Le cours
L'essentiel
- Une implication n'est fausse que si est vraie et fausse. Sa négation est « et ». Sa contraposée lui est équivalente, sa réciproque non.
- On nie une phrase quantifiée en échangeant et dans l'ordre, puis en niant la fin. Savoir nier sans hésiter la définition de la limite, de la continuité, de la borne supérieure.
- L'ordre des quantificateurs change le sens : « » est vraie, « » est fausse.
- Six modes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, analyse-synthèse, récurrence (simple, double, forte).
- Savoir refaire : si est pair alors est pair (contraposée), est irrationnel (absurde), la décomposition paire-impaire d'une fonction (analyse-synthèse).
- Une récurrence a trois étapes nommées : initialisation, hérédité, conclusion. Savoir rédiger une récurrence simple, double et forte.
Pourquoi ce chapitre
Toute démonstration de prépa repose sur un petit nombre de règles de logique et de schémas de raisonnement. Ce premier chapitre fixe le vocabulaire (proposition, connecteur, quantificateur) et les règles de négation. Il présente les six modes de raisonnement utilisés toute l'année : raisonnement direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, analyse-synthèse et récurrence. Il fixe enfin les règles de rédaction, car une copie est jugée sur la validité de l'enchaînement logique, pas seulement sur le résultat.
1Propositions et connecteurs
Proposition
Définition 1.1Proposition
Une proposition (ou assertion) est un énoncé mathématique qui est soit vrai, soit faux, jamais les deux.
Exemple 1.2
« est pair » est une proposition vraie. « est pair » est une proposition fausse. En revanche, « est pair » n'est pas une proposition tant que n'est pas fixé.
Définition 1.3Prédicat
Un énoncé qui dépend d'une variable , comme « est pair », est un prédicat, noté . Il devient une proposition quand on donne une valeur à , ou quand on quantifie (voir la section sur les quantificateurs).
Négation
Définition 1.4Négation
La négation d'une proposition , notée , est la proposition qui est vraie exactement quand est fausse.
Propriété 1.5Double négation
Pour toute proposition , la proposition a la même valeur de vérité que .
Démonstration
Si est vraie, alors est fausse, donc est vraie. Si est fausse, alors est vraie, donc est fausse. Dans les deux cas, et ont la même valeur de vérité.
Conjonction et disjonction
Définition 1.6Conjonction, disjonction
Soient et deux propositions.
- La conjonction « et » est vraie quand et sont toutes les deux vraies, et fausse sinon.
- La disjonction « ou » est vraie dès que l'une au moins des deux est vraie, et fausse seulement quand les deux sont fausses.
On résume ces définitions dans une table de vérité, où V signifie vrai et F faux.
AttentionLe « ou » est inclusif
En mathématiques, le « ou » est inclusif : quand et sont toutes les deux vraies, « ou » est vraie. Il ne signifie pas « l'un ou l'autre, mais pas les deux » comme dans « fromage ou dessert ».
Proposition 1.7Règles de De Morgan
Soient et deux propositions.
- La négation de « et » est « ou ».
- La négation de « ou » est « et ».
Démonstration
On compare les valeurs de vérité dans les quatre cas possibles.
La colonne de coïncide ligne à ligne avec celle de « ou », ce qui prouve la première règle. Pour la seconde, on compare de même :
Les deux colonnes coïncident : « et » est vraie seulement quand et sont fausses, sur la dernière ligne, exactement comme .
Exemple 1.8
Soit un réel. Dire que , c'est dire « et ». Par la règle de De Morgan, dire que revient à dire « ou ».
Implication
Définition 1.9Implication
Soient et deux propositions. L'implication « implique », notée , est fausse dans un seul cas : vraie et fausse. Elle est vraie dans les trois autres cas, en particulier dès que est fausse.
Proposition 1.10Implication et disjonction
L'implication a la même valeur de vérité que « ou ».
Démonstration
La proposition « ou » est fausse exactement quand et sont fausses toutes les deux, c'est-à-dire quand est vraie et fausse. C'est exactement le seul cas où est fausse. Les deux propositions sont donc vraies ou fausses en même temps.
Proposition 1.11Négation d'une implication
La négation de est « et ».
Démonstration
D'après la proposition précédente, a même valeur de vérité que « ou ». Par la règle de De Morgan, sa négation est « et », c'est-à-dire, par double négation, « et ».
RemarqueContre-exemple
Pour prouver qu'une implication est fausse, on exhibe un cas où l'hypothèse est vraie et la conclusion fausse. C'est ce qu'on appelle un contre-exemple.
Exemple 1.12Hypothèse fausse
Une implication dont l'hypothèse est fausse est vraie. Ainsi « si alors » est une proposition vraie.
Définition 1.13Condition nécessaire, condition suffisante
Quand l'implication est vraie, on dit que est une condition suffisante pour , et que est une condition nécessaire pour .
Exemple 1.14
Pour un entier , « est multiple de » est une condition suffisante pour que « est pair ». Inversement, « est pair » est une condition nécessaire pour que « est multiple de ».
Réciproque et contraposée
Définition 1.15Réciproque, contraposée
Soit l'implication .
