Le cours
Résumé en cinq points
- Premier principe pour un système fermé entre deux états d'équilibre, quand le système est macroscopiquement immobile. est une fonction d'état, et sont des transferts qui dépendent du chemin.
- Travail des forces de pression, , à sommer sur le chemin. Il s'interprète comme une aire dans un diagramme de Watt ou de Clapeyron.
- Trois modes de transfert thermique : conduction, convection, rayonnement. Le flux conductif se traite par une résistance thermique, le flux conducto-convectif par la loi de Newton.
- Au contact d'un thermostat, la température d'un corps incompressible relaxe exponentiellement avec .
- , et pour une transformation monobare avec équilibre mécanique au début et à la fin, . Pour un gaz parfait et pour une phase condensée, s'exprime avec une capacité thermique et une variation de température, à quoi s'ajoutent les termes des changements d'état.
Pourquoi ce chapitre
C'est le chapitre structurant du programme de thermodynamique de première année. Il apprend à écrire un bilan d'énergie propre, compétence évaluée comme telle aux concours. La difficulté n'est pas le calcul, elle est dans la rigueur : définir le système, nommer la transformation, distinguer une variation de fonction d'état d'un échange avec l'extérieur.
Les applications sont nombreuses :
- calorimétrie ;
- isolation ;
- refroidissement d'un corps ;
- effet de serre ;
- thermorégulation animale.
1Décrire une transformation
1.1Nature du système
Définition 1.1Système ouvert
Un système ouvert échange matière et énergie avec l'extérieur. Exemples : une casserole sans couvercle, un être vivant.
Définition 1.2Système fermé
Un système fermé n'échange pas de matière, mais peut échanger de l'énergie. Sa masse est constante. C'est le cadre exclusif des bilans de ce chapitre.
Définition 1.3Système isolé
Un système isolé n'échange ni matière ni énergie. Un calorimètre idéal en est le modèle.
1.2Vocabulaire des transformations
Une transformation fait passer le système d'un état d'équilibre initial à un état d'équilibre final. Les adjectifs se lisent en deux familles, et les confondre est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
Ce qui décrit le système lui-même au cours de la transformation :
Définition 1.4Transformations isochore, isobare, isotherme
- Une transformation isochore est une transformation où le volume du système reste constant.
- Une transformation isobare est une transformation où la pression du système reste définie et constante tout au long.
- Une transformation isotherme est une transformation où la température du système reste définie et constante tout au long.
Ce qui décrit seulement l'extérieur, donc l'état initial et l'état final :
Définition 1.5Transformations monobare et monotherme
- Une transformation monobare a une pression extérieure constante, et le système est en équilibre mécanique au début et à la fin, donc . Entre les deux, la pression du système peut être mal définie.
- Une transformation monotherme met le système en contact avec un extérieur de température constante, et il est en équilibre thermique au début et à la fin, donc .
Définition 1.6Thermostat
Un thermostat est un corps assez grand pour que sa température ne change pas quand il échange de la chaleur. L'atmosphère, un grand lac, un bain thermostaté en sont des modèles.
AttentionLes réciproques sont fausses
Une transformation isotherme est monotherme, la réciproque est fausse. Une transformation isobare est monobare, la réciproque est fausse. Contre-exemple de monobare non isobare : on ouvre brutalement un robinet et un gaz se détend contre l'atmosphère, sa pression n'étant pas uniforme pendant la détente.
Définition 1.7Transformation adiabatique
Une transformation est adiabatique si le système n'échange aucun transfert thermique avec l'extérieur, donc . Cela correspond à une paroi calorifugée, ou à une transformation assez rapide pour que la chaleur n'ait pas le temps de passer.
MéthodeDéterminer l'état final
- Lire les conditions imposées par l'extérieur : ce sont elles qui fixent l'état final.
- Contact avec un thermostat de température : l'état final a pour température .
- Piston libre soumis à la pression atmosphérique : l'état final a pour pression la pression atmosphérique.
2Le premier principe
2.1Les contributions à l'énergie d'un système
L'énergie totale d'un système se décompose en deux blocs.
- Contributions macroscopiques : l'énergie cinétique du système dans son mouvement d'ensemble, et son énergie potentielle dans un champ extérieur, par exemple de pesanteur.
- Contributions microscopiques, regroupées dans l'énergie interne : l'énergie cinétique d'agitation thermique des particules et toutes les énergies potentielles d'interaction internes, des interactions intermoléculaires jusqu'aux énergies de liaison.
2.2Énoncé
Loi 2.1Premier principe
Hypothèses
- système fermé ;
- passage d'un état d'équilibre 1 à un état d'équilibre 2.
Alors où est le travail reçu par le système de la part des forces extérieures et le transfert thermique reçu. Les deux comptent positivement ce qui entre dans le système.
