Aller au contenu

Accueil › PCSI › Physique

PCSI · Physique · semaine 6

Oscillateurs libres et forcés

Oscillateur harmonique sur les exemples du circuit LC et de l'oscillateur mécanique, puis circuit RLC série et oscillateur mécanique amorti par frottement visqueux. La forme canonique de l'équation différentielle fait apparaître la pulsation propre et le facteur de qualité, qui déterminent la nature de la réponse et la durée du régime transitoire. Régime sinusoïdal forcé avec les impédances complexes, leurs associations et le phénomène de résonance.

Sommaire

Le cours

Résumé en cinq points

  1. Un oscillateur harmonique obéit à d2xdt2+ω02x=0\dfrac{\dd^2 x}{\dd t^2} + \omega_0^2 x = 0, sa période est indépendante de l'amplitude et son énergie se conserve.
  2. Amorti, il obéit à d2xdt2+ω0Qdxdt+ω02x=0\dfrac{\dd^2 x}{\dd t^2} + \dfrac{\omega_0}{Q}\dfrac{\dd x}{\dd t} + \omega_0^2 x = 0. Le facteur de qualité QQ décide de tout.
  3. Q>1/2Q > 1/2 donne un régime pseudo-périodique avec environ QQ oscillations visibles, Q=1/2Q = 1/2 le régime critique le plus rapide, Q<1/2Q < 1/2 un régime apériodique lent.
  4. En régime sinusoïdal forcé, la représentation complexe ramène le circuit à des impédances, Z‾R=R\underline{Z}_R = R, Z‾C=1iCω\underline{Z}_C = \dfrac{1}{\ii C\omega}, Z‾L=iLω\underline{Z}_L = \ii L\omega, qui s'associent comme des résistances.
  5. La résonance en intensité existe toujours et se produit à ω0\omega_0, avec une bande passante ω0Q\dfrac{\omega_0}{Q}. La résonance en élongation n'existe que si Q>12Q > \dfrac{1}{\sqrt{2}} et se produit en dessous de ω0\omega_0.
Pourquoi ce chapitre

L'oscillateur amorti est le modèle le plus réutilisé de la physique de prépa. Le programme traite simultanément le circuit RLC et l'oscillateur mécanique, pour que l'analogie formelle soit visible. Une seule équation, deux lectures.

Le cœur du chapitre tient en deux paramètres :

  • la pulsation propre ω0\omega_0, qui fixe l'échelle de temps des oscillations ;
  • le facteur de qualité QQ, qui fixe la nature du régime transitoire, la durée d'amortissement et l'acuité de la résonance.

L'autre apport est la représentation complexe, qui transforme une équation différentielle en une équation algébrique. Cet outil sert ensuite en filtrage, en induction, en optique ondulatoire et en mécanique quantique.

1Oscillateur harmonique

1.1Les deux exemples de référence

Propriété 1.1Circuit LC

Hypothèses

  • bobine idéale d'inductance LL en série avec un condensateur de capacité CC ;
  • uu est la tension aux bornes du condensateur.

Alors la loi des mailles L didt+u=0L\,\dfrac{\dd i}{\dd t} + u = 0 avec i=C dudti = C\,\dfrac{\dd u}{\dd t} donne d2udt2+ω02 u=0,ω0=1LC.\frac{\dd^2 u}{\dd t^2} + \omega_0^2\,u = 0, \quad \omega_0 = \frac{1}{\sqrt{LC}}.

Propriété 1.2Oscillateur mécanique

Hypothèses

  • masse mm accrochée à un ressort de raideur kk ;
  • support horizontal sans frottement ;
  • xx est l'écart à la position d'équilibre.

Alors la deuxième loi de Newton m d2xdt2=−kxm\,\dfrac{\dd^2 x}{\dd t^2} = -kx donne d2xdt2+ω02 x=0,ω0=km.\frac{\dd^2 x}{\dd t^2} + \omega_0^2\,x = 0, \quad \omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}}.

Définition 1.3Équation de l'oscillateur harmonique

Une équation est celle d'un oscillateur harmonique quand elle a la forme « dérivée seconde plus constante positive fois la grandeur égale zéro ». La constante positive est ω02\omega_0^2.

1.2Solution et vocabulaire

Propriété 1.4Solution de l'oscillateur harmonique

La solution s'écrit x(t)=Xmcos⁡(ω0t+φ),x(t) = X_m\cos(\omega_0 t + \varphi), ou de façon équivalente Acos⁡(ω0t)+Bsin⁡(ω0t)A\cos(\omega_0 t) + B\sin(\omega_0 t).

Définition 1.5Vocabulaire

  • XmX_m est l'amplitude ;
  • φ\varphi est la phase à l'origine ;
  • ω0\omega_0 est la pulsation, en  rad.s−1\unite{rad.s^{-1}} ;
  • T0=2πω0T_0 = \dfrac{2\pi}{\omega_0} est la période ;
  • f0=1T0f_0 = \dfrac{1}{T_0} est la fréquence, en hertz.

Il y a deux constantes d'intégration, donc deux conditions initiales : la position et la vitesse à t=0t = 0. Pour le circuit LC, ce sont la tension initiale du condensateur et l'intensité initiale dans la bobine, toutes deux obtenues par continuité.

Propriété 1.6Isochronisme

La période ne dépend pas de l'amplitude. C'est la propriété d'isochronisme, caractéristique du caractère linéaire de la force de rappel. Elle tombe en défaut hors de l'approximation linéaire, par exemple pour un pendule de grande amplitude.