- Sa réciproque est l'implication .
- Sa contraposée est l'implication .
AttentionRéciproque
Une implication et sa réciproque n'ont aucune raison d'être vraies en même temps. Pour un entier , l'implication « est multiple de est pair » est vraie. Sa réciproque « est pair est multiple de » est fausse : est un contre-exemple.
Proposition 1.16Contraposée
Une implication et sa contraposée sont toujours vraies ou fausses en même temps.
Démonstration
La contraposée a même valeur de vérité que « ou », c'est-à-dire, par double négation, que « ou ». Comme le « ou » ne dépend pas de l'ordre de ses termes, c'est « ou », qui a même valeur de vérité que .
Cette proposition est la base du raisonnement par contraposée, étudié plus loin.
Équivalence
Définition 1.17Équivalence
Soient et deux propositions. L'équivalence est la proposition « et ». On dit que et sont équivalentes, ou que est une condition nécessaire et suffisante pour .
RemarqueDémontrer une équivalence
Pour démontrer une équivalence, on démontre en général les deux implications séparément. On peut enchaîner des équivalences seulement quand chaque étape du calcul est réversible.
AttentionDes équivalences qui n'en sont pas
Il ne faut pas enchaîner des « » alors qu'une étape n'est qu'une implication. Trois opérations ne conservent qu'une implication : élever au carré, multiplier par une expression qui peut s'annuler, appliquer une fonction non injective. Par exemple est vraie, mais n'entraîne pas : le réel est un contre-exemple.
2Quantificateurs
Quantificateur universel
Définition 2.1Quantificateur universel
Soient un ensemble et un prédicat portant sur les éléments de . La proposition « pour tout de , », notée affirme que est vraie pour chaque élément de .
RemarqueDémontrer une proposition universelle
Pour démontrer « », on prend un quelconque de (« soit dans ») et on prouve sans rien supposer de particulier sur .
Quantificateur existentiel
Définition 2.2Quantificateur existentiel
La proposition « il existe dans tel que », notée affirme qu'au moins un élément de vérifie . La notation signifie « il existe un unique dans tel que ».
RemarqueDémontrer une proposition existentielle
Pour démontrer « », on exhibe un précis et on vérifie , ou bien on utilise un théorème d'existence.
Négation d'une phrase quantifiée
Proposition 2.3Négation des quantificateurs
- La négation de « » est « ».
- La négation de « » est « ».
Démonstration
La proposition « » est fausse exactement quand n'est pas vraie pour chaque élément de , c'est-à-dire quand il existe au moins un de pour lequel est fausse, soit vraie. C'est la première règle. Pour la seconde, on applique la première au prédicat : la négation de « » est « », c'est-à-dire « ». En niant les deux membres, la négation de « » est donc « ».
RemarqueRègle pratique
On nie une phrase à plusieurs quantificateurs en changeant chaque quantificateur en l'autre, dans l'ordre, puis en niant la proposition finale. Les ensembles auxquels appartiennent les variables ne changent pas.
Exemple 2.4Négation de la convergence
Soient une suite réelle et un réel. La suite converge vers signifie : La négation est : Savoir écrire cette négation sans hésiter est un exigible.
AttentionNier la condition « »
La négation porte sur la proposition finale, pas sur le domaine des variables. La négation de « » commence par « », et non par « ».
Ordre des quantificateurs
Propriété 2.5Ordre des quantificateurs
On peut permuter deux quantificateurs de même nature : « » équivaut à « », et de même avec deux . On ne peut pas, en général, permuter un et un .
Exemple 2.6Échanger les quantificateurs change le sens
La proposition « » est vraie : pour un réel donné, convient. La proposition « » est fausse : il n'existe pas de réel plus grand que tous les réels, puisqu'un tel devrait vérifier en prenant .
RemarqueDépendance
Dans « », le peut dépendre de . Dans « », le est le même pour tous les . C'est pourquoi on écrit parfois pour rappeler cette dépendance.
Règles d'écriture
AttentionLes quantificateurs ne sont pas des abréviations
On ne mélange pas les symboles et à une phrase en français. On écrit soit une phrase complète en français, soit une formule entièrement symbolique. « Pour tout réel , » et « » sont corrects, un mélange des deux ne l'est pas.
RemarqueVariable muette
Dans une formule, la variable quantifiée est muette : « » et « » disent la même chose.
3Les modes de raisonnement
Raisonnement direct
RemarqueRaisonnement direct (déduction)
Pour prouver , on suppose vraie et on en déduit par une chaîne d'implications vraies. C'est le mode par défaut.
Exemple 3.1
Soit un entier pair. Montrons que est pair. Par hypothèse, il existe tel que . Alors avec , donc est pair.
Raisonnement par contraposée
Pour prouver , on prouve , ce qui suffit puisque les deux implications ont même valeur de vérité. C'est utile quand la négation de est plus maniable que .
Proposition 3.2Parité d'un carré
Soit un entier. Si est pair, alors est pair.
Démonstration
Raisonnons par contraposée : montrons que si est impair, alors est impair. Supposons impair. Il existe tel que . Alors avec , donc est impair. La contraposée est prouvée, donc l'implication aussi : si est pair, alors est pair.