En BCPST 1, le système est presque toujours globalement immobile au début et à la fin, ce qui donne la forme de travail :
À retenir
Le premier principe affirme deux choses à la fois :
- est une fonction d'état : sa variation ne dépend que des états initial et final, pas du chemin suivi ;
- l'énergie se conserve : elle ne peut que se transférer ou changer de forme.
2.3Statuts à ne jamais confondre
est la variation d'une grandeur qui appartient au système. On peut parler de l'énergie interne du système dans l'état 1 et dans l'état 2.
et sont des termes d'échange. Ils n'appartiennent à personne, ils qualifient un transfert pendant la transformation. Un système ne « contient » ni travail ni chaleur. Écrire « la chaleur du gaz dans l'état final » n'a aucun sens.
AttentionDépendance du chemin
et dépendent du chemin suivi, alors que leur somme n'en dépend pas. Deux chemins différents entre les deux mêmes états donnent le même mais des et des différents.
2.4Extensivité
est extensive, donc C'est ce qui permet de traiter un calorimètre contenant de l'eau et un solide comme un système unique isolé :
3Le travail des forces de pression
3.1Expression élémentaire
Propriété 3.1Travail élémentaire des forces de pression
Pour une transformation élémentaire au cours de laquelle le volume du système varie de sous une pression extérieure , le travail élémentaire reçu par le système vaut
Le signe se retient physiquement :
- le système se détend, : il pousse l'extérieur, il fournit du travail, donc il en reçoit un négatif ;
- le système est comprimé, : il reçoit du travail positif.
La notation , et non , rappelle que le travail n'est pas la variation d'une fonction d'état.
3.2Sommation sur un chemin
La méthode exigible est le découpage en travaux élémentaires puis la sommation, dans le cas d'une seule variable.
MéthodeCalculer un travail
- Écrire .
- Exprimer en fonction de la variable qui change.
- Intégrer entre l'état initial et l'état final.
Trois cas à savoir traiter de tête :
Exemple 3.2Trois cas usuels
- Transformation isochore : donc .
- Transformation monobare ou isobare : constante, donc .
- Transformation isotherme d'un gaz parfait avec à chaque instant : et
Ce dernier calcul suppose que la pression du système est définie à chaque instant, donc une transformation lente.
3.3Interprétation géométrique
Dans un diagramme de Watt, on porte la pression en ordonnée et le volume en abscisse. Dans un diagramme de Clapeyron, on porte la pression et le volume massique . Quand la pression du système est définie tout au long de la transformation, on peut tracer la courbe de la transformation.
Le travail reçu par le système est l'opposé de l'aire comprise entre la courbe et l'axe des volumes, comptée entre les deux volumes extrêmes.
- Détente vers la droite : aire comptée négativement pour le système.
- Compression vers la gauche : aire comptée positivement.
Pour un cycle fermé, le travail reçu sur un tour est l'opposé de l'aire enfermée par le cycle. Un cycle parcouru dans le sens des aiguilles d'une montre dans un diagramme de Watt fournit du travail à l'extérieur.
4Les transferts thermiques
4.1Les trois modes
- Conduction : transfert de proche en proche par agitation thermique, sans déplacement macroscopique de matière, mode dominant dans les solides.
- Convection : transfert par déplacement macroscopique du fluide, le fluide chaud moins dense montant en emportant son énergie. Bien plus efficace que la conduction dans les fluides, elle explique la circulation atmosphérique et océanique et la convection du manteau terrestre.
- Rayonnement : transfert par ondes électromagnétiques, sans support matériel. C'est le seul mode qui traverse le vide, donc le seul qui nous relie au Soleil.
Exemple 4.1Conductivité thermique
En :
- air immobile : ;
- laine isolante : ;
- eau : ;
- verre : ;
- métaux usuels : à .
4.2Flux thermique et résistance thermique
Le flux thermique est une puissance, en watts, transférée à travers une surface.
Propriété 4.2Résistance thermique
En géométrie unidimensionnelle, on utilise l'analogie électrique avec la résistance thermique en , dont l'expression est fournie, par exemple pour un mur plan d'épaisseur et de surface .
Le flux joue le rôle de l'intensité, l'écart de température celui de la tension, et les résistances s'associent en série ou en parallèle comme en électricité.
4.3Loi de Newton du transfert conducto-convectif
Loi 4.3Loi de Newton
À l'interface entre un solide de température de surface et un fluide de température , le flux thermique cédé par le solide s'écrit avec le coefficient de transfert conducto-convectif, en .
Ordres de grandeur : quelques unités à quelques dizaines dans l'air calme, plusieurs centaines dans l'air en mouvement ou dans l'eau. C'est pourquoi on se refroidit beaucoup plus vite dans l'eau à que dans l'air à .
4.4Refroidissement d'un corps au contact d'un thermostat
Situation exigible. Un système incompressible et indilatable, de masse , de capacité thermique massique , de température uniforme , est plongé dans un thermostat de température . Il échange par la loi de Newton à travers une surface .
