Le cours
Résumé en cinq points
- Un oscillateur harmonique obéit à , sa période est indépendante de l'amplitude et son énergie se conserve.
- Amorti, il obéit à . Le facteur de qualité décide de tout.
- donne un régime pseudo-périodique avec environ oscillations visibles, le régime critique le plus rapide, un régime apériodique lent.
- En régime sinusoïdal forcé, la représentation complexe ramène le circuit à des impédances, , , , qui s'associent comme des résistances.
- La résonance en intensité existe toujours et se produit à , avec une bande passante . La résonance en élongation n'existe que si et se produit en dessous de .
Pourquoi ce chapitre
L'oscillateur amorti est le modèle le plus réutilisé de la physique de prépa. Le programme traite simultanément le circuit RLC et l'oscillateur mécanique, pour que l'analogie formelle soit visible. Une seule équation, deux lectures.
Le cœur du chapitre tient en deux paramètres :
- la pulsation propre , qui fixe l'échelle de temps des oscillations ;
- le facteur de qualité , qui fixe la nature du régime transitoire, la durée d'amortissement et l'acuité de la résonance.
L'autre apport est la représentation complexe, qui transforme une équation différentielle en une équation algébrique. Cet outil sert ensuite en filtrage, en induction, en optique ondulatoire et en mécanique quantique.
1Oscillateur harmonique
1.1Les deux exemples de référence
Propriété 1.1Circuit LC
Hypothèses
- bobine idéale d'inductance en série avec un condensateur de capacité ;
- est la tension aux bornes du condensateur.
Alors la loi des mailles avec donne
Propriété 1.2Oscillateur mécanique
Hypothèses
- masse accrochée à un ressort de raideur ;
- support horizontal sans frottement ;
- est l'écart à la position d'équilibre.
Alors la deuxième loi de Newton donne
Définition 1.3Équation de l'oscillateur harmonique
Une équation est celle d'un oscillateur harmonique quand elle a la forme « dérivée seconde plus constante positive fois la grandeur égale zéro ». La constante positive est .
1.2Solution et vocabulaire
Propriété 1.4Solution de l'oscillateur harmonique
La solution s'écrit ou de façon équivalente .
Définition 1.5Vocabulaire
- est l'amplitude ;
- est la phase à l'origine ;
- est la pulsation, en ;
- est la période ;
- est la fréquence, en hertz.
Il y a deux constantes d'intégration, donc deux conditions initiales : la position et la vitesse à . Pour le circuit LC, ce sont la tension initiale du condensateur et l'intensité initiale dans la bobine, toutes deux obtenues par continuité.
Propriété 1.6Isochronisme
La période ne dépend pas de l'amplitude. C'est la propriété d'isochronisme, caractéristique du caractère linéaire de la force de rappel. Elle tombe en défaut hors de l'approximation linéaire, par exemple pour un pendule de grande amplitude.
Exemple 1.7Ordres de grandeur
- et : , soit .
- et : , soit .
- Pendule simple de : .
1.3Bilan énergétique
Propriété 1.8Conservation de l'énergie
Pour l'oscillateur mécanique, . En dérivant et en utilisant l'équation du mouvement, on trouve .
Pour le circuit LC, , et le même calcul donne .
L'énergie se conserve : elle oscille entre forme cinétique et forme potentielle à la pulsation , donc deux fois plus vite que la position. L'analogie est complète : la bobine joue le rôle de l'inertie et le condensateur celui du ressort.
Définition 1.9Table d'analogie
- correspond à la charge ;
- la vitesse correspond à l'intensité ;
- la masse correspond à l'inductance ;
- la raideur correspond à ;
- la force de frottement fluide correspond à la résistance .
2Oscillateur amorti en régime libre
2.1Forme canonique
Propriété 2.1Équations du RLC série et de l'oscillateur amorti
Pour le circuit RLC série, la loi des mailles avec donne Pour l'oscillateur mécanique amorti par un frottement fluide de force ,
Définition 2.2Forme canonique
La forme canonique commune est où est le facteur de qualité, sans dimension.
Propriété 2.3Identification de et
- RLC série : et , soit aussi .
- Oscillateur mécanique : et .
Le facteur de qualité est d'autant plus grand que l'amortissement est faible. Un élevé signifie un oscillateur qui oscille longtemps.
Exemple 2.4Ordres de grandeur de
- Circuit RLC de travaux pratiques avec , et : .