Raisonnement par l'absurde
Pour prouver une proposition , on suppose et on aboutit à une contradiction, c'est-à-dire à une proposition à la fois vraie et fausse. On en conclut que est fausse, donc que est vraie.
Proposition 3.3Irrationalité de
Le réel est irrationnel.
Démonstration
Raisonnons par l'absurde et supposons rationnel. Comme , on peut écrire avec et des entiers naturels non nuls premiers entre eux (on simplifie la fraction autant que possible). En élevant au carré, , donc Ainsi est pair, donc est pair d'après la proposition sur la parité d'un carré, démontrée par contraposée. Il existe donc un entier tel que . En reportant, , soit . Donc est pair, et par la même proposition est pair. Alors divise à la fois et , ce qui contredit le fait que et sont premiers entre eux. L'hypothèse est donc fausse : est irrationnel.
AttentionContraposée ou absurde
Il ne faut pas confondre les deux. La contraposée démontre une implication en la retournant. L'absurde démontre n'importe quelle proposition en supposant son contraire. Le raisonnement par l'absurde est souvent moins lisible : quand une contraposée suffit, on la préfère.
Disjonction de cas
Pour prouver une proposition , on découpe la situation en cas qui couvrent toutes les possibilités, et on prouve dans chaque cas.
Proposition 3.4
Pour tout entier , l'entier est pair.
Démonstration
Soit un entier. Tout entier est pair ou impair, donc les deux cas suivants couvrent toutes les possibilités.
- Si est pair, il existe tel que , et est pair.
- Si est impair, alors est pair : il existe tel que , et est pair.
Dans les deux cas, est pair.
AttentionDes cas exhaustifs
Il faut vérifier, et écrire, que les cas étudiés sont exhaustifs. Un cas oublié rend la preuve fausse.
Analyse-synthèse
RemarquePrincipe de l'analyse-synthèse
Pour déterminer tous les objets vérifiant une propriété, on procède en deux temps.
- Analyse : on suppose qu'un objet convient, et on en déduit, par implications, la forme qu'il doit avoir. On obtient des candidats. À ce stade on n'a prouvé qu'une chose : si une solution existe, elle est parmi les candidats. C'est une condition nécessaire.
- Synthèse : on vérifie quels candidats conviennent réellement, en les reportant dans la propriété de départ. C'est une condition suffisante.
Quand l'analyse aboutit à un seul candidat, elle prouve l'unicité, et la synthèse prouve l'existence.
Proposition 3.5Décomposition paire-impaire
Toute fonction s'écrit de manière unique comme somme d'une fonction paire et d'une fonction impaire.
Démonstration
Soit .
Analyse. Supposons que avec paire et impaire. Pour tout réel , En ajoutant puis en soustrayant ces deux égalités, on obtient pour tout réel : Les fonctions et sont donc entièrement déterminées par : si une décomposition existe, elle est unique.
Synthèse. Définissons et sur par les formules précédentes. Pour tout réel , donc est paire et est impaire. De plus , donc . Une décomposition existe.
L'existence et l'unicité sont établies.
Raisonnement par récurrence
Théorème 3.6Principe de récurrence
Soient et un prédicat défini pour les entiers . On suppose :
- initialisation : est vraie ;
- hérédité : pour tout entier , si est vraie, alors est vraie.
Alors est vraie pour tout entier .
Démonstration
On admet la propriété fondamentale de : toute partie non vide de possède un plus petit élément.
Raisonnons par l'absurde et supposons que soit fausse pour au moins un entier . L'ensemble est alors une partie non vide de . Elle possède donc un plus petit élément . Comme est vraie, , donc , soit . Comme et que est le plus petit élément de , on a , donc est vraie. L'hérédité appliquée au rang donne alors vraie, ce qui contredit . Donc est vraie pour tout entier .
Remarque
Aucune construction ni axiomatique de n'est exigible. La propriété du plus petit élément est admise.
Une récurrence se rédige en trois étapes nommées.
- Initialisation : on vérifie .
- Hérédité : on suppose vraie pour un entier fixé (c'est l'hypothèse de récurrence) et on prouve .
- Conclusion : par le principe de récurrence, est vraie pour tout .
Proposition 3.7Somme des premiers entiers
Pour tout entier ,
Démonstration
Pour , notons la proposition « ». Raisonnons par récurrence sur .
Initialisation : pour , le membre de gauche vaut et celui de droite vaut . Donc est vraie.
Hérédité : soit un entier fixé tel que soit vraie. Alors ce qui est .
Conclusion : par récurrence, est vraie pour tout entier .
Propriété 3.8Récurrence double
Soient et un prédicat défini pour . Si et sont vraies, et si pour tout , « et » entraîne , alors est vraie pour tout .
Démonstration
Pour , notons la proposition « et ». On prouve pour tout par récurrence simple. Initialisation : est « et », vraie par hypothèse. Hérédité : soit tel que soit vraie. Alors est vraie, et et entraînent , donc est vraie. Par récurrence, est vraie pour tout , donc en particulier .