Exemple 1.7Ordres de grandeur

  • L=100 mHL = 100 \unite{mH} et C=100 nFC = 100 \unite{nF} : ω0=104 rad.s−1\omega_0 = 10^4 \unite{rad.s^{-1}}, soit f0≈1,6 kHzf_0 \approx 1{,}6 \unite{kHz}.
  • k=10 N.m−1k = 10 \unite{N.m^{-1}} et m=100 gm = 100 \unite{g} : ω0=10 rad.s−1\omega_0 = 10 \unite{rad.s^{-1}}, soit T0≈0,63 sT_0 \approx 0{,}63 \unite{s}.
  • Pendule simple de 1 m1 \unite{m} : T0≈2 sT_0 \approx 2 \unite{s}.

1.3Bilan énergétique

Propriété 1.8Conservation de l'énergie

Pour l'oscillateur mécanique, E=12mv2+12kx2E = \frac{1}{2}mv^2 + \frac{1}{2}kx^2. En dérivant et en utilisant l'équation du mouvement, on trouve dEdt=0\dfrac{\dd E}{\dd t} = 0.

Pour le circuit LC, E=12Li2+12Cu2E = \frac{1}{2}Li^2 + \frac{1}{2}Cu^2, et le même calcul donne dEdt=0\dfrac{\dd E}{\dd t} = 0.

L'énergie se conserve : elle oscille entre forme cinétique et forme potentielle à la pulsation 2ω02\omega_0, donc deux fois plus vite que la position. L'analogie est complète : la bobine joue le rôle de l'inertie et le condensateur celui du ressort.

Définition 1.9Table d'analogie

  • xx correspond à la charge qq ;
  • la vitesse correspond à l'intensité ii ;
  • la masse mm correspond à l'inductance LL ;
  • la raideur kk correspond à 1/C1/C ;
  • la force de frottement fluide correspond à la résistance RR.

2Oscillateur amorti en régime libre

2.1Forme canonique

Propriété 2.1Équations du RLC série et de l'oscillateur amorti

Pour le circuit RLC série, la loi des mailles L didt+Ri+u=0L\,\dfrac{\dd i}{\dd t} + Ri + u = 0 avec i=C dudti = C\,\dfrac{\dd u}{\dd t} donne d2udt2+RLdudt+uLC=0.\frac{\dd^2 u}{\dd t^2} + \frac{R}{L}\frac{\dd u}{\dd t} + \frac{u}{LC} = 0. Pour l'oscillateur mécanique amorti par un frottement fluide de force −αv-\alpha v, d2xdt2+αmdxdt+km x=0.\frac{\dd^2 x}{\dd t^2} + \frac{\alpha}{m}\frac{\dd x}{\dd t} + \frac{k}{m}\,x = 0.

Définition 2.2Forme canonique

La forme canonique commune est d2xdt2+ω0Qdxdt+ω02 x=0,\frac{\dd^2 x}{\dd t^2} + \frac{\omega_0}{Q}\frac{\dd x}{\dd t} + \omega_0^2\,x = 0, où QQ est le facteur de qualité, sans dimension.

Propriété 2.3Identification de ω0\omega_0 et QQ

  • RLC série : ω0=1LC\omega_0 = \dfrac{1}{\sqrt{LC}} et Q=1RLCQ = \dfrac{1}{R}\sqrt{\dfrac{L}{C}}, soit aussi Q=Lω0R=1RCω0Q = \dfrac{L\omega_0}{R} = \dfrac{1}{RC\omega_0}.
  • Oscillateur mécanique : ω0=km\omega_0 = \sqrt{\dfrac{k}{m}} et Q=mω0α=kmαQ = \dfrac{m\omega_0}{\alpha} = \dfrac{\sqrt{km}}{\alpha}.

Le facteur de qualité est d'autant plus grand que l'amortissement est faible. Un QQ élevé signifie un oscillateur qui oscille longtemps.

Exemple 2.4Ordres de grandeur de QQ

  • Circuit RLC de travaux pratiques avec L=100 mHL = 100 \unite{mH}, C=100 nFC = 100 \unite{nF} et R=100 ΩR = 100 \unite{\Omega} : Q=10Q = 10.
  • Un quartz d'horloge atteint QQ de l'ordre de 10510^5.
  • Un amortisseur de voiture est réglé au voisinage du régime critique, QQ de l'ordre de 0,50{,}5.

2.2Nature de la réponse

On cherche les solutions en ert\e^{rt}, ce qui donne le polynôme caractéristique r2+ω0Q r+ω02=0.r^2 + \frac{\omega_0}{Q}\,r + \omega_0^2 = 0. Son discriminant vaut Δ=ω02(1Q2−4)\Delta = \omega_0^2\left(\dfrac{1}{Q^2} - 4\right). Le signe de Δ\Delta est entièrement fixé par la comparaison de QQ à 1/21/2.

Propriété 2.5Régime pseudo-périodique

Hypothèse : Q>1/2Q > 1/2, donc Δ<0\Delta < 0.

Alors les racines sont complexes conjuguées, r=−ω02Q±iω,ω=ω01−14Q2.r = -\frac{\omega_0}{2Q} \pm \ii\omega, \quad \omega = \omega_0\sqrt{1 - \frac{1}{4Q^2}}. La solution est une sinusoïde de pulsation ω\omega dont l'amplitude décroît en e−ω0t/(2Q)\e^{-\omega_0 t/(2Q)}. Le système oscille en s'amortissant. On a ω<ω0\omega < \omega_0 : l'amortissement ralentit les oscillations, et ω\omega tend vers ω0\omega_0 quand QQ est grand.

Propriété 2.6Régime critique

Hypothèse : Q=1/2Q = 1/2, donc Δ=0\Delta = 0.

Alors la racine double est r=−ω0r = -\omega_0 et la solution s'écrit (A+Bt) e−ω0t(A + Bt)\,\e^{-\omega_0 t}. Il n'y a pas d'oscillation, et c'est le régime qui rejoint le plus vite la position finale. C'est le réglage recherché pour un amortisseur ou un instrument de mesure à aiguille.