Bilan d'énergie entre les instants et , sans travail puisque le volume est constant : , soit
Propriété 4.4Équation du refroidissement
D'où l'équation différentielle avec , homogène à un temps.
Propriété 4.5Solution du refroidissement
Hypothèse : .
Alors
Lecture :
- la température tend exponentiellement vers celle du thermostat ;
- au bout de , l'écart initial est réduit d'environ 63 %, et au bout de l'équilibre est pratiquement atteint ;
- le temps caractéristique croît avec la masse et décroît avec la surface d'échange.
C'est l'argument du rapport surface sur volume, central en biologie : à forme comparable, un petit animal se refroidit bien plus vite qu'un gros, ce qui impose un métabolisme spécifique plus élevé.
4.5Rayonnement du corps noir, approche descriptive
Tout corps rayonne, d'autant plus que sa température est élevée. Deux lois, fournies, sont à savoir exploiter.
Loi 4.6Loi du déplacement de Wien
où est la longueur d'onde du maximum d'émission.
Exemple 4.7Soleil et Terre
- Le Soleil, à environ , émet au maximum vers , en plein visible.
- La Terre, à environ , émet au maximum vers , dans l'infrarouge.
Loi 4.8Loi de Stefan-Boltzmann
La puissance rayonnée par unité de surface vaut , avec . La dépendance en puissance quatrième est très forte.
Explication qualitative de l'effet de serre :
- Le rayonnement solaire arrive surtout dans le visible, pour lequel l'atmosphère est largement transparente, et il chauffe le sol.
- Le sol réémet vers , dans l'infrarouge, domaine où la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone et le méthane absorbent fortement.
- Cette énergie est en partie réémise vers le sol.
- Le bilan radiatif de la surface augmente, et la température d'équilibre du sol est plus élevée que sans atmosphère.
Augmenter la concentration de ces gaz déplace cet équilibre vers le haut.
5L'enthalpie
5.1Définition et intérêt
Définition 5.1Enthalpie
La fonction d'état enthalpie est définie par . C'est une grandeur extensive, en joules. Elle est construite pour les transformations monobares, qui sont le cas le plus fréquent au laboratoire, à l'air libre.
Théorème 5.2Enthalpie et transfert thermique
Hypothèses
- système fermé ;
- transformation monobare, avec équilibre mécanique dans l'état initial et dans l'état final ;
- aucun autre travail que celui des forces de pression.
Alors .
Démonstration
On a avec , et comme , on obtient L'égalité repose entièrement sur l'équilibre mécanique aux deux bouts.
Pendant ce temps, à volume constant, . Les deux résultats sont les deux outils de la calorimétrie.
5.2Expressions à savoir
Propriété 5.3Gaz parfait
Pour un gaz parfait, , donc l'enthalpie ne dépend que de la température. On écrit où est la capacité thermique à pression constante, fournie.
Propriété 5.4Phase condensée indilatable et incompressible
Le terme varie très peu, et on admet Une seule capacité thermique suffit donc pour un liquide ou un solide.
Valeur à citer : pour l'eau liquide.
5.3Changements d'état
À température et pression de changement d'état fixées, faire passer une masse d'une phase à l'autre demande un transfert thermique proportionnel à .
Définition 5.5Enthalpie massique de changement d'état
On note l'enthalpie massique de changement d'état, par exemple ou , en . La variation d'enthalpie du système vaut .
La fusion, la vaporisation et la sublimation sont endothermiques, donc ces grandeurs sont positives. Les transformations inverses coûtent l'opposé.
Exemple 5.6Ordres de grandeur pour l'eau
- à ;
- à ;
- environ à .
Il faut donc près de sept fois plus d'énergie pour vaporiser un kilogramme d'eau que pour le chauffer de à . C'est la clé de la thermorégulation par sudation et de la transpiration végétale, ainsi que du rôle tampon des océans sur le climat.
MéthodeBilan avec changement d'état
- Décomposer le chemin en étapes simples : chauffage d'une phase, puis changement d'état à température fixée.
- Sommer les , puisque est une fonction d'état extensive.
Le chemin de calcul n'a pas à être le chemin réel.
6Capacités expérimentales et numériques
- Mettre en œuvre un protocole de mesure d'une grandeur thermodynamique énergétique : capacité thermique massique, ou enthalpie de fusion de la glace, au calorimètre. On écrit que le système calorimètre plus contenu est isolé et monobare, donc , et on résout.
- Relever une courbe de refroidissement avec un thermocouple et une carte d'acquisition, vérifier l'allure exponentielle et extraire , par exemple en traçant le logarithme de l'écart de température en fonction du temps et en utilisant
polyfitde numpy. - Résoudre numériquement l'équation différentielle du refroidissement par la méthode d'Euler explicite, et comparer à la solution analytique.
- Identifier les sources d'erreur, fuites thermiques, retard du capteur, et les discuter avec les incertitudes.