- Un quartz d'horloge atteint de l'ordre de .
- Un amortisseur de voiture est réglé au voisinage du régime critique, de l'ordre de .
2.2Nature de la réponse
On cherche les solutions en , ce qui donne le polynôme caractéristique Son discriminant vaut . Le signe de est entièrement fixé par la comparaison de à .
Propriété 2.5Régime pseudo-périodique
Hypothèse : , donc .
Alors les racines sont complexes conjuguées, La solution est une sinusoïde de pulsation dont l'amplitude décroît en . Le système oscille en s'amortissant. On a : l'amortissement ralentit les oscillations, et tend vers quand est grand.
Propriété 2.6Régime critique
Hypothèse : , donc .
Alors la racine double est et la solution s'écrit . Il n'y a pas d'oscillation, et c'est le régime qui rejoint le plus vite la position finale. C'est le réglage recherché pour un amortisseur ou un instrument de mesure à aiguille.
Propriété 2.7Régime apériodique
Hypothèse : , donc .
Alors il y a deux racines réelles négatives et la solution est la somme de deux exponentielles décroissantes. Il n'y a pas d'oscillation. Le retour à l'équilibre est d'autant plus lent que est petit, car la racine la plus faible en valeur absolue domine.
Remarque
Dans les trois cas, la partie réelle des racines est strictement négative dès que l'amortissement est non nul : le régime libre s'éteint toujours.
2.3Durée du régime transitoire
Propriété 2.8Durée en régime pseudo-périodique
L'enveloppe décroît avec la constante de temps . La durée du transitoire est de quelques , soit environ . Comme la pseudo-période vaut à peu près , le nombre d'oscillations visibles avant extinction est de l'ordre de .
Propriété 2.9Durée en régime très amorti
Hypothèse : .
Alors la racine lente vaut approximativement et la durée du transitoire est de l'ordre de , d'autant plus longue que est petit.
AttentionRégime le plus rapide
La durée est minimale au voisinage du régime critique. La réponse la plus rapide n'est pas la moins amortie.
2.4Approche énergétique
Propriété 2.10Énergie d'un oscillateur amorti
Pour l'oscillateur mécanique amorti, . Pour le RLC, .
Dans les deux cas est négatif : l'énergie décroît de façon monotone, ce qui interdit tout mouvement non borné et impose le retour à l'équilibre.
Cette lecture énergétique permet de prévoir le comportement sans résoudre l'équation, ce que le programme demande explicitement.
3Impédances complexes
3.1Notation complexe
En régime sinusoïdal forcé établi, toutes les grandeurs oscillent à la pulsation de l'excitation. À un signal réel on associe le complexe , dont le module est l'amplitude et l'argument la phase. Dériver revient à multiplier par , intégrer revient à diviser par .
Définition 3.1Impédance complexe
L'impédance complexe d'un dipôle est en notation complexe, en convention récepteur.
Propriété 3.2Les trois impédances
- Résistance : , réelle, tension et courant en phase.
- Condensateur : , de module ; le courant est en avance de sur la tension.
- Bobine : , de module ; le courant est en retard de sur la tension.
À retenir
En basse fréquence, le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert et la bobine comme un fil. En haute fréquence, c'est l'inverse.
3.2Associations
Propriété 3.3Associations d'impédances
Les impédances s'associent comme les résistances.
- En série : .
- En parallèle : .
Les diviseurs de tension et de courant restent valables avec les mêmes conditions d'emploi. La structure des calculs de circuit résistif est intégralement conservée.
4Régime sinusoïdal forcé et résonance
4.1Mise en place
On alimente un RLC série par une tension . Le régime libre s'éteint après quelques , il ne reste que le régime forcé, sinusoïdal à la pulsation . Le système oscille à la pulsation imposée par l'excitation, pas à sa pulsation propre.
L'impédance totale vaut
4.2Résonance en intensité
L'amplitude du courant vaut
Propriété 4.1Résonance en intensité
Hypothèse : RLC série en régime sinusoïdal forcé, quel que soit .
Alors est maximale quand la partie imaginaire s'annule, soit , c'est-à-dire . La résonance en intensité existe donc toujours et se produit exactement à la pulsation propre. À la résonance, l'impédance est purement réelle et vaut , l'amplitude du courant vaut , et le courant est en phase avec la tension d'excitation.
Définition 4.2Bande passante à
La bande passante à est l'ensemble des pulsations pour lesquelles . Sa largeur vaut .