Propriété 2.7Régime apériodique

Hypothèse : Q<1/2Q < 1/2, donc Δ>0\Delta > 0.

Alors il y a deux racines réelles négatives et la solution est la somme de deux exponentielles décroissantes. Il n'y a pas d'oscillation. Le retour à l'équilibre est d'autant plus lent que QQ est petit, car la racine la plus faible en valeur absolue domine.

Remarque

Dans les trois cas, la partie réelle des racines est strictement négative dès que l'amortissement est non nul : le régime libre s'éteint toujours.

2.3Durée du régime transitoire

Propriété 2.8Durée en régime pseudo-périodique

L'enveloppe décroît avec la constante de temps τ=2Qω0\tau = \dfrac{2Q}{\omega_0}. La durée du transitoire est de quelques τ\tau, soit environ 10 Qω0\dfrac{10\,Q}{\omega_0}. Comme la pseudo-période vaut à peu près T0T_0, le nombre d'oscillations visibles avant extinction est de l'ordre de QQ.

Propriété 2.9Durée en régime très amorti

Hypothèse : Q≪1/2Q \ll 1/2.

Alors la racine lente vaut approximativement −ω0Q-\omega_0 Q et la durée du transitoire est de l'ordre de 1ω0Q\dfrac{1}{\omega_0 Q}, d'autant plus longue que QQ est petit.

AttentionRégime le plus rapide

La durée est minimale au voisinage du régime critique. La réponse la plus rapide n'est pas la moins amortie.

2.4Approche énergétique

Propriété 2.10Énergie d'un oscillateur amorti

Pour l'oscillateur mécanique amorti, dEdt=−αv2\dfrac{\dd E}{\dd t} = -\alpha v^2. Pour le RLC, dEdt=−Ri2\dfrac{\dd E}{\dd t} = -Ri^2.

Dans les deux cas dEdt\dfrac{\dd E}{\dd t} est négatif : l'énergie décroît de façon monotone, ce qui interdit tout mouvement non borné et impose le retour à l'équilibre.

Cette lecture énergétique permet de prévoir le comportement sans résoudre l'équation, ce que le programme demande explicitement.

3Impédances complexes

3.1Notation complexe

En régime sinusoïdal forcé établi, toutes les grandeurs oscillent à la pulsation ω\omega de l'excitation. À un signal réel x(t)=Xmcos⁡(ωt+φ)x(t) = X_m\cos(\omega t + \varphi) on associe le complexe x‾=Xm ei(ωt+φ)\underline{x} = X_m\,\e^{\ii(\omega t + \varphi)}, dont le module est l'amplitude et l'argument la phase. Dériver revient à multiplier par iω\ii\omega, intégrer revient à diviser par iω\ii\omega.

Définition 3.1Impédance complexe

L'impédance complexe d'un dipôle est Z‾=u‾i‾\underline{Z} = \dfrac{\underline{u}}{\underline{i}} en notation complexe, en convention récepteur.

Propriété 3.2Les trois impédances

  • Résistance : Z‾=R\underline{Z} = R, réelle, tension et courant en phase.
  • Condensateur : Z‾=1iCω\underline{Z} = \dfrac{1}{\ii C\omega}, de module 1Cω\dfrac{1}{C\omega} ; le courant est en avance de π/2\pi/2 sur la tension.
  • Bobine : Z‾=iLω\underline{Z} = \ii L\omega, de module LωL\omega ; le courant est en retard de π/2\pi/2 sur la tension.

À retenir

En basse fréquence, le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert et la bobine comme un fil. En haute fréquence, c'est l'inverse.

3.2Associations

Propriété 3.3Associations d'impédances

Les impédances s'associent comme les résistances.

  • En série : Z‾eq=Z‾1+Z‾2\underline{Z}_{\text{eq}} = \underline{Z}_1 + \underline{Z}_2.
  • En parallèle : 1Z‾eq=1Z‾1+1Z‾2\dfrac{1}{\underline{Z}_{\text{eq}}} = \dfrac{1}{\underline{Z}_1} + \dfrac{1}{\underline{Z}_2}.

Les diviseurs de tension et de courant restent valables avec les mêmes conditions d'emploi. La structure des calculs de circuit résistif est intégralement conservée.

4Régime sinusoïdal forcé et résonance

4.1Mise en place

On alimente un RLC série par une tension e(t)=Emcos⁡(ωt)e(t) = E_m\cos(\omega t). Le régime libre s'éteint après quelques τ\tau, il ne reste que le régime forcé, sinusoïdal à la pulsation ω\omega. Le système oscille à la pulsation imposée par l'excitation, pas à sa pulsation propre.

L'impédance totale vaut Z‾=R+i(Lω−1Cω).\underline{Z} = R + \ii\left(L\omega - \frac{1}{C\omega}\right).

4.2Résonance en intensité

L'amplitude du courant vaut Im=Em∣Z‾∣=EmR2+(Lω−1Cω)2.I_m = \frac{E_m}{|\underline{Z}|} = \frac{E_m}{\sqrt{R^2 + \left(L\omega - \frac{1}{C\omega}\right)^2}}.

Propriété 4.1Résonance en intensité

Hypothèse : RLC série en régime sinusoïdal forcé, quel que soit QQ.

Alors ImI_m est maximale quand la partie imaginaire s'annule, soit Lω=1CωL\omega = \dfrac{1}{C\omega}, c'est-à-dire ω=ω0\omega = \omega_0. La résonance en intensité existe donc toujours et se produit exactement à la pulsation propre. À la résonance, l'impédance est purement réelle et vaut RR, l'amplitude du courant vaut Em/RE_m/R, et le courant est en phase avec la tension d'excitation.

