La fiche de cours
Résumé en cinq points
- La carte topographique au 1/25 000, où 1 cm représente 250 m, est le document de base de l'épreuve, à lire avec précision et à commenter de manière problématisée.
- Lire la carte, c'est lire la marge, le relief par les courbes de niveau, les figurés par thème et la toponymie, puis repérer les contrastes.
- Le vocabulaire élémentaire de géographie physique doit être connu et mobilisé, sans qu'on exige l'explication des processus.
- Les documents complémentaires se confrontent à la carte et se critiquent. Chaque sujet contient au moins un document du Géoportail, dont il faut connaître les couches prioritaires.
- Le commentaire localise, problématise, raisonne à plusieurs échelles et relie le territoire aux enjeux d'environnement, de production et d'aménagement.
Pourquoi ce chapitre
Le programme place la lecture de la carte au centre de l'épreuve. Tout sujet part d'une carte topographique d'un territoire rural ou périurbain français, accompagnée de documents, et l'on attend un commentaire qui en tire des enjeux, ressources, conflits d'usage, aménagement. La méthode passe donc avant les connaissances thématiques, qui ne servent que si l'on sait les appliquer au territoire de la carte. Le programme le dit, la carte doit révéler de manière appliquée des complémentarités, des conflits et des contradictions souvent perçus de façon théorique. Pour de futurs agronomes et vétérinaires, c'est aussi une compétence professionnelle, établir l'état des lieux d'un territoire et comprendre les logiques de ses acteurs.
Notions et mécanismes
Objectifs et compétences du programme
Le programme vise la compréhension des espaces ruraux et périurbains dans leurs dimensions écologiques, économiques, sociétales et culturelles, avec une approche multiscalaire et le concept de durabilité au cœur des questionnements. Il fixe des compétences précises.
- Se repérer dans l'espace, localiser une carte, la situer dans des logiques territoriales plus globales, raisonner à différentes échelles.
- Analyser et comprendre un corpus documentaire en fonction d'un sujet, lire et analyser une carte topographique, confronter des documents de nature différente.
- Sélectionner l'information, appliquer au territoire étudié les informations des documents et ses connaissances personnelles, porter un regard critique sur les documents, leurs sources, leur contexte, les indicateurs choisis et leurs échelles.
- Raisonner et justifier, faire émerger des enjeux territoriaux, formuler et vérifier des hypothèses sur les logiques spatiales d'un territoire.
- S'appuyer sur l'outil numérique, sites d'information et système d'information géographique.
- Communiquer à l'oral, maîtriser un ensemble documentaire inconnu, argumenter, défendre son point de vue, le nuancer ou le corriger au cours d'un entretien. Le programme ajoute des compétences professionnelles, évaluer les contraintes et les ressources d'un territoire, identifier les acteurs du monde rural, élus, professionnels, associations, usagers, et comprendre leurs logiques, envisager des pistes de développement réalistes.
La carte topographique au 1/25 000, document de base
La carte topographique représente sur un plan le relief, l'hydrographie, la végétation, le bâti, les voies de communication, les limites administratives et les noms de lieux. En France, elle est produite par l'Institut national de l'information géographique et forestière, l'IGN. Au 1/25 000, 1 cm sur la carte représente 250 m sur le terrain, et 4 cm représentent 1 km. Le programme exige qu'à l'issue de l'année l'étudiant sache la lire avec précision et en proposer un commentaire problématisé.
Lire la carte avec précision
On commence par la marge et les informations de la carte, titre et numéro de la feuille, échelle, date d'édition et de mise à jour, légende, système de coordonnées, équidistance des courbes de niveau. La date compte, car le territoire a pu changer depuis.