Plus est grand, plus la résonance est aiguë. La relation permet de mesurer sur un graphe expérimental.
4.3Résonance en tension aux bornes du condensateur, ou en élongation
L'amplitude de la tension aux bornes du condensateur, ou de façon analogue l'amplitude de l'élongation de l'oscillateur mécanique, ne se comporte pas comme le courant.
Propriété 4.3Résonance en élongation
Cette résonance n'existe que si . Dans ce cas elle a lieu à la pulsation strictement inférieure à . Si , l'amplitude décroît de façon monotone avec et il n'y a pas de résonance.
Pour grand, tend vers et l'amplitude à la résonance vaut environ fois l'amplitude en régime continu. Le facteur de qualité mesure donc directement le facteur de surtension.
Exemple 4.4Surtension
Avec et une excitation de , la tension aux bornes du condensateur atteint environ . Cela surprend souvent en travaux pratiques et impose de vérifier les tenues en tension.
AttentionDeux seuils différents
- sépare les régimes transitoires oscillants et non oscillants.
- conditionne l'existence d'une résonance en élongation.
Les confondre est l'erreur classique.
4.4Déphasage
Propriété 4.5Déphasage de l'élongation
Le déphasage de la réponse par rapport à l'excitation passe de en basse fréquence à en haute fréquence pour l'élongation, en passant par exactement à , quelle que soit la valeur de .
Cette propriété donne une mesure de bien plus précise que la recherche du maximum d'amplitude, car la courbe de phase est raide au voisinage de alors que le sommet d'une résonance est plat.
5Capacités expérimentales
MéthodeAcquisition d'un transitoire du second ordre
- Utiliser un générateur basse fréquence en signal carré, de demi-période grande devant la durée du transitoire, un circuit RLC série et un oscilloscope.
- Faire varier : on observe le passage du régime pseudo-périodique au régime apériodique et on repère le régime critique.
- Mesurer par le décrément logarithmique, en relevant le rapport de deux maxima successifs de l'enveloppe.
MéthodeCaractérisation d'une résonance
- Balayer la fréquence en gardant l'amplitude d'excitation constante, ce qu'il faut vérifier à chaque point car la résistance de sortie du générateur charge le circuit.
- Relever l'amplitude et le déphasage.
- Lire au maximum de la courbe d'intensité ou au passage par de la phase.
- Déduire par la largeur de bande.
RemarqueSimilitude mécanique-électronique
On met en évidence que les deux systèmes obéissent à la même équation en superposant les courbes réduites, amplitude normalisée en fonction de .
Méthodes
MéthodeInterpréter une équation d'oscillateur
- Écrire l'équation sous forme canonique avant toute interprétation.
- Identifier et par comparaison terme à terme.
- Pour la nature du régime libre, comparer à .
- Pour l'existence d'une résonance en élongation, comparer à .
MéthodeRégime forcé
- Ne jamais résoudre l'équation différentielle.
- Passer en complexes.
- Écrire un diviseur de tension avec les impédances.
MéthodeVérifier un comportement
Vérifier les comportements limites en basse et haute fréquence avant de commenter une courbe : ils donnent gratuitement les asymptotes.
MéthodeBilan énergétique
- Dériver l'énergie.
- Utiliser l'équation du mouvement.
- Le terme dissipatif apparaît toujours comme un carré.
Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle
- Établir l'équation de l'oscillateur harmonique pour le circuit LC et pour le système masse-ressort, la résoudre avec des conditions initiales données.
- Mettre l'équation du RLC série sous forme canonique et identifier et , puis faire de même pour l'oscillateur mécanique amorti.
- Discuter la nature du régime libre selon en passant par le polynôme caractéristique, et donner la pseudo-pulsation.
- Donner un ordre de grandeur de la durée du régime transitoire dans les trois régimes et expliquer pourquoi le régime critique est le plus rapide.
- Établir les trois impédances complexes et retrouver leurs comportements en basse et haute fréquence.
- Étudier la résonance en intensité d'un RLC série, donner la pulsation de résonance et la bande passante.
- Dire à quelle condition il y a résonance en élongation, donner , et expliquer le phénomène de surtension.
- Expliquer comment déterminer et à partir de graphes expérimentaux d'amplitude et de phase.
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
- Équation de l'oscillateur harmonique d²x/dt² + ω₀²x = 0, avec ω₀ = 1/√(LC) pour le circuit LC et ω₀ = √(k/m) pour la masse-ressort. Exigible avec démonstration.