Exemple 3.9Suites récurrentes linéaires d'ordre deux
La récurrence double sert pour les suites définies par . Par exemple, si , et , on montre par récurrence double que pour tout . Initialisation : et . Hérédité : si et , alors
Propriété 3.10Récurrence forte
Soient et un prédicat défini pour . Si est vraie, et si pour tout , la vérité de pour tout entier compris entre et entraîne , alors est vraie pour tout .
Démonstration
Pour , notons la proposition « pour tout entier tel que , est vraie ». On prouve par récurrence simple. Initialisation : est , vraie. Hérédité : si est vraie, alors l'hypothèse donne , et avec donne . Par récurrence, est vraie pour tout , et contient .
Proposition 3.11Existence d'un diviseur premier
Tout entier admet un diviseur premier.
Démonstration
Raisonnons par récurrence forte sur , avec : « admet un diviseur premier ».
Initialisation : est premier et se divise lui-même, donc est vraie.
Hérédité : soit tel que soit vraie pour tout entier compris entre et . Si est premier, il est lui-même un diviseur premier de . Sinon, s'écrit avec et entiers et , soit . Par hypothèse de récurrence forte, admet un diviseur premier . Comme divise et divise , divise . Dans les deux cas, est vraie.
Conclusion : par récurrence forte, tout entier admet un diviseur premier.
AttentionOublier l'initialisation
La propriété : « » est héréditaire, puisque entraîne . Elle est pourtant fausse pour tout . Sans initialisation, l'hérédité ne prouve rien.
AttentionHypothèse ou conclusion
Écrire « supposons vraie pour tout » est une faute : c'est la conclusion, pas l'hypothèse. On écrit « soit un entier fixé tel que soit vraie ». Il faut aussi préciser à partir de quel rang la récurrence démarre.
4Rédiger une démonstration
Les règles suivantes valent pour toutes les copies.
- Annoncer le mode de raisonnement : « par contraposée », « par récurrence sur », « raisonnons par l'absurde ».
- Introduire chaque objet avant de l'utiliser : « soit un réel », « soit ».
- Distinguer hypothèse et conclusion, en particulier dans une récurrence.
- Ne jamais écrire une équivalence si une seule implication est justifiée.
- Conclure explicitement : la dernière ligne doit être la proposition à démontrer.
AttentionExemple et contre-exemple
Un contre-exemple suffit à réfuter une propriété universelle. Un exemple ne suffit jamais à la prouver. Ainsi « pour tout entier , est premier » est vrai pour , mais faux pour puisque .
Méthodes
MéthodeNier une phrase quantifiée
- Écrire la phrase entièrement en symboles, quantificateurs en tête.
- Changer chaque en et chaque en , dans le même ordre, sans toucher aux ensembles ni aux conditions comme .
- Nier la proposition finale : « et » devient « ou » et inversement (De Morgan), devient « et », devient .
- Relire en français pour vérifier le sens.
MéthodeDémontrer une implication
- Essayer d'abord le raisonnement direct : supposer , en déduire .
- Si la négation de est plus maniable que , passer à la contraposée : supposer , en déduire . L'annoncer.
- Pour réfuter une implication, chercher un contre-exemple : un cas où est vraie et fausse.
MéthodeDémontrer une équivalence
- Démontrer séparément les deux implications et .
- N'enchaîner des que si chaque étape est réversible. Se méfier d'une élévation au carré, d'une multiplication par une quantité qui peut s'annuler, d'une fonction non injective.
MéthodeDémontrer une proposition quantifiée
- Pour « » : écrire « soit » et prouver sans rien supposer d'autre sur .
- Pour « » : exhiber un précis et vérifier , ou invoquer un théorème d'existence.
- Pour « » : on a le droit de choisir en fonction de .
MéthodeProuver une proposition sans prise directe
- Si l'étude se découpe naturellement (parité, signe, position), faire une disjonction de cas en justifiant qu'ils sont exhaustifs.
- Sinon, raisonner par l'absurde : supposer le contraire, chercher une contradiction, puis conclure.
MéthodeTrouver tous les objets vérifiant une propriété
Raisonner par analyse-synthèse. En analyse, supposer qu'un objet convient et en déduire sa forme : on obtient une liste de candidats (condition nécessaire), et l'unicité si cette liste n'a qu'un élément. En synthèse, vérifier quels candidats conviennent : on obtient l'existence (condition suffisante). Conclure en donnant exactement l'ensemble des solutions.
MéthodeMontrer une propriété pour tous les entiers à partir d'un rang
- Définir clairement et le rang de départ .
- Choisir le type de récurrence : simple si ne dépend que de , double si elle dépend de et , forte si elle dépend de rangs quelconques plus petits.
- Rédiger les trois étapes nommées : initialisation (deux rangs pour une récurrence double), hérédité avec un fixé, conclusion.
Exercices d'application
Exercice 1. Négation d'une continuité
Soient et . La continuité de en s'écrit Écrire la négation de cette proposition.
Voir le corrigé
On échange chaque quantificateur dans l'ordre, sans toucher aux conditions et , puis on nie l'implication finale. La négation de « » est « et ». On obtient : En français : il existe un tel que, aussi petit que soit , on trouve un réel à distance au plus de dont l'image est à distance strictement plus grande que de .