Le relief se lit par les courbes de niveau, lignes qui joignent les points de même altitude. L'équidistance, écart d'altitude entre deux courbes, est en général de 5 m sur les cartes au 1/25 000, et de 10 m en montagne. Les courbes maîtresses, plus épaisses et chiffrées, aident à compter. Des courbes serrées indiquent une pente forte, des courbes espacées un terrain plat. Les points cotés donnent l'altitude exacte d'un sommet ou d'un carrefour. On calcule une pente en pourcentage par le dénivelé divisé par la distance horizontale, multiplié par cent. Exemple, un versant qui passe de 350 m à 450 m d'altitude sur 4 cm de carte, soit 1 km, a une pente moyenne de 100 / 1 000, soit 10 %. Pour un profil topographique, on trace un segment sur la carte, on reporte sur un graphique la distance en abscisse et l'altitude de chaque courbe coupée en ordonnée, en choisissant une exagération verticale raisonnable, qu'il faut indiquer.
Les figurés se lisent par thème. En bleu l'hydrographie, cours d'eau, étangs, sources, canaux. En vert la végétation, bois, forêts, vergers, vignes, haies. En noir et en couleurs le bâti et les réseaux, routes classées par importance, voies ferrées, lignes électriques. Les éléments ponctuels sont souvent décisifs pour le commentaire, château d'eau, station d'épuration, silo, carrière, éolienne, zone d'activité, camping. La toponymie, les noms de lieux, renseigne sur l'histoire du territoire, un lieu-dit « les Essarts » évoque un défrichement, « Villeneuve » une création de peuplement, « le Marais » une zone humide ancienne ou drainée.
La carte permet aussi de reconnaître les grands types de paysages ruraux. L'openfield, champs ouverts de grande taille sans clôtures, va souvent avec un habitat groupé en villages et des grandes cultures sur des plateaux. Le bocage, parcelles encloses de haies, souvent avec un habitat dispersé en hameaux et fermes isolées, est associé à l'élevage dans l'Ouest et le Centre. L'habitat groupé ou dispersé, la forme des villages, en étoile le long des routes ou serrés autour d'une église, et l'extension récente en lotissements aux voiries en boucle se lisent directement dans la trame du bâti. Ces formes sont des héritages, qu'il faut relier aux dynamiques actuelles, arrachage de haies, agrandissement des parcelles, périurbanisation.
Le vocabulaire élémentaire de géographie physique
Le programme exige un vocabulaire élémentaire de géographie physique, les grandes notions de géomorphologie, les principales formations végétales et les caractéristiques climatiques, à mobiliser à bon escient selon le thème. Il précise qu'on ne peut pas exiger des candidats qu'ils expliquent les processus de mise en place de ces éléments, en particulier géomorphologiques. On doit donc savoir nommer une vallée, un versant, un plateau, un coteau, une plaine alluviale, une terrasse, une cuesta avec son front et son revers, un karst avec ses dolines, un cône de déjection, un cordon littoral, et relier ces formes aux usages du sol, vigne sur un coteau bien exposé, prairies en fond de vallée humide, cultures sur un plateau limoneux, forêt sur un versant raide. Ce vocabulaire fait l'objet d'un chapitre dédié.
Le commentaire problématisé de carte
Le commentaire n'est pas une description. Il répond à une question sur le territoire, souvent donnée par le sujet, et s'appuie sur des éléments localisés de la carte et des documents. On procède en quatre temps.
- Présenter et localiser le territoire, à plusieurs échelles, dans sa région, par rapport aux villes et aux grands axes.
- Faire un premier inventaire des grands ensembles, relief, hydrographie, occupation du sol, et repérer les contrastes, ce qui s'oppose et ce qui se répète.
- Dégager une problématique, qui relie ces observations au sujet et aux axes du programme, environnement et milieux, espaces productifs et dynamiques socio-économiques, aménagement des territoires.
- Construire un plan en deux ou trois parties, chacune démontrant une idée à l'aide d'exemples localisés, avec leurs coordonnées ou leur nom sur la carte, et conclure en répondant à la problématique et en ouvrant sur les enjeux d'avenir. Un croquis ou un schéma de synthèse, quand il est demandé ou utile, organise les informations sous forme de légende hiérarchisée.