- Solution x = Xm cos(ω₀t + φ) ou A cos ω₀t + B sin ω₀t, deux constantes fixées par les conditions initiales. Exigible. Isochronisme, la période ne dépend pas de l'amplitude.
- Conservation de l'énergie, E = ½mv² + ½kx² ou ½Li² + ½Cu², dE/dt = 0. Exigible avec démonstration.
- Forme canonique de l'oscillateur amorti, d²x/dt² + (ω₀/Q)dx/dt + ω₀²x = 0. Pour le RLC série, Q = (1/R)√(L/C). Pour la mécanique avec frottement −αv, Q = √(km)/α. Exigible avec démonstration.
- Polynôme caractéristique r² + (ω₀/Q)r + ω₀² = 0, discriminant ω₀²(1/Q² − 4). Trois régimes : pseudo-périodique pour Q > 1/2, critique pour Q = 1/2, apériodique pour Q < 1/2. Exigible avec démonstration.
- Pseudo-pulsation ω = ω₀√(1 − 1/(4Q²)), enveloppe en exp(−ω₀t/(2Q)), durée du transitoire de l'ordre de 2Q/ω₀ à quelques unités près, environ Q oscillations visibles. Exigible.
- Bilan d'énergie amorti, dE/dt = −αv² ou −Ri², toujours négatif. Exigible avec démonstration.
- Continuité de uC et de iL, qui fixent les conditions initiales. Exigible.
- Impédances ZR = R, ZC = 1/(jCω), ZL = jLω, association série et parallèle. Exigibles avec démonstration.
- Résonance en intensité du RLC série à ω = ω₀ pour tout Q, Imax = Em/R, bande passante Δω = ω₀/Q, phase nulle à la résonance. Exigible avec démonstration.
- Résonance en tension aux bornes de C, ou en élongation, seulement si Q > 1/√2, à ωr = ω₀√(1 − 1/(2Q²)), amplitude voisine de QE_m pour Q grand. Exigible, le calcul de ωr peut être demandé.
- Phase de uC par rapport à e égale à −π/2 exactement à ω₀, quel que soit Q. Exigible.
- Hors programme signalé : réponse à une excitation quelconque par transformée ou par produit de convolution, oscillateur paramétrique, couplage de deux oscillateurs, non-linéarités.
Clés de démonstration
Forme canonique du RLC. Loi des mailles L di/dt + Ri + u = e avec i = C du/dt, division par LC. Comparaison terme à terme avec la forme canonique : ω₀² = 1/(LC), ω₀/Q = R/L. L'astuce : diviser par le coefficient de la dérivée seconde avant d'identifier.
Nature du régime. Solutions en ert, polynôme caractéristique. Δ = (ω₀/Q)² − 4ω₀² = ω₀²(1/Q² − 4), négatif si et seulement si Q > 1/2. L'astuce : tout se lit sur le signe de 1/Q² − 4.
Bilan d'énergie. On multiplie l'équation m x'' + αx' + kx = 0 par x'. Le terme m x'x'' est la dérivée de ½mx'², le terme kxx' celle de ½kx², il reste −αx'². L'astuce : multiplier par la vitesse fait apparaître des dérivées de carrés.
Résonance en intensité. I = E/(R + j(Lω − 1/(Cω))), module maximal quand la partie imaginaire s'annule. Bande passante : |Z|² = 2R² donne Lω − 1/(Cω) = ±R, soit x − 1/x = ±1/Q avec x = ω/ω₀, deux racines positives dont la différence vaut 1/Q. L'astuce : les deux équations du second degré ont des racines dont la différence se calcule sans les résoudre, par produit des racines égal à −1.
Résonance en uC. H = uC/e = 1/(1 − x² + jx/Q). Le module est maximal quand (1 − x²)² + x²/Q² est minimal, dérivée en x² nulle pour x² = 1 − 1/(2Q²), qui n'existe que si Q > 1/√2. L'astuce : dériver par rapport à X = x², pas par rapport à x.
Exemples et contre-exemples à connaître
- L = 100 mH, C = 100 nF, R = 100 Ω : ω₀ = 10⁴ rad/s, f₀ = 1,6 kHz, Q = 10. La référence de travaux pratiques.
- Même circuit avec R = 2 kΩ : Q = 1/2, régime critique. Avec R = 10 kΩ : Q = 0,1, apériodique, retour lent.