Exercice 2. Ordre des quantificateurs
Dire si chacune des deux propositions est vraie ou fausse, en justifiant.
- .
- .
Voir le corrigé
- Vraie. Soit . Posons , qui est un entier naturel. Alors . L'entier dépend de , ce qui est permis.
- Fausse. Montrons sa négation : . Soit . Posons . Alors . La négation est vraie, donc la proposition est fausse. Les deux propositions ne diffèrent que par l'ordre des quantificateurs, et elles n'ont pas la même valeur de vérité.
Exercice 3. Contraposée
Soit un entier. Montrer par contraposée que si n'est pas divisible par , alors est pair.
Voir le corrigé
La contraposée est : si est impair, alors divise . Supposons impair, et écrivons avec . Alors D'après la proposition démontrée par disjonction de cas, est pair : il existe tel que . Donc est divisible par . La contraposée est démontrée, donc l'implication aussi : si n'est pas divisible par , alors est pair.
Exercice 4. Analyse-synthèse
Déterminer toutes les fonctions telles que, pour tous réels et , .
Voir le corrigé
Analyse. Soit une solution. Pour tout réel , en prenant , on obtient . En notant , on a donc pour tout réel . Les seules solutions possibles sont les fonctions , avec réel.
Synthèse. Soient et . Pour tous réels et , Donc est solution.
Conclusion. Les solutions sont exactement les fonctions , où décrit .
Exercice 5. Récurrence simple
Montrer que pour tout entier , .
Voir le corrigé
Pour , notons la proposition « ». Raisonnons par récurrence sur .
Initialisation : et , donc est vraie.
Hérédité : soit un entier fixé tel que soit vraie. Alors . Il suffit de montrer que , c'est-à-dire . Or puisque . Donc , et est vraie.
Conclusion : par récurrence, pour tout entier . Le rang de départ compte : pour , .
Méthodes et exercices
Les résultats à connaître
Ce chapitre contient peu de théorèmes et beaucoup de règles. Le programme demande de savoir les appliquer sans hésiter, et en particulier de savoir nier n'importe quelle proposition.
- Règles de De Morgan : non (P et Q) équivaut à (non P ou non Q), non (P ou Q) équivaut à (non P et non Q). Exigible, se vérifie par table de vérité.
- Lecture de l'implication : P ⇒ Q équivaut à (non P ou Q). Exigible, table de vérité.
- Négation d'une implication : non (P ⇒ Q) équivaut à (P et non Q). Exigible, conséquence immédiate de la précédente.
- Contraposée : P ⇒ Q et (non Q ⇒ non P) ont toujours la même valeur de vérité. Exigible, table de vérité.
- Négation des quantificateurs : non (∀x ∈ E, P(x)) équivaut à ∃x ∈ E, non P(x), et non (∃x ∈ E, P(x)) équivaut à ∀x ∈ E, non P(x). Exigible, c'est la règle la plus utilisée de l'année.
- Permutation des quantificateurs : deux ∀ ou deux ∃ consécutifs se permutent. Un ∀ et un ∃ ne se permutent pas. En revanche « ∃y, ∀x, P(x, y) » entraîne toujours « ∀x, ∃y, P(x, y) ». Exigible.
- Principe de récurrence, simple, double et forte : exigible. Le programme le relie au fait que toute partie non vide de N admet un plus petit élément, propriété admise. Toute construction de N est hors programme.
- Résultats d'exemple exigibles avec preuve : si n² est pair alors n est pair (contraposée), √2 est irrationnel (absurde), décomposition unique d'une fonction en somme d'une fonction paire et d'une fonction impaire (analyse-synthèse).
Clés de démonstration
Équivalence entre une implication et sa contraposée. On dresse la table de vérité à quatre lignes. P ⇒ Q est fausse dans le seul cas P vraie, Q fausse. La contraposée non Q ⇒ non P est fausse dans le seul cas non Q vraie, non P fausse, c'est-à-dire Q fausse, P vraie. Ce sont les mêmes lignes. Astuce : ne jamais chercher à « comprendre » ce cas, dresser la table.
Négation d'une phrase quantifiée. On lit la phrase de gauche à droite, on remplace chaque ∀ par ∃ et chaque ∃ par ∀ sans changer l'ordre, puis on nie la proposition finale. Astuce : ne toucher aux quantificateurs qu'à la fin, quand la proposition finale est niée proprement, sinon on oublie une négation.
Principe de récurrence à partir du plus petit élément. Soit A l'ensemble des entiers n ≥ n₀ pour lesquels P(n) est fausse. Si A est non vide, il a un plus petit élément m, qui vaut au moins n₀ + 1 grâce à l'initialisation. Alors P(m − 1) est vraie par minimalité, et l'hérédité donne P(m) vraie, contradiction. Astuce : c'est un raisonnement par l'absurde sur l'ensemble des contre-exemples, dit du plus petit contre-exemple.
n² pair implique n pair. On prouve la contraposée. Si n est impair, n = 2k + 1, alors n² = 2(2k² + 2k) + 1 est impair. Astuce : la négation de « pair » est « impair », ce qui s'écrit avec un entier k, alors que l'hypothèse « n² pair » ne dit rien d'exploitable sur n.