Exemple de démarche pour un territoire périurbain. La carte montre une ville moyenne au nord, des lotissements récents autour des villages, une plaine de grandes cultures, une vallée humide boisée et une zone d'activité le long d'une voie rapide. Une problématique possible, comment ce territoire concilie-t-il la croissance résidentielle venue de la ville, le maintien d'une agriculture productive et la protection de milieux sensibles ? Un plan en trois parties suit alors les axes du programme, un milieu contrasté entre plaine et vallée, des espaces productifs agricoles et industriels sous l'influence de la ville, une périurbanisation qui crée des conflits d'usage et appelle un aménagement à l'échelle de l'intercommunalité. Chaque idée s'appuie sur des lieux nommés de la carte.
Les documents complémentaires
L'analyse de la carte s'appuie sur d'autres documents, études statistiques, photographies et images, textes, documents de promotion territoriale ou économique, cartes thématiques comme un plan de prévention des risques ou le zonage d'un établissement public de coopération intercommunale. Les sources sont institutionnelles, scientifiques ou journalistiques. Le programme demande de les confronter à la carte et de porter sur elles un regard critique. Qui a produit le document, quand, dans quel but, avec quels indicateurs et à quelle échelle ? Une brochure touristique vante un patrimoine, un plan de prévention délimite des zones inconstructibles, une statistique agricole mesure une évolution, et chacun éclaire la carte d'un point de vue particulier. Une statistique se lit toujours avec son échelle et sa date. À l'échelle nationale, le recensement agricole de 2020 dénombre environ 389 000 exploitations en France, contre environ 490 000 en 2010, avec une surface moyenne en hausse. Une baisse du nombre d'exploitations dans une commune de la carte prend son sens rapportée à cette tendance générale de concentration.
Le Géoportail et ses couches d'information
Le Géoportail, site public de l'IGN, est le système d'information géographique simple et gratuit que le programme privilégie. Chaque sujet comprend au minimum un document issu de sa banque de données, accompagné le jour de l'épreuve de sa légende, de sa date, de sa source et des métadonnées nécessaires. Les couches à connaître en priorité sont fixées par le programme.
- Les cartes topographiques d'échelles et de dates différentes, pour suivre l'évolution d'un territoire.
- Les photographies aériennes de dates différentes, pour voir l'urbanisation, le remembrement, l'avancée de la forêt.
- La carte géologique, pour relier roches, relief, sols et usages.
- Le recensement général des productions agricoles, ancien et récent, pour mesurer les mutations de l'agriculture.
- La carte d'occupation des sols Corine Land Cover 2018, nomenclature européenne qui classe le territoire en territoires artificialisés, territoires agricoles, forêts et milieux semi-naturels, zones humides et surfaces en eau.
- La carte forestière et les cartes de risques, inondation, mouvements de terrain, feux de forêt, submersion marine. Corine Land Cover ne cartographie que des unités d'au moins 25 hectares, ce qui efface les petits éléments, haies, hameaux, petites parcelles. C'est une limite à signaler quand on la compare à la carte topographique, beaucoup plus fine. Le programme attend aussi que l'étudiant sache proposer et justifier l'utilisation de couches complémentaires pour enrichir son analyse, par exemple la carte géologique pour expliquer la répartition des vignes, ou la photographie aérienne ancienne pour mesurer la périurbanisation.
Raisonner à plusieurs échelles
Le programme insiste sur l'approche multiscalaire. Un territoire de carte, quelques dizaines de kilomètres carrés, ne s'explique pas seul. On le replace dans sa région, dans l'aire d'influence d'une ville, dans des politiques nationales et européennes, comme la politique agricole commune ou les parcs naturels régionaux. À l'inverse, on descend à l'échelle d'une exploitation, d'un village ou d'un lotissement pour rendre un enjeu concret. Changer d'échelle est souvent ce qui transforme une description en explication.