- Q = 0,6 : le régime libre oscille, mais il n'y a aucune résonance en tension aux bornes de C, car 0,6 < 0,71. Contre-exemple à « oscille donc résonne ».
- Le régime critique est le plus rapide. Un amortissement plus faible oscille longtemps, un amortissement plus fort traîne. Contre-exemple à « moins d'amortissement, plus vite ».
- Q = 10, Em = 5 V : uC atteint environ 50 V à la résonance. Un condensateur prévu pour 25 V claque.
- Bobine réelle avec résistance interne r : elle s'ajoute à R dans Q. Un « RLC sans résistance » n'existe pas, et Q ne dépasse pas quelques dizaines en pratique.
- Pendule simple de grande amplitude : la période croît avec l'amplitude, l'isochronisme tombe. L'oscillateur harmonique est un modèle linéaire.
- Le régime forcé se fait à la pulsation de l'excitation, jamais à ω₀. Contre-exemple à « le circuit oscille à sa fréquence propre ».
- Bande passante 160 Hz à f₀ = 1,6 kHz pour Q = 10, 16 Hz pour Q = 100. La sélectivité d'un récepteur radio est un facteur de qualité.
Techniques du chapitre
Technique 1, forme canonique avant tout. Mini-exercice : 3x'' + 12x' + 300x = 0. Division par 3 : x'' + 4x' + 100x = 0, ω₀ = 10 rad/s, ω₀/Q = 4 donc Q = 2,5, pseudo-périodique.
Technique 2, conditions initiales par continuité. Mini-exercice : RLC série, condensateur chargé à E, interrupteur fermé à t = 0. u(0⁺) = E par continuité de uC, i(0⁺) = 0 par continuité de iL, donc u'(0⁺) = i/C = 0. Deux conditions pour deux constantes.
Technique 3, lire Q sur un relevé. Mini-exercice : deux maxima successifs de l'enveloppe dans le rapport 0,73. Le rapport vaut exp(−ω₀T/(2Q)) ≈ exp(−π/Q) pour Q grand, d'où Q ≈ π/ln(1/0,73) = 10.
Technique 4, comportements limites avant tout calcul. Mini-exercice : pont diviseur R, C série, sortie sur C. Basse fréquence, C est un interrupteur ouvert, sortie égale à l'entrée. Haute fréquence, C est un fil, sortie nulle. C'est un passe-bas, sans avoir écrit H.
Technique 5, diviseur de tension en complexes. Mini-exercice : RLC série, sortie sur R. H = R/(R + j(Lω − 1/(Cω))) = 1/(1 + jQ(x − 1/x)). Module 1 à x = 1, phase nulle, c'est la résonance en intensité vue sur la tension aux bornes de R.
Technique 6, mesurer ω₀ sur la phase. Mini-exercice : sur le relevé de uC, on cherche la fréquence où le déphasage avec e vaut −π/2, indépendante de Q, plus précise que le maximum d'amplitude, qui est plat et décalé.
Technique 7, énergie pour prévoir sans résoudre. Mini-exercice : masse-ressort avec frottement fluide, lâchée sans vitesse à x₀. E décroît strictement tant que v ≠ 0, elle est minorée par 0, donc elle converge et le mobile finit à l'équilibre, quelle que soit la valeur de Q.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1. Circuit LC et conditions initiales
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
L = 10 mH, C = 10 nF, condensateur chargé sous E = 5 V, bobine idéale, fermeture à t = 0. Établir l'équation, donner u(t) et i(t), amplitude du courant, vérifier la conservation de l'énergie.
Technique Loi des mailles, continuité, énergie.
Voir le corrigé
- L di/dt + u = 0 et i = C du/dt donnent u'' + u/(LC) = 0, ω₀ = 1/√(10⁻² × 10⁻⁸) = 10⁵ rad/s, f₀ = 15,9 kHz.
- u = A cos ω₀t + B sin ω₀t. u(0) = E donne A = E, i(0) = 0 donne B = 0. u = E cos ω₀t.
- i = C du/dt = −Cω₀E sin ω₀t, amplitude Cω₀E = 10⁻⁸ × 10⁵ × 5 = 5 mA.