√2 irrationnel. On suppose √2 = p/q avec p et q entiers premiers entre eux. Alors p² = 2q² est pair, donc p est pair, p = 2m, donc q² = 2m² est pair, donc q est pair. Contradiction avec p et q premiers entre eux. Astuce : le choix d'une fraction irréductible dès le départ est ce qui fournit la contradiction.
Décomposition paire-impaire. Analyse : si f = g + h avec g paire et h impaire, on écrit f(x) et f(−x) et on résout le système de deux équations en g(x) et h(x). Synthèse : on vérifie que les deux fonctions trouvées ont la parité voulue et que leur somme vaut f. Astuce : évaluer la relation en x et en −x, c'est le geste de toute analyse-synthèse avec une symétrie.
Exemples et contre-exemples à connaître
- « Si 0 = 1 alors 2 = 3 » est une implication vraie. Une implication dont l'hypothèse est fausse est vraie, et cela n'a rien de paradoxal.
- « n multiple de 4 ⇒ n pair » est vraie, sa réciproque est fausse (n = 2). Une implication et sa réciproque sont indépendantes.
- « ∀x ∈ R, ∃y ∈ R, y > x » est vraie, « ∃y ∈ R, ∀x ∈ R, y > x » est fausse. L'ordre des quantificateurs est un sens.
- La propriété « n = n + 1 » est héréditaire et fausse pour tout n. Une récurrence sans initialisation ne prouve rien.
- x = 1 implique x² = 1, mais x² = 1 n'implique pas x = 1. Élever au carré ne conserve qu'une implication.
- « Pour tout n, n² − n + 41 est premier » est vraie pour n de 0 à 40 et fausse pour n = 41. Quarante et un exemples ne font pas une preuve.
- Le « ou » mathématique est inclusif : « x ≥ 0 ou x ≤ 0 » est vraie pour tout réel, y compris x = 0.
- La négation de « f est croissante » n'est pas « f est décroissante » mais « il existe x < y tels que f(x) > f(y) ».
- Une suite qui ne converge pas vers l n'a pas forcément une limite différente de l, elle peut n'avoir aucune limite. Nier une convergence ne donne pas une convergence.
Techniques du chapitre
Technique 1 : nier une phrase quantifiée. Mini-exercice : nier « f est bornée sur R », c'est-à-dire « ∃M ∈ R, ∀x ∈ R, |f(x)| ≤ M ». Réponse : ∀M ∈ R, ∃x ∈ R, |f(x)| > M. On a échangé les deux quantificateurs dans l'ordre, et remplacé ≤ par >.
Technique 2 : choisir la contraposée quand la conclusion se nie bien. Mini-exercice : soit x réel, montrer que si x² ≤ 1 alors x ≤ 1. Contraposée : si x > 1 alors x² > 1. Preuve : x > 1 > 0 donc x² > x > 1, par produit d'inégalités entre nombres positifs.
Technique 3 : démontrer une équivalence par deux implications. Mini-exercice : pour x réel, montrer que x² = x équivaut à x ∈ {0, 1}. Sens direct : x² − x = x(x − 1) = 0 donc x = 0 ou x = 1. Sens réciproque : 0² = 0 et 1² = 1. Les deux sens sont écrits, on peut conclure.
Technique 4 : disjonction de cas exhaustive. Mini-exercice : montrer que pour tout entier n, n(n + 1)(n + 2) est multiple de 3. Cas n = 3k : c'est n qui est multiple de 3. Cas n = 3k + 1 : n + 2 = 3(k + 1). Cas n = 3k + 2 : n + 1 = 3(k + 1). Les trois cas couvrent tous les entiers.
Technique 5 : analyse-synthèse pour une équation fonctionnelle. Mini-exercice : trouver les réels x tels que √(x + 2) = x. Analyse : si x convient, alors x ≥ 0 et x + 2 = x², donc x² − x − 2 = (x − 2)(x + 1) = 0, donc x = 2 (x = −1 est exclu par x ≥ 0). Synthèse : √4 = 2, donc x = 2 convient. Unique solution : 2.
Technique 6 : rédiger une récurrence avec la propriété nommée. Mini-exercice : montrer que pour tout n ≥ 4, 2n ≥ n². On pose P(n) : « 2n ≥ n² ». Initialisation : 16 ≥ 16. Hérédité : soit n ≥ 4 avec P(n). Alors 2n+1 = 2·2n ≥ 2n², et 2n² ≥ (n + 1)² équivaut à n² − 2n − 1 ≥ 0, vrai dès n ≥ 3. Donc P(n + 1). Conclusion : P(n) pour tout n ≥ 4.
Technique 7 : prouver une unicité en supposant deux objets. Mini-exercice : montrer qu'une fonction a au plus un point fixe si elle vérifie |f(x) − f(y)| < |x − y| pour tous x ≠ y. Si a et b sont deux points fixes distincts, |a − b| = |f(a) − f(b)| < |a − b|, absurde. Donc a = b.
Exercices classiques corrigés
Choisis ton niveau. Difficulté indicative ; les exercices qui se suivent restent dans l'ordre.