Définition 4.2Bande passante à −3 dB-3\,\mathrm{dB}

La bande passante à −3 dB-3\,\mathrm{dB} est l'ensemble des pulsations pour lesquelles Im>Imax⁡/2I_m > I_{\max}/\sqrt{2}. Sa largeur vaut Δω=ω0Q\Delta\omega = \dfrac{\omega_0}{Q}.

Plus QQ est grand, plus la résonance est aiguë. La relation Q=ω0ΔωQ = \dfrac{\omega_0}{\Delta\omega} permet de mesurer QQ sur un graphe expérimental.

4.3Résonance en tension aux bornes du condensateur, ou en élongation

L'amplitude de la tension aux bornes du condensateur, ou de façon analogue l'amplitude de l'élongation de l'oscillateur mécanique, ne se comporte pas comme le courant.

Propriété 4.3Résonance en élongation

Cette résonance n'existe que si Q>12≈0,71Q > \dfrac{1}{\sqrt{2}} \approx 0{,}71. Dans ce cas elle a lieu à la pulsation ωr=ω01−12Q2,\omega_r = \omega_0\sqrt{1 - \frac{1}{2Q^2}}, strictement inférieure à ω0\omega_0. Si Q⩽12Q \leqslant \dfrac{1}{\sqrt{2}}, l'amplitude décroît de façon monotone avec ω\omega et il n'y a pas de résonance.

Pour QQ grand, ωr\omega_r tend vers ω0\omega_0 et l'amplitude à la résonance vaut environ QQ fois l'amplitude en régime continu. Le facteur de qualité mesure donc directement le facteur de surtension.

Exemple 4.4Surtension

Avec Q=10Q = 10 et une excitation de 5 V5 \unite{V}, la tension aux bornes du condensateur atteint environ 50 V50 \unite{V}. Cela surprend souvent en travaux pratiques et impose de vérifier les tenues en tension.

AttentionDeux seuils différents

  • Q=1/2Q = 1/2 sépare les régimes transitoires oscillants et non oscillants.
  • Q=1/2Q = 1/\sqrt{2} conditionne l'existence d'une résonance en élongation.

Les confondre est l'erreur classique.

4.4Déphasage

Propriété 4.5Déphasage de l'élongation

Le déphasage de la réponse par rapport à l'excitation passe de 00 en basse fréquence à −π-\pi en haute fréquence pour l'élongation, en passant par −π/2-\pi/2 exactement à ω=ω0\omega = \omega_0, quelle que soit la valeur de QQ.

Cette propriété donne une mesure de ω0\omega_0 bien plus précise que la recherche du maximum d'amplitude, car la courbe de phase est raide au voisinage de ω0\omega_0 alors que le sommet d'une résonance est plat.

5Capacités expérimentales

MéthodeAcquisition d'un transitoire du second ordre

  1. Utiliser un générateur basse fréquence en signal carré, de demi-période grande devant la durée du transitoire, un circuit RLC série et un oscilloscope.
  2. Faire varier RR : on observe le passage du régime pseudo-périodique au régime apériodique et on repère le régime critique.
  3. Mesurer QQ par le décrément logarithmique, en relevant le rapport de deux maxima successifs de l'enveloppe.

MéthodeCaractérisation d'une résonance

  1. Balayer la fréquence en gardant l'amplitude d'excitation constante, ce qu'il faut vérifier à chaque point car la résistance de sortie du générateur charge le circuit.
  2. Relever l'amplitude et le déphasage.
  3. Lire ω0\omega_0 au maximum de la courbe d'intensité ou au passage par −π/2-\pi/2 de la phase.
  4. Déduire QQ par la largeur de bande.

RemarqueSimilitude mécanique-électronique

On met en évidence que les deux systèmes obéissent à la même équation en superposant les courbes réduites, amplitude normalisée en fonction de ω/ω0\omega/\omega_0.

Méthodes

MéthodeInterpréter une équation d'oscillateur

  1. Écrire l'équation sous forme canonique avant toute interprétation.
  2. Identifier ω0\omega_0 et QQ par comparaison terme à terme.
  3. Pour la nature du régime libre, comparer QQ à 1/21/2.
  4. Pour l'existence d'une résonance en élongation, comparer QQ à 1/21/\sqrt{2}.

MéthodeRégime forcé

  1. Ne jamais résoudre l'équation différentielle.
  2. Passer en complexes.
  3. Écrire un diviseur de tension avec les impédances.

MéthodeVérifier un comportement

Vérifier les comportements limites en basse et haute fréquence avant de commenter une courbe : ils donnent gratuitement les asymptotes.

MéthodeBilan énergétique

  1. Dériver l'énergie.
  2. Utiliser l'équation du mouvement.
  3. Le terme dissipatif apparaît toujours comme un carré.

Ce qu'il faut savoir refaire en khôlle

  1. Établir l'équation de l'oscillateur harmonique pour le circuit LC et pour le système masse-ressort, la résoudre avec des conditions initiales données.
  2. Mettre l'équation du RLC série sous forme canonique et identifier ω0\omega_0 et QQ, puis faire de même pour l'oscillateur mécanique amorti.
  3. Discuter la nature du régime libre selon QQ en passant par le polynôme caractéristique, et donner la pseudo-pulsation.
  4. Donner un ordre de grandeur de la durée du régime transitoire dans les trois régimes et expliquer pourquoi le régime critique est le plus rapide.
  5. Établir les trois impédances complexes et retrouver leurs comportements en basse et haute fréquence.
  6. Étudier la résonance en intensité d'un RLC série, donner la pulsation de résonance et la bande passante.
  7. Dire à quelle condition il y a résonance en élongation, donner ωr\omega_r, et expliquer le phénomène de surtension.
  8. Expliquer comment déterminer ω0\omega_0 et QQ à partir de graphes expérimentaux d'amplitude et de phase.