- ½Cu² + ½Li² = ½CE²(cos² + LCω₀² sin²) = ½CE², constante, 1,25 × 10⁻⁷ J. L'énergie passe du condensateur à la bobine à la pulsation 2ω₀.
piège : Prendre i(0) = E/R par réflexe de premier ordre. Ici la bobine impose i(0⁺) = i(0⁻) = 0.
Exercice 2. Régimes du RLC série
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
L = 100 mH, C = 100 nF. Pour R = 100 Ω, nature du régime, pseudo-période, durée du transitoire, nombre d'oscillations visibles. Valeur de R pour le régime critique. Pour R = 10 kΩ, ordre de grandeur de la durée du retour à l'équilibre.
Technique Forme canonique, Q, discussion.
Voir le corrigé
- ω₀ = 10⁴ rad/s, Q = (1/R)√(L/C) = (1/100) × 1 000 = 10 > 1/2, pseudo-périodique.
- ω = ω₀√(1 − 1/400) ≈ 0,998 7 ω₀, T ≈ 2π/ω₀ = 0,63 ms. Enveloppe en exp(−t/τ) avec τ = 2Q/ω₀ = 2 ms, transitoire de 3τ à 5τ, soit 6 à 10 ms, une dizaine d'oscillations, c'est Q.
- Q = 1/2 pour R = 2√(L/C) = 2 000 Ω.
- R = 10 kΩ, Q = 0,1. Racines r = −(ω₀/2Q)(1 ± √(1 − 4Q²)), soit −ω₀ × 5(1 ± 0,98), la racine lente vaut environ −ω₀Q = −10³ s⁻¹, durée de l'ordre de 5/(ω₀Q) = 5 ms. Plus lent que le critique, pour lequel 5/ω₀ = 0,5 ms.
piège : Croire que plus R est grand, plus le circuit s'arrête vite. Au-delà du critique, c'est l'inverse.
Exercice 3. Masse-ressort vertical
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
Masse m = 200 g suspendue à un ressort de raideur k = 20 N/m, sans frottement. Position d'équilibre, équation du mouvement pour l'écart z à cet équilibre. On tire de 5,0 cm vers le bas et on lâche. Mouvement, vitesse maximale, énergie mécanique.
Technique Écart à l'équilibre, le poids disparaît de l'équation.
Voir le corrigé
- Équilibre : k Δl_eq = mg, Δl_eq = 0,2 × 9,8/20 = 9,8 cm.
- Avec z compté depuis l'équilibre vers le bas, m z'' = mg − k(Δl_eq + z) = −kz. Donc z'' + ω₀²z = 0, ω₀ = √(k/m) = 10 rad/s, T₀ = 0,63 s.
- z(0) = 5,0 cm, z'(0) = 0 donnent z = 5,0 cos(10t) en cm. Vitesse maximale ω₀ zmax = 0,50 m/s.
- E = ½kz_max² = 0,5 × 20 × (0,05)² = 25 mJ, en prenant pour référence l'énergie potentielle totale à l'équilibre.
piège : Garder mg dans l'équation avec un z compté depuis la longueur à vide, puis chercher une solution sinusoïdale centrée en zéro. L'oscillation se fait autour de l'équilibre, pas autour de la longueur à vide.
Exercice 4. Réponse d'un RLC à un échelon
Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle
RLC série de l'exercice 2 avec R = 100 Ω, condensateur déchargé, on applique E = 5 V à t = 0. Établir uC(t). Valeur du premier maximum, instant où il est atteint, durée pour rester à moins de 5 % de E.
Technique Solution particulière constante plus solution homogène, conditions initiales.
Voir le corrigé
- u'' + (ω₀/Q)u' + ω₀²u = ω₀²E. Solution particulière u = E. Solution générale u = E + e−t/τ(A cos ωt + B sin ωt), τ = 2Q/ω₀ = 2 ms, ω ≈ ω₀.
- u(0) = 0 donne A = −E. u'(0) = 0 donne −A/τ + Bω = 0, B = −E/(ωτ) = −E/(2Q) = −0,25 V, négligeable devant A.
- u ≈ E[1 − e−t/τcos(ω₀t)]. Premier maximum pour ω₀t = π, t = 0,31 ms, u = E(1 + e−π/(2Q)) = E × 1,85 = 9,3 V. Dépassement de 85 %.
- L'enveloppe vaut 5 % pour e−t/τ = 0,05, t = 3τ = 6 ms, une dizaine d'oscillations.
