0 g. Tout est vaporisé, P = (1,0/18) × 8,314 × 333 / 10⁻² = 15 kPa, inférieure à 20 kPa, cohérent.

piège : Écrire P = Psat sans vérifier qu'il reste du liquide. On calcule toujours la masse maximale d'abord.

Exercice 6. Autocuiseur

Classiques de khôlle et concours · Écrit Agro-Véto

Une soupape de masse 80 g repose sur un orifice de section 10 mm². Pression atmosphérique 1,0 bar, g = 9,8 m·s⁻². Données : Psat = 1,01 bar à 100 °C, 1,43 bar à 110 °C, 1,99 bar à 120 °C. Déterminer la pression de fonctionnement, la température de l'eau, et interpréter sur le diagramme (P, T).

Technique équilibre mécanique de la soupape puis lecture de la courbe de vaporisation.

Voir le corrigé
  1. La soupape se soulève quand (P − P₀)·s = m·g, soit P = P₀ + m·g/s = 1,0·10⁵ + 0,080 × 9,8 / 10⁻⁵ = 1,78·10⁵ Pa, environ 1,8 bar.
  2. Liquide et vapeur coexistent, le point est sur la courbe de vaporisation, la température est celle où Psat = 1,8 bar. Par interpolation entre 110 et 120 °C, environ 117 °C.
  3. Sur le diagramme (P, T), le point de fonctionnement a glissé le long de la courbe de vaporisation vers le haut et la droite. La cuisson est plus rapide car la température du liquide est plus élevée.

piège : Oublier P₀ dans le bilan de la soupape, ou croire que l'eau peut dépasser 117 °C en restant liquide sous cette pression.

Exercice 7. Titre en vapeur dans une enceinte rigide

Classiques de khôlle et concours · Écrit G2E

Une enceinte rigide de 1,0 L contient 10 g d'eau à 100 °C. Données à 100 °C : vl = 1,04·10⁻³ m³·kg⁻¹, vv = 1,67 m³·kg⁻¹, Psat = 1,0 bar. À 150 °C : vl = 1,09·10⁻³, vv = 0,393 m³·kg⁻¹, Psat = 4,8 bar. Nature de l'état, titre en vapeur, volumes occupés par chaque phase, puis même travail à 150 °C. Estimer enfin la température où le liquide disparaît, sachant que vv vaut 0,104 m³·kg⁻¹ à 210 °C.

Technique comparer v = V/m aux extrémités du palier, règle des moments.

Voir le corrigé
  1. v = 10⁻³/0,010 = 0,10 m³·kg⁻¹, compris entre vl et vv : mélange diphasé, P = 1,0 bar.
  2. xv = (0,10 − 0,00104)/(1,67 − 0,00104) = 0,059. Vapeur 0,59 g, liquide 9,4 g.
  3. Le liquide occupe 9,4·10⁻³ × 1,04·10⁻³ = 9,8 mL, la vapeur 990 mL. Six pour cent de la masse remplit 99 % du volume.
  4. À 150 °C, v est inchangé puisque V et m sont fixes, et 0,10 < 0,393 : encore diphasé, P = 4,8 bar, xv = (0,10 − 0,00109)/(0,393 − 0,00109) = 0,25.
  5. Le liquide disparaît quand vv(T) = 0,10 m³·kg⁻¹, soit un peu au-dessus de 210 °C, sous environ 19 bar. Le chauffage isochore est un segment vertical dans le diagramme (P, v) qui finit par sortir de la cloche par la courbe de rosée.

piège : Confondre titre massique et fraction du volume. Le titre est massique.

Exercice 8. Neige carbonique

Classiques de khôlle et concours · Écrit Agro-Véto

Le CO₂ a son point triple à 5,18 bar et −56,6 °C, son point critique à 31 °C et 73,8 bar, et Psat(20 °C) = 57 bar. M = 44 g·mol⁻¹. Expliquer pourquoi la neige carbonique se sublime sous 1 bar. Calculer le volume de gaz libéré par 1,0 kg à 20 °C sous 1 bar et la fraction molaire de CO₂ atteinte dans une pièce close de 30 m³. Expliquer enfin pourquoi un extincteur à CO₂ contient du liquide à 20 °C mais plus au-delà de 31 °C.