Méthodes et exercices

Les résultats à connaître

  • Équation de l'oscillateur harmonique d²x/dt² + ω₀²x = 0, avec ω₀ = 1/√(LC) pour le circuit LC et ω₀ = √(k/m) pour la masse-ressort. Exigible avec démonstration.
  • Solution x = Xm cos(ω₀t + φ) ou A cos ω₀t + B sin ω₀t, deux constantes fixées par les conditions initiales. Exigible. Isochronisme, la période ne dépend pas de l'amplitude.
  • Conservation de l'énergie, E = ½mv² + ½kx² ou ½Li² + ½Cu², dE/dt = 0. Exigible avec démonstration.
  • Forme canonique de l'oscillateur amorti, d²x/dt² + (ω₀/Q)dx/dt + ω₀²x = 0. Pour le RLC série, Q = (1/R)√(L/C). Pour la mécanique avec frottement −αv, Q = √(km)/α. Exigible avec démonstration.
  • Polynôme caractéristique r² + (ω₀/Q)r + ω₀² = 0, discriminant ω₀²(1/Q² − 4). Trois régimes : pseudo-périodique pour Q > 1/2, critique pour Q = 1/2, apériodique pour Q < 1/2. Exigible avec démonstration.
  • Pseudo-pulsation ω = ω₀√(1 − 1/(4Q²)), enveloppe en exp(−ω₀t/(2Q)), durée du transitoire de l'ordre de 2Q/ω₀ à quelques unités près, environ Q oscillations visibles. Exigible.
  • Bilan d'énergie amorti, dE/dt = −αv² ou −Ri², toujours négatif. Exigible avec démonstration.
  • Continuité de uC et de iL, qui fixent les conditions initiales. Exigible.
  • Impédances ZR = R, ZC = 1/(jCω), ZL = jLω, association série et parallèle. Exigibles avec démonstration.
  • Résonance en intensité du RLC série à ω = ω₀ pour tout Q, Imax = Em/R, bande passante Δω = ω₀/Q, phase nulle à la résonance. Exigible avec démonstration.
  • Résonance en tension aux bornes de C, ou en élongation, seulement si Q > 1/√2, à ωr = ω₀√(1 − 1/(2Q²)), amplitude voisine de QE_m pour Q grand. Exigible, le calcul de ωr peut être demandé.
  • Phase de uC par rapport à e égale à −π/2 exactement à ω₀, quel que soit Q. Exigible.
  • Hors programme signalé : réponse à une excitation quelconque par transformée ou par produit de convolution, oscillateur paramétrique, couplage de deux oscillateurs, non-linéarités.

Clés de démonstration

Forme canonique du RLC. Loi des mailles L di/dt + Ri + u = e avec i = C du/dt, division par LC. Comparaison terme à terme avec la forme canonique : ω₀² = 1/(LC), ω₀/Q = R/L. L'astuce : diviser par le coefficient de la dérivée seconde avant d'identifier.

Nature du régime. Solutions en ert, polynôme caractéristique. Δ = (ω₀/Q)² − 4ω₀² = ω₀²(1/Q² − 4), négatif si et seulement si Q > 1/2. L'astuce : tout se lit sur le signe de 1/Q² − 4.

Bilan d'énergie. On multiplie l'équation m x'' + αx' + kx = 0 par x'. Le terme m x'x'' est la dérivée de ½mx'², le terme kxx' celle de ½kx², il reste −αx'². L'astuce : multiplier par la vitesse fait apparaître des dérivées de carrés.

Résonance en intensité. I = E/(R + j(Lω − 1/(Cω))), module maximal quand la partie imaginaire s'annule. Bande passante : |Z|² = 2R² donne Lω − 1/(Cω) = ±R, soit x − 1/x = ±1/Q avec x = ω/ω₀, deux racines positives dont la différence vaut 1/Q. L'astuce : les deux équations du second degré ont des racines dont la différence se calcule sans les résoudre, par produit des racines égal à −1.

Résonance en uC. H = uC/e = 1/(1 − x² + jx/Q). Le module est maximal quand (1 − x²)² + x²/Q² est minimal, dérivée en x² nulle pour x² = 1 − 1/(2Q²), qui n'existe que si Q > 1/√2. L'astuce : dériver par rapport à X = x², pas par rapport à x.

Exemples et contre-exemples à connaître

  1. L = 100 mH, C = 100 nF, R = 100 Ω : ω₀ = 10⁴ rad/s, f₀ = 1,6 kHz, Q = 10. La référence de travaux pratiques.
  2. Même circuit avec R = 2 kΩ : Q = 1/2, régime critique. Avec R = 10 kΩ : Q = 0,1, apériodique, retour lent.
  3. Q = 0,6 : le régime libre oscille, mais il n'y a aucune résonance en tension aux bornes de C, car 0,6 < 0,71. Contre-exemple à « oscille donc résonne ».
  4. Le régime critique est le plus rapide. Un amortissement plus faible oscille longtemps, un amortissement plus fort traîne. Contre-exemple à « moins d'amortissement, plus vite ».
  5. Q = 10, Em = 5 V : uC atteint environ 50 V à la résonance. Un condensateur prévu pour 25 V claque.
  6. Bobine réelle avec résistance interne r : elle s'ajoute à R dans Q. Un « RLC sans résistance » n'existe pas, et Q ne dépasse pas quelques dizaines en pratique.
  7. Pendule simple de grande amplitude : la période croît avec l'amplitude, l'isochronisme tombe. L'oscillateur harmonique est un modèle linéaire.
  8. Le régime forcé se fait à la pulsation de l'excitation, jamais à ω₀. Contre-exemple à « le circuit oscille à sa fréquence propre ».
  9. Bande passante 160 Hz à f₀ = 1,6 kHz pour Q = 10, 16 Hz pour Q = 100. La sélectivité d'un récepteur radio est un facteur de qualité.