Méthodes
MéthodeÉcrire un bilan d'énergie
- Écrire la phrase rituelle : système choisi, fermé, état initial, état final, nature de la transformation.
- Regarder ce que l'extérieur impose, car c'est cela qui donne l'état final.
- Choisir la bonne fonction d'état. Volume constant : on travaille avec . Pression extérieure constante avec équilibre mécanique aux deux bouts : on travaille avec .
- Calculer par découpage élémentaire, jamais par une formule apprise sans condition.
- Vérifier les signes. Un système qui se refroidit a reçu un négatif, un système qui se détend un négatif.
- Vérifier l'ordre de grandeur obtenu.
Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle
- Distinguer isobare et monobare, isotherme et monotherme, avec un contre-exemple pour chaque réciproque.
- Énoncer le premier principe entre deux états d'équilibre et commenter le statut de chaque terme.
- Calculer le travail des forces de pression par découpage élémentaire pour une transformation isochore, monobare, puis isotherme d'un gaz parfait.
- Interpréter géométriquement un travail dans un diagramme de Watt.
- Citer les trois modes de transfert thermique et les illustrer sur un exemple concret.
- Établir et résoudre l'équation différentielle du refroidissement d'un corps au contact d'un thermostat, et interpréter .
- Démontrer pour une transformation monobare et dire à quel endroit chaque hypothèse sert.
- Faire un bilan calorimétrique complet avec un changement d'état, par exemple la fonte d'un glaçon dans un verre d'eau.
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
- Système ouvert, fermé, isolé. Définitions exigibles. Tous les bilans du chapitre concernent un système fermé.
- Vocabulaire : isochore, isobare, isotherme décrivent le système pendant toute la transformation. Monobare et monotherme décrivent l'extérieur et imposent seulement les états initial et final. Exigible avec contre-exemples des réciproques.
- Premier principe : pour un système fermé entre deux états d'équilibre, ΔU + ΔE_c = W + Q, W et Q reçus par le système. Principe admis, énoncé exigible. U est une fonction d'état extensive, W et Q sont des transferts qui dépendent du chemin.
- Travail des forces de pression : δW = −Pext·dV, W = −∫Pext·dV sur le chemin. Exigible avec justification.
- Trois cas : isochore W = 0. Monobare W = −Pext·(Vf − Vi). Isotherme d'un gaz parfait avec Pext = P à chaque instant, W = −n·R·T·ln(Vf/Vi). Exigibles.
- Interprétation géométrique : W est l'opposé de l'aire sous la courbe dans un diagramme de Watt (P, V) ou de Clapeyron (P, v), quand la pression du système est définie tout le long. Sur un cycle horaire, le système fournit du travail. Exigible.
- Trois modes de transfert thermique, conduction, convection, rayonnement. Qualitatif, exigible.
- Flux conductif : Φ = (T_chaud − T_froid)/Rth, Rth fournie, par exemple e/(λ·S) pour un mur plan. Associations série et parallèle. Exploitation exigible.
- Loi de Newton : Φ = h·S·(Ts − T_fluide). Exploitation exigible.
- Refroidissement au contact d'un thermostat : dT/dt + (T − T₀)/τ = 0, τ = m·c/(h·S). Exigible avec établissement et résolution.
- Lois de Wien et de Stefan-Boltzmann, fournies, pour expliquer qualitativement l'effet de serre.
- Enthalpie H = U + P·V, fonction d'état extensive. Pour une transformation monobare avec équilibre mécanique initial et final et sans autre travail que celui de la pression, ΔH = Q. Exigible avec démonstration.
- Gaz parfait : H = U + n·R·T, ΔH = CP·ΔT, CP fournie. Conséquence immédiate, CP − CV = n·R, dite relation de Mayer, à savoir retrouver.
- Phase condensée indilatable et incompressible : ΔH ≈ ΔU = m·c·ΔT, c(eau) = 4,18·10³ J·kg⁻¹·K⁻¹ à citer.
- Changement d'état : ΔH = m·Δh à T et P de changement d'état, Δh > 0 pour fusion, vaporisation, sublimation. Bilan par étapes grâce à l'extensivité. Exigible.
- Hors programme : loi de Laplace P·Vγ constante pour une adiabatique réversible, utilisable seulement si fournie. Second principe et machines thermiques relèvent de la partie E.3.
Clés de démonstration
Travail élémentaire. L'extérieur exerce sur le piston de section S la force Pext·S dirigée vers le gaz. Si le piston recule de dx, le volume varie de dV = S·dx et le travail reçu par le gaz vaut −Pext·S·dx = −Pext·dV. L'astuce est de raisonner sur la force extérieure, jamais sur la pression du gaz qui peut ne pas être définie.
Isotherme réversible du gaz parfait. Comme Pext = P = n·R·T/V à chaque instant et T est constante, δW = −n·R·T·dV/V. On intègre le logarithme entre Vi et Vf. Le signe est bon : une détente donne Vf > Vi et W < 0.