Exercice 1. Négations à écrire sans hésiter
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Écrire la négation des propositions suivantes. (a) La suite (un) est majorée. (b) La fonction f est croissante sur R. (c) La suite (un) converge vers l. (d) Pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que pour tous x, y avec |x − y| ≤ δ, |f(x) − f(y)| ≤ ε.
Technique négation des quantificateurs dans l'ordre.
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- (a) s'écrit ∃M, ∀n, un ≤ M. Négation : ∀M, ∃n, un > M.
- (b) s'écrit ∀x, ∀y, (x ≤ y ⇒ f(x) ≤ f(y)). Négation : ∃x, ∃y, x ≤ y et f(x) > f(y). On a utilisé la négation d'une implication.
- (c) : ∃ε > 0, ∀N ∈ N, ∃n ≥ N, |un − l| > ε.
- (d) : ∃ε > 0, ∀δ > 0, ∃x, ∃y, |x − y| ≤ δ et |f(x) − f(y)| > ε.
piège : Dans (b), écrire « f(x) ≥ f(y) » au lieu de « f(x) > f(y) ». La négation de ≤ est >, stricte.
Exercice 2. Parité et divisibilité par contraposée
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Soit n un entier. Montrer que si n² est divisible par 3, alors n est divisible par 3.
Technique contraposée plus disjonction de cas.
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- Contraposée : si n n'est pas divisible par 3, alors n² ne l'est pas.
- Si n n'est pas multiple de 3, alors n = 3k + 1 ou n = 3k + 2 pour un entier k.
- Cas n = 3k + 1 : n² = 9k² + 6k + 1 = 3(3k² + 2k) + 1, non multiple de 3.
- Cas n = 3k + 2 : n² = 9k² + 12k + 4 = 3(3k² + 4k + 1) + 1, non multiple de 3.
- Dans les deux cas n² n'est pas multiple de 3, ce qui prouve la contraposée.
piège : Oublier un des deux cas, ou tenter une preuve directe à partir de « 3 divise n² » sans outil d'arithmétique.
Exercice 3. Irrationalité de √2 + √3
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Montrer que √6 est irrationnel, puis que √2 + √3 est irrationnel.
Technique raisonnement par l'absurde, deux fois.
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- Supposons √6 = p/q avec p, q entiers naturels non nuls et premiers entre eux. Alors p² = 6q².
- p² est pair, donc p est pair (exercice de cours), p = 2m. Alors 4m² = 6q², soit 2m² = 3q².
- 3q² est pair, donc q² est pair (car 3 est impair et un produit d'impairs est impair), donc q est pair. Contradiction avec p et q premiers entre eux.
- Supposons maintenant √2 + √3 = r rationnel. En élevant au carré, 5 + 2√6 = r², donc √6 = (r² − 5)/2 serait rationnel. Contradiction avec l'étape 3.
piège : À l'étape 4, l'élévation au carré est licite car on cherche seulement une conséquence, pas une équivalence. Il faut le dire.
Exercice 4. Équation fonctionnelle par analyse-synthèse
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Déterminer toutes les fonctions f de R dans R telles que, pour tout réel x, f(x) + 2 f(1 − x) = x².
Technique analyse-synthèse, évaluation en x et en 1 − x.
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- Analyse. Soit f une solution. En remplaçant x par 1 − x, on obtient pour tout x : f(1 − x) + 2 f(x) = (1 − x)².
- On a un système linéaire en les deux inconnues f(x) et f(1 − x). En multipliant la seconde relation par 2 et en soustrayant la première : 3 f(x) = 2(1 − x)² − x² = x² − 4x + 2.
- Donc f(x) = (x² − 4x + 2)/3 pour tout x. Il y a au plus une solution.
- Synthèse. Soit f définie par cette formule. Alors f(1 − x) = ((1 − x)² − 4(1 − x) + 2)/3 = (x² + 2x − 1)/3, et f(x) + 2 f(1 − x) = (x² − 4x + 2 + 2x² + 4x − 2)/3 = x². La fonction convient.
- Conclusion : unique solution, f(x) = (x² − 4x + 2)/3.
piège : S'arrêter après l'analyse. Sans la synthèse, on n'a prouvé qu'une condition nécessaire.
Exercice 5. Le sens des quantificateurs
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Soit f une fonction de [0, 1] dans R. On considère les deux propositions A : « ∀x ∈ [0, 1], ∃M ∈ R, |f(x)| ≤ M » et B : « ∃M ∈ R, ∀x ∈ [0, 1], |f(x)| ≤ M ». Montrer que A est toujours vraie, que B entraîne A, et donner une fonction sur ]0, 1] pour laquelle l'analogue de B est fausse.
Technique lecture de la dépendance entre variables.
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- A : soit x ∈ [0, 1]. Le nombre M = |f(x)| convient. Donc A est vraie, quelle que soit f. Le M dépend de x.
- B ⇒ A : si un M convient pour tous les x, alors pour chaque x ce même M convient. C'est le sens toujours valable, ∃∀ entraîne ∀∃.