Auteurs et théories de référence
Paul Vidal de La Blache, avec le Tableau de la géographie de la France en 1903, a fondé l'étude des pays et des paysages français par l'observation du terrain et de la carte. Roger Brunet a proposé avec Les Mots de la géographie, dictionnaire critique paru en 1992, un vocabulaire précis qui reste une référence. Yves Lacoste a rappelé en 1976 que la carte est un instrument de pouvoir et qu'elle n'est jamais neutre. Ces références servent à montrer la démarche, pas à remplacer l'analyse de la carte.
Faits, chiffres et repères historiques
- Échelle 1/25 000, 1 cm pour 250 m, 4 cm pour 1 km, 1 cm² pour 6,25 hectares.
- Équidistance usuelle des courbes, 5 m, 10 m en montagne.
- Corine Land Cover, inventaire européen de l'occupation des sols, millésime 2018 au programme, cinq grands types d'occupation au premier niveau de sa nomenclature.
- Le recensement agricole a lieu tous les dix ans en France, le plus récent en 2020.
Débats et controverses
Premier débat, la carte est-elle objective ? Elle résulte de choix, ce qu'on représente, ce qu'on omet, les symboles, la date. Le commentaire doit tenir compte de ces choix, par exemple une carte ancienne qui ne montre pas une zone d'activité récente.
Deuxième débat, description ou explication. Un commentaire qui énumère les figurés sans problématique est la faute la plus fréquente. À l'inverse, une problématique plaquée sans appui sur la carte est hors sujet. Le bon équilibre part toujours d'observations localisées.
Troisième débat, la place du numérique. Le Géoportail offre des superpositions de couches impossibles sur papier, mais il ne remplace pas la lecture fine de la carte topographique, qui reste le document de base.
Ce qu'il faut savoir mobiliser en dissertation
- Présenter une carte en trente secondes, feuille, échelle, date, localisation à plusieurs échelles.
- Lire le relief par les courbes de niveau, calculer une pente et décrire un profil.
- Nommer correctement les formes de relief et les formations végétales visibles, sans expliquer leur genèse.
- Construire une problématique qui relie la carte à un axe du programme et un plan en deux ou trois parties.
- Localiser chaque exemple sur la carte par un nom de lieu ou des coordonnées.
- Critiquer un document complémentaire, source, date, intention, indicateur, échelle.
- Proposer une couche du Géoportail pertinente pour compléter l'analyse et justifier ce choix.
- Piège fréquent, décrire la carte case par case. Piège fréquent, oublier la date de la carte ou l'échelle dans les calculs.
Méthodes et exercices
Notions et mécanismes clés
- Courbe maîtresse : une courbe sur cinq, plus épaisse et chiffrée. On compte les courbes intermédiaires à partir d'elle, sans chercher un chiffre partout.
- Talweg : ligne qui joint les points les plus bas d'une vallée. Les courbes y dessinent des V pointés vers l'amont.
- Interfluve ou ligne de crête : ligne de partage entre deux vallées. Les courbes y dessinent des V pointés vers l'aval.
- Exposition : orientation d'un versant. L'adret est le versant ensoleillé, exposé au sud dans notre hémisphère. L'ubac est le versant ombragé.
- Finage : territoire exploité par une communauté villageoise, souvent proche du territoire de la commune.
- Terroir : portion d'espace dont les caractères physiques et les savoir-faire donnent une production spécifique. Notion centrale des appellations d'origine.
- Habitat groupé, dispersé, intercalaire : village compact, fermes isolées, ou hameaux et écarts entre les villages.
- Périurbanisation : extension de l'habitat urbain dans les communes rurales autour d'une ville, avec des migrations quotidiennes vers celle-ci.
- Mitage : dispersion de constructions dans l'espace agricole ou naturel, qui fragmente les parcelles.
- Artificialisation : transformation d'un sol naturel, agricole ou forestier en sol bâti, revêtu ou aménagé.
- Conflit d'usage : concurrence entre acteurs pour un même espace ou une même ressource, eau, foncier, paysage.