- Pour Q = 1/2, pas de dépassement, u = E[1 − (1 + ω₀t)e−ω₀t], à 5 % en 4,7/ω₀ = 0,47 ms. Le critique est bien le plus rapide.
piège : Écrire u(0) = E parce que « on applique E ». La tension du condensateur est continue, elle part de 0.
Exercice 5. Amortisseur et régime critique
Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP
Un quart de voiture est modélisé par une masse m = 300 kg sur un ressort de raideur k = 3,0 × 10⁴ N/m et un amortisseur de coefficient α. Pulsation propre. Valeur de α pour le régime critique. Après un dos-d'âne qui donne à la masse une vitesse initiale v₀ = 0,5 m/s depuis l'équilibre, écrire z(t) en régime critique et donner l'élongation maximale. Que se passe-t-il si l'amortisseur est usé, α divisé par 4 ?
Technique Régime critique, solution (A + Bt)e−ω₀t.
Voir le corrigé
- ω₀ = √(k/m) = 10 rad/s, f₀ = 1,6 Hz, la fréquence de rebond d'une voiture.
- Q = √(km)/α = 1/2 donne α = 2√(km) = 2 × 3 000 = 6,0 × 10³ kg/s.
- z = (A + Bt)e−ω₀t, z(0) = 0 donne A = 0, z'(0) = v₀ donne B = v₀. z = v₀ t e−ω₀t, maximal en t = 1/ω₀ = 0,1 s, zmax = v₀/(eω₀) = 1,8 cm, puis retour sans rebond.
- α/4 donne Q = 2, régime pseudo-périodique, deux oscillations visibles environ, la voiture rebondit et la tenue de route se dégrade. C'est le test de l'amortisseur : on appuie sur l'aile et on compte les rebonds.
piège : Confondre α, en kg/s, et Q, sans dimension. Vérifier la dimension de α = 2√(km) : N/m × kg = kg²/s², racine en kg/s.
Exercice 6. Impédance et courant hors résonance
Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP
RLC série de l'exercice 2, R = 100 Ω, Q = 10, alimenté par e = Em cos ωt avec Em = 5 V. Donner l'impédance en fonction de x = ω/ω₀, puis l'amplitude et la phase du courant pour x = 1, x = 2 et x = 0,9.
Technique Z = R[1 + jQ(x − 1/x)].
Voir le corrigé
- Z = R + j(Lω − 1/(Cω)) = R[1 + jQ(x − 1/x)], car Lω₀/R = 1/(RCω₀) = Q.
- x = 1 : Z = R, Im = Em/R = 50 mA, courant en phase avec e.
- x = 2 : Q(x − 1/x) = 15, |Z| = R√226 = 1,50 kΩ, Im = 3,3 mA. Phase du courant −arctan 15 = −86°, retard quasi maximal, comportement inductif.
- x = 0,9 : Q(x − 1/x) = 10(0,9 − 1,111) = −2,11, |Z| = R√(1 + 4,46) = 234 Ω, Im = 21 mA, phase +65°, courant en avance, comportement capacitif.
- À 10 % de ω₀, l'amplitude est déjà divisée par 2,4. La largeur relative de résonance est bien 1/Q = 10 %.
piège : Oublier que la phase du courant est l'opposé de l'argument de Z.
Exercice 7. Résonance en tension aux bornes du condensateur
Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP
Même circuit. Fonction de transfert uC/e. Existe-t-il une résonance ? Pulsation et amplitude de résonance. Comparer pour Q = 10 et Q = 0,6. Déphasage à ω₀.
Technique H = 1/(1 − x² + jx/Q), minimisation du dénominateur.
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- Diviseur de tension : H = ZC/(ZR + ZL + ZC) = 1/(1 − LCω² + jRCω) = 1/(1 − x² + jx/Q).
- |H|⁻² = (1 − x²)² + x²/Q² = X² + X(1/Q² − 2) + 1 avec X = x². Minimum en X = 1 − 1/(2Q²), qui n'est positif que si Q > 1/√2.
- Q = 10 : xr = √(1 − 0,005) = 0,997 5, ωr = 9 975 rad/s. |H|_max = 1/(xr/Q × √(1 − x_r² … )) ≈ Q/√(1 − 1/(4Q²)) = 10,01. Amplitude 50 V pour Em = 5 V.
- Q = 0,6 : X = 1 − 1,39 < 0, pas de résonance, |H| décroît de 1 à 0 de façon monotone.