ΔH = Q en monobare. ΔU = W + Q et W = −Pext·(Vf − Vi). Comme Pi = Pf = Pext, on a W = −(Pf·Vf − Pi·Vi). Alors Q = ΔU + Δ(P·V) = ΔH. Chaque hypothèse sert : monobare pour sortir Pext de l'intégrale, équilibre mécanique aux deux bouts pour remplacer Pext par Pi et Pf.
Équation du refroidissement. Système indilatable, donc W = 0 et dU = δQ. Le transfert reçu pendant dt vaut −h·S·(T − T₀)·dt par la loi de Newton. Avec dU = m·c·dT on obtient l'équation, et τ apparaît en divisant par h·S. La solution est T₀ plus une exponentielle décroissante.
Relation de Mayer. H = U + n·R·T pour un gaz parfait, donc dH/dT = dU/dT + n·R, soit CP = CV + n·R. Le supplément est le travail fourni à l'extérieur quand on chauffe à pression constante.
Calorimétrie. Le contenu du calorimètre est un système fermé, isolé thermiquement et à pression atmosphérique. Donc ΔH_total = 0, et par extensivité la somme des ΔH des parties est nulle. C'est l'unique équation à écrire.
Exemples et contre-exemples à connaître
- Monobare non isobare : un gaz détendu brutalement contre l'atmosphère. Sa pression n'est pas définie pendant la détente, mais vaut Patm avant et après.
- Monotherme non isotherme : compression rapide d'un gaz dans un cylindre métallique posé dans l'air. Le gaz s'échauffe puis revient à la température ambiante.
- Détente de Joule et Gay-Lussac : gaz qui envahit un compartiment vide, parois rigides et calorifugées. W = 0, Q = 0, donc ΔU = 0 et pour un gaz parfait T ne change pas. Une détente ne refroidit pas toujours.
- Compression isotherme d'un gaz parfait : ΔU = 0 mais W > 0 et Q = −W < 0. Une variation nulle de U n'implique pas des échanges nuls.
- Deux chemins entre les mêmes états, isochore puis isobare ou isobare puis isochore : même ΔU, travaux différents. C'est la définition concrète de fonction d'état.
- Cycle : ΔU = 0 sur un tour, donc W = −Q. Un moteur reçoit de la chaleur et fournit du travail.
- Chaleur latente contre chaleur sensible : faire fondre 1 g de glace refroidit 80 g d'eau de 1 °C. La vaporisation d'un gramme d'eau à 37 °C emporte 2,4 kJ, ce qui fonde la sudation.
- Vide et rayonnement : la bouteille thermos supprime conduction et convection par le vide, et le rayonnement par l'argenture. Le Soleil ne nous chauffe que par rayonnement.
- Wien : le Soleil à 5800 K émet vers 0,5 µm, la Terre à 288 K vers 10 µm. Ce décalage est tout l'effet de serre.
Techniques du chapitre
-
La phrase rituelle et l'état final. Un gaz dans un cylindre fermé par un piston libre sous Patm est chauffé. Système : le gaz, fermé. Transformation monobare. État final : P = Patm. Travail : W = −Patm·(Vf − Vi), négatif puisque le gaz se dilate.
-
Travail par découpage, comparaison lente ou brutale. Une mole de gaz parfait à 300 K, comprimée de 10 L à 5 L. Lentement à T constante : W = n·R·T·ln 2 = 2494 × 0,693 = 1,73 kJ. Brutalement sous Pext égale à la pression finale 4,99 bar : W = 4,99·10⁵ × 5·10⁻³ = 2,49 kJ. La compression brutale coûte plus cher.
-
Aire dans un diagramme de Watt. Cycle rectangulaire entre 1 et 3 L et entre 1 et 2 bar, parcouru dans le sens horaire. Aire = 10⁵ × 2·10⁻³ = 200 J. Le système fournit 200 J par cycle, W = −200 J.
-
Choisir U ou H. Bombe calorimétrique rigide : ΔU = Q. Calorimètre à l'air libre : ΔH = Q, et avec isolation ΔH = 0. Pour une phase condensée les deux coïncident, pour un gaz non.
-
Exploiter la solution exponentielle. Un café à 80 °C dans une pièce à 20 °C est à 60 °C après 5 min. Alors ln(60/40) = 5/τ, τ = 12,3 min. Il atteint 40 °C quand ln(60/20) = t/τ, soit t = 13,6 min. On raisonne toujours sur l'écart T − T₀.
-
Résistances thermiques en série. Mur de 10 m² : 20 cm de béton, λ = 1,0 W·m⁻¹·K⁻¹, puis 10 cm de laine, λ = 0,040. R = 0,20/(1,0 × 10) + 0,10/(0,040 × 10) = 0,02 + 0,25 = 0,27 K·W⁻¹. Pour 20 K d'écart, Φ = 74 W contre 1000 W sans laine.