- Multifonctionnalité : l'espace rural produit, loge, récrée et protège à la fois.
- EPCI : établissement public de coopération intercommunale, communauté de communes, d'agglomération, métropole. Il porte souvent le plan local d'urbanisme intercommunal, le PLUi.
- SCoT : schéma de cohérence territoriale, document d'urbanisme qui fixe les grandes orientations d'un bassin de vie à long terme.
Chaînes de raisonnement
Du relief à l'usage du sol, sans expliquer la genèse. On lit d'abord une forme, par les courbes et les points cotés. On la nomme avec le vocabulaire exact, versant, terrasse, revers de cuesta. On la relie enfin à ce que la carte montre dessus, la vigne, la prairie, la forêt, le bâti. Le programme n'exige pas le processus de mise en place. C'est la relation entre la forme et l'usage qui fait le commentaire.
D'un héritage à une dynamique. Une trame paysagère, bocage, openfield, village-rue, est un héritage de sociétés anciennes. La carte montre aussi ce qui la transforme, lotissements, zones d'activité, grandes parcelles, nouvelles infrastructures. Opposer l'héritage et la dynamique donne presque toujours une tension, donc une problématique.
D'un figuré ponctuel à un acteur. Une station d'épuration, un silo, un camping, une éolienne ne sont pas des détails. Chacun renvoie à un acteur, une commune, une coopérative, un opérateur touristique, un développeur énergétique. Nommer l'acteur permet de passer de la description à la logique spatiale et au conflit d'usage.
De la carte à l'échelle supérieure. Le territoire de la carte dépend de décisions prises ailleurs, dans la ville voisine, à l'intercommunalité, à Bruxelles pour la politique agricole commune. Un document complémentaire donne souvent cette échelle. Le croiser avec la carte explique ce que la carte seule ne fait que montrer.
Du document à sa critique. Un document dit ce que son auteur veut montrer, à une date et à une échelle données. On confronte donc chaque affirmation à ce que la carte permet de vérifier. Un désaccord entre deux documents n'est pas un problème, c'est un argument.
Exemples et références à connaître
- La Beauce : plateau calcaire couvert de limons, grandes cultures céréalières, habitat groupé, openfield type. Sa nappe souterraine, très sollicitée par l'irrigation, en fait un cas d'école de gestion de l'eau.
- Le bocage de l'Ouest : parcelles encloses de haies, habitat dispersé, élevage laitier. Exemple de paysage transformé par l'arrachage des haies puis par les programmes de replantation.
- La côte viticole de Bourgogne : coteau exposé à l'est entre plateau et plaine de la Saône, vigne sur le versant. Les « Climats du vignoble de Bourgogne » sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco en 2015.
- Le Val de Loire : lit majeur protégé par des levées, maraîchage et habitat en zone inondable. Le Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes est inscrit au patrimoine mondial en 2000.
- Les Causses : plateaux calcaires karstiques, dolines, avens, rareté de l'eau en surface, élevage ovin lié à l'appellation Roquefort. « Les Causses et les Cévennes » sont inscrits en 2011 comme paysage culturel de l'agropastoralisme méditerranéen.
- Loi montagne de 1985 et loi littoral de 1986 : elles encadrent l'urbanisation dans deux types d'espaces sensibles, à citer dès qu'une carte montre une station ou un rivage.
- Loi SRU de 2000, qui crée les SCoT et les plans locaux d'urbanisme. Loi Climat et résilience de 2021, qui fixe l'objectif de zéro artificialisation nette en 2050.
- Parcs naturels régionaux, créés en 1967, fondés sur une charte signée par les communes. Réseau Natura 2000, issu des directives européennes Oiseaux et Habitats.
- Zonage en aires d'attraction des villes de l'Insee, depuis 2020 : il mesure l'influence d'un pôle par les déplacements domicile-travail. Utile pour qualifier une commune de périurbaine.
- Ordres de grandeur au 1/25 000 : 1 km² vaut 16 cm² de carte et 100 hectares. Une commune de France métropolitaine fait en moyenne une quinzaine de km².