Techniques du chapitre

Technique 1, forme canonique avant tout. Mini-exercice : 3x'' + 12x' + 300x = 0. Division par 3 : x'' + 4x' + 100x = 0, ω₀ = 10 rad/s, ω₀/Q = 4 donc Q = 2,5, pseudo-périodique.

Technique 2, conditions initiales par continuité. Mini-exercice : RLC série, condensateur chargé à E, interrupteur fermé à t = 0. u(0⁺) = E par continuité de uC, i(0⁺) = 0 par continuité de iL, donc u'(0⁺) = i/C = 0. Deux conditions pour deux constantes.

Technique 3, lire Q sur un relevé. Mini-exercice : deux maxima successifs de l'enveloppe dans le rapport 0,73. Le rapport vaut exp(−ω₀T/(2Q)) ≈ exp(−π/Q) pour Q grand, d'où Q ≈ π/ln(1/0,73) = 10.

Technique 4, comportements limites avant tout calcul. Mini-exercice : pont diviseur R, C série, sortie sur C. Basse fréquence, C est un interrupteur ouvert, sortie égale à l'entrée. Haute fréquence, C est un fil, sortie nulle. C'est un passe-bas, sans avoir écrit H.

Technique 5, diviseur de tension en complexes. Mini-exercice : RLC série, sortie sur R. H = R/(R + j(Lω − 1/(Cω))) = 1/(1 + jQ(x − 1/x)). Module 1 à x = 1, phase nulle, c'est la résonance en intensité vue sur la tension aux bornes de R.

Technique 6, mesurer ω₀ sur la phase. Mini-exercice : sur le relevé de uC, on cherche la fréquence où le déphasage avec e vaut −π/2, indépendante de Q, plus précise que le maximum d'amplitude, qui est plat et décalé.

Technique 7, énergie pour prévoir sans résoudre. Mini-exercice : masse-ressort avec frottement fluide, lâchée sans vitesse à x₀. E décroît strictement tant que v ≠ 0, elle est minorée par 0, donc elle converge et le mobile finit à l'équilibre, quelle que soit la valeur de Q.

Exercices classiques corrigés

Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.

Exercice 1. Circuit LC et conditions initiales

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

L = 10 mH, C = 10 nF, condensateur chargé sous E = 5 V, bobine idéale, fermeture à t = 0. Établir l'équation, donner u(t) et i(t), amplitude du courant, vérifier la conservation de l'énergie.

Technique Loi des mailles, continuité, énergie.

Voir le corrigé
  1. L di/dt + u = 0 et i = C du/dt donnent u'' + u/(LC) = 0, ω₀ = 1/√(10⁻² × 10⁻⁸) = 10⁵ rad/s, f₀ = 15,9 kHz.
  2. u = A cos ω₀t + B sin ω₀t. u(0) = E donne A = E, i(0) = 0 donne B = 0. u = E cos ω₀t.
  3. i = C du/dt = −Cω₀E sin ω₀t, amplitude Cω₀E = 10⁻⁸ × 10⁵ × 5 = 5 mA.
  4. ½Cu² + ½Li² = ½CE²(cos² + LCω₀² sin²) = ½CE², constante, 1,25 × 10⁻⁷ J. L'énergie passe du condensateur à la bobine à la pulsation 2ω₀.

piège : Prendre i(0) = E/R par réflexe de premier ordre. Ici la bobine impose i(0⁺) = i(0⁻) = 0.

Exercice 2. Régimes du RLC série

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

L = 100 mH, C = 100 nF. Pour R = 100 Ω, nature du régime, pseudo-période, durée du transitoire, nombre d'oscillations visibles. Valeur de R pour le régime critique. Pour R = 10 kΩ, ordre de grandeur de la durée du retour à l'équilibre.

Technique Forme canonique, Q, discussion.

Voir le corrigé
  1. ω₀ = 10⁴ rad/s, Q = (1/R)√(L/C) = (1/100) × 1 000 = 10 > 1/2, pseudo-périodique.
  2. ω = ω₀√(1 − 1/400) ≈ 0,998 7 ω₀, T ≈ 2π/ω₀ = 0,63 ms. Enveloppe en exp(−t/τ) avec τ = 2Q/ω₀ = 2 ms, transitoire de 3τ à 5τ, soit 6 à 10 ms, une dizaine d'oscillations, c'est Q.
  3. Q = 1/2 pour R = 2√(L/C) = 2 000 Ω.
  4. R = 10 kΩ, Q = 0,1. Racines r = −(ω₀/2Q)(1 ± √(1 − 4Q²)), soit −ω₀ × 5(1 ± 0,98), la racine lente vaut environ −ω₀Q = −10³ s⁻¹, durée de l'ordre de 5/(ω₀Q) = 5 ms. Plus lent que le critique, pour lequel 5/ω₀ = 0,5 ms.

piège : Croire que plus R est grand, plus le circuit s'arrête vite. Au-delà du critique, c'est l'inverse.

Exercice 3. Masse-ressort vertical

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

Masse m = 200 g suspendue à un ressort de raideur k = 20 N/m, sans frottement. Position d'équilibre, équation du mouvement pour l'écart z à cet équilibre. On tire de 5,0 cm vers le bas et on lâche. Mouvement, vitesse maximale, énergie mécanique.

Technique Écart à l'équilibre, le poids disparaît de l'équation.