-
Bilan avec changement d'état par étapes. Porter 1 kg de glace de −10 °C à la vapeur à 100 °C, c_glace = 2,1 kJ·kg⁻¹·K⁻¹, Δh_fus = 334 kJ·kg⁻¹, Δh_vap = 2260 kJ·kg⁻¹. ΔH = 21 + 334 + 418 + 2260 = 3033 kJ. La vaporisation pèse les trois quarts.
-
Vérifier les signes et l'ordre de grandeur. Un système qui se refroidit a Q < 0. Un système qui se détend a W < 0. Une capacité thermique en J·K⁻¹ multipliée par des kelvins donne des joules. Un résultat de plusieurs mégajoules pour un verre d'eau signale une erreur de conversion.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1. Deux chemins entre les mêmes états
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Une mole de gaz parfait diatomique, CV,m = 5R/2, passe de l'état A (1,0 bar, 300 K) à l'état B (2,0 bar, 300 K). Chemin 1 : compression isotherme réversible. Chemin 2 : chauffage isochore jusqu'à 2,0 bar puis refroidissement isobare. Calculer ΔU, W et Q pour chaque chemin.
Technique ΔU par la fonction d'état, W par découpage, Q par différence.
Voir le corrigé
- ΔU = 0 sur les deux chemins, TA = TB.
- Chemin 1 : VA = 24,9 L, VB = 12,5 L. W₁ = −n·R·T·ln(VB/VA) = 2494 × ln 2 = 1,73 kJ. Q₁ = −1,73 kJ.
- Chemin 2, étape isochore : W = 0, T monte à 600 K, Q = CV·ΔT = 20,8 × 300 = 6,24 kJ. Étape isobare à 2,0 bar de 24,9 L à 12,5 L : W = −2·10⁵ × (12,5 − 24,9)·10⁻³ = 2,49 kJ, Q = CP·ΔT = 29,1 × (−300) = −8,73 kJ.
- Chemin 2 total : W₂ = 2,49 kJ, Q₂ = −2,49 kJ, et W₂ + Q₂ = 0 = ΔU.
piège : ΔU identique, W différents. Écrire Q = CV·ΔT sur l'étape isobare est l'erreur classique.
Exercice 2. Méthode des mélanges
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Un calorimètre de valeur en eau 20 g contient 200 g d'eau à 20,0 °C. On y plonge 100 g d'un métal à 100,0 °C. Température finale 23,8 °C. Déterminer la capacité thermique massique du métal et l'identifier.
Technique ΔH_total = 0 pour un système isolé et monobare.
Voir le corrigé
- Système : eau, calorimètre, métal. Fermé, calorifugé, à pression atmosphérique, donc ΔH = Q = 0.
- Extensivité : (0,200 + 0,020) × 4180 × 3,8 + 0,100 × c × (23,8 − 100) = 0.
- c = 3494/7620 = 0,46 kJ·kg⁻¹·K⁻¹, valeur du fer.
- La valeur en eau convertit le calorimètre en une masse d'eau équivalente, ce qui évite une capacité supplémentaire.
piège : Oublier le calorimètre, ou prendre l'écart en degrés dans le mauvais sens pour le métal.
Exercice 3. Détente de Joule et Gay-Lussac
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Deux compartiments rigides et calorifugés, de volumes V₁ et V₂, l'un contenant n moles de gaz parfait à T₀, l'autre vide. On ouvre le robinet. Température et pression finales. La transformation est-elle isotherme, monotherme, adiabatique ?
Technique bilan sur le système entier, puis U(T) du gaz parfait.
Voir le corrigé
- Système : le gaz. Parois rigides, W = 0. Parois calorifugées, Q = 0. Donc ΔU = 0.
- Gaz parfait : U ne dépend que de T, donc Tf = T₀.
- Pf = n·R·T₀/(V₁ + V₂) = P₀·V₁/(V₁ + V₂).
- Adiabatique oui. Isotherme non, la température n'est pas définie pendant la détente. Monotherme non plus au sens strict, il n'y a pas de thermostat, on dit seulement que T finale égale T initiale. Pour un gaz réel, les interactions attractives font légèrement baisser T.
piège : Invoquer W = −P·dV avec la pression du gaz. Le gaz ne pousse rien, il n'y a pas de piston.
Exercice 4. Piston lâché dans un cylindre vertical
Classiques de khôlle et concours · Écrit Agro-Véto
Un cylindre vertical de section S = 10 cm² contient n = 0,10 mol de gaz parfait, CV,m = 5R/2, à T₀ = 300 K sous P₀ = 1,0 bar, le piston de masse 10 kg étant bloqué. On libère le piston, l'atmosphère est à P₀. Cas 1 : parois diathermes, le gaz revient à T₀. Cas 2 : parois calorifugées. Déterminer l'état final et les échanges dans chaque cas.