Techniques
Lire la carte en trois passes
Première passe, la marge, titre, date, échelle, équidistance. Deuxième passe, le milieu, relief, hydrographie, végétation, un calque mental par thème. Troisième passe, les sociétés, bâti, réseaux, activités, toponymie. On note à chaque passe les contrastes et les répétitions, jamais un inventaire complet.
Mini-exemple. Troisième passe sur une carte de plaine : villages serrés tous les 3 à 4 km, lotissements en boucle au nord seulement, deux silos le long de la voie ferrée. Trois observations, trois pistes, habitat groupé ancien, périurbanisation orientée vers la ville, filière céréalière tournée vers l'expédition.
Mesurer sur la carte
Distance : mesurer en cm, multiplier par 250 pour avoir des mètres. Surface : 1 cm² vaut 6,25 ha. Pente : dénivelé divisé par distance horizontale, fois cent. Exagération verticale d'un profil : rapport entre l'échelle verticale et l'échelle horizontale.
Mini-exemple. Sur un versant, on compte 8 intervalles de courbes à 5 m d'équidistance sur 1 cm de carte. Le dénivelé vaut 40 m sur 250 m, soit une pente de 16 %. Pour le profil, on prend 1 cm pour 25 m en vertical, l'exagération vaut 250 divisé par 25, soit 10.
Construire une problématique à partir d'une tension
Repérer deux logiques qui s'opposent sur le même espace, puis les formuler en question. Les couples utiles sont produire et protéger, héritage et mutation, attractivité et saturation, local et global.
Mini-exemple. Une carte montre une forêt domaniale, un camping et un golf en lisière. Tension entre protection d'un milieu et mise en valeur touristique. Problématique : comment un espace forestier peut-il accueillir des usages récréatifs sans perdre ses fonctions écologiques et productives ?
Hiérarchiser une légende de croquis
La légende suit le plan, une partie par grande idée, et non les couleurs de la carte. Les aplats pour les espaces, les figurés ponctuels pour les équipements, les flèches pour les flux et les dynamiques.
Mini-exemple. Partie 1, un milieu contrasté : aplat jaune pour le plateau cultivé, vert pour la vallée boisée. Partie 2, des activités sous influence urbaine : triangle pour la zone d'activité, flèche vers la ville. Partie 3, des tensions : hachures rouges pour le front de lotissement sur les terres agricoles.
Critiquer un document complémentaire
Grille en cinq mots : auteur, date, intention, indicateur, échelle. On termine par ce que le document apporte à la carte et par ce qu'il cache.
Mini-exemple. Une brochure d'une communauté de communes vante « un cadre de vie préservé au cœur de la nature ». Auteur institutionnel en quête d'habitants. La carte montre pourtant trois lotissements récents sur d'anciennes terres agricoles. Le document informe sur les représentations et la stratégie d'attractivité, pas sur l'état réel du territoire.
Justifier une couche du Géoportail
Formule en trois temps : ce qu'on cherche, la couche qui le montre, sa limite.
Mini-exemple. On cherche l'ampleur de la périurbanisation d'un bourg. Couche proposée, la photographie aérienne des années 1950 à comparer avec l'actuelle. Limite, une photographie montre le bâti, pas la population ni l'origine des habitants.
Sujets classiques traités
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Sujet 1. Un plateau de grandes cultures en openfield, type Beauce
Classiques de khôlle et concours · Type écrit Agro-Véto
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Documents : carte au 1/25 000, recensement agricole ancien et récent, photographie aérienne, article sur la gestion de la nappe.
Problématique : comment un espace de grande productivité agricole gère-t-il les limites environnementales de son modèle ?
I. Un milieu favorable à la grande culture. Plateau presque plat, points cotés à quelques mètres d'écart, rares cours d'eau en surface. Parcelles immenses, absence de haies, villages groupés et espacés, silos le long des voies ferrées.