Technique lecture du diagramme (P, T), équation d'état pour le volume.

Voir le corrigé
  1. Sous 1 bar, on est en dessous du point triple : la droite horizontale P = 1 bar ne coupe que la courbe de sublimation. Le solide passe directement au gaz, à −78,5 °C.
  2. n = 1000/44 = 22,7 mol, Vm = 8,314 × 293 / 10⁵ = 24,4 L·mol⁻¹, V = 554 L.
  3. Air de la pièce : nair = 10⁵ × 30 / (8,314 × 293) = 1,23·10³ mol. Fraction molaire de CO₂ : 22,7/(1230 + 22,7) = 1,8 %, soit 45 fois la teneur atmosphérique. Danger réel en local fermé.
  4. À 20 °C, la pression de 57 bar dans l'extincteur est Psat : liquide et vapeur coexistent. Au-delà de 31 °C, la courbe de vaporisation n'existe plus, on a un fluide supercritique quelle que soit la pression.

piège : Chercher une température d'ébullition du CO₂ sous 1 bar. Elle n'existe pas.

Exercice 9. Écart au gaz parfait

Approfondissement · Écrit ENS, plus exigeant

On fournit l'équation de van der Waals pour une mole : (P + a/V_m²)·(Vm − b) = R·T, avec pour le CO₂ a = 0,364 Pa·m⁶·mol⁻² et b = 4,27·10⁻⁵ m³·mol⁻¹. Comparer les pressions prédites par les deux modèles pour Vm = 1,0 L·mol⁻¹ puis 25 L·mol⁻¹, à 300 K. Interpréter a et b.

Technique calcul numérique soigné et sens physique des corrections. L'équation est hors programme et n'est utilisée que parce qu'elle est fournie.

Voir le corrigé
  1. Gaz parfait, 1,0 L : P = 8,314 × 300 / 10⁻³ = 24,9 bar.
  2. Van der Waals, 1,0 L : R·T/(Vm − b) = 2494/(9,57·10⁻⁴) = 26,1 bar, moins a/V_m² = 0,364/10⁻⁶ = 3,6 bar, soit 22,4 bar. Écart de 10 %.
  3. À 25 L : gaz parfait 0,998 bar, van der Waals 0,999 − 0,006 = 0,993 bar. Écart 0,6 %.
  4. b est le volume propre des molécules, il augmente la pression à Vm donné. a traduit l'attraction entre molécules, qui retient les molécules loin de la paroi et diminue la pression. À 300 K et 24 bar, l'attraction domine, et on n'est pas loin de la liquéfaction.

piège : Oublier de convertir a et b, ou conclure que le gaz parfait est faux. Il est excellent dès que Vm dépasse quelques dizaines de litres par mole.

Erreurs fréquentes

  1. Laisser des litres, des bars ou des degrés Celsius dans P·V = n·R·T. Seul le rapport de deux états tolère les bars et les litres, jamais les degrés.
  2. Écrire P = Psat par réflexe sans vérifier qu'il reste du liquide, ou l'inverse, calculer une pression de gaz seul qui dépasse Psat, ce qui est impossible.
  3. Confondre titre massique en vapeur et fraction du volume occupée par la vapeur.
  4. Appeler équilibre un régime stationnaire traversé par un flux, ou croire que l'équilibre signifie l'immobilité des molécules.
  5. Utiliser ΔU = CV·ΔT seulement à volume constant, ou l'oublier à pression variable. Pour un gaz parfait, elle vaut toujours.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de BCPST 1 (2021), thème E « énergie : conversions et transferts », partie E.1. Elle couvre la caractérisation d'un système thermodynamique, le modèle du gaz parfait, le modèle de la phase condensée indilatable et incompressible, et la description d'un corps pur en équilibre diphasé. Le premier principe et les bilans d'énergie font l'objet du chapitre E.2.