Technique conditions imposées par l'extérieur, puis premier principe en monobare.
Voir le corrigé
- Pression finale dans les deux cas : Pf = P₀ + M·g/S = 1,0·10⁵ + 98/10⁻³ = 1,98·10⁵ Pa. Volume initial V₁ = n·R·T₀/P₀ = 2,49 L.
- Cas 1 : Vf = n·R·T₀/Pf = 1,26 L. W = −Pf·(Vf − V₁) = 1,98·10⁵ × 1,23·10⁻³ = 244 J. ΔU = 0, donc Q = −244 J. Le gaz cède à l'air la totalité du travail reçu.
- Cas 2 : Q = 0, donc CV·(Tf − T₀) = −Pf·(Vf − V₁) avec Vf = n·R·Tf/Pf. On obtient (7/2)·n·R·Tf = (5/2)·n·R·T₀ + Pf·V₁.
- Numériquement, n·R = 0,831 J·K⁻¹ : 623,6 + 493,8 = 1117 J, Tf = 1117/(3,5 × 0,831) = 384 K. Vf = 1,61 L.
piège : Utiliser la loi de Laplace, qui suppose une transformation réversible alors que la chute du piston est brutale. Ici seul le premier principe avec Pext constante est légitime.
Exercice 5. Thermorégulation et loi d'échelle
Classiques de khôlle et concours · Écrit Agro-Véto
Un animal est modélisé par un corps homogène de capacité thermique massique 3,5 kJ·kg⁻¹·K⁻¹ à 37 °C, plongé dans un air à 10 °C, avec h = 10 W·m⁻²·K⁻¹. Souris : 20 g, 50 cm². Humain : 70 kg, 1,8 m². Calculer la puissance perdue, la puissance massique, et le temps caractéristique de refroidissement en l'absence de métabolisme. Conclure.
Technique loi de Newton puis τ = m·c/(h·S).
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- Souris : Φ = 10 × 5·10⁻³ × 27 = 1,35 W, soit 68 W·kg⁻¹. Humain : Φ = 10 × 1,8 × 27 = 486 W, soit 6,9 W·kg⁻¹.
- τ souris = 0,020 × 3500/(10 × 5·10⁻³) = 1400 s, environ 23 min. τ humain = 70 × 3500/18 = 1,4·10⁴ s, environ 3,8 h.
- À forme fixée, S varie comme L² et m comme L³, donc τ et la puissance métabolique massique nécessaire varient comme L et 1/L respectivement. Un petit animal doit manger beaucoup par unité de masse et se protéger du froid.
piège : Oublier que la puissance perdue doit être compensée par le métabolisme pour que T reste constante, sinon la loi exponentielle s'applique.
Exercice 6. Flux à travers un vitrage
Classiques de khôlle et concours · Écrit G2E
Une vitre de 1,0 m², épaisseur 4,0 mm, λ = 1,0 W·m⁻¹·K⁻¹, sépare une pièce à 20 °C d'un extérieur à 0 °C. Coefficients conducto-convectifs hint = 8 et hext = 20 W·m⁻²·K⁻¹. Calculer le flux, la température de la face intérieure, puis le flux pour un double vitrage avec une lame d'air immobile de 12 mm, λair = 0,026 W·m⁻¹·K⁻¹.
Technique résistances en série incluant les résistances de surface 1/(h·S).
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- R = 1/(8 × 1) + 0,004/(1,0 × 1) + 1/(20 × 1) = 0,125 + 0,004 + 0,050 = 0,179 K·W⁻¹. Φ = 20/0,179 = 112 W.
- Face intérieure : Ts = 20 − Φ/(hint·S) = 20 − 14 = 6 °C. C'est pourquoi une vitre simple paraît froide et se couvre de buée.
- Le verre lui-même ne compte presque pas, les couches limites d'air dominent.
- Double vitrage : Rair = 0,012/0,026 = 0,46 K·W⁻¹, deux vitres 0,008, total 0,64 K·W⁻¹. Φ = 31 W, soit près de quatre fois moins.
piège : Oublier les résistances de surface et trouver un flux de 5 kW absurde.
Exercice 7. Glaçon dans un verre
Classiques de khôlle et concours · Écrit Agro-Véto
250 g d'eau à 25 °C reçoivent 30 g de glace à −18 °C, dans un récipient de capacité négligeable, à l'air libre. c_glace = 2,1 kJ·kg⁻¹·K⁻¹, Δh_fus = 334 kJ·kg⁻¹. La glace fond-elle entièrement ? Température finale.
Technique test préalable des enthalpies disponibles, puis ΔH = 0.
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- Chauffer la glace jusqu'à 0 °C et la fondre coûte 0,030 × 2100 × 18 + 0,030 × 334 000 = 1,13 + 10,02 = 11,2 kJ.