II. Un modèle productif intégré à des filières lointaines. Concentration des exploitations lue dans le recensement, coopératives et silos, sortie vers les ports et l'industrie. Rapporter les chiffres communaux à la tendance nationale.
III. Des limites qui appellent un aménagement. Pression sur la nappe par l'irrigation, pollution par les nitrates, paysage simplifié. Réponses possibles, gestion collective de l'eau, bandes enherbées, diversification des cultures.
Argument attendu : ne pas condamner le modèle, montrer ses performances et ses coûts.
Sujet 2. Un coteau viticole, type côte bourguignonne
Classiques de khôlle et concours · Type écrit Agro-Véto
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Documents : carte, carte géologique du Géoportail, extrait du classement Unesco, statistique du prix du foncier viticole.
Problématique : en quoi le terroir viticole est-il à la fois une ressource, un patrimoine et une source de tensions ?
I. Un terroir lisible sur la carte. Coteau exposé à l'est entre plateau boisé et plaine, bande étroite de vignes sur le versant, villages au pied du coteau. La carte géologique montre la correspondance entre affleurements et vignes, sans qu'on ait à en expliquer la mise en place.
II. Une ressource valorisée par la patrimonialisation. Appellations, lieux-dits viticoles, caves et domaines, inscription Unesco, tourisme œnologique.
III. Des tensions foncières et environnementales. Foncier très cher qui limite l'installation, concurrence avec l'extension des villages, érosion des sols sur les pentes, débat sur les traitements.
Argument attendu : le patrimoine est un construit, défendu par certains acteurs et contesté par d'autres.
Sujet 3. Un bocage d'élevage de l'Ouest
Classiques de khôlle et concours · Khôlle avec photographies aériennes
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Documents : carte, deux photographies aériennes à plusieurs décennies d'écart, plaquette d'un programme de replantation.
Problématique : le bocage est-il un héritage condamné ou un paysage réinventé ?
I. Un paysage hérité. Petites parcelles closes, habitat dispersé en écarts, chemins creux, prairies en fond de vallée humide.
II. Une modernisation qui a transformé la trame. Comparaison des photographies, parcelles agrandies, haies arrachées, bâtiments d'élevage de grande taille. Relier au remembrement et à la concentration laitière.
III. Un retour de la haie aux fonctions multiples. Lutte contre l'érosion et le ruissellement, biodiversité, bois énergie, paysage. Critiquer la plaquette, qui mesure des kilomètres plantés mais pas la qualité des haies.
piège : Présenter le bocage comme intact alors que la photographie montre l'inverse.
Sujet 4. Une commune périurbaine face à l'objectif de sobriété foncière
Classiques de khôlle et concours · Type écrit Agro-Véto
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Documents : carte, extrait de zonage du PLUi de l'EPCI, deux photographies aériennes, Corine Land Cover.
Problématique : comment une commune attractive peut-elle continuer à accueillir des habitants sans consommer ses terres agricoles ?
I. Une croissance résidentielle lisible. Lotissements en boucle, zone d'activité en entrée de bourg près de l'échangeur, écart entre le noyau ancien et les extensions. Mesurer la surface d'un lotissement en cm², la convertir en hectares.
II. Une agriculture sous pression. Parcelles enclavées, mitage, conflits de voisinage, circulation des engins. Corine Land Cover gomme ces petits espaces, limite à signaler.
III. Un aménagement à l'échelle intercommunale. Le PLUi reclasse des zones à urbaniser, densifie les dents creuses, protège les terres agricoles. Relier à l'objectif de zéro artificialisation nette.
Argument attendu : l'échelle de la commune ne suffit pas, la décision est intercommunale.
Sujet 5. Un val inondable, type Val de Loire
Classiques de khôlle et concours · Type écrit Agro-Véto
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Documents : carte, plan de prévention du risque inondation, carte ancienne du Géoportail, texte de presse sur une crue.
Problématique : comment habiter et produire dans un espace dont le principal atout, le fleuve, est aussi le principal risque ?