Voir le corrigé
  1. Équilibre : k Δl_eq = mg, Δl_eq = 0,2 × 9,8/20 = 9,8 cm.
  2. Avec z compté depuis l'équilibre vers le bas, m z'' = mg − k(Δl_eq + z) = −kz. Donc z'' + ω₀²z = 0, ω₀ = √(k/m) = 10 rad/s, T₀ = 0,63 s.
  3. z(0) = 5,0 cm, z'(0) = 0 donnent z = 5,0 cos(10t) en cm. Vitesse maximale ω₀ zmax = 0,50 m/s.
  4. E = ½kz_max² = 0,5 × 20 × (0,05)² = 25 mJ, en prenant pour référence l'énergie potentielle totale à l'équilibre.

piège : Garder mg dans l'équation avec un z compté depuis la longueur à vide, puis chercher une solution sinusoïdale centrée en zéro. L'oscillation se fait autour de l'équilibre, pas autour de la longueur à vide.

Exercice 4. Réponse d'un RLC à un échelon

Classiques de khôlle et concours · Niveau khôlle

RLC série de l'exercice 2 avec R = 100 Ω, condensateur déchargé, on applique E = 5 V à t = 0. Établir uC(t). Valeur du premier maximum, instant où il est atteint, durée pour rester à moins de 5 % de E.

Technique Solution particulière constante plus solution homogène, conditions initiales.

Voir le corrigé
  1. u'' + (ω₀/Q)u' + ω₀²u = ω₀²E. Solution particulière u = E. Solution générale u = E + e−t/τ(A cos ωt + B sin ωt), τ = 2Q/ω₀ = 2 ms, ω ≈ ω₀.
  2. u(0) = 0 donne A = −E. u'(0) = 0 donne −A/τ + Bω = 0, B = −E/(ωτ) = −E/(2Q) = −0,25 V, négligeable devant A.
  3. u ≈ E[1 − e−t/τcos(ω₀t)]. Premier maximum pour ω₀t = π, t = 0,31 ms, u = E(1 + e−π/(2Q)) = E × 1,85 = 9,3 V. Dépassement de 85 %.
  4. L'enveloppe vaut 5 % pour e−t/τ = 0,05, t = 3τ = 6 ms, une dizaine d'oscillations.
  5. Pour Q = 1/2, pas de dépassement, u = E[1 − (1 + ω₀t)e−ω₀t], à 5 % en 4,7/ω₀ = 0,47 ms. Le critique est bien le plus rapide.

piège : Écrire u(0) = E parce que « on applique E ». La tension du condensateur est continue, elle part de 0.

Exercice 5. Amortisseur et régime critique

Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP

Un quart de voiture est modélisé par une masse m = 300 kg sur un ressort de raideur k = 3,0 × 10⁴ N/m et un amortisseur de coefficient α. Pulsation propre. Valeur de α pour le régime critique. Après un dos-d'âne qui donne à la masse une vitesse initiale v₀ = 0,5 m/s depuis l'équilibre, écrire z(t) en régime critique et donner l'élongation maximale. Que se passe-t-il si l'amortisseur est usé, α divisé par 4 ?

Technique Régime critique, solution (A + Bt)e−ω₀t.

Voir le corrigé
  1. ω₀ = √(k/m) = 10 rad/s, f₀ = 1,6 Hz, la fréquence de rebond d'une voiture.
  2. Q = √(km)/α = 1/2 donne α = 2√(km) = 2 × 3 000 = 6,0 × 10³ kg/s.
  3. z = (A + Bt)e−ω₀t, z(0) = 0 donne A = 0, z'(0) = v₀ donne B = v₀. z = v₀ t e−ω₀t, maximal en t = 1/ω₀ = 0,1 s, zmax = v₀/(eω₀) = 1,8 cm, puis retour sans rebond.
  4. α/4 donne Q = 2, régime pseudo-périodique, deux oscillations visibles environ, la voiture rebondit et la tenue de route se dégrade. C'est le test de l'amortisseur : on appuie sur l'aile et on compte les rebonds.

piège : Confondre α, en kg/s, et Q, sans dimension. Vérifier la dimension de α = 2√(km) : N/m × kg = kg²/s², racine en kg/s.

Exercice 6. Impédance et courant hors résonance

Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP

RLC série de l'exercice 2, R = 100 Ω, Q = 10, alimenté par e = Em cos ωt avec Em = 5 V. Donner l'impédance en fonction de x = ω/ω₀, puis l'amplitude et la phase du courant pour x = 1, x = 2 et x = 0,9.

Technique Z = R[1 + jQ(x − 1/x)].

Voir le corrigé
  1. Z = R + j(Lω − 1/(Cω)) = R[1 + jQ(x − 1/x)], car Lω₀/R = 1/(RCω₀) = Q.
  2. x = 1 : Z = R, Im = Em/R = 50 mA, courant en phase avec e.
  3. x = 2 : Q(x − 1/x) = 15, |Z| = R√226 = 1,50 kΩ, Im = 3,3 mA. Phase du courant −arctan 15 = −86°, retard quasi maximal, comportement inductif.
  4. x = 0,9 : Q(x − 1/x) = 10(0,9 − 1,111) = −2,11, |Z| = R√(1 + 4,46) = 234 Ω, Im = 21 mA, phase +65°, courant en avance, comportement capacitif.
  5. À 10 % de ω₀, l'amplitude est déjà divisée par 2,4. La largeur relative de résonance est bien 1/Q = 10 %.

piège : Oublier que la phase du courant est l'opposé de l'argument de Z.