- Refroidir l'eau de 25 à 0 °C libère 0,250 × 4180 × 25 = 26,1 kJ, supérieur. Tout fond et l'état final est liquide à Tf > 0.
- Bilan monobare et calorifugé : 0,250 × 4180 × (Tf − 25) + 11 154 + 0,030 × 4180 × Tf = 0.
- 1045·Tf + 125,4·Tf = 26 125 − 11 154, Tf = 12,8 °C.
piège : Écrire directement le bilan avec Tf sans le test, et obtenir une température négative pour de l'eau liquide, ce qui signifie qu'il reste de la glace et que Tf = 0 °C.
Exercice 8. Détente adiabatique d'un gaz sous pression
Classiques de khôlle et concours · Écrit G2E
Du CO₂ gazeux à 6,0 bar et 293 K se détend jusqu'à 1,0 bar. On fournit la loi de Laplace T·P(1−γ)/γ constante pour une adiabatique réversible, avec γ = 1,3, et CV,m = R/(γ − 1). Température finale, travail échangé par mole, et commentaire physique sachant que le CO₂ solide se sublime à −78,5 °C sous 1 bar. Inspiré d'un écrit G2E.
Technique loi fournie pour l'état final, premier principe pour le travail.
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- Tf = 293 × (1/6)0,3/1,3 = 293 × exp(−0,4135) = 194 K, soit −79 °C.
- Q = 0, donc W = ΔU = CV,m·(Tf − Ti) = 27,7 × (−99) = −2,74 kJ·mol⁻¹. Le gaz fournit ce travail à l'atmosphère en la repoussant.
- Le refroidissement est intense parce que l'énergie du travail est prélevée sur l'agitation thermique. À −79 °C on atteint la température de sublimation : formation possible de givre carbonique, ce qui explique le panache blanc d'un extincteur ou d'une bouteille de champagne.
- La loi de Laplace est hors programme, elle n'est légitime que fournie, et seulement pour une détente réversible. Une détente brutale refroidit moins.
piège : Écrire ΔH = Q ici. La transformation n'est pas monobare avec équilibre mécanique initial, la pression passe de 6 à 1 bar.
Exercice 9. Température d'équilibre de la Terre
Approfondissement · Écrit ENS, plus exigeant
Constante solaire F = 1361 W·m⁻², albédo A = 0,30, σ = 5,67·10⁻⁸ W·m⁻²·K⁻⁴. On fournit la loi de Stefan-Boltzmann et la loi de Wien. Établir la température d'équilibre d'une Terre sans atmosphère, les longueurs d'onde d'émission maximale du Soleil et de la Terre, puis expliquer qualitativement l'effet de serre.
Technique bilan de puissance en régime stationnaire, absorption sur un disque, émission sur une sphère.
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- Puissance absorbée : (1 − A)·F·π·R². Puissance émise : 4π·R²·σ·T⁴. Régime stationnaire : T⁴ = (1 − A)·F/(4σ).
- T = (0,70 × 1361/(4 × 5,67·10⁻⁸))1/4 = (4,2·10⁹)1/4 = 255 K, soit −18 °C, contre 288 K observés.
- Wien : Soleil λmax = 2,9·10⁻³/5800 = 0,50 µm, Terre λmax = 2,9·10⁻³/255 = 11 µm.
- L'atmosphère laisse passer le visible et absorbe l'infrarouge vers 10 µm par H₂O, CO₂ et CH₄, puis réémet une partie vers le sol. Le sol reçoit plus que le seul flux solaire, sa température stationnaire monte. Un modèle à une couche opaque à l'infrarouge, souvent fourni, donne Tsol = 21/4 × 255 = 303 K, ce qui encadre la réalité.
piège : Prendre 4πR² pour l'absorption. Le Soleil éclaire un disque, la Terre rayonne par toute sa sphère, d'où le facteur 4.
Erreurs fréquentes
- Écrire W = −P·ΔV avec la pression du gaz au lieu de la pression extérieure, ou appliquer la formule isotherme réversible à une transformation brutale.
- Utiliser ΔH = Q hors des hypothèses, par exemple pour une détente contre une pression différente de la pression initiale.
- Confondre isotherme et monotherme, et en déduire ΔU = 0 pendant la transformation alors que seuls les états extrêmes sont à T₀.
- Oublier la chaleur latente, ou oublier de vérifier qu'un changement d'état est complet avant de choisir l'inconnue.
- Se tromper de signe dans la loi de Newton ou dans le sens des transferts, et obtenir une température qui s'éloigne du thermostat.
Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de BCPST 1 (2021), thème E « énergie : conversions et transferts », partie E.2. Elle couvre le vocabulaire des transformations, le premier principe, le travail des forces de pression, les trois modes de transfert thermique et la fonction d'état enthalpie. Les modèles de matière sont ceux du chapitre E.1. La loi de Laplace n'est pas exigible et ne s'utilise que si elle est fournie.