I. Un lit majeur aménagé. Levées le long du fleuve, bras secondaires, îles, prairies et maraîchage sur les sols alluviaux. La carte ancienne montre l'antériorité des levées et de l'habitat.
II. Une vulnérabilité accrue. Le plan de prévention délimite des zones rouges inconstructibles, la carte montre pourtant des lotissements en zone basse. Confronter les deux documents.
III. Vivre avec le risque et le valoriser. Culture du risque, zones d'expansion des crues, patrimoine paysager, tourisme à vélo le long du fleuve.
piège : Croire que les levées suppriment le risque. Elles le déplacent et peuvent l'aggraver en cas de rupture.
Sujet 6. Une vallée alpine avec station de sports d'hiver
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
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Documents : carte à équidistance de 10 m, carte des risques, statistique de fréquentation, article sur la prédation par le loup.
Problématique : une vallée de montagne peut-elle concilier tourisme, agriculture et protection des milieux ?
I. Un milieu étagé et contrasté. Fond de vallée, versants, alpages. Opposer l'adret habité et cultivé à l'ubac boisé, en citant les points cotés. Calculer une pente de versant.
II. Une économie dominée par le tourisme. Station en altitude, remontées mécaniques, résidences, retenues collinaires. Pastoralisme d'été sur les alpages.
III. Des conflits d'usage et des risques. Avalanches et crues torrentielles cartographiés, dépendance à l'enneigement, conflit autour du loup entre éleveurs et défenseurs de l'espèce. Cadre de la loi montagne.
Argument attendu : chaque acteur agit selon sa représentation de la montagne, espace de loisir, espace de production, espace naturel.
Sujet 7. Un causse karstique d'élevage ovin
Classiques de khôlle et concours · Type écrit Agro-Véto
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Documents : carte, carte géologique, recensement agricole, document de promotion d'une filière fromagère.
Problématique : comment un milieu contraignant est-il devenu un territoire de production de qualité et un patrimoine ?
I. Un milieu sec et rude. Plateau calcaire, dolines et avens, vallées encaissées, quasi-absence de cours d'eau en surface, lavognes, fermes isolées, parcours et pelouses sèches.
II. Une filière qui valorise la contrainte. Élevage ovin laitier, appellation Roquefort, bergeries modernes. Le recensement mesure la place des ovins, le document de promotion la construit.
III. Un patrimoine agropastoral à maintenir. Inscription Unesco, fermeture des milieux par abandon des parcours, tension entre élevage et retour du loup, fréquentation touristique.
piège : Décrire la contrainte sans montrer qu'elle est devenue une ressource.
Erreurs fréquentes
- Décrire la carte carreau par carreau ou thème par thème sans question. Le correcteur attend une démonstration, pas un inventaire.
- Citer un lieu sans le localiser. Chaque exemple doit porter un nom de la carte ou une position dans le quadrillage.
- Oublier l'échelle ou l'équidistance dans les calculs. Une pente fausse d'un facteur deux fait perdre la confiance du correcteur.
- Expliquer longuement la genèse d'un relief. Le programme ne l'exige pas, il demande de nommer la forme et de la relier aux usages.
- Recopier un document complémentaire au lieu de le critiquer. On donne sa source, sa date, son intention, et on le confronte à la carte.
Fiche rédigée à partir du programme officiel de géographie de la voie BCPST (2021), deuxième année, « Environnement et aménagement durable des territoires ruraux et périurbains en France métropolitaine et d'outre-mer ». Elle couvre les objectifs et les compétences du programme (parties I et II), puis la partie IV « Les documents et outils », la carte topographique au 1/25 000, document de base que l'étudiant doit savoir lire avec précision et commenter de manière problématisée, le vocabulaire élémentaire de géographie physique à mobiliser, les documents complémentaires et l'usage du Géoportail, dont au moins un document figure dans chaque sujet. Les espaces et les axes du programme (partie III) sont traités dans les chapitres suivants.