- Sur ]0, 1], prenons f(x) = 1/x. Pour tout M, l'élément x = 1/(|M| + 1) de ]0, 1] vérifie f(x) = |M| + 1 > M. Donc « ∀M, ∃x, f(x) > M » est vraie, ce qui est la négation de B.
piège : Croire que A dit que f est bornée. A ne dit rien du tout, elle est toujours vraie.
Exercice 6. Une identité impossible modulo 4
Classiques de khôlle et concours · Khôlle
Montrer qu'il n'existe pas d'entiers relatifs a et b tels que a² − 4b = 2.
Technique absurde et disjonction de cas sur la parité.
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- Supposons que de tels entiers existent. Alors a² = 4b + 2 est pair, donc a est pair, a = 2c.
- Alors 4c² = 4b + 2, soit 2c² = 2b + 1. Le membre de gauche est pair, celui de droite est impair. Contradiction.
piège : Conclure « a² pair donc a pair » sans avoir démontré ou cité ce résultat. C'est la contraposée de l'exercice de cours.
Exercice 7. Récurrence double et nombre d'or
Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP
On pose u₀ = 1, u₁ = 1 et un+2 = un+1 + un pour tout n. On note a = (1 + √5)/2. Montrer que pour tout n, un ≤ an.
Technique récurrence double, en utilisant a² = a + 1.
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- Vérification préliminaire : a est racine de x² − x − 1 = 0, donc a² = a + 1. De plus a > 1.
- On pose P(n) : « un ≤ an ». Initialisation double : u₀ = 1 ≤ 1 = a⁰, et u₁ = 1 ≤ a puisque a > 1.
- Hérédité : soit n tel que P(n) et P(n + 1) soient vraies. Alors un+2 = un+1 + un ≤ an+1 + an = an (a + 1) = an · a² = an+2. Donc P(n + 2).
- Conclusion : par récurrence double, un ≤ an pour tout n.
piège : Faire une récurrence simple avec une seule hypothèse, alors que le passage au rang n + 2 utilise deux rangs. Et oublier la seconde initialisation.
Exercice 8. Renforcer l'hypothèse de récurrence
Classiques de khôlle et concours · Écrit CCINP
Montrer que pour tout n ≥ 1, la somme des 1/k² pour k de 1 à n est inférieure ou égale à 2 − 1/n. En déduire qu'elle est inférieure à 2. Expliquer pourquoi la récurrence directe sur « somme ≤ 2 » échoue.
Technique récurrence sur une propriété plus forte que celle visée.
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- P(n) : « Sn ≤ 2 − 1/n ». Initialisation : S₁ = 1 ≤ 1.
- Hérédité : soit n ≥ 1 avec P(n). Alors Sn+1 = Sn + 1/(n + 1)² ≤ 2 − 1/n + 1/(n + 1)².
- Il suffit de montrer que 1/(n + 1)² ≤ 1/n − 1/(n + 1) = 1/(n(n + 1)). Cela équivaut à n ≤ n + 1, vrai. Donc Sn+1 ≤ 2 − 1/(n + 1).
- Conclusion : P(n) pour tout n ≥ 1, et comme 1/n > 0, Sn < 2.
- La récurrence sur « Sn ≤ 2 » échoue : de Sn ≤ 2 on tire Sn+1 ≤ 2 + 1/(n + 1)², ce qui ne redonne pas 2. L'hypothèse plus forte laisse une marge 1/n qui absorbe le nouveau terme.
piège : Écrire la chaîne d'inégalités dans le mauvais sens à l'étape 3, en partant de ce qu'on veut prouver sans utiliser d'équivalences.
Exercice 9. Une existence sans exemple
Approfondissement · Type oral Centrale
Montrer qu'il existe deux réels irrationnels a et b tels que ab soit rationnel. On admet que √2 est irrationnel et on utilise seulement les règles de calcul sur les puissances.
Technique disjonction de cas non constructive.
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- On pose c = √2 puissance √2. Ce réel est rationnel ou irrationnel, et on ne cherche pas à savoir lequel.
- Cas 1 : c est rationnel. Alors a = b = √2 conviennent.
- Cas 2 : c est irrationnel. On pose a = c et b = √2. Alors ab = √2 puissance (√2 × √2) = √2 puissance 2 = 2, rationnel. Les deux réels a et b sont irrationnels.
- Dans chaque cas on a trouvé un couple convenable. L'existence est démontrée.
piège : Se croire obligé de décider quel cas est le bon. La disjonction de cas prouve une existence sans exhiber l'objet, c'est légitime.
Erreurs fréquentes
- Enchaîner des ⇔ quand une étape n'est qu'un ⇒ (carré, multiplication par une expression pouvant s'annuler). Le correcteur enlève les points de toute la chaîne.
- Nier « ∀x, P(x) » en « ∀x, non P(x) ». La négation d'un « pour tout » est un « il existe ».
- Écrire « supposons P(n) vraie pour tout n » dans l'hérédité. On suppose P(n) pour un n fixé, sinon on suppose la conclusion.
- Confondre contraposée et réciproque. La contraposée est équivalente à l'implication, la réciproque ne l'est pas.
- Utiliser une variable non introduite. Toute lettre doit être précédée d'un « soit », d'un « il existe » ou d'un « pour tout ». Une variable muette ne sort jamais de sa formule.