- À x = 1, H = −jQ, déphasage −π/2 quel que soit Q, amplitude exactement QE_m. C'est la fréquence qu'on mesure sur la courbe de phase.
piège : Confondre les seuils 1/2 et 1/√2. Le premier concerne le régime libre, le second la résonance en élongation.
Exercice 8. Oscillateur mécanique forcé et lecture des graphes
Approfondissement · Type écrit Centrale
Une masse m sur un ressort k, freinée par −αv, est soumise à F = F₀ cos ωt. Établir l'amplitude de l'élongation en régime forcé. Sur un relevé expérimental, l'amplitude maximale vaut 8,2 fois l'élongation statique F₀/k et le déphasage vaut −π/2 à 2,4 Hz. Déterminer ω₀ et Q. Pente de la courbe de phase à ω₀.
Technique Analogie complète avec uC, puis exploitation des graphes.
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- m x'' + αx' + kx = F₀ cos ωt, forme canonique x'' + (ω₀/Q)x' + ω₀²x = (F₀/m) cos ωt. En complexes, x = (F₀/k)/(1 − x² + jx/Q) avec x = ω/ω₀ : même fonction que uC/e.
- Le déphasage −π/2 se produit exactement à ω₀, donc f₀ = 2,4 Hz, ω₀ = 15 rad/s, sans hypothèse sur Q.
- Amplitude maximale Q/√(1 − 1/(4Q²)) fois l'élongation statique. 8,2 donne Q ≈ 8,2 à 0,2 % près, car la correction vaut 1/(8Q²).
- Phase φ = −arctan[(x/Q)/(1 − x²)] prolongée continûment. Près de x = 1, on écrit φ = −π/2 + arctan[Q(1 − x²)/x], dont la dérivée en x = 1 vaut −2Q. Donc dφ/dω = −2Q/ω₀.
- Pour Q = 8,2, une variation de 1 % de ω change la phase de 0,16 rad, soit 9°, alors que l'amplitude ne varie que de 1 %. La phase est le meilleur instrument de mesure de ω₀.
piège : Lire ω₀ au maximum d'amplitude. Ce maximum est en ωr < ω₀ et il est plat.
Exercice 9. Décrément logarithmique et mesure de Q
Approfondissement · Type oral Mines
Sur l'oscillogramme du régime libre d'un RLC, on lit les maxima successifs 4,00 V, 2,92 V, 2,13 V, 1,56 V, et une pseudo-période de 0,628 ms. Déterminer Q et ω₀, puis L et C sachant que R = 100 Ω, résistance de la bobine comprise.
Technique Rapport des maxima, exp(−T/τ).
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- Rapports successifs 0,730, 0,729, 0,732, constants, ce qui confirme une enveloppe exponentielle. ln(1/0,730) = 0,315 = T/τ.
- τ = 0,628/0,315 = 2,0 ms. Avec τ = 2Q/ω₀ et T = 2π/(ω₀√(1 − 1/(4Q²))) : au premier ordre T/τ = π/Q, Q = 10. La correction en 1/(8Q²) est de 0,1 %, invisible ici.
- ω₀ = 2Q/τ = 1,0 × 10⁴ rad/s.
- Q = Lω₀/R donne L = QR/ω₀ = 100 mH, puis C = 1/(Lω₀²) = 100 nF.
piège : Mesurer une seule pseudo-période et un seul rapport. Sur quatre maxima, on vérifie la constance du rapport, ce qui valide le modèle linéaire.
Erreurs fréquentes
- Identifier ω₀ et Q sans avoir divisé par le coefficient de la dérivée seconde.
- Prendre des conditions initiales fausses : uC et iL sont continus, iC et uL ne le sont pas.
- Confondre Q = 1/2, seuil d'oscillation du régime libre, et Q = 1/√2, seuil d'existence de la résonance en élongation.
- Résoudre l'équation différentielle en régime sinusoïdal forcé au lieu de passer en complexes, et oublier que la réponse a la pulsation de l'excitation.
- Oublier le signe moins entre la phase du courant et l'argument de l'impédance, ou lire ω₀ au maximum d'amplitude de uC au lieu du passage de la phase par −π/2.
Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de physique de PCSI (2021), premier semestre, thème 1 « ondes et signaux », partie 1.4 « Oscillateurs libres et forcés ». Elle couvre l'oscillateur harmonique, le circuit RLC série et l'oscillateur mécanique amorti, les impédances complexes et le régime sinusoïdal forcé avec la résonance.