Exercice 7. Résonance en tension aux bornes du condensateur

Classiques de khôlle et concours · Type écrit CCINP

Même circuit. Fonction de transfert uC/e. Existe-t-il une résonance ? Pulsation et amplitude de résonance. Comparer pour Q = 10 et Q = 0,6. Déphasage à ω₀.

Technique H = 1/(1 − x² + jx/Q), minimisation du dénominateur.

Voir le corrigé
  1. Diviseur de tension : H = ZC/(ZR + ZL + ZC) = 1/(1 − LCω² + jRCω) = 1/(1 − x² + jx/Q).
  2. |H|⁻² = (1 − x²)² + x²/Q² = X² + X(1/Q² − 2) + 1 avec X = x². Minimum en X = 1 − 1/(2Q²), qui n'est positif que si Q > 1/√2.
  3. Q = 10 : xr = √(1 − 0,005) = 0,997 5, ωr = 9 975 rad/s. |H|_max = 1/(xr/Q × √(1 − x_r² … )) ≈ Q/√(1 − 1/(4Q²)) = 10,01. Amplitude 50 V pour Em = 5 V.
  4. Q = 0,6 : X = 1 − 1,39 < 0, pas de résonance, |H| décroît de 1 à 0 de façon monotone.
  5. À x = 1, H = −jQ, déphasage −π/2 quel que soit Q, amplitude exactement QE_m. C'est la fréquence qu'on mesure sur la courbe de phase.

piège : Confondre les seuils 1/2 et 1/√2. Le premier concerne le régime libre, le second la résonance en élongation.

Exercice 8. Oscillateur mécanique forcé et lecture des graphes

Approfondissement · Type écrit Centrale

Une masse m sur un ressort k, freinée par −αv, est soumise à F = F₀ cos ωt. Établir l'amplitude de l'élongation en régime forcé. Sur un relevé expérimental, l'amplitude maximale vaut 8,2 fois l'élongation statique F₀/k et le déphasage vaut −π/2 à 2,4 Hz. Déterminer ω₀ et Q. Pente de la courbe de phase à ω₀.

Technique Analogie complète avec uC, puis exploitation des graphes.

Voir le corrigé
  1. m x'' + αx' + kx = F₀ cos ωt, forme canonique x'' + (ω₀/Q)x' + ω₀²x = (F₀/m) cos ωt. En complexes, x = (F₀/k)/(1 − x² + jx/Q) avec x = ω/ω₀ : même fonction que uC/e.
  2. Le déphasage −π/2 se produit exactement à ω₀, donc f₀ = 2,4 Hz, ω₀ = 15 rad/s, sans hypothèse sur Q.
  3. Amplitude maximale Q/√(1 − 1/(4Q²)) fois l'élongation statique. 8,2 donne Q ≈ 8,2 à 0,2 % près, car la correction vaut 1/(8Q²).
  4. Phase φ = −arctan[(x/Q)/(1 − x²)] prolongée continûment. Près de x = 1, on écrit φ = −π/2 + arctan[Q(1 − x²)/x], dont la dérivée en x = 1 vaut −2Q. Donc dφ/dω = −2Q/ω₀.
  5. Pour Q = 8,2, une variation de 1 % de ω change la phase de 0,16 rad, soit 9°, alors que l'amplitude ne varie que de 1 %. La phase est le meilleur instrument de mesure de ω₀.

piège : Lire ω₀ au maximum d'amplitude. Ce maximum est en ωr < ω₀ et il est plat.

Exercice 9. Décrément logarithmique et mesure de Q

Approfondissement · Type oral Mines

Sur l'oscillogramme du régime libre d'un RLC, on lit les maxima successifs 4,00 V, 2,92 V, 2,13 V, 1,56 V, et une pseudo-période de 0,628 ms. Déterminer Q et ω₀, puis L et C sachant que R = 100 Ω, résistance de la bobine comprise.

Technique Rapport des maxima, exp(−T/τ).

Voir le corrigé
  1. Rapports successifs 0,730, 0,729, 0,732, constants, ce qui confirme une enveloppe exponentielle. ln(1/0,730) = 0,315 = T/τ.
  2. τ = 0,628/0,315 = 2,0 ms. Avec τ = 2Q/ω₀ et T = 2π/(ω₀√(1 − 1/(4Q²))) : au premier ordre T/τ = π/Q, Q = 10. La correction en 1/(8Q²) est de 0,1 %, invisible ici.
  3. ω₀ = 2Q/τ = 1,0 × 10⁴ rad/s.
  4. Q = Lω₀/R donne L = QR/ω₀ = 100 mH, puis C = 1/(Lω₀²) = 100 nF.

piège : Mesurer une seule pseudo-période et un seul rapport. Sur quatre maxima, on vérifie la constance du rapport, ce qui valide le modèle linéaire.

Erreurs fréquentes

  1. Identifier ω₀ et Q sans avoir divisé par le coefficient de la dérivée seconde.
  2. Prendre des conditions initiales fausses : uC et iL sont continus, iC et uL ne le sont pas.
  3. Confondre Q = 1/2, seuil d'oscillation du régime libre, et Q = 1/√2, seuil d'existence de la résonance en élongation.
  4. Résoudre l'équation différentielle en régime sinusoïdal forcé au lieu de passer en complexes, et oublier que la réponse a la pulsation de l'excitation.
  5. Oublier le signe moins entre la phase du courant et l'argument de l'impédance, ou lire ω₀ au maximum d'amplitude de uC au lieu du passage de la phase par −π/2.

Fiche de cours rédigée à partir du programme officiel de physique de PCSI (2021), premier semestre, thème 1 « ondes et signaux », partie 1.4 « Oscillateurs libres et forcés ». Elle couvre l'oscillateur harmonique, le circuit RLC série et l'oscillateur mécanique amorti, les impédances complexes et le régime sinusoïdal forcé avec